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La grosse
botte d’Eyadema
sur le Ghana
du Grand Nkrumah?
Samuel Batchati
A des journalistes
ghanaiens venus l'interviewer et devant des
milliers de partisans, le général Eyadema
aurait lancé la
bourde suivante: « Je dirige le Ghana».
Par procuration,
cela s'entend et tant que ce statu quo
existera, Eyadema peut
avoir raison d'avoir ajouté que «l’opposition togolaise ne sera plus en mesure de déstabiliser le Togo. »
Très vite
le National Democrat, un
journal proche du Congrès National démocratique (NDC),
le parti politique de l’ancien président ghanéen John
Rawlings, a, en date du 8
mars 2004, lancé à
sa Une, une phrase mal mâchée
par le Général
togolais. Sous la plume de
Lawrence Arthur, le
National Democrat écrit en gros caractère:
«"I rule Ghana", declares Prez Eyadema»
ou «"Je dirige le Ghana" déclare le
Prégo Eyadema». La protestation ne s’est
pas fait attendre côté
Lomé. Eyadema dément par
l’intermédiaire de son ambassadeur en poste
à Accra, Jean-Pierre T. Gbikpi-Benissan qui
trouve aux journalistes ghanéens, une « imagination trop fertile »
Hier, 25 mars 2004,
Allafrica reprend un article du
Ghanaian Chronicle
dans lequel Ebow Godwin,
correspondant de la BBC et d'Associated
Press au Togo proteste
énergiquement contre le "National Democrat"
qu'il souhaite que les leaders de la NDC de
Rawlings rappellent à l'ordre. Monsieur Ebow
Godwin en des termes d'une rare violence
défend Eyadema et dit: «Au lieu de
présenter des excuses pour divulgation de
fausses informations, le National Democrat
s'est complu dans un show médiatique en
proférant des insultes inacceptables à
l'endroit du président Eyadema, dans le seul
but de le diaboliser (.....) et tout
simplement parce que Eyadema a eu la
générosité de recevoir des journalistes
ghanaiens»
Il est
incontestable qu’Eyadema et John Kufuor sont comme cul et
caleçon. Depuis son arrivée à la tête de la
présidence du Ghana, Eyadema a eu des
sommeils tranquilles. Il avait toujours
accusé l’ancien président Jerry Rawlings
d’abriter un nid d’opposants qui veulent le
liquider. Toutes les fois qu’il y a eu des
coups de force au Togo (23 septembre
1986, 24 au
25 mars 1993; 4 au 5 janvier
1994), le voisin de
l’Ouest a été montré du doigt. Le Ghana on
l’a toujours dit
au Togo, était le repaire de Gilchrist
Olympio et de « ses terroristes ». On peut
le dire, Gilchrist Olympio est pour Eyadema,
l’homme à abattre. C’est le Ben Laden sur
l’échelle togolaise et
qui plus est peut aller et resortir du Ghana
comme de chez lui. Lomé 2 trouve que l’ancien président Jerry
Rawlings serait jaloux des excellentes
relations entre lui
et Kufuor.
Pourtant, on se souvient
que ce fut sous Rawlings que le Lieutenant
Vincent Tokofaye fut assassiné au Ghana
alors que Rawlings séjournait à Kara,
village natal d'Eyadema dans le Nord du
Togo. Certains Togolais avaient pensé qu'il
s'agissait d'un marché conclu entre Eyadema
et Rawlings. D'autres avaient dit que des
Pro Eyadema dans l'armée ghanaienne avaient
profité de l'absence de Rawlings pour
assassiner Vincent Tokofaye.
Lomé 2
menace de traduire le journal « National
Democrat" devant un tribunal ghanéen. Il
faudra certainement rappeler que le Ghana
n’est pas un pays où
on arrête et on jette
les journalistes en prison selon ses
humeurs. Que Lomé 2 porte et maintienne sa
plainte et on verra qui manigance quoi?
On verra si Eyadema ne dirige pas le
Ghana par procuration.
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