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Actualité  

26 mars 2004

La grosse botte d’Eyadema sur le Ghana du Grand Nkrumah?   
Samuel Batchati

A des journalistes ghanaiens venus l'interviewer et devant des milliers de partisans, le général Eyadema aurait lancé la bourde suivante:  « Je dirige le Ghana». Par procuration, cela s'entend et tant que ce statu quo existera, Eyadema peut avoir raison d'avoir ajouté que «l’opposition togolaise ne sera plus en mesure de déstabiliser le Togo. »

Très vite le National Democrat, un journal  proche du Congrès National démocratique (NDC), le parti politique de l’ancien président ghanéen John Rawlings, a, en date du 8 mars 2004, lancé à sa Une, une phrase mal mâchée par le Général togolais. Sous la plume de Lawrence Arthur, le National Democrat écrit en gros caractère: «"I rule Ghana", declares Prez Eyadema» ou «"Je dirige le Ghana" déclare le Prégo Eyadema». La protestation ne s’est pas fait attendre côté Lomé. Eyadema  dément par l’intermédiaire de son ambassadeur en poste à Accra, Jean-Pierre T. Gbikpi-Benissan qui trouve aux journalistes ghanéens, une « imagination trop fertile »  

Hier, 25 mars 2004, Allafrica reprend un article du Ghanaian Chronicle  dans lequel Ebow Godwin, correspondant de la BBC et d'Associated Press au Togo proteste énergiquement contre le "National Democrat" qu'il souhaite que les leaders de la NDC de Rawlings rappellent à l'ordre. Monsieur Ebow Godwin en des termes d'une rare violence défend Eyadema et dit: «Au lieu de présenter des excuses pour divulgation de fausses informations, le National Democrat s'est complu dans un show médiatique en proférant des insultes inacceptables à l'endroit du président Eyadema, dans le seul but de le diaboliser (.....) et tout simplement parce que Eyadema a eu la générosité de recevoir des journalistes ghanaiens»

Il est incontestable qu’Eyadema et John Kufuor sont comme cul et caleçon. Depuis son arrivée à la tête de la présidence du Ghana, Eyadema a eu des sommeils tranquilles. Il avait toujours accusé l’ancien président Jerry Rawlings d’abriter un nid d’opposants qui veulent le liquider. Toutes les fois qu’il y a eu des coups de force au Togo (23 septembre 1986, 24 au 25 mars  1993; 4 au 5 janvier 1994), le voisin de l’Ouest a été montré du doigt. Le Ghana on l’a toujours dit au Togo, était le repaire de Gilchrist Olympio et de « ses terroristes ». On peut le dire, Gilchrist Olympio est pour Eyadema, l’homme à abattre. C’est le Ben Laden  sur l’échelle togolaise et qui plus est peut aller et resortir du Ghana comme de chez lui. Lomé 2 trouve que l’ancien président Jerry Rawlings serait jaloux des excellentes relations entre lui et Kufuor.

Pourtant, on se souvient que ce fut sous Rawlings que le Lieutenant Vincent Tokofaye fut assassiné au Ghana alors que Rawlings séjournait à Kara, village natal d'Eyadema dans le Nord du Togo. Certains Togolais avaient pensé qu'il s'agissait d'un marché conclu entre Eyadema et Rawlings. D'autres avaient dit que des Pro Eyadema dans l'armée ghanaienne avaient profité de l'absence de Rawlings pour assassiner Vincent Tokofaye. 

Lomé 2 menace de traduire le journal « National Democrat" devant un tribunal ghanéen. Il faudra certainement rappeler que le Ghana n’est pas un pays on arrête et on jette les journalistes en prison selon ses humeurs. Que Lomé 2 porte et maintienne sa plainte et on verra qui manigance quoi? On verra si Eyadema ne dirige pas le Ghana par procuration.  

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Amegninou Kovi

Mensan Kokou
Kové Sossouvi
Lawson Laté
Dognon Koffi
Kliko Eglo
Kamado Koudjo
Séké Koudjo
 

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