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Depuis la nuit des temps, la chasse est
considérée chez certains peuples du Togo
comme une activité culturelle voire une
tradition à préserver. C’est pourquoi
pendant la période de chasse, généralement en
saison sèche, les paysans et certains
adeptes de cette tradition avec leurs
instruments en main parcouraient des
centaines de kilomètres à la recherche d’un
gibier qu’ils exhibaient lors d’une danse
organisée à la place publique.
Mais depuis que le Général Eyadema a décrété
sa «politique de protection de
l’environnement», cette activité est
réglementée voire interdite.
Cependant, le peuple Kabyè, ethnie du chef
de l’Etat, organise chaque année et au grand
dame des «animaux
protégés» sa chasse
officielle
traditionnelle marquée par la grande danse
des chasseurs à laquelle assiste
toujours le
Général Eyadema.
Cette année encore la tradition a été
respectée chez le peuple Kabyè. C’est ainsi
qu'à l’édition
2004 de la chasse traditionnelle ouverte le
08 mars dernier à Pya et
célébrée en présence du Président de
la République, de son
ministre de l'environement et des
invités, on a vu sur nos
petits écrans des animaux abattus et
brandis comme la coutume le veut. On
apprendra de sources sures que certaines des
bêtes exhibées ont été abattues par le Général
Eyadema lui-même.
On sait que depuis ses 37 ans de règne,
Eyadema a toujours eu pour loisir favori la
chasse aux animaux sauvages. On doit
également priciser que c'est sous ce même
règne qu'il y a eu des assassinats, des
emprisonnements et des exils et des
déplacements massifs pour cause de
protection des animaux.
En guise de mise
au point, il s’est agi
pour le Ministre Gnonfame le Vendredit
dernier de rappeler les conditions de
la pratique de la chasse traditionnelle au
Togo.
Le Général Gnofame a d’entrée de jeu indiqué
qu’avant la colonisation, il y avait au Togo
des zones réservées à la chasse coutumière
et d’autres interdites qui sont les forêts
sacrées. Le Togo n’ayant pas échappé à la
règle, depuis 1938 jusqu’à nos jours ces
zones existent et quiconque veut pratiquer
cette activité est libre de le faire, a dit
le ministre. Cependant, il a précisé que
cette activité, c’est-à-dire la chasse
traditionnelle, est soumise à certaines
conditions fixées par un arrêté ministériel.
D’abord, le ministère de l’environnement
envoie aux préfets et sous-préfets une
circulaire annonçant le début et la fin de
la chasse. Chaque année la chasse
traditionnelle débute au Togo le 1er
janvier et prend fin le 30 avril ; elle doit
se dérouler de 06 heures à 18 heures, la
chasse de nuit est interdite. Tous ceux qui
la font sont considérés comme des
braconniers, dira le ministre. Le ministre a
ajouté que la chasse doit se faire
exclusivement dans les
zones non protégées.
Sur la question de savoir qui peut pratiquer
cette activité, le ministre Gnofame a dit
que tout peuple ou groupe peut organiser la
chasse à condition d’adresser une demande au
préfet de sa localité qui lui en donne
l’autorisation. La demande doit indiquer la
zone où doit se dérouler la chasse et les
chasseurs sont astreints à utiliser les
instruments traditionnels tels la massue,
l’arc, la flèche, la hache etc…Ce
que le Ministre a omis de dire c'est que
Eyadema ne respecte aucune de ces
conditions. Pour éviter des débordements dira le
ministre, un agent forestier est désigné
pour encadrer les chasseurs.
Après ces explications sur la pratique de la
chasse traditionnelle au Togo, le ministre
Gnofame a laissé entendre que la chasse
traditionnelle n’est pas interdite au Togo
contrairement à ce que les gens pensent et
que chaque peuple pouvait l’organiser à sa
manière.
C’est parce que le
peuple kabyè est organisé et
que chaque année
il en fait une fête que les gens pensent
qu’il y a une politique de deux poids deux
mesures, a dit en substance le ministre
avant d’ajouter que le peuple kabyè
respecte les conditions décrites plus haut.
Il a profité de l’occasion pour
demander aux journalistes d’être le porte-parole
auprès des populations qui ignorent cette
réalité. « Vous serez les messagers
auprès de ces populations, dites-leur que la
chasse n’est pas interdite au pays »,
a dit le ministre à l’endroit des
journalistes présents.
Il n’a cependant pas convaincu les
journalistes quant aux espèces animales abattues
et brandies lors de la grande danse des
chasseurs à Pya Hodo et les instruments
utilisés pour les abattre. Il s’est contenté
seulement de dire que ces espèces ne
rentrent pas dans la catégorie des espèces
protégées. Mais tous ceux qui ont eu à
regarder la TVT ce jour-là ont pu se rendre
compte que les espèces animales brandies par
les chasseurs kabyè étaient bel et bien des
espèces en voie de disparition et ne
pouvaient pas être abattues par les
instruments traditionnels dont a parlé le
ministre.
Le point de presse de vendredi dernier a
cependant le mérite d’avoir su apporter des
éclairages à la presse quant à la pratique
de la chasse traditionnelle au Togo. Le hic,
c’est d’avoir attendu que la presse dénonce
ce que beaucoup de Togolais appellent ‘’la
politique de deux poids deux mesures’’ pour
donner des explications aussi importantes.
Qu'il soit entendu
partout au Togo que la chasse n'est pas
interdite et que tous ceux qui ont souffert
de tortures des berets rouges pendant des
années l'ont été à tort.
Monsieur le
ministre, très décontracté a
en quelque sorte
reconnu sa maladresse en ne donnant pas
assez d’informations à la presse privée
à qui il a promis
de l’associer désormais dans les décisions
qu’il prendrait dans le sens de la
protection de l’environnement.
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