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Expliquer et échanger avec les médias
sur des informations
qualifiées de
«grossières»
qui ont été publiées par certains médias sur
les universités de Kara et de Lomé et
partant sur le ministère de l’enseignement
supérieur, tel a
été l’objectif de la
conférence de presse que le ministre de
l’enseignement supérieur,
le Professeur
Charles Kondi Agba,
a organisé à son cabinet
dans l'après
midi du lundi 16
fevrier 2004.
Entouré de son
collègue de la communication M. Samuel
Pitang Tchalla, le professeur Charles Kondi
Agba a d’entrée fait remarquer que depuis
quelques jours des « informations
grossières, volontairement déformées et qui
frisent le tribalisme et le régionalisme »
sont écrites sur l’université de Kara et de
Lomé jetant des doutes dans l’esprit des
Togolais sur la volonté du gouvernement
d’assurer une éducation égale et équitable à
tous les jeunes togolais.
Evoquant le cas des
enseignants licenciés, le ministre a dit
qu’il n’y a pas eu de licenciements mais
plutôt de départs à la retraite conformément
à une loi de 1997 modifiée en 2000 qui
réglemente l’enseignement supérieur au Togo.
Rappelant
L’article 64 de cette loi
qui
prévoit que l’âge de départ
à la retraite pour les professeurs et
maîtres assistants est de 60 ans et de 55
ans pour les assistants,
Le ministre Agba
a indiqué
que MM. Foli et
Takassi sont admis à la retraite depuis
octobre 2003 conformément à cette
disposition. Il
a ajouté que les
statuts de l’université prévoient que
certains enseignants peuvent
toutefois
être maintenus si le
Conseil de l’Université estiment qu’ils sont
encore valables. Dans
ce cas, a dit le
Ministre, le conseil
de l'Université
formule une demande
au conseil des ministres qui peut la rejeter
ou l’accepter. Le gouvernement n’est donc
pas «obligé
de faire droit » à ce recours.
C’est ce qui a été les cas
de MM. Takassi et Foli,
a
précisé
le ministre.
Ce refus,
à en croire le ministre, serait motivé par
le fait que certains enseignants,
Professeurs,
font de la rétention,
c’est-à-dire qu'il
ne veulent pas faire
la promotion des assistants qui arrivent.
Il a dit que ces "Professeurs" refusent
d'encadrer les jeunes assistants et les
empêchent de devenir professeurs
un jour
comme eux.
«Comment
expliquez-vous qu’après 33 ans d’existence
de notre université qu’il n’y ait qu’un seul
Professeur
dans une faculté avec un moniteur, c’est
inadmissible ! s’est exclamé le ministre.»
Le Pr. Aba n'a toutefois pas dit si quelque
chose du genre étaient reproché en
particulier aux Pr. Takassi ou Foli.
Sur la question du paiement
de deux tranches d’aide aux étudiants de
Kara, le ministre a laissé entendre que cela
relève de l’imagination de ceux qui
véhiculent cette information. Les étudiants
de Kara n’ont touché qu’une seule tranche
d’aide comme ceux de Lomé et cela s’est fait
le 28 janvier dernier a précisé le ministre
de l’enseignement supérieur avant d’ajouter
que l’Etat ne peut pas se permettre un tel
luxe par ces temps de vache maigre.
Concernant la disparité des
frais d’inscription dans les deux
institutions universitaires, le ministre a
dit qu’un arrêté du recteur datant de 2003 a
fixé ces frais à 50000f pour les deux
universités mais que l’arrêté a précisé que
les étudiants de Kara payeront pour les
années académiques 2003-2004 et 2004-2005,
25000frs pour respecter le parallélisme des
formes puisque les étudiants de Lomé ont
bénéficié de deux années de moratoire.
Sur la discrimination que le
chef de l’Etat ferait entre l’université de
Kara et de Lomé, le ministre a laissé
entendre que cela ne pouvait se faire dans
la mesure où
«les
deux universités ont été créées par
lui-même et qu'il
s’emploie tous les jours pour créer les
conditions d’études plus acceptables afin
d’assurer une bonne formation de la
jeunesse, relève de demain.»
Le ministre de la
communication, M. Pitang Tchalla qui a
assisté à cette conférence de presse, a
remercié son collègue pour n’avoir pas
envoyé ces « journalistes indélicats » au
gnouf et a, saisi l’occasion comme il en a
l’habitude, pour inviter les journalistes à
« plus de professionnalisme »
dans le traitement des informations afin
dit-il, d’éviter de prêter le flanc à
toutes sortes d’interprétation comme c’est
le cas en ce moment.
▲
Le moins que l’on puisse
dire
c’est que le ministre
Charles Kondi Agba en bon orateur, n’a pas
convaincu. Des interrogations et des zones
d’ombre subsistent.
-
Pourquoi c’est seulement maintenant qu’il
faut notifier à MM. Foli, Takassi et Kouassi
de se retirer de
l'université alors
que c’est depuis octobre dernier qu’ils
sont admis à faire valoir leur droit
au sens de l'article 64
de la loi règlementant l'enseignement
supérieur ?
-
Pourquoi c’est à ces trois
seulement qui sont
frappés alors que le
ministre nous a étalé une liste des départs
à la retraite ?
Autant de questions qui font
dire que derrière cet acte se cachent des
mobiles politiques.
Selon certaines informations
glanées ça et là, si les trois n’ont pas
été maintenus comme le prévoient les
statuts de l’université c’est parce qu’ils
n’auraient pas assisté à l’inauguration
de l'Université
de Kara, mais le
ministre a battu en brèche cette rumeur
puisque,
selon lui,
à l’inauguration de l’université de Kara,
aucune liste n’était ouverte pour vérifier
les présences.
Bien plus, le doyen de la
Faculté de droit M. Foli Mensanvi a été
membre du présidium de la Conférence
Nationale et membre fondateur de la
Convention Démocratique des Peuples
Africains, parti du
Professeur
Gnininvi ; il n’a jamais été en odeur de
sainteté avec le régime
Eyadema
qui l’a
toujours à l’œil.
Ce ne sera pas la première fois que des
professeurs de l'Université de Lomé sont
exclus pour "incompatibilité de
fonction."
Sur un autre registre, le
ministre n’a pas donné d'explications
sur l'inégalité
notoire dans les
frais de transport et de restauration qui
sont de 50 f et 100 f à l’université de Kara
et 150 f et 500 f à l’université de Lomé ;
Ici,
le ministre se contentera de
dire que «les
conditions de vie et d’études sont plus
difficiles à Kara qu’à Lomé,
contrairement à ce que les gens pensent.»
Il n’a non plus donné d'explications
sur les violations répétées des franchises
universitaires. La non autorisation d’une AG
justifie t-elle l’intervention musclée des
forces de l’ordre sur le campus
universitaire ? Le
ministre a tout simplement esquivé la
question.
Il a donc fallu que la
presse se saisisse du dossier pour que le
ministre montre sa disponibilité à donner
toutes les informations utiles sur son
département ▲ |