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Actualité

18 fev. 2004

Crise universitaire :
Le Ministre  Charles Kondi AGBA donne des explications peu rassurantes
Daniel Garidan

Le Pr. Charles K. Agba


- Les explications du Ministre
- Messieurs Lantam et Gogué radiés depuis
- Lucien Messan entre un journalisme indépendant et Eyadema

Expliquer et échanger avec les médias sur des informations qualifiées de «grossières» qui ont été publiées par certains médias sur les universités de Kara et de Lomé et partant sur le ministère de l’enseignement supérieur, tel a été l’objectif de la conférence de presse que le ministre de l’enseignement supérieur, le Professeur Charles Kondi Agba, a organisé à son cabinet dans l'après midi du lundi 16 fevrier 2004.

Entouré de son collègue de la communication M. Samuel Pitang Tchalla, le professeur Charles Kondi Agba a d’entrée fait remarquer que  depuis quelques jours des « informations grossières, volontairement déformées et qui frisent le tribalisme et le  régionalisme » sont écrites sur l’université de Kara et de Lomé jetant des doutes dans l’esprit des Togolais sur la volonté du gouvernement d’assurer une éducation égale et équitable à tous les jeunes togolais.

Evoquant le cas des enseignants licenciés, le ministre a dit qu’il n’y a pas eu de licenciements mais plutôt de départs à la retraite conformément à une loi de 1997 modifiée en 2000  qui réglemente l’enseignement supérieur au Togo.

Rappelant L’article 64 de cette loi  qui prévoit que l’âge de départ à la retraite pour les professeurs et maîtres assistants est de 60 ans et de 55 ans pour les assistants, Le ministre Agba a indiqué que MM. Foli et Takassi sont admis à la retraite depuis octobre 2003 conformément à cette disposition. Il a ajouté que les statuts de l’université prévoient que certains enseignants peuvent toutefois être maintenus si  le Conseil de l’Université estiment qu’ils sont encore valables. Dans ce cas,  a dit le Ministre, le conseil de l'Université formule une demande au conseil des ministres qui peut la rejeter ou l’accepter. Le gouvernement n’est donc pas «obligé de faire droit » à ce recours. C’est ce qui a été les cas de MM. Takassi et Foli, a précisé le ministre.

Ce refus, à en croire le ministre, serait motivé par le fait que certains enseignants, Professeurs, font de la rétention, c’est-à-dire qu'il ne veulent pas faire la promotion des assistants qui arrivent. Il a dit que ces "Professeurs" refusent d'encadrer les jeunes assistants et les empêchent de devenir professeurs un jour comme eux. «Comment expliquez-vous qu’après 33 ans d’existence de notre université qu’il n’y ait qu’un seul Professeur dans une faculté avec un moniteur, c’est inadmissible !  s’est exclamé le ministre.» Le Pr. Aba n'a toutefois pas dit si quelque chose du genre étaient reproché en particulier aux Pr. Takassi ou Foli.

Sur la question du paiement de deux tranches d’aide aux étudiants de Kara, le ministre a laissé entendre que cela relève de l’imagination de ceux qui véhiculent cette information. Les étudiants de Kara n’ont touché qu’une seule tranche d’aide comme ceux de Lomé et cela s’est fait le 28 janvier dernier a précisé le ministre de l’enseignement supérieur  avant d’ajouter que l’Etat ne peut pas se permettre un tel luxe par  ces temps de vache maigre.

Concernant la disparité des frais d’inscription dans les deux institutions universitaires, le ministre a dit qu’un arrêté du recteur datant de 2003 a fixé ces frais à 50000f pour les deux universités mais que l’arrêté a précisé que les étudiants de Kara payeront pour les années académiques 2003-2004 et 2004-2005, 25000frs pour respecter le parallélisme des formes puisque les étudiants de Lomé ont bénéficié de deux années de moratoire.

Sur la discrimination que le chef de l’Etat ferait entre l’université de Kara et de Lomé, le ministre a laissé entendre que cela ne pouvait se faire dans la mesure où «les deux universités ont été  créées par lui-même et qu'il s’emploie tous les jours pour créer les conditions d’études plus acceptables afin d’assurer une bonne formation de la jeunesse, relève de demain.»

Le ministre de la communication,  M. Pitang Tchalla qui a assisté à cette conférence de presse,  a remercié son collègue pour n’avoir pas envoyé ces « journalistes indélicats » au gnouf et a,  saisi l’occasion comme il en a l’habitude,  pour inviter les journalistes à « plus de professionnalisme » dans le traitement des informations afin dit-il,  d’éviter de prêter  le flanc à toutes sortes d’interprétation comme c’est le cas en ce moment.

Le moins que l’on puisse dire c’est que le ministre Charles Kondi Agba en bon orateur, n’a pas convaincu. Des interrogations et des zones d’ombre subsistent.

- Pourquoi c’est seulement maintenant qu’il faut notifier à MM. Foli, Takassi et Kouassi de se retirer de l'université alors que  c’est depuis octobre dernier qu’ils  sont admis à faire valoir leur droit au sens de l'article 64 de la loi règlementant l'enseignement supérieur ?

- Pourquoi  c’est à ces trois seulement qui sont frappés alors que le ministre nous a étalé une liste des départs à la retraite ?

Autant de questions qui font dire que derrière cet acte se cachent des mobiles politiques.

Selon certaines informations glanées ça et là,  si  les trois n’ont pas été  maintenus comme le prévoient les statuts de l’université c’est  parce qu’ils n’auraient pas assisté à l’inauguration de l'Université de Kara,  mais le ministre a battu en brèche cette rumeur puisque, selon lui, à l’inauguration de l’université de Kara,  aucune liste n’était ouverte pour vérifier les présences.

Bien plus, le doyen de la Faculté de droit M. Foli Mensanvi a été membre du présidium de la Conférence Nationale et membre fondateur de la Convention Démocratique des Peuples Africains, parti du Professeur Gnininvi ; il n’a jamais été en odeur de sainteté avec le régime Eyadema qui l’a toujours à l’œil. Ce ne sera pas la première fois que des professeurs de l'Université de Lomé sont exclus pour "incompatibilité de fonction."

Sur un autre registre, le ministre n’a pas donné d'explications sur l'inégalité notoire dans les frais de transport et de restauration qui sont de 50 f et 100 f à l’université de Kara et 150 f et 500 f à l’université de Lomé ; Ici, le ministre se contentera de dire que «les conditions  de vie et d’études   sont plus difficiles à Kara  qu’à Lomé, contrairement à ce que les gens pensent.»

Il n’a non plus donné d'explications sur les violations répétées des franchises universitaires. La non autorisation d’une AG justifie t-elle l’intervention musclée des forces de l’ordre sur le campus universitaire ? Le ministre a tout simplement esquivé la question.

Il a donc fallu que la presse se saisisse du dossier  pour que le ministre montre sa disponibilité à donner toutes les informations utiles sur son département 

Messieurs Lantam et Gogué étaient radiés depuis
Pour les punir d'être des opposants, le régime Eyadema Exclut des professeurs d'université pour "incompatibilité de fonctions".
Monsieur Sey-Sanda Ninsao Lantam:
Il a été radié de la faculté de droit de l'Université de Lomé en 2003 à cause de ses activités politiques. Monsieur Lantam est le 1er responsable de la Solildarité citoyenne pour la république (SOLIDA). Il est aussi un proche de Monsieur Dahuku Péré dont il est conseiller juridique.
 Le Professeur Aimé Tchabouré Gogué:
Il a été radié de l'Université de Lomé alors qu'il s'apprêtait à y parrainer la création d'un 3e cycle à la faculté des Sciences économiques et de gestion. Monsieur Gogué qui enseigne aussi au Burkina Faso fut ministre sous Maître Joseph Kokou Koffigoh et est le Président de l'Alliance pour la démocratie et le developpement intétral (ADDI), un parti politique d'opposition.

Lucien Messan entre un journalisme indépendant et ses devoirs envers Eyadema

L’on se rappelle que dans un précédent article, togoforum avait fait état des violents affrontements qui ont opposé forces de l’ordre et étudiants le lundi 09 février 2004 sur le campus universitaire de Lomé et qui ont occasionné des arrestations et des blessés dans les rangs des étudiants. Notre article a été repris, quelques fois intégralement, attirant l'attention des autorités qui s'attendaient peut-être à ce que tout passe inaperçu. L'université de Lomé traverse des crises serieuses qui ne sauraient passer inaperçues.

Dans sa dernière livraison N° 435 du 16 février 2004, notre confrère «Le Combat du Peuple» est revenu sur le sujet sous le titre : « Université de Lomé  Le pouvoir-RPT règle ses comptes : Les doyens Foli et Takassi débarqués »

Pour le Combat du Peuple, « ce n’est un secret pour personne que l’université de Lomé se porte très mal malgré l’optimisme affiché par le ministre de l’enseignement supérieur M. Kondi Agba. Les enseignants du supérieur sont démotivés divisés et se regardent en chien de faïence. Les salaires insuffisants sont versés de façon erratique. Les étudiants quant à eux ne sont pas logés à la meilleure enseigne. C’est dans cette atmosphère délétère qu’interviennent les licenciements des doyens Issa Takassi de la FLESH et Mensanvi Foli de la FDD et du vice doyen Kuam Kouassi ».

C’est la goûte d’eau qui a débordé le vase.

Convoqué à Lomé 2 pour cet article, le directeur de la rédaction du « Combat du Peuple »  Lucien Djossou Messan, a été copieusement lavé par le maître des lieux qui n’a pas apprécié que des gens comme lui puissent écrire de telles choses.

C’est suite à la colère du "Timonier national" que le ministre de l’enseignement supérieur a décidé d’organiser la conférence décrite plus haut dans le but de faire la « lumière sur la diffusion de ces  informations erronées sur les universités du Togo» (sic).

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Amegninou Kovi

Mensan Kokou
Kové Sossouvi
Lawson Laté
Dognon Koffi
Kliko Eglo
Kamado Koudjo
Séké Koudjo
 

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