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Actualité

3 fev. 2004

Divorce consommé entre les militants de l’UFC, membres de la NDP et leur parti
Mathias Akoulansa

Gilbert Atsu

L’information est tombée ce matin au cours d’une conférence de presse organisée à l’Ecole Professionnelle de Lomé  par les responsables de cette branche estudiantine de l’UFC et membres de la NDP. Conférence à laquelle ont assisté  plusieurs journalistes de la presse privée nationale et des agences locales de la presse internationale, notamment le correspondant de RFI au Togo et de l’Agence France Presse (AFP).  A la fin de la conférence de presse, Gilbert Atsu a déclaré à togoforum :  «Nous n’allons pas porter la responsabilité historique d’être à l’origine de l’éclatement de l’UFC que nous avons contribué nous même à implanter par nos propres moyens. C’est pour cela que nous avons décidé de prendre nos distances. Nous aurons désormais la liberté d’esprit nécessaire pour  poser des actes que nous jugeons utiles pour l’avènement de la démocratie dans notre pays.»  

Devant plusieurs journalistes, Gilbert Atsu et ses camarades, après avoir rappelé les causes qui les ont amené à adresser des correspondances aux responsables de leur parti depuis 1999, ont décidé  de prendre leur distance vis-à-vis de l’UFC afin d’avoir la conscience libre de poser des actes qu’ils jugent utiles pour l’avènement de la démocratie dans notre pays. 

L’on se rappelle que depuis quelques semaines, une crise interne secoue le parti de Gilchrist Olympio ; à l’origine de cette crise, des correspondances adressées au bureau national par les jeunes demandant l’organisation d’un congrès extraordinaire du parti pour faire le bilan de la lutte, procéder à des réformes et dans le meilleur des cas, redéfinir une nouvelle stratégie de lutte. 

Au lieu que ça, disent les jeune, les responsables de leur parti les ont  traités de tous les noms, allant jusqu’à déclarer que les jeunes contestataires ne représentent rien au sein du parti  pour demander un congrès fut-il extraordinaire. A cela Gilbert Atsu nous a déclaré :  

«Certains responsables de l’UFC pensent que nous ne représentons rien et que le parti se limite à eux. Je précise que c’est nous même qui avons rédigé les textes et fait tout le travail d’implantation dans les arrondissements. C’est regrettable. Qu’un responsable de parti traite un militant de « bon a rien » ; Qu'on dise à  des responsables d’arrondissements qu’ils ne représentent rien, nous trouvons que c’est une insulte. Le régime en place nous traite de badauds, et voilà des responsables de l’UFC qui nous traitent de la même manière. On ne parle pas à un militant d’un parti comme si on s’adressait à sa bonne à la maison. Et là encore…. »  (propos récueillis après la conférence de presse)

A la question de togoforum de savoir quelle est la suite de leur acte d’aujourd’hui et à quoi ils s’attendent, Gilbert Atsu a déclaré : «Nous allons lancer un appel à la jeunesse en vue de la vraie lutte pour la démocratie. Nous sommes résolument dans l’opposition et à la NDP.» 

Contrairement donc à ce qu’a laissé entendre le site de propagande du gouvernement, les jeunes ont dit qu’il était hors de question pour eux de créer un parti politique; ils entendent continuer la lutte au sein de leur mouvement, la NDP et disent ne voir aucune main obscure derrière leur acte.  

Justement, sur l’existence d’une possible main invisible derrière les jeunes contestataires, Gilbert Atsu a déclaré à togoforum : « C’est l’habitude; c’est la même  chanson ; c’est la fuite en  avant tout simplement. Nous sommes dans la trentaine d’âge. Qu’on ne nous dise pas que nous sommes incapables de toute réflexion! »

Plusieurs compagnons de lutte militants de l’UFC, exclus sans notification officielle, disent-ils,  étaient  présents à cette conférence pour apporter leur soutien à leurs camarades

A la table de conférence, on notait

-Gilbert Atsu
-
Olivier Edorh
-Ferdinand Ayité
-Mathias Akpadjra
-Claude Kounakey
-
Bertin Assan 

Déclaration de Gilbert Atsu et ses compagnons

Mesdames, Messieurs les journalistes, 

            Il nous est particulièrement agréable, au nom des militants de l’UFC membres de la NDP, et de la base militante de saisir l’opportunité de la présente pour vous souhaiter, comme il est de coutume, nos vœux les meilleurs pour la nouvelle année et vous remercier d’avoir bien voulu répondre positivement à notre point de presse. 

            Mesdames, Messieurs les journalistes,

            Comme vous le savez sans doute déjà, depuis quelques semaines, L’Union des Forces de Changement est secouée par une crise interne qui défraye la chronique. Cette crise que certains dirigeants de l’UFC qualifient maladroitement de « tempête dans un verre d’eau » non  seulement a pris naissance depuis plusieurs années, mais surtout tire sa sève dans la contestation de la base militante du parti. Vous avez sans doute compris, d’une part, qu’en lieu et place d’une simple crise, il s’agit en réalité d’une profonde déchirure entre la base militante et la sphère dirigeante du parti, d’autre part, ce que  certains appellent la saga ou le feuilleton de l’UFC  ; la chronique des dernières semaines est réalité le petit bout visible d’un iceberg !   Tour comme le Titanic, le gros bateau UFC vient de heurter un iceberg. L’insubmersible UFC prend de l’eau et le mépris de certains de ses dirigeants le tire irrésistiblement vers les profondeurs. D’une « petite tempête dans un verre d’eau » nous en sommes à une véritable tempête, pire à un véritable cyclone, dont l’origine, comme nous vous le disons remonte à plusieurs années. 

            Depuis 1999, au soir de l’élection présidentielle contestée de juin 1998, soucieuse déjà en ce moment, de l’avenir politique du parti et surtout de l’avenir des jeunes Togolais, la Branche Estudiantine de l’UFC que nous avons animé jusqu’à une période récente, avait à travers des correspondances alerté le Bureau National du parti sur les dérives autoritaires et dysfonctionnements  observés à l’intérieur de l’UFC

            Il est ici juste de noter que les correspondances que nous avons adressées depuis 1999 jusqu’ici ce jour s’inscrivent totalement dans une branche réglementaire.

Nous vous prions de souligner au passage que les multiples correspondances que nous avons adressées depuis 1999, soit bientôt depuis cinq longues années n’ont jamais été publiées dans la presse.

Comprenez ainsi Mesdames, Messieurs les journalistes, que les récentes publications des échanges de correspondances entre les militants de l’UFC membres de la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) et le Bureau National, relèvent sans aucun doute d’un  ou plusieurs membres du Bureau National. D’ailleurs toutes nos correspondances sont adressées sous plis fermé et remises de main en main. La nature des dérives autoritaires et des dysfonctionnements réels qui ont cours au sein du parti sont multiples. Loin de vouloir étaler sur la place publique toutes les dérives de certains dirigeants, il est, au regard de la situation qui prévaut actuellement, de bon ton que nous portions à la connaissance de tous les militants du parti la nature de certains problèmes de fond. 

            La nature des dérives autoritaires et les dysfonctionnements réels qui sont légendes au sein de l’UFC sont multiples. Nous avons, afin d’éclairer l’opinion nationale, retenu quelques points saillants tels que : 

- Guerre de positionnement et conflit de personne
- Guerre des clans
- Marginalisation de certains responsables et des membres
- Gestion catastrophique des ressources financières, matérielles et humaines du parti
- Mépris de la jeunesse réduite à l’état d’anarchiste et de réactionnaire
- Absence de formation des militants et surtout des jeunes
- Absence de débat contradictoire et libre opinion
- Utilisation de l’image du parti et du Président National à des fins de spéculation  

Concernant le problème de la jeunesse du parti, étant conscient que la jeunesse est le fer de lance de tout parti politique, nous avons déployé tous les efforts pour faire de la Jeunesse des Forces de Changement (JFC) une structure d’avant garde. Nos efforts ne se  sont seulement pas limités à la réorganisation de la Branche Estudiantine à laquelle nous appartenons mais toute la jeunesse du parti. C’est ainsi que nous mis environ deux ans pour rédiger les textes qui régissent la jeunesse du parti aujourd’hui et ceci malgré la réticence de certains responsables et surtout au moment où les autres jeunes étaient introuvables. Nous avons réorganisé la jeunesse au niveau des arrondissements de Lomé en dépit de l’opposition de certains responsables. Malgré tous ces obstacles nous nous sommes battus avec nos propres moyens pour implanter le parti dans les quartiers, organiser des tournées de sensibilisation, des meetings etc..

            Dans notre souci permanent de trouver une solution à ces problèmes, nous avons toujours écrit au Bureau National et au Comité Politique du parti. Nous avons envoyé toutes nos correspondances au Président National. A chaque fois que nous avons eu l’occasion de le rencontrer que ce soit à Accra ou il y a de cela un an à Agoè en République du Bénin, nous avons attiré son attention sur les nombreux problèmes qui paralysent les activités du parti, problèmes auxquels il faille trouver des solutions. Ce jour là à Agoè, certains responsables après nous avoir empêché par tous les moyens de rencontrer le Président National sans succès, n’ont pas digéré le fait que nous ayons mis le Président National au courant de ces problèmes. Le président National nous avait assuré de son soutien et nous avait ensuite demandé de nous organiser. Concernant les problèmes il a promis de tout faire pour trouver des solutions. Pour éviter  qu’on lui donne des fausses informations nous lui envoyons toujours une copie de nos correspondances avec le Bureau National. Certains responsables du parti ont réussi dans leurs manœuvres à opposer les jeunes, à monter certains contre d’autres et enfin de compte à désorganiser complètement la jeunesse ce qui était d’ailleurs leur objectif. Cette partie concernant la jeunesse sans que nous l’ayons développée, illustre à juste  titre le peu d’importance  accordé aux jeunes dans le parti.

            Tous les efforts que nous avons déployés jusqu’à ce jour pour amener les responsables à comprendre la nécessité de faire des réformes au sein du parti se sont heurtés à la volonté d’une poignée de personnes qui ont pris le parti en otage.

            Ainsi le silence observé par le Président National du parti bien qu’il soit informé de tous les problèmes nous pousse à nous poser des questions sur sa position réelle vis à vis de ces problèmes. Il ne fait aucun doute que les responsables du parti à Lomé ne peuvent répondre à nos courriers puisqu’ils sont divisés et sont incapables de s’étendre sur la moindre décision ce qui témoigne du malaise qui existe dans le parti.

            Il ressort donc de  ce qui procède que nous avons jusqu’ alors prêché dans le désert. Pour éviter que la NDP ne soit continuellement accusée de vouloir disloquer le parti que nous avons contribué à implanter, les jeunes militants de l’UFC membres de la NDP et nos fidèles et courageux militants, après une réunion ont décidé en toute liberté et devant l’histoire de prendre leur distance vis à vis du parti afin d’avoir la conscience libre de poser des actes qu’ils jugent utiles pour l’avènement de la démocratie  dans notre pays. 

            Aujourd’hui la réalité politique exige de tous les acteurs que le débat et les méthodes soient recentrés afin qu’ils soient en phase avec les profondes aspirations du peuple togolais. Il est  historiquement reconnu que le  Peuple togolais  est un peuple profondément pacifique. Il est grand temps, après de longues et infructueuses années d’épreuves de force que nous nous  tournions davantage vers les desiderata des Togolais. En clair, nous devons nous tourner vers nos adversaires politiques pour rechercher le consensus, l’apaisement et la réconciliation. C’est dans cet esprit qu’au mois d’octobre de l’année dernière nous avons mis en lumière au cours d’une conférence de presse la nécessité pour les Togolais de réaliser un forum pour la réconciliation. 

            Aujourd’hui, nous devons tous comprendre que la maison TOGO appartient à tous les Togolais et qu’il urge pour les filles et les fils de notre pays de travailleur ensemble pour sortir le pays de la crise. Il n’est plus acceptable de laisser le pouvoir seul continuer à gérer les affaires de la cité. L’opposition regorge de cadres valables qui peuvent contribuer à l’édification de la Nation. 

Mesdames, Messieurs les journalistes, 

            Vous voudrez nous permettre de saisir l’opportunité de votre tribune pour lancer un appel en direction  de toutes les forces démocratiques et particulièrement la jeunesse togolaise, qui font de leur combat politique, la recherche d’un avenir meilleur pour les Togolais dans un Togo réconcilié avec lui-même, qui font de leur combat politique, non pas la division, mais la recherche permanente des droits humains et des citoyens dans une cité d’équité et de justice, qui font de leur combat politique, la recherche de l’épanouissement de la jeunesse de notre pays, qu’elles nous rejoignent dans notre option pour un Togo meilleur. 

Notre action politique reste résolument enracinée dans la sphère de l’opposition. 

Fait à Lomé, le 03 février 2004
Le Responsable

Gilbert K. ATSU

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Amegninou Kovi

Mensan Kokou
Kové Sossouvi
Lawson Laté
Dognon Koffi
Kliko Eglo
Kamado Koudjo
Séké Koudjo
 

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