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Mesdames, Messieurs les
journalistes,
Il nous est
particulièrement agréable, au nom des
militants de l’UFC membres de la NDP, et de
la base militante de saisir l’opportunité de
la présente pour vous souhaiter, comme il
est de coutume, nos vœux les meilleurs pour
la nouvelle année et vous remercier d’avoir
bien voulu répondre positivement à notre
point de presse.
Mesdames,
Messieurs les journalistes,
Comme vous le
savez sans doute déjà, depuis quelques
semaines, L’Union des Forces de Changement
est secouée par une crise interne qui
défraye la chronique. Cette crise que
certains dirigeants de l’UFC qualifient
maladroitement de « tempête dans un verre
d’eau » non seulement a pris naissance
depuis plusieurs années, mais surtout tire
sa sève dans la contestation de la base
militante du parti. Vous avez sans doute
compris, d’une part, qu’en lieu et place
d’une simple crise, il s’agit en réalité
d’une profonde déchirure entre la base
militante et la sphère dirigeante du parti,
d’autre part, ce que certains appellent la
saga ou le feuilleton de l’UFC ; la
chronique des dernières semaines est réalité
le petit bout visible d’un iceberg ! Tour
comme le Titanic, le gros bateau UFC vient
de heurter un iceberg. L’insubmersible UFC
prend de l’eau et le mépris de certains de
ses dirigeants le tire irrésistiblement vers
les profondeurs. D’une « petite tempête dans
un verre d’eau » nous en sommes à une
véritable tempête, pire à un véritable
cyclone, dont l’origine, comme nous vous le
disons remonte à plusieurs années.
Depuis 1999, au
soir de l’élection présidentielle contestée
de juin 1998, soucieuse déjà en ce moment,
de l’avenir politique du parti et surtout de
l’avenir des jeunes Togolais, la Branche
Estudiantine de l’UFC que nous avons animé
jusqu’à une période récente, avait à travers
des correspondances alerté le Bureau
National du parti sur les dérives
autoritaires et dysfonctionnements observés
à l’intérieur de l’UFC
Il est ici juste
de noter que les correspondances que nous
avons adressées depuis 1999 jusqu’ici ce
jour s’inscrivent totalement dans une
branche réglementaire.
Nous vous prions de
souligner au passage que les multiples
correspondances que nous avons adressées
depuis 1999, soit bientôt depuis cinq
longues années n’ont jamais été publiées
dans la presse.
Comprenez ainsi Mesdames,
Messieurs les journalistes, que les récentes
publications des échanges de correspondances
entre les militants de l’UFC membres de la
Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) et le
Bureau National, relèvent sans aucun doute
d’un ou plusieurs membres du Bureau
National. D’ailleurs toutes nos
correspondances sont adressées sous plis
fermé et remises de main en main. La nature
des dérives autoritaires et des
dysfonctionnements réels qui ont cours au
sein du parti sont multiples. Loin de
vouloir étaler sur la place publique toutes
les dérives de certains dirigeants, il est,
au regard de la situation qui prévaut
actuellement, de bon ton que nous portions à
la connaissance de tous les militants du
parti la nature de certains problèmes de
fond.
La nature des
dérives autoritaires et les
dysfonctionnements réels qui sont légendes
au sein de l’UFC sont multiples. Nous avons,
afin d’éclairer l’opinion nationale, retenu
quelques points saillants tels que :
-
Guerre de positionnement et
conflit de personne
-
Guerre des clans
-
Marginalisation de certains
responsables et des membres
-
Gestion
catastrophique des ressources financières,
matérielles et humaines du parti
-
Mépris de la jeunesse
réduite à l’état d’anarchiste et de
réactionnaire
-
Absence de formation
des militants et surtout des jeunes
-
Absence de débat
contradictoire et libre opinion
-
Utilisation de
l’image du parti et du Président National à
des fins de spéculation
Concernant le problème de la
jeunesse du parti, étant conscient que la
jeunesse est le fer de lance de tout parti
politique, nous avons déployé tous les
efforts pour faire de la Jeunesse des Forces
de Changement (JFC) une structure d’avant
garde. Nos efforts ne se sont seulement pas
limités à la réorganisation de la Branche
Estudiantine à laquelle nous appartenons
mais toute la jeunesse du parti. C’est ainsi
que nous mis environ deux ans pour rédiger
les textes qui régissent la jeunesse du
parti aujourd’hui et ceci malgré la
réticence de certains responsables et
surtout au moment où les autres jeunes
étaient introuvables. Nous avons réorganisé
la jeunesse au niveau des arrondissements de
Lomé en dépit de l’opposition de certains
responsables. Malgré tous ces obstacles nous
nous sommes battus avec nos propres moyens
pour implanter le parti dans les quartiers,
organiser des tournées de sensibilisation,
des meetings etc..
Dans notre souci
permanent de trouver une solution à ces
problèmes, nous avons toujours écrit au
Bureau National et au Comité Politique du
parti. Nous avons envoyé toutes nos
correspondances au Président National. A
chaque fois que nous avons eu l’occasion de
le rencontrer que ce soit à Accra ou il y a
de cela un an à Agoè en République du Bénin,
nous avons attiré son attention sur les
nombreux problèmes qui paralysent les
activités du parti, problèmes auxquels il
faille trouver des solutions. Ce jour là à
Agoè, certains responsables après nous avoir
empêché par tous les moyens de rencontrer le
Président National sans succès, n’ont pas
digéré le fait que nous ayons mis le
Président National au courant de ces
problèmes. Le président National nous avait
assuré de son soutien et nous avait ensuite
demandé de nous organiser. Concernant les
problèmes il a promis de tout faire pour
trouver des solutions. Pour éviter qu’on
lui donne des fausses informations nous lui
envoyons toujours une copie de nos
correspondances avec le Bureau National.
Certains responsables du parti ont réussi
dans leurs manœuvres à opposer les jeunes, à
monter certains contre d’autres et enfin de
compte à désorganiser complètement la
jeunesse ce qui était d’ailleurs leur
objectif. Cette partie concernant la
jeunesse sans que nous l’ayons développée,
illustre à juste titre le peu d’importance
accordé aux jeunes dans le parti.
Tous les efforts
que nous avons déployés jusqu’à ce jour pour
amener les responsables à comprendre la
nécessité de faire des réformes au sein du
parti se sont heurtés à la volonté d’une
poignée de personnes qui ont pris le parti
en otage.
Ainsi le silence
observé par le Président National du parti
bien qu’il soit informé de tous les
problèmes nous pousse à nous poser des
questions sur sa position réelle vis à vis
de ces problèmes. Il ne fait aucun doute que
les responsables du parti à Lomé ne peuvent
répondre à nos courriers puisqu’ils sont
divisés et sont incapables de s’étendre sur
la moindre décision ce qui témoigne du
malaise qui existe dans le parti.
Il ressort
donc de ce qui procède que nous avons
jusqu’ alors prêché dans le désert. Pour
éviter que la NDP ne soit continuellement
accusée de vouloir disloquer le parti que
nous avons contribué à implanter, les jeunes
militants de l’UFC membres de la NDP et nos
fidèles et courageux militants, après une
réunion ont décidé en toute liberté et
devant l’histoire de prendre leur distance
vis à vis du parti afin d’avoir la
conscience libre de poser des actes qu’ils
jugent utiles pour l’avènement de la
démocratie dans notre pays.
Aujourd’hui la
réalité politique exige de tous les acteurs
que le débat et les méthodes soient
recentrés afin qu’ils soient en phase avec
les profondes aspirations du peuple
togolais. Il est historiquement reconnu que
le Peuple togolais est un peuple
profondément pacifique. Il est grand temps,
après de longues et infructueuses années
d’épreuves de force que nous nous tournions
davantage vers les desiderata des Togolais.
En clair, nous devons nous tourner vers nos
adversaires politiques pour rechercher le
consensus, l’apaisement et la
réconciliation. C’est dans cet esprit qu’au
mois d’octobre de l’année dernière nous
avons mis en lumière au cours d’une
conférence de presse la nécessité pour les
Togolais de réaliser un forum pour la
réconciliation.
Aujourd’hui,
nous devons tous comprendre que la maison
TOGO appartient à tous les Togolais et qu’il
urge pour les filles et les fils de notre
pays de travailleur ensemble pour sortir le
pays de la crise. Il n’est plus acceptable
de laisser le pouvoir seul continuer à gérer
les affaires de la cité. L’opposition
regorge de cadres valables qui peuvent
contribuer à l’édification de la Nation.
Mesdames, Messieurs les
journalistes,
Vous voudrez
nous permettre de saisir l’opportunité de
votre tribune pour lancer un appel en
direction de toutes les forces
démocratiques et particulièrement la
jeunesse togolaise, qui font de leur combat
politique, la recherche d’un avenir meilleur
pour les Togolais dans un Togo réconcilié
avec lui-même, qui font de leur combat
politique, non pas la division, mais la
recherche permanente des droits humains et
des citoyens dans une cité d’équité et de
justice, qui font de leur combat politique,
la recherche de l’épanouissement de la
jeunesse de notre pays, qu’elles nous
rejoignent dans notre option pour un Togo
meilleur.
Notre action politique reste
résolument enracinée dans la sphère de
l’opposition.
Fait
à Lomé, le 03 février 2004
Le Responsable
Gilbert K. ATSU |