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COMITE D’ACTION POUR LE
RENOUVEAU
Lomé, le 19 novembre 2003
A Son Excellence
Romano PRODI
Président de la Commission Européenne
200, Rue de la Loi
Fax : 32 2 296 50 09
Bruxelles-1049
BELGIQUE
Excellence Monsieur le
Président,
J’ai l’honneur de vous
exprimer, avant toute chose, au nom de mon
parti et en mien propre, nos sentiments de
gratitude pour l’intérêt constant et soutenu
que vous portez au processus démocratique du
Togo.
Votre récente prise de
position sur la situation politique du Togo
est une preuve supplémentaire de votre souci
de voir notre pays sortir de la crise qui le
mine depuis plus d’une décennie.
C’est donc avec grand
intérêt que mon parti, le Comité d’Action
pour le Renouveau (CAR) et moi-même avons
appris que votre vénérable institution,
l’Union européenne, s’apprête, une fois de
plus à entrer en consultations avec le
Gouvernement togolais, sur la base des
dispositions de l’article 96 de l’Accord de
Cotonou.
Mon Parti tient d’ores et
déjà, par la déclaration annexe, à saluer
l’initiative et souhaite vivement qu’elle
ne connaisse pas le sort des précédentes
consultations qui avaient suscité tant
d’espoirs auprès des populations togolaises.
Monsieur le Président
Le peuple togolais tout
entier considère les consultations en
perspective et le Dialogue intertogolais qui
devra, nous l’espérons, en découler, comme
l’ultime chance pour notre pays d’une sortie
pacifique de crise.
Le CAR aussi partage cette
conviction et cherche par tous les moyens à
contribuer à l’aboutissement heureux de
l’initiative.
C’est au titre de cette
contribution que mon parti vous adresse,
Monsieur le Président, les propositions qui
suivent et qui, à notre avis devront pouvoir
servir de base à une solution appropriée au
problème togolais.
Ces propositions reposent
sur quatre éléments :
Le CAR prend d’abord en
compte le fait que le Togo est en situation
de crise profonde liée à de multiples
facteurs notamment :
- l’obstination du régime à
prendre appui sur la force physique pour
gouverner tout un peuple contre son gré ;
- l’adoption de textes
discriminatoires au regard du contexte ;
- l’emprise des
ressentiments, des compassions et de la peur
des lendemains sur les comportements
politiques.
Il serait périlleux de
chercher à sous-estimer la gravité de la
crise en se fiant au calme apparent imposé
au pays par des mesures de terreur.
Le CAR tient ensuite à
souligner qu’un pays en situation de crise
comme le Togo ne peut que s’enfoncer
davantage dans la crise si ses gouvernants
se servent des résultats falsifiés des
élections pour le faire apparaître comme un
Etat démocratique fonctionnant comme tel à
base de la règle de la majorité.
Et c’est pour éviter
d’avaliser ce scénario destructeur pour le
pays que les diverses formations de
l’Opposition ont refusé de participer aux
élections locales annoncées par le
Gouvernement.
Notre pays ne peut en
réalité sortir de la crise que par une
reprise améliorée du régime de consensus
amorcé en 1999, ce pour une période
transitoire durant laquelle les diverses
composantes de la classe politique auront à
s’efforcer de s’accepter et de se donner
mutuellement des gages pour l’instauration
d’un environnement propice à l’alternance
politique.
Les populations togolaises
ne sont disposées à accepter que les aides
extérieures qui leur sont destinées passent
par un Etat non incarné par un Gouvernement
et un Parlement aptes à mettre la gestion
des affaires publiques à l’abri des dérives
du régime actuel et qui puissent assurer le
respect des droits de l’homme et des
principes démocratiques.
Monsieur le Président
C’est en tenant compte de
ces éléments que le CAR :
réitère la proposition
interpellant le chef de l’Etat à réunir les
différentes composantes de la classe
politique et de la société civile en un
Dialogue national pour un accord politique
susceptible de sortir le pays de la crise
réitère également l’idée de la formation
d’un gouvernement de transition comprenant
toutes les sensibilités politiques, avec
pour missions :
de créer les conditions
d’une véritable réconciliation nationale ;
d’organiser suivant des
modalités à définir, des élections
transparentes, libres et ouvertes à tous ;
de rechercher les voies et
moyens pour la reconstruction du pays.
rappelle enfin que la
formation d’un Gouvernement mixte
transitoire doit aller de pair avec la mise
en place d’un Parlement intérimaire
pluraliste qui en assure le contrôle.
Telles sont Monsieur le
Président, les propositions que je me fais
l’honneur de soumettre, au nom de mon parti,
à votre bienveillante attention.
Veuillez agréer, Monsieur
le Président, l’expression de ma parfaite
considération.
Pour le CAR
Le Président National
Me Yawovi AGBOYIBO
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