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Actualité

1er mars 2004

Affaire Abass Saibou :
Me Yawovi A
gboyibo s'explique devant la presse togolaise  
Alain Nococo

Le leader du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) Me Yawovi Agboyibo a animé un point de presse vendredi dernier  au siège de son parti sis, 58 Avenue du 24 janvier à Lomé.

L’objectif de ce point de presse selon les organisateurs, a été d’apporter des éléments d’éclairage sur le communiqué rendu public le 23 février et sur l’entretien que Me Agboyibo a eu le mercredi 25 février 2004 à Lomé 2 avec le chef de l’Etat togolais au sujet de ce communiqué.

D’entrée, le leader du CAR a dit qu’il ne s’agira  pas d’un point de presse classique habituel avec une déclaration liminaire, mais d’une rencontre pour confirmer que le document publié par « Le Regard » et qui lui a valu tout ce l’on sait,  est  du vrai,  contrairement à  certaines informations  faisant état d’un grotesque montage,  et bien entendu  apporter des éléments de preuve que son parti,  le CAR a bel et bien transmis le courrier au président via son premier ministre.

Au sujet de la rencontre avec le chef de l’Etat, le leader du CAR a laissé entendre qu’il a été convoqué à Lomé 2 sans notification d'ordre du jour. Raison pour laquelle il s’y est rendu avec son 1er vice président Me Gahoun HEGBOR.

A leur arrivée, ils ont constaté
, selon Me Agboyibo, que le chef de l’Etat était entouré de plusieurs personnalités. Après un premier entretien avec certains de ses collaborateurs qui jouaient le rôle de conseillers,  et  qui lui a permis d’avoir une idée de l’objet de la rencontre,  Me Agboyibo a dit que le chef de l’Etat  a affirmé n’avoir jamais reçu son courrier  en date du 19 novembre et s’est dit étonné   de ce que le président Romano Prodi ait « pris bonne note des propositions » formulées par le CAR. Pour  répondre au Chef de l’Etat, le leader du CAR a dit exigé  un tête-à-tête avec le président et ce qui a été accepté.

Et selon  Me Agboyibo, les deux se sont entendus sur les deux points divergents et se sont mis d’accord pour taire ces divergences. Et c’est à  sa grande surprise qu’il a appris qu’un journaliste en l’occurrence Abass a été sérieusement sermonné par le chef de l’Etat et son entourage. Me Agboyibo a dit en avoir souffert et durement éprouvé pour ce qui est arrivé à Abass et déclaré que s’il  avait été  informé que c’est à cause du communiqué de son parti que le journaliste a été convoqué, il serait resté pour la confrontation.

A en croire le journaliste Abass Saïbou, lui-même, Me Agboyibo et Me Hegbor se sont salués dans la cour de Lomé 2 avant son entrée au tribunal privé et special. Une fois à l'intérieur, Eyadema a exigé que deux sièges soient laissés vides pour le leader du CAR et son Vice Président. Eyadema affirmera qu'Agboyibo refuse de les rejoindre et qu'il exige lui parler à part. Ce qui a été fait. Abass Saïbou a déclaré ne disposer d'aucune preuve lui permettant d'accuser Me Agboyibo de quelque conspiration contre lui. Mais a dit avoir été surpris de la déclaration de Lucien Messan et de son allusion au leader du CAR.

A propos des émissaires du chef de l’Etat désignés pour des échanges avec le CAR, Me Agboyibo a d’abord laissé planer le doute estimant qu’il n’était pas opportun d’avancer des noms. Mais pour lever toute équivoque sur ses intentions et compte tenu de ce qui s’est passé avec notre confrère Abass à Lomé et pour la manifestation de la vérité, les journalistes présents à la conférence de presse  ont exigé que le leader du CAR avance des noms. C’est ainsi que très dubitatif, Me Agboyibo a dit que c’est le fils du chef de l’Etat Faure Gnassingbé qui lui a téléphoné pour lui dire que le chef de l’Etat demande de prendre attache avec son parti dans le cadre de sa proposition de sortie de crise. Plus tard, on apprendra qu'une deuxième personne proche du pouvoir et concerné dans le communiqué du CAR n'est autre que M. ASSOUMA Aboudou.

Pour terminer, Me Agboyibo a souligné  que la crise que traverse notre pays avec ses conséquences dramatiques sur les populations doit interpeler la conscience de tous les leaders. « Nous ne devons pas laisser nos populations continuer à souffrir comme cela. Nous devons faire quelque chose sinon les générations futures ne nous pardonneront pas » a martelé le leader du CAR avant d’ajouter que la démarche de son parti s’inscrit dans le cadre des démarches en cours pour trouver une solution à la crise togolaise et non la recherche d’un quelconque intérêt personnel.

« Nous avons décidé de prendre cette courageuse décision parce que nous avons de l’amour pour ce pays et nous sommes convaincus que le chef de l’Etat demeure un acteur incontournable dans la recherche des solutions à la grave crise que traverse notre pays depuis plus de dix ans », a-t-il a affirmé.

Par ailleurs, le leader du CAR a tenu à préciser que son parti n’est pas encore entré en négociation avec le pouvoir. « Nous ne sommes pas en négociations contrairement à ce que pensent les gens. Notre démarche comprend trois phases. Nous ne sommes qu’à la première phase qui consiste à convaincre Eyadema à accepter le principe du dialogue, la deuxième phase consistera à préparer le dialogue et elle ne concernera pas le CAR seulement mais d’autres formations politiques et la troisième consistera à tenir le dialogue, cette phase  regroupera toutes les formations politiques et la société civile ; vous voyez, nous avons de l’ambition pour ce pays » a déclaré Me Agboyibo avant d’inviter la presse togolaise à soutenir l’initiative de son parti afin qu’elle aboutisse pour le bonheur des populations togolaises. 

Voici quelques éléments de preuve présentés à la presse

COMITE D’ACTION POUR LE RENOUVEAU  
CAR


Lomé, le 19 novembre 2003
A
Son Excellence Monsieur le Président de la
République du Togo S/C Monsieur le

Premier Ministre du Gouvernement du Togo

Lomé
 

Excellence Monsieur le Président de la République            

Dans le cadre des efforts que chaque formation politique se doit de consentir pour la recherche de solutions à un dénouement pacifique de la crise que traverse notre pays, notre parti le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), a adressé ce jour une correspondance à son Excellence le Président de la Commission européenne. 

J’ai l’honneur de vous transmettre un exemplaire en souhaitant vivement que votre Excellence apporte sa contribution personnelle à la réalisation des solutions proposées par notre parti. 

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très  haute considération.
Me Yawovi AGBOYIBO

COMITE D’ACTION POUR LE RENOUVEAU CAR   

Lomé,  le 19 novembre 2003 
A Monsieur le Premier ministre de la
République du Togo
Lomé
 

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir transmettre à son Excellence Monsieur le Président de la République le pli en annexe. 

Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.

Me Yawovi AGBOYIBO
 

COMITE D’ACTION POUR LE RENOUVEAU  

Lomé, le 19 novembre 2003
A Son Excellence Romano PRODI
Président de la Commission Européenne

200, Rue de la Loi
Fax : 32 2 296 50 09
Bruxelles-1049

BELGIQUE

Excellence Monsieur le Président, 

J’ai l’honneur de vous exprimer, avant toute chose, au nom de mon parti et en mien propre, nos sentiments de gratitude pour l’intérêt constant et soutenu que vous portez au processus démocratique du Togo. 

Votre récente prise de position sur la situation politique du Togo est une preuve supplémentaire de votre souci de voir notre pays sortir de la crise qui le mine depuis plus d’une décennie. 

C’est donc avec grand intérêt que mon parti, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et moi-même avons appris que votre vénérable institution, l’Union européenne, s’apprête, une fois de plus à entrer en consultations avec le Gouvernement togolais, sur la base des dispositions de l’article 96 de l’Accord de Cotonou. 

Mon Parti tient d’ores et déjà, par la déclaration annexe, à saluer l’initiative et souhaite vivement qu’elle ne  connaisse pas le sort des précédentes consultations qui avaient suscité tant d’espoirs auprès des populations togolaises.

Monsieur le Président 

Le peuple togolais tout entier considère les consultations en perspective et le Dialogue intertogolais qui devra, nous l’espérons, en découler, comme l’ultime chance pour notre pays d’une sortie pacifique de crise. 

Le CAR aussi partage cette conviction et cherche par tous les moyens à contribuer à l’aboutissement heureux de l’initiative. 

C’est au titre de cette contribution que mon parti vous adresse, Monsieur le Président, les propositions qui suivent et qui, à notre avis devront pouvoir servir de base à une solution appropriée au problème togolais. 

Ces propositions reposent sur quatre éléments : 

Le CAR prend d’abord en compte le fait que le Togo est en situation de crise profonde liée à de multiples facteurs notamment :

- l’obstination du régime à prendre appui sur la force physique pour gouverner tout un peuple contre son gré ;

-  l’adoption de textes discriminatoires  au regard du contexte ;

- l’emprise des ressentiments, des compassions et de la peur des lendemains sur les comportements politiques. 

Il serait périlleux de chercher à sous-estimer la gravité de la crise en se fiant au calme apparent imposé au pays par des mesures de terreur. 

Le CAR tient ensuite à souligner qu’un pays en situation de crise comme le Togo ne peut que s’enfoncer davantage dans la crise si ses gouvernants se servent des résultats falsifiés des élections pour le faire apparaître comme un Etat démocratique fonctionnant comme tel à base de la règle de la majorité.

Et c’est pour éviter d’avaliser ce scénario destructeur pour le pays que les diverses formations de l’Opposition ont refusé de participer aux élections locales annoncées par le Gouvernement. 

Notre pays ne peut en réalité sortir de la crise que par une reprise améliorée du régime de consensus amorcé en 1999, ce pour une période transitoire durant laquelle les diverses composantes de la classe politique auront à s’efforcer de s’accepter et de se donner mutuellement des gages pour l’instauration d’un environnement propice à l’alternance politique. 

 Les populations togolaises ne sont disposées à accepter que les aides extérieures qui leur sont destinées passent par un Etat non incarné par un Gouvernement et un Parlement aptes à mettre la gestion des affaires publiques à l’abri des dérives du régime actuel et qui puissent assurer le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques. 

Monsieur le Président  

C’est en tenant compte de ces éléments que le CAR : 

réitère la proposition interpellant le chef de l’Etat à réunir les différentes composantes de la classe politique et de la société civile en un Dialogue national pour un accord politique susceptible de sortir le pays de la crise réitère également l’idée de la formation d’un gouvernement de transition comprenant toutes les sensibilités politiques, avec pour missions : 

de créer les conditions d’une véritable réconciliation nationale ;

d’organiser suivant des modalités à définir, des élections transparentes, libres et ouvertes à tous ;

de rechercher les voies et moyens pour la reconstruction du pays. 

rappelle enfin que la formation d’un Gouvernement mixte transitoire doit aller de pair avec la mise en place d’un Parlement intérimaire pluraliste qui en  assure le contrôle. 

Telles sont Monsieur le Président, les propositions que je me fais l’honneur de soumettre, au nom de mon parti, à votre bienveillante  attention. 

Veuillez agréer,  Monsieur le Président,  l’expression de ma parfaite considération. 

Pour le CAR
Le Président National

Me Yawovi AGBOYIBO
  

Réponse du Président de la commission de l’UE 

COMMISSION EUROPEENNE DG DEVELOPPEMENT
Afrique Occidentale et Centrale, Caraïbes et PTOM


Directeur
 
Bruxelles, le 12 janvier 2004

D2 *2(04) D/79

Objet : Situation politique au Togo

Réf : Votre lettre du 19 novembre 2003 

Monsieur,            

            Je vous remercie de la lettre que vous avez adressée le 19 novembre 2003 au Président de la commission européenne, par laquelle vous l’informez que votre parti considère les consultations entre l’Union européenne et le Togo, devant mener à une reprise du dialogue intertogolais, comme l’ultime chance pour votre pays d’une sortie pacifique de la crise. 

            Suite aux élections présidentielles de l’année passée, l’Union européenne avait entamé une réflexion sur les moyens de sortir de la crise politique que vit le Togo depuis longue date. Il me semble qu’il y a effectivement lieu de renouveler le dialogue politique entre l’Union européenne et le Togo par des consultations formelles comme prévues à l’Article 96 de l’Accord de Cotonou. Une proposition dans ce sens sera envoyée aux Etats membres sous peu. L’objectif de ces consultations est de souligner l’importance que l’UE attache à l’ouverture du système politique à l’ensemble des sensibilités politiques et à la reprise d’un dialogue entre les autorités, les partis politiques de l’opposition et la société civile, favorisant un réel processus démocratique. Il est clair qu’il est nécessaire que les autorités montrent des progrès réels et des gestes concrets dans le processus de démocratisation. Dans ce contexte j’ai pris bonne note des propositions formulées dans votre lettre. 

            Dans le cadre de ces consultations l’Union européenne envisage également d’examiner dans quelle mesure et comment il est possible d’appuyer le Togo à progresser dans ce processus de réconciliation et de démocratisation qui doit souscrire aux critères de bonne gouvernance reconnus par la communauté internationale et adoptés par l’Union Africaine et le NEPAD. 

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.  
Sipke BROUWER 

COMITE D’ACTION POUR LE RENOUVEAU CAR
L
omé, le 26 février 2004
A Monsieur le Premier Ministre
Lomé

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Je vous prie de trouver en annexe, la feuille de décharge attestant la réception par vos services du pli contenant la correspondance que j’ai adressée le 19 novembre 2003 au Président de la République sous votre couvert ainsi que celle destinée à vous-même. 

            Je mets à profit l’occasion pour vous faire parvenir à toutes fins utiles, une copie de la lettre que le Président de la commission de l’Union européenne m’a adresser le 12 janvier 2004 en réponse à la mienne du 19 novembre 2003. 

            Veuillez agréer, monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.
Me Yawovi AGBOYIBO

Je ne peux malheureusement pas vous parvenir la feuille de décharge du courrier du CAR du 19 novembre 2003 faute de fax, mais sachez que le courrier a été envoyé à cinq qui ont bien déchargé avec émargement. Il s’agit des services suivants :

Délégation de l’UE
Ambassade de France

Ambassade d’Allemagne

Ambassade des Etats-Unis

Primature.

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Amegninou Kovi

Mensan Kokou
Kové Sossouvi
Lawson Laté
Dognon Koffi
Kliko Eglo
Kamado Koudjo
Séké Koudjo
 

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