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Le gouvernement doit
reconsidérer sa position en prenant attache
avec l’opposition traditionnelle en vue de
préparer un dialogue crédible
J’ai reçu le 13
mai 2004 une lettre circulaire du Premier
ministre annonçant l’ouverture prochaine
d’un dialogue avec les partis politiques.
Ce, a -t-il précisé, conformément aux
engagements pris à Bruxelles le 14 avril
2004.
J’attends la
réunion hebdomadaire du Comité Politique de
notre parti qui aura lieu ce lundi 17 mai
2004 pour l’examen de la réponse de la
circulaire.
Mais d’ores et
déjà, j’ai trouvé étrange que le chef du
gouvernement n’ait même pas eu la
courtoisie d’adresser des lettres
personnalisées aux partis habiletés à
prendre part au dialogue national.
Et puis, il
semblerait qu’en dehors des formations
politiques qui ont entrepris le dialogue
inter togolais en 1999 d’autres partis
politiques seraient également destinataires
de la lettre circulaire. Une telle extension
des participants au dialogue est
incompatible avec 2 passages de l’engagement
du gouvernement concernant le dialogue
national :
D’abord, le
gouvernement ne s’est pas engagé à initier
un nouveau dialogue mais à annoncer sans
délai la reprise de celui précédemment
amorcé en 1999.
Il va de soi
que ce sont les partis politiques qui
avaient précédemment négocié de se retrouver
pour reprendre le dialogue interrompu entre
temps. C’est pour rester logique avec
lui-même que le gouvernement s’est engagé à
reprendre les discussions avec l’opposition
traditionnelle. La notion d’opposition
traditionnelle telle qu’elle est insérée
dans le communiqué de l’Union Européenne du
14 avril 2004 à l’issue des échanges avec le
gouvernement désigne les partis d’opposition
retenus à l’ouverture des discussions inter
togolaises de juillet 99.
Il est vrai que
les partis ainsi retenus sont loin de
couvrir l’ensemble des formations politiques
de l’opposition. Mais c’est là une question
interne à régler au sein de l’opposition en
prenant attache avec l’opposition
traditionnelle par la composition de sa
délégation. L’opposition a intérêt à
procéder ainsi pour ne pas offrir au RPT
de prétexte pour faire noyauter le
dialogue par des pseudo partis d’opposition.
La seule extension qui ressort de
l’engagement pris par le gouvernement est
celle concernant la participation de la
société civile au dialogue. Il revient au
RPT et à l’opposition traditionnelle de
s’entendre sur le contenu à donner à cette
notion de société civile. Le gouvernement ne
saurait unilatéralement dresser la liste des
organisations de la société civile à inviter
au dialogue national.
De manière plus
générale, c’est avec l’opposition
traditionnelle que le gouvernement doit
définir les modalités d’organisation du
dialogue notamment l’ordre du jour, le
calendrier des travaux, la composition des
délégations, la façon d’assurer la
transparence des discussions.
Je crains que
la lettre circulaire du Premier ministre ne
cache un plan du dialogue qui s’écarte de
celui auquel le gouvernement s’est engagé le
14 avril 2004 devant l’Union Européenne.
Je demande au
gouvernement de reconsidérer sa position en
prenant attache avec l’opposition
traditionnelle en vue de préparer un
dialogue crédible qui sorte le pays de la
crise. |