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Actualité

28 Déc. 2003

«Les jeux de la Vérité et du mensonge : Le Combat du Peuple face à la  méchanceté humaine»

Réaction de Lucien Messan
Mise au point de togoforum

Consulter: Réaction d'Abass Dermane

L. Messan

Cher Monsieur Messan,

Nous vous remercions pour votre réaction suite à notre dossier intitulé: «Lettre à Hervé Bourges: Monsieur Lucien Messan dévalorise le "Prix de la libre expression.» Nous avons connu des difficultés techniques qui nous ont empêché de publier votre droit de reponse avec promptitude. Nous nous en excusons. 

Il ressort de votre virulente réaction que M. Georges Gros, Secrétaire Général International de l’Union de la Presse Francophone, qualifiant notre travail «d’ordures jetées à la poubelle», vous a rassuré qu'il l'a tout simplement jeté au panier sans le porter à l'appréciation de son vrai destinataire, Monsieur Hervé Bourges, au sujet de qui Bakoulikoumbo, son ancien étudiant à l'école de journalisme de Yaoundé, martyr du journalisme togolais,  avait écrit quelques lignes positives dans son agenda que nous avons eu le privilège de consulter.

S'il s'avère que M. Georges Gros vous a dit que nous lui avons envoyé rien que des «ordures jetées à la poubelle», il y aura tout simplement lieu de douter du sérieux de l'Union de la Presse Francophone dont il est secrétaire et de classer cette institution parmi les grands reseaux françafricains dont la mission n'est autre que l'élimination systématique les peuples d'Afrique, anciennes colonies françaises. Dans ce cas, cher Monsieur Messan, vous aurez mérité votre prix qui n'aurait rien à voir avec le droit à la libre expression de 5 millions de Togolais.

Cher compatriote, nous déplorons qu'en guise de reponse, vous vous soyez attaqué à un de vos confrères, en l'occurence M. Abass Saïbou Dermane (Directeur de l'hebdomadaire "Le Regard")  avec qui  vous avez, apparemment, des démêlés personnels. Nous aurions vraiment voulu ne pas publier votre texte pour ne pas servir d'officine de règlement de comptes entre journalistes. Vous nous auriez accusé de vous priver de votre droit de réponse. L'essentiel de votre réaction n'a trait qu'à un confrère, c'est dommage! Nous aurions aimé, pour l'édification des lecteurs, que vous nous contredisiez en donnant votre version de la vérité sur chacun des points clés de notre travail que vous avez su resortir dans votre réaction sans les contredire quant au fond. En plus, vous vous êtes contenté de larmoyer sur notre volonté de vous faire arracher un prix dont à la reflexion, nous aurons peut-être surestimé les vertus et l'impact sur 5 millions de Togolais. Pour toutes fins utiles, cher Monsieur Messan, soyez avisé que le travail a bénéficié de la participation d'au moins un professeur de l'Université de Lomé et d'un avocat, tous  soucieux et inquiets au sujet de l'avenir de la presse privée si chèrement acquise depuis le 5 Octobre 1990. Notre souci à nous dans ce dossier particulier était aussi d'amener les Togolais à réflechir sur l'avenir de la liberté d'expression au Togo. 

Aussi bien que vous, Justin Hèzu Tiyé est bel et bien un journaliste qui connait les rouages du journalisme togolais. Il a signé plusieurs articles sensibles sur togoforum et ce n'est pas la première fois qu'on l'assimile à Abass Saïbou lorsque ses écrits touchent au côté peu flatteur du comportement des journalistes togolais. Pour nous, c'est la preuve qu'il existe encore des journalistes qui peuvent refuser de se fondre dans le moule et qui peuvent déployer des efforts pour sortir la presse privée togolaise du creu de la vague. En clair, cher Monsieur Messan, Abass Saïbou Dermane n'est pas Justin Hèzu Tiyé. Croyez-nous,  togoforum.com dispose de bien de repères pour mener ses investigations.

Pour le bonheur du Togo,
Meilleurs voeux pour l'année 2004.

  Pour la Coordination de togoforum
Joseph Takeli 
consulter: «Lettre à Hervé Bourges: Monsieur Lucien Messan dévalorise le "Prix de la libre expression.»

Les jeux de la Vérité et du mensonge : Le Combat du Peuple face à la  méchanceté humaine
ÉCRIRE A L’EPREUVE DU POLITIQUE 

            «Ecrire à l’épreuve du Politique» c’est le titre d’un Livre de Claude LEFORT. Nous avons justement choisi ce titre pour cet article parce qu’il exprime mieux la situation trouble que traverse la presse privée au Togo et particulièrement le Combat du Peuple.

            Quand on veut parler de la presse privée, il faut faire la part de la vérité et du mensonge, car il y a la presse privée proche du pouvoir et la presse privée proche de l’opposition. Entre ces deux groupes, il y a la presse privée indépendante, celle qui n’est affiliée à aucun parti politique et qui s’efforce de faire un travail responsable, celui de dire la vérité. Au Togo, peu, très peu de journaux peuvent se classer dans cette dernière catégorie parce que le contexte politique est si trouble, si difficile, si pourri que l’opinion ne peut tolérer qu’un journaliste ne choisisse un camp. Et pourtant, c’est cette voie périlleuse que «Le Combat du Peuple» a emprunté depuis un certain temps. C’est la voie de la Vérité, la voie du professionnalisme et de la responsabilité. On peut nous couvrir de tous les opprobres, mais nous sommes confiants et nous sommes persuadés que les faits finiront par nous donner raison. Nous refusons de nous ériger définitivement en media de la haine. Les cas du Rwanda et de la Côte d’Ivoire doivent nous instruire. Les dérives d’une certaine presse qui se croit, tout permis, qui verse dans le mensonge, la désinformation, l’amalgame et la confusion ne sont pas de nature à permettre au combat pour la Liberté, la Justice et la Démocratie d’atteindre sa noble finalité. Ceci dit, revenons aux choses plus actuelles. Le 17 Décembre 2003, je reçois un appel téléphonique venant de Paris.

            D’entrée, mon interlocuteur, après avoir décliné son identité déclare : «Lucien, tu n’as pas que des amis au Togo. Tes ennemis nous ont fait parvenir, sur toi, des ordures que nous avons jetées à la poubelle. Tu connais un certain Joseph TAKELI de togoforum.com ?»

            J’ai répondu non sur le coup. Et mon interlocuteur de poursuivre : «C’est toujours de sombres individus qui agissent ainsi pour se faire connaître». Celui qui parle de la sorte n’est autre que M. Georges Gros, Secrétaire Général International de l’Union de la Presse Francophone, l’Association de presse qui m’a décerné le prix de la Libre Expression – prix remis le 7 novembre 2003 à Libreville (Gabon).

            Après cet entretien téléphonique qui m’a rendu perplexe, puisque M. Georges Gros n’a pas voulu me révéler le contenu de ce qui a été écrit sur moi, il a tout simplement parlé «d’ordures jetées à la poubelle».

            Cependant, il m’a suffisamment fourni des indices pour me permettre de cerner les contours du coup monté. Je n’ai pas mis beaucoup de temps pour découvrir que le fameux TAKELI n’est autre que le jeune étudiant handicapé qui, dans la foulée des revendications estudiantines, a pris la tangente pour s’installer aux Etats-Unis. N’ayant jamais eu de contact avec ce jeune homme, je continuais à m’interroger. Très rapidement, j’ai réussi à faire ouvrir le Site togoforum.com et à me faire tirer une copie de ce qui est écrit sur moi. Et tout de suite, je n’ai pas hésité à identifier le principal auteur et je le dis, haut et fort. Il s’agit bel et bien de Saïbou Mikaila alias Abass Dermane, Directeur de Publication du journal «LE REGARD». Et pour cause. Il est le seul à connaître sur ma vie, certains détails qui figurent dans le document et à vouloir les publier pour des raisons évidentes.

            En fait, en guise d’ordures, M. Gros n’a pas exagéré.

            Voici la justification que l’auteur du document en donne : «N.B. : Le dossier sur Lucien MESSAN a été réalisé par une équipe de Togolais très consciencieux sous la coordination du Justin H. Tiyé et de Mathias Akoulansa. Tous les mots ont été choisis avec précaution. Le texte a pour but de faire savoir à l’étranger qu’au Togo, nous avons toujours besoin d’aide dans le domaine de la liberté d’expression».

            Je voudrais insister sur deux points : A moins, et jusqu’à ce qu’on me présente ce fameux Justin H. Tiyé, je considère que M. Abass Dermane se cache derrière ce nom d’emprunt. J’aurais personnellement voulu publier ce soi-disant dossier qui n’est que le fruit de l’imagination d’un détraqué parce que l’objectif poursuivi c’est que M. Hervé Bourges me retire purement et simplement le prix de la Libre Expression. Ce qui est dément. En effet, le titre du document est révélateur : «Lettre à Hervé Bourges : M. Lucien MESSAN dévalorise le Prix de la Libre Expression». Demander de retirer le prix à un lauréat est une injure à l’intelligence du Jury. Et ceux qui ont l’outrecuidance de demander ce sacrilège le font en qualité ?

            J’aurais bien voulu publier intégralement le dossier pour en démontrer la fausseté mais je n’ai pas suffisamment d’espace pour publier les élucubrations d’un lunatique en mal de sensation forte, je nomme Abass Dermane. Mais je vais en présenter les grandes lignes avant d’en dire ce que je pense.

            Le dossier est articulé autour des chapitre suivants :

«- Justification de notre billet
-
Le contexte et les justifications de la désignation du lauréat.
- Un journaliste atypique devient lauréat du prix de la libre expression.

-
De sa prison, M. Lucien MESSAN écrit à Eyadéma
-
M. MESSAN présente son butin à Eyadéma
-
M. MESSAN soutient que la liberté d’expression existe au Togo
-
Lucien MESSAN conteste la maladie d’Eyadéma
-
Le Patron du Conseil Togolais des Editeurs de Presse (CTEP)
-
Qui est Lucien MESSAN ?»

            Je vais essayer de répondre aux accusations portées contre ma personne.

            Je tiens à préciser que pour moi, parler de ma personne et de ma vie est un exercice qui me répugne. Je n’ai pas créé «Le Combat du Peuple» pour parler de ma vie. Pour moi, ma personne n’est rien du tout dans le combat pour la démocratie dans notre pays. Je ne me sens pas investi d’une quelconque mission de sauveur, contrairement aux insinuations de mes détracteurs. Je sais une chose, je suis venu au journalisme parce que c’est un métier qui me passionnait et que j’ai aimé. En exerçant cette profession, je n’oublie jamais que j’ai le devoir de Vérité envers mes lecteurs, envers les Togolais et envers mon pays et que devant l’histoire, je serai comptable de mes écrits.

            J’ai toujours fait l’effort d’être rigoureux et j’ai réussi à m’émanciper de l’emprise des hommes politiques parce que, hier, aujourd’hui et demain, je n’ai et n’aurai d’ambition politique. Donc, je ne me suis lié et ne dois allégeance à personne.

            De quoi m’accuse-t-on en définitive ?

            On m’accuse d’être un journaliste atypique et voici comment on l’exprime : «En effet, il était âgé de 55 ans et avait entre ces pauvres mains, tel Ponce Pilate, une mission dont il n’a pas mesuré la portée»…

            «Très habile, Lucien MESSAN a su séduire tous les partis politiques togolais jusqu’à l’Union des Forces du Changement de Gilchrist Olympio». «Depuis sa prison, il a écrit à Eyadéma une lettre pour prendre un engagement secret et le 04 Octobre 2001 il a écrit ce qui suit au Premier Ministre d’alors : «A mon jeune frère Agbéyomé Kodjo. Lis cette lettre au Chef de l’Etat. Il faut absolument que je sorte d’ici et qu’on en finisse avec cette opposition pire que le Sida. Le Chef de l’Etat en sera le Premier bénéficiaire».

            On m’accuse aussi d’être «chargé de missions secrètes pour le compte de la présidence de la République… Selon certaines indiscrétions, il serait en train de manœuvrer pour être nommé Ministre lors du prochain remaniement de l’équipe gouvernementale». Voilà quelques-uns des griefs pour lesquels on demande à l’Union Internationale de la Presse Francophone de me retirer le prix.

            La lecture de ce document m’a plongé dans une grande tristesse. Pas pour moi personnellement. Mais pour mon pays le Togo. Car ceux qui ont confectionné ce tissu de mensonges n’ont rien compris et pourtant c’est ceux-là qui s’érigent en chiens de garde de notre profession et qui croient qu’ils ont le droit de dénigrer, au nom de la concurrence déloyale, leurs confrères.

            Je suis membre de l’Union Internationale de la Presse Francophone (anciennement UJIPLF) depuis 1994 alors que j’étais rédacteur en Chef de «l’Eveil du Peuple». A la création du «Combat du Peuple» en Décembre 1994, j’ai souvent envoyé des exemplaires de nos parutions à l’UPF. C’est ainsi qu’ils ont eu la possibilité de juger au fur et à mesure la qualité du travail que nous faisons. Contrairement à ce que Abass Dermane croit et répand, puisqu’il a dit à mes collaborateurs au sujet du prix : «vous devez remercier le Général Walla pour avoir emprisonné votre Directeur», l’emprisonnement seul ne suffit pas pour se voir attribuer un prix sinon, il y aura beaucoup de journalistes primés au Togo et ailleurs.

            De la prison, je n’ai jamais écrit à Agbéyomé Kodjo pour lui faire des promesses. L’intéressé est vivant. On peut l’interroger.

            J’ai envoyé une demande de grâce au Chef de l’Etat parce que j’étais condamné et la procédure veut qu’il en soit ainsi.

            M. Abass Dermane, depuis le premier numéro de son journal «Le Regard» parle de mon arrestation à la CTMB et à la Direction de l’Enseignement. Il me plaît d’éclairer les lecteurs sur ces aspects de ma vie.

            A la direction de l’Enseignement, j’ai été effectivement interpellé en 1975 dans un dossier de délivrance de fausse attestation de CEPD. Mais je précise que je n’ai jamais été déféré en prison. J’ai été relaxé le même jour au Parquet.

            Certes, le Ministre Walla s’est servi du Procès-Verbal de Police pour me salir. Mais il ne peut jamais prouver quand j’ai mis les pieds en prison, quand j’étais condamné et à quelle peine. Cet incident s’est produit en 1975, il y a 28 ans et non dans les années 80. Et pourtant on en parle en 2003 comme si c’était hier.

            A l’OTP, j’étais Secrétaire au Centre de Formation Promotion et Méthodes. Mon Chef service s’appelait M. Carrière, un vieux de la boîte qui, de connivence avec M. DOROTTE alors Directeur Administratif et Financier de l’OTP, détournait allègrement les fonds. J’ai eu le malheur de découvrir le secret et je me suis confié à un collègue qui m’a trahi. J’ai été arrêté moi-même sous un faux alibi de détournement de 225.000 F CFA et mis à la disposition du Tribunal Spécial. J’ai végété en Prison pendant deux ans sans être entendu par un Juge. La suite est plus pénible à raconter. En tout état de cause, ce n’est pas M. Avagnon, Président du Tribunal Spécial à l’époque qui peut me démentir. Sur ce plan aussi aucune trace à la Prison Civile de Lomé parce que j’avais été détenu dans des conditions arbitraires. C’était en 1976 et non dans les années 80. J’aurais pu aussi, apporter mon témoignage à la Conférence Nationale comme tous les faux héros qu’on a vu défiler. Heureusement les faits m’ont finalement donné raison puisque dès son arrivée à la tête de l’OTP, M. Ogamo BAGNAH a démantelé le réseau Carrière – Dorotte et les a mis à la porte.

            C’est pour ces deux faits que je suis tous les jours traité de repris de justice, injurié et traîné dans la boue. Ceux-là qui persistent dans cette entreprise de dénigrement se disent des journalistes mais n’ont jamais cherché à approfondir et à vérifier les informations pour en connaître les tenants et les aboutissants.

            M. Abass Dermane est Directeur du journal «Le Regard». Le Journal «Le Regard» a été créé par le CAR avec l’argent de M. Gboné. Au moment de sa création cela ne l’a pas empêché de recevoir l’argent du Général Mémène. MM. Agboyibo et Gboné ont été payés en monnaie de singe. Ce n’est pas Agboyibo qui me démentira.

            En 1997, j’étais entré en clandestinité parce que recherché par la Gendarmerie. C’était l’époque de la vache grasse du «Regard». Pire, M. Abass Dermane n’a pas hésité à aller dire à M. MASSEME que je rapportais à Lomé II toutes les informations que celui-ci me filait. Quand «Le Combat» a cessé de paraître parce que j’ai été malade et opéré, M. Abass était le seul coq dans la basse cour et était heureux. Lorsque j’ai été emprisonné arbitrairement par le Général Walla, M. Abass Dermane était Secrétaire Administratif de l’ATEPP. Alors que j’étais en prison, il est allé à Lomé II prendre de l’argent auprès d’un fils du Président. C’est ainsi que toutes les manifestations programmées pour ma libération ont été gelées. MM. Guy Mario, correspondant de RFI au Togo et Holonou Hounkpati, Directeur de Carrefour ne peuvent pas me démentir parce qu’ils en savent quelque chose.

            Je me dois de rappeler que j’ai connu Abass Dermane avec M. Fulbert Attisso alors que j’étais Rédacteur en Chef de «l’Eveil du Peuple». A ce moment, il n’avait pas de salaire, je l’ai adopté. On l’appelait mon fils spirituel. Il mangeait chez moi. Je l’amenais partout même dans mon village natal où il est connu. Je lui ai fait un salaire à «l’Eveil du Peuple». Le jour où j’ai démissionné à «l’Eveil du Peuple», il a également donné sa démission parce qu’il savait qu’il ne pouvait pas travailler dans cet organe sans moi.

            Quand j’ai créé «Le Combat du Peuple», il était avec moi. Je l’ai présenté à toutes mes relations. Mon couturier était le sien. Même aujourd’hui, mon mécanicien répare sa voiture. M. Abass Dermane profite de mes relations et de tous les réseaux que je lui ai montrés mais tous les jours il cherche à me salir, à me diaboliser. Le comble, c’est d’avoir pensé qu’on peut me retirer le prix pour satisfaire sa volonté de détruire un homme qu’il hait pour des raisons que lui seul connaît.

            Dans le dossier, il prétend que j’ai séduit les partis politiques. Je tiens à dire que si on met dans la balance ce que les partis politiques me doivent et ce que je leur dois, ils n’ont pas encore payé 1/10e de leur dû. Personne ne me connaissait auparavant. Je n’existais pas. Aucun parti politique n’a créé Le Combat du Peuple. J’ai toujours écrit pour l’UFC avant de rencontrer personnellement Gilchrist Olympio en 1998 à Accra. Je n’ai jamais présenté un protocole d’interview à M. Olympio. Je n’ai jamais eu des relations d’argent avec M. Olympio. J’ai écrit pendant des années pour les partis politiques sans réclamer un franc. Me Agboyibo peut en témoigner.

            J’ai rencontré plusieurs fois M. Olympio à Accra. J’ai souvent eu de longs entretiens avec lui, entretiens dont je n’ai jamais révélé le contenu. J’entretiens de bonnes relations avec les leaders de l’opposition. Je sais beaucoup de choses. C’est normal. Je suis un journaliste. Un journaliste qui se respecte doit avoir ses entrées partout. Seulement l’UFC est un parti fasciste qui ne tolère pas la contradiction ni la critique. On m’accuse d’avoir rompu avec M. Olympio parce qu’il ne m’a pas donné de l’argent après une opération d’appendicite en 1997. Or j’ai été opéré d’appendicite en 1996 et je n’ai rencontré pour la première fois M. Olympio qu’en 1998 après les Présidentielles du 21 juin 1998. Je peux dire qu’au niveau du bureau de l’UFC j’ai eu à aider financièrement un responsable. Je ne veux pas parler de ces choses. Mais si on m’oblige, je peux consacrer un dossier à l’UFC et les gens comprendront beaucoup de choses.

            M. Abass Dermane est un ingrat. Son ingratitude n’a d’égal que son ignorance. L’ingratitude finira par le conduire à sa perte lorsqu’il tombera sur des gens qui ne sont pas prêts à pardonner. C’est triste de verser dans le mensonge systématique au nom d’une concurrence déloyale. «Le Combat du Peuple» ne se vend plus comme par le passé. C’est vrai. La mévente est générale et les causes de cette situation sont multiples. Il faut les identifier et leur chercher des solutions.

            Dans le dossier, on a prétendu que le Chef de l’Etat me construit un immeuble. Je n’ai jamais abordé avec le Président, des problèmes de cette nature.

            Dans notre profession et par rapport à moi-même, M. Abass Dermane est le premier à se payer un téléphone portable alors que l’abonnement était à 139.000 F CFA. La preuve, il a le n° (caché) et moi le (caché). M. Abass Dermane est le premier à s’offrir une voiture. Il est également le premier à se bâtir une maison où il vit, alors que moi, je n’ai pas encore intégré la mienne. Au nom de quoi il me refuse, à moi qui suis de loin son grand frère et de surcroît son ancien patron dans deux organes de presse, de faire ce qu’il fait. Tout ce que je sais, c’est que cet individu est moralement et intellectuellement malhonnête sinon, il ferait l’économie de ces attaques sans fondement.

            Je dirai en guise de conclusion, qu’écrire, c’est l’épreuve d’un risque et que je suis prêt à assumer les conséquences de mes écrits. Je ne veux pas être jugé sur ma vie. Je ne veux recevoir aucune leçon sur mes fréquentations parce que je suis un homme libre. Je veux être jugé sur mes écrits parce que c’est par et pour mes écrits que j’ai été connu. «Le Combat du Peuple» reste le seul journal sérieux d’investigation au Togo. Aucun journal ne peut se vanter de nous damer le pion. Nous faisons notre travail en toute lucidité avec les hauts et bas et surtout en toute responsabilité. Nous n’avons pas de leçons à recevoir des aigris et des jaloux. Nous n’écrivons pas pour faire plaisir à l’opinion. Nous écrivons pour dire la Vérité. Rien que la Vérité. Elle peut plaire ou déplaire. C’est le risque du métier. Nous sommes cependant sûrs que les faits finiront par nous donner raison. Qui vivra verra.  
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