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Actualité

25 Oct. 2003

Que deviennent les détenus de Kara : Mazama Katassa et Boukpessi Yodolu se sont-ils vraiment évadés de la gendarmerie de Kara ?
Par Justin Hèzu Tiyé
 

Depuis le lundi 20 Octobre 2003, Marc Palanga et Panamnawé Boboli ont été transférés de la gendarmerie à la prison civile de Kara.

La prison civile de Kara est gardée par des militaires, les « bérets rouges » du camp Landja, très réputés pour leurs méthodes répressives. Le camp Landja était précédemment dirigé par Ernest Gnassingbé, de qui la mort aurait eu raison ou maintiendrait dans un état végétatif. C’est selon la source d’information. Pour l’heure, seul Eyadema et quelques proches de la famille semblent avoir accès au mort ou au malade. Les médias d'Etat n'en disent pas grand'chose. A Kara, très peu en savent ou en disent quelque chose, pendant qu’à Lomé, des journaux comme « Le Reporter » aient cru devoir s’en prendre à togoforum pour avoir parlé de la mort du prince (rancoeur oblige). La puissante machine d’intoxication du système Eyadema suit son cours, à tel point qu’il est très difficile de savoir avec exactitude ce qui se passe. Nous reviendrons très bientôt sur le cas Ernest Gnassingbé avec un rectificatif comme promis le 15 Aoùt dernier ou avec une confirmation de sa mort.

* Où sont Manzama Katassa et Yodolu Boukpessi?
* Madame Palanga a été détenue pendant 3 jours. Son mari a été transféré à la prison de Kara le 20 Octobre 2003
* Des présumés évadés bel et bien détenus à la prison de Kara

Ce serait heureux si Mazama Katassa et Boukpessi Yodolu ont vraiment réussi à s’évader !
Selon la brigade de gendarmerie de Kara, Messieurs  Mazama Katassa et Boukpessi Yodolu se seraient évadés dans la nuit du 20 au 21 Septembre 2003. C’est bien possible, mais il est plus prudent de douter de la véracité de l’information. Par le passé, le régime répressif du général Eyadema avait annoncé l’évasion de prisonniers, soit pour cacher leur mort, soit pour procéder à leur assassinat, soit encore pour que personne ne parle plus d’eux. Comme c’est le cas de ceux que nous citons plus bas. Pour le moment, la version officielle veut que Mazama Katassa et Boukpessi Yodolu se soient évadés de la gendarmerie de Kara où ils étaient détenus depuis plusieurs mois sans inculpation.

Aux environs de 1 heure du matin le 21 Septembre dernier, Claire Katassa a été conduite manu militari à la gendarmerie de Kara pour s’entendre annoncer l’ «évasion de son mari».  On l’a sommée ensuite de dire si elle avait des nouvelles de ce dernier. Elle répond qu’elle n’en savait rien. La gendarmerie l'a laissée rentrer chez elle, mais jusqu'ici Madame Katassa est sans nouvelles de son mari. Il démeure souhaitable que Mazama Katassa et Yodolou Boukpessi fassent signe de vie pour apaiser leurs familles respectives et aussi pour lever les doutes sur l'information relative à leur  évasion.

Il faut rappeler que Marc Palanga et Mazama Katassa, militants du parti d’opposition, l’ Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio ont été arrêtés depuis le mois de Fevrier 2003 et que le pouvoir n’a jamais expliqué clairement les raisons de l'arrestation. Leur crime semble être le fait qu'ils soient membres de l'UFC.

Quant à M. Yodolu Boukpessi, il était officier de police et fut agent de renseignements du régime pendant longtemps. Il a été arrêté en juin dernier parce qu'on pense qu'il serait un proche du Colonel Kuma Biténiwé.

Il faut signaler que peu de temps après que la maladie d'Enest Gnassingbé fût déclarée scientifiquement indiagnosticable et mystique par les cauchemars d'Ernest, le guérisseur Menvéinoyou TCHAMIYE a été libéré sans condition, même si le prince avait pris soin de lui faire casser le bras.     

Madame Palanga a été détenue pendant 3 jours. Son mari a été transféré à la prison de Kara le 20 Octobre 2003
L’incident (si on peut l’appeler ainsi) ou l’évasion (si on peut y croire), a aggravé le sort de Marc Palanga et de Panamnawé Boboli.

Contrairement à Madame Katassa qu'on a laissée rentrer chez elle, la gendarmerie  a arrêté Madame Pierrette Palanga le 23 Septembre 2003. Elle a été détenue  pendant 3 jours. On a reproché à la dame le fait que son mari, Marc Palanga, ainsi que Panamnawé Boboli « aient été pris alors que eux aussi tentaient de s’évader de la gendarmerie » dans la même nuit du 20 au 21 Septembre 2003. Vrai ou faux? Impossible de le dire. D’ailleurs, qui reprocherait à un prisonnier politique de tenter de fuir son bourreau ? Madame Palanga a été libéré le 26 Septembre 2003. 

Pendant un mois, du 20 Septembre au 20 Octobre 2003 les conditions de détention de Palanga et de Boboli étaient devenues plus difficiles. Les familles de ces deux détenus ont été interdites de visite. Lorsqu’elles apportaient à manger aux « prisonniers », les gardes disaient qu’ils se chargeraient de transmettre les repas. Quelques fois, ces gardes décidaient de renvoyer purement et simplement tout le monde avec le manger. Ensuite, il a été interdit aux familles d’apporter de l’eau de bain aux détenus comme par le passé. Ce qui signifie que pendant un moins, Marc Palanga et Panamnawé Boboli n’ont probablement pas pris de douche.

Depuis le 20 Octobre 2003, ils ont été transférés à la prison civile de Kara et on peut déjà redouter le pire avec les tortionnaires hors classe que sont les berets rouges du camp Landja. Espérons qu'Ernest étant mis hors d'état de nuir par Dieu lui-même, aucun autre Maître-tortionnaire ne donnera plus d'ordres iniques à Kara. Déjà quelques zélés de berets rouges ont tenté de s'opposer à ce que la famille de Monsieur Palange lui porte à manger, mais grâce à Monsieur Békéti, procureur près le tribunal de Première instance de Kara, les familles sont autorisés à apporter  à manger à leurs parents arbitrairement détenus.

Monsieur Palanga a été arrêté à son retour d'un voyage à Lomé, après une escale à Sokodé pour dire bonjour à son ami, le Docteur Gnandi. C'était le 22 Fevrier 2003.  

Des présumés évadés sont en réalité détenus à la prison de Kara
Selon nos informations, les personnes dont les noms suivent, et dont le pouvoir avait annoncé l’évasion de certains, sont actuellement détenues à la prison de Kara. Ils sont accusés de terrorisme et de tentative de déstabilisation du pouvoir. Certains d’entre eux sont détenus depuis 1997.  

Sur les 10 noms que nous citons ici, 2 seraient décédés et nous doutons bien que leurs familles soient au courant de leur sort. Toute personne intéressée par un des cas pourrait diligenter davantage d'enquêtes pour en savoir plus et mieux éclairer tout le monde. Nous invitons également les organisations de défense des droits de l'homme au Togo et ailleurs à se rendre à la prison de Kara pour vérifier les cas de décès et conditions de détention des personnes dont les noms suivent.    

Des morts donnés pour évadés:
- Gnablevi Kokou
- Atisso Houssounoukpé  

Des survivants donnés pour évadés mais toujours détenus à la prison de Kara:
- Amegninou Kovi
- Mensan Kokou
- Kové Sossouvi
- Lawson Laté
- Dognon Koffi
- Kliko Eglo
- Kamado Koudjo
-
Séké Koudjo

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Amegninou Kovi

Mensan Kokou
Kové Sossouvi
Lawson Laté
Dognon Koffi
Kliko Eglo
Kamado Koudjo
Séké Koudjo
 

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