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Monsieur Gilchrist Olympio se
prononce en faveur d'une amnistie pour Eyadema
Mathias Akoulansa
Le 1er octobre dernier, le leader
de l’Union des Forces de Changement (UFC),
était à Bruxelles devant la Commission
Coopération et Développement du Parlement
européen, dans le cadre de la recherche de
solution à la grave crise qui secoue notre
pays depuis une dizaine d’années.
Le Premier
Ministre Koffi Sama,
à la tête d’une délégation composée du
président de l’assemblée nationale, M. Fambaré
Natchaba, du ministre de l’équipement et des
mines M. Faure Gnassingbé, de l’ancien PM et
député à l’assemblée nationale M. Kwassi
Klutsé et de M. Korga Kati, ambassadeur du
Togo en Belgique, était allé
convaincre les eurodéputés
de reprendre la
coopération avec le Togo.
Succédant au PM
togolais dont l’essentiel du message a
consisté à faire l’éloge de son régime et à
demander la reprise de la coopération, le
leader de l’UFC, Monsieur
Gilchrist Olympio a,
quant à lui rappelé les conditions dans
lesquelles s’est déroulé le scrutin du 1er
juin dernier et a
évoqué la terreur qui continue de régner au
Togo avec la traque des militants de
l’opposition et a déclaré être prêt à
engager un dialogue politique intertogolais
efficace qui pourrait se
concrétiser dans un gouvernement d'union
nationale:
«Ce dialogue que
nous voulons efficace aura pour objectif
principal la constitution d'un gouvernement de
transition comportant toutes les formations
politiques et la société civile en vue
d'organiser toutes consultations futures en
pleine collaboration avec la Communauté
internationale en amont, pendant et en aval.
Proposer à M.Eyadéma une retraite après 40 ans
de pouvoir en lui offrant toutes les garanties
d'amnistie aussi bien au Togo que dans le pays
d'exil de son choix.»
Cette déclaration
surprise a suscité des réactions dans la
population togolaise qui n’en croit pas
ses oreilles face à
ce qui apparait comme un
entendrissement soudain du
"leader
charismatique" de
l'opposition
togolaise; l'opposant le « plus
radical » au régime du
Général Eyadema, comme on aime à l'appeler. Cette déclaration a fait
aussi un effet de bombe dans la classe
politique togolaise de laquelle nous
enregistrons déjà des réactions.
Le leader du CAR,
Me Yawovi AGBOYIBO fidèle à sa philosophie, avait
quant à lui émis la semaine
dernier l'idée que l'opposition amène Eyadema
à quitter politiquement le pouvoir. L'idée
semble faire son petit bonhome de chemin.
Maître Agboyibo avait toujours souhaité
que l’opposition négocie avec le pouvoir en
place une transition en douceur;
ce qui lui a
toujours valu les attaques et critiques
les plus acerbes, et
parfois des accusations de
connivence avec le pouvoir.
En
réagissant à
chaud à cette déclaration et en émettant le
vœu que cette initiative de gouvernement de
transition « aille au-delà des déclarations
d’intention pour déboucher sur un dialogue de
fond qui permette aux acteurs politiques de
faire une gestion positive des ressentiments
que les Togolais nourrissent à l’endroit du
régime afin que le pays sorte de la crise
politique et s’engage sur la voie du
développement durable », le
Comité d'action pour le renouveau (CAR)
met Gilchrist Olympio
devant ses responsabilités de
chef de la « principale
force politique ».
Nous espérons que
Monsieur Olympio aura l'humilité d'entreprendre
des actions concrètes
avec ceux là qui,
selon lui, ne « représentent que
leur ombre » pour sortir le pays de
l’impasse dans laquelle il
se trouve. |