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Maître
Agboyibo préconise que l'opposition togolaise
amène politiquement Eyadema à quitter le
pouvoir
«Je
ne vois pas comment on peut sortir le pays de
l’impasse actuelle sans consentir
des sacrifices pour
l’option qui nous parait incontournable, entre
les deux façons de gérer les sentiments de
haine des Togolais envers le régime.»
Voilà le message clé contenu dans la dernière
intervention de Me Yawovi Agboyibo à Motion
d'Information. En clair, le Bélier de Kouvé
préconise un "compromis" avec le régime
Eyadema qui amènerait ce dernier à ceder le
pouvoir. La proposition n'est pas nouvelle. Au
delà du Togo, elle avait déjà été faite par
l'opposant guinéen Alpha Condé à sa sorti de
prison il y a 2 ans. A l'époque beaucoup de
Togolais avaient fui le débat qui avait bel et
bien été lancé. Monsieur Alpha Condé vient
d'ailleurs de rappeler sa proposition dans
l'interview
qu'il a accordée en début de mois à sidwaya.
M. Condé précise que sa proposition avait été
faite en ayant en tête le Togo et son pays, la
Guinée.
Maître Agboyibo, à l'appui de
sa proposition d'aujourd'hui attire
l'attention sur la «sublimation» dont avait
fait montre Nelson Mandela face au régime de
l'apartheid, dans l'intérêt supérieur de la
nation Sud-Africaine. Maître Agboyibo
mentionne la différence qui existe entre la
gestion des ressentiments en Afrique du Sud et
au Zimbabwé. Il souligne que dans ce dernier
pays, les ressentiment n'ont pas été bien
gérés avec les conséquences desastreuses que
l'on connait aujourd'hui.
Comment les Togolais vont-il
réagir cette-fois-ci face la proposition?
Telle est la grande question. Allons-nous
analyser la proposition avec sang froid ou
allons-nous condamner Maître Agboyibo? Le
débat est ouvert. |
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Selon Me Yawovi AGBOYIBO
« L’opposition doit amener
politiquement
Eyadéma à se retirer »
Source: Motion
d'Information
« Cette
–fois-ci ça ne se passera plus comme avant »,
déclarait le leader de l’UFC, Gilchrist
Olympio aux lendemains du scrutin du 1er
juin. Mais tout porte à croire que « les
choses sont en train de se passer comme avant.
Face à ce nouvel échec, des voix ne cessent de
s’élever pour réclamer de nouvelles
initiatives. Dans les journaux, sur les sites
Internet et même dans l’opinion publique, on
interpelle le leader du CAR à proposer des
solutions de sortie de crise. Mais pour
l’instant, Me Agboyibo ne semble pas réagir.
Pourquoi ? Nous sommes allés lui poser la
question.
Motion d’Information : Me
Yawovi AGBOYIBO, vous semblez être
actuellement l’objet d’une interpellation de
la part des journalistes et du peuple pour
engager des actions allant dans la résolution
de la crise politique actuelle. Par ailleurs,
certains s’inquiètent de l’état de vos
relations avec Gilchrist Olympio. Pourquoi
vous ne réagissez pas ?
Me Yawovi
Agboyibo : Je demeure convaincu qu’il va
de l’intérêt du pays que l’on amène
politiquement Eyadéma à se retirer. Mais ce
n’est pas à moi d’en prendre les devants, mon
parti ayant reconnu la victoire de Gilchrist
Olympio interposé par Bob Akitani au dernier
scrutin présidentiel. Je tiens à éviter tout
ce qui pourrait le gêner dans la défense de sa
victoire. Il n ‘y a pas de bras fer ni
d’empoignade entre lui et moi. Il faut en
réalité se garder de dramatiser le nécessaire
débat à mener sur la manière de gérer les
ressentiments accumulés par les Togolais
depuis plus de 40 ans. Ressentiments liés à
des facteurs multiples, entre autres,
l’assassinat du père de l’indépendance du
Togo, les violations répétées massives des
droits et libertés des citoyens,
l’accaparement des richesses nationales par
une poignée d’individu, la destruction de
l’économie nationale par des requins de tous
genres, la misère généralisée dans les villes
et compagnes, etc. Ces ressentiments
constituent depuis quelques années le
principal déterminant du comportement
politique des Togolais. Il est symptomatique
que, même ceux qui font semblant d’être avec
le régime, par intérêt ou par peur,
n’attendent que l’isoloir pour déverser leur
aversion contre leur patron.
Tant ces ressentiments sont un véritable stock
d’énergie populaire que l’on peut mettre au
service du mal comme au service du bien. Ils
peuvent en effet être exploité à des fins
maléfiques ou dans l’intérêt des
populations. On a tous à l’esprit les
ravages de l’exploitation pernicieuse des
ressentiments par l’Allemagne nazie de Hitler,
ou plus près de nous, par le Zimbabwé de
Mugabé. Nous savons en revanche tout le bien
rendu par Nelson Mandéla à l’Afrique du Sud
par la sublimation de ses 27 ans de prison et
des profonds ressentiments des noirs à
l’encontre de l’apartheid. Il a fallu cette
sublimation pour amener politiquement le
président Frédéric Déclerk qui incarnait
l’apartheid, à se retirer, épargner au pays
les règlements de compte, réaliser un
transfert progressif des leviers de l’armée et
de l’économie nationale à la majorité noire.
Je ne vois pas comment on peut sortir le pays
de l’impasse actuelle sans consentir les
sacrifices pour l’option qui nous parait
incontournable, entre les deux façons de gérer
les sentiments de haine des Togolais envers le
régime.
Propos recueillis par Carlos KEITH’S |