The Best Rates in America at 1 Cent per Minute!

Actualité  

16 Sept. 2003

Affaire Charles Birrégah :
Un cas flagrant de violation des droits de l’homme et d’injustice grave
 
Anicet TOUKOULA
(Motion d'Information)
Lire aussi
Feu sur la commission anti-corruption. Les masques vont tomber

            Il y a presque deux ans, un communiqué de la Commission Nationale de Lutte contre la Corruption et le Sabotage Economique avait été lu sur les médias d’Etat et paru dans la presse faisant état de détournement d’une faramineuse somme de douze milliards de francs au détriment de l’OPAT (Office des Produits Agricoles du Togo)  par M. Charles Birrégah, Expert Comptable de son état en charge de la liquidation de cette entreprise qui fut le fleuron de l’industrie agricole togolaise. L’information avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Interpellé au retour d’un séjour en France, Charles Birrégah est, depuis le mois de Février 2002, détenu sans jugement dans les locaux de la Brigade anti-gangue de la Gendarmerie Nationale malgré toutes les interventions faites,  y compris auprès du chef de l’Etat pour réclamer sa libération, même provisoire. Le cas de Monsieur Birrégah est un exemple type de cas flagrant de violations des droits de l’homme, d’une honteuse injustice et de non assistance à personne en danger.

            M. Charles Birrégah, aujourd’hui malade, se trouve dans une situation sanitaire précaire qui nécessite des soins qu’il ne peut recevoir en détention. En plus, toutes les vérifications et contre expertises ordonnées par la Commission anti-corruption ont révélé que les accusations portées contre ce monsieur sont de la pure affabulation et ne reposent sur rien. Au contraire, il s’avère aujourd’hui que c’est l’Etat togolais qui reste lui devoir pour plusieurs centaines de millions de francs d’honoraires impayés. Pourquoi alors, maintient-on en détention une personne dont tout prouve qu’elle est innocente ? A cette question, il semble y avoir deux réponses.

            La première, c’est que, le président de la Commission anti-corruption, M. Assiongbon Follivi qui semble avoir des comptes personnels à régler avec M. Birrégah et qui avait inventé une histoire abracadabrante pour charger M. Birrégah auprès du chef de l’Etat, ne sait plus comment faire pour retourner dire au président de la République qu’il s’est trompé et que les accusations contre M. Birrégah n’étaient que pur montage.

            La seconde réponse qui paraît aujourd’hui la plus grave, c’est que, à la demande de la Commission anti-corruption, une commission rogatoire a été ordonnée pour éplucher les mouvements financiers effectués sur un compte ouvert au nom de l’OPAT auprès d’une banque parisienne. Cette commission rogatoire aurait révélé d’importants détournements de fonds opérés au profit de gros bonnets dont les noms sont connus. Cette commission rogatoire envoyée de Paris est bien arrivée à Lomé et réceptionnée par une personne bien identifiée ; et pourtant aujourd’hui, il semblerait que ce document se soit tout simplement volatilisé. Visiblement, M. Assiogbon Follivi, le président de la Commission anti-corruption est décidé à sacrifier M. Charles Birrégah pour couvrir les vrais coupables de détournements de fonds à l’OPAT.

            En effet, l’Expert Comptable chargé de la liquidation, en l’occurrence M. Birrégah s’est interrogé sur un certains nombre de constats qu’il a eu à faire ; il ne comprenait pas par exemple que pour une entreprise de collecte et de revente qui a réalisé un chiffre d’affaires de 55 et 11 milliards en 1995 et 1996, on lui ait transmis un solde débiteur de 1 milliard de francs.

            Dans son communiqué initial, la Commission anti-corruption accusait M. Birrégah d’avoir détourné 12 milliards de francs. Les vérifications opérées par l’Expert nommé par la Commission anti-corruption a révélé les points suivants :

1)      Au sujet de l’accusation de fausses écritures comptables pour plus de 10 milliards, il s’agissait en fait du bonus de liquidation dont le détail figurait dans le procès-verbal de liquidation signé en bonne et due forme par le Conseil de Surveillance de la société composé de trois ministres (Tidjani-Dourodjaye, Kossivi Osséyi et Simphétchéou Pré).

2)      Concernant les  montants récupérés à l’étranger, il s’est avéré que les chiffres annoncés par la Commission anti-corruption dans son communiqué, sont soit, totalement erronés parce que ne reposant sur aucune pièce comptable, soit tout simplement inexistants. Les documents fournis à l’expert par le liquidateur confirment le caractère fantaisiste des chiffres annoncés.

Dans son communiqué de presse, la Commission anti-corruption faisait ressortir un résultat bénéficiaire de plus de 3 milliards au 31 décembre 1995 ; la même Commission stipule qu’au 31 décembre 1996, l’audit commandé auprès d’un cabinet ivoirien faisait ressortir un résultat déficitaire qui se chiffre à plus de 4 milliards de francs.

            En réalité, le rapport du cabinet d’audit ivoirien faisait ressortir un déficit au 31 décembre 1996, de plus de 7 milliards et non  4 milliards. M. Birrégah ayant été nommé par décret le 27 Novembre 1996, les bilans du 31 décembre 1995 au 31 décembre 1996 ne peuvent raisonnablement être de son ressort. Les résultats présentés dans ce communiqué de presse concernent la gestion de l’ex-directeur général de l’OPAT, M. Abalo Kélem. Or, il se trouve que, aussi curieuse que cela puisse paraître, ni les anciens directeurs généraux, ni les présidents du Conseil de Surveillance n’ont jamais été interrogés ni écoutés dans cette affaire.

            Cet acharnement contre M. Birrégah est révélateur de l’utilisation qui est faite de la Commission anti-corruption à la fois par ses promoteurs et ceux qui sont en charge de son fonctionnement. A la rédaction de « Motion », nous nous sommes assigné pour mission de participer au combat pour la liberté, la justice et la dignité partout où ces valeurs sont bafouées et quelle que soit la couleur politique des victimes.

            M. Birrégah est un pur produit du RPT, comme son père et sa mère. Il fut en France, l’un des plus ardents défenseurs du régime RPT à une époque où ce type de position relevait de la témérité. De retour au Togo après de brillantes études en France, (il est Docteur en Finances et Expert Comptable), il s’est installé à son propre compte. Il était également Trésorier de la JRPT qu’il a servi sans ménagement plus par tradition familiale

            Il a réussi dans les affaires parce qu’il travaillait beaucoup et menait simultanément plusieurs activités de front ; il fut par exemple Directeur Général du Fonds d’Entretien Routier, un organisme qui gère plusieurs milliards par mois. Il en démissionna lorsqu’on a voulu lui faire faire des magouilles parce que, malgré son appartenance au système et suivant les conseils de son père et ayant la crainte de Dieu,  il s’est toujours imposé un comportement droit et honnête qui tranche avec ce qui se fait dans le système.

            Ayant réussi dans ses affaires par son travail, il a gagné beaucoup d’argent et fait plusieurs réalisations ; au Togo du RPT, la réussite est suspecte. Dans le système auquel il appartenait, on n’aime pas ceux qui gagnent trop d’argent ; ils peuvent devenir très vite puissants et prendre leurs distances avec le régime. Alors, il faut les casser, les mettre à genoux et les démolir physiquement.

            Du fond de sa cellule, M. Charles Birrégah s’interroge à longueur de journée ; il ne comprend pas ce qui lui arrive ; marié à une française, sa belle famille est écœurée par ce degré de méchanceté auquel on soumet son gendre. Personne, dans son entourage, n’arrive à comprendre qu’il puisse encore exister sur cette terre au XXIè siècle, ce type de déni de droit et d’animosité.

            Toutes les personnes impliquées dans cette affaire, nous ont fermé les portes ; « c’est au chef de l’Etat que revient la décision », nous ont laissé entendre certaines sources anonymes. Pour d’autres, c’est l’absence prolongée du président ces dernières semaines qui retarderait la libération de M. Charles Birrégah. Le général Eyadéma étant désormais de retour, tout le monde attend de voir dans les jours à venir, la décision qu’il prendra sur ce dossier.

D’autres révélations sur les vrais dé tourneurs des fonds de l’OPAT dans nos prochaines éditions.  

                                                                               Anicet TOUKOULA

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Mazama KATASSA

Djimsa SALIMTOU

 
Appelez moins cher
You'll be amazed at the prices at CallingCards.com
 

Trouvez une bourse d'étude

 

Find Scholarships Today!

 

Trouvez du travail

 

Job.com

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

Tribune | Interviews | Débats | AgoraPress | Economie | Culture | Chatroom | Sites

 

Sports Careers