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Editorial

16 Sept. 2003

Feu sur la commission anti-corruption. Les masques vont tomber
Joseph Takeli

Enfin on parle du Cas de l'expert comptable Charles Birrégah
Un cas flagrant de violation des droits de l’homme et d’injustice grave
Motion d'Information s'entretient avec Charles Birrégah
Enfin on parle du Cas de l'expert comptable Charles Birrégah

En attendant la publication du grand dossier sur la commission anti-corruption elle-même, nous vous invitons à prendre connaissance de quelques éléments du dossier Charles Birrégah, incarcéré sans inculpation depuis bientôt deux ans.

Avant tout, il est important de dire que son cas ressemble à celui du banquier Alexis Looky sur les plans de la procédure et de l'arbitraire qui les caractérise.

Monsieur Alexis Looky a été incarcé dans les mêmes conditions, sans jugement et par la seule volonté du général Eyadema, et n'a été libéré que presque mort. Lorsqu'on accuse quelqu'un de détournement de deniers, on ne procède pas autrement que par une action en justice claire et devant le peuple.

Nous n'affirmons pas que les intéressés sont innocents ou q'ils sont coupables. Nous adhérons et avons un très grand respect pour le principe de la présomption d'innocence des prevenus jusqu'à leur conviction judiciaire. Et dans la mesure où celui qui les fait souffrir a pour spécialité de détourner systématiquement les deniers de tout un pays depuis 36 ans de règne, nous penchons en faveur des incarcérés.

Comme au Togo chacun se rejouit du malheur d'autrui, toutes les intoxications marchent et dans le cas de M. Charles Birrégah, l'intox a bien marché et quelques fois reprise et amplifiée par les ennemis, les jaloux et autres médisants. Il en a été ainsi surtout dans les milieux financiers du Togo où beaucoup commençaient à s'inquiéter de la percée de ce jeune expert comptable fraichement débarqué de la Gaule. Il en a été ainsi aussi dans le Doufelgou, sa prefecture d'origine.

Dans son Doufelgou natal, on a trouvé que l'occasion était propice pour regler son compte à Charles Birrégah. Quand vous demandez à un Nawda (locuteur de la langue Nawdem de Doufelgou) ce qu'il pense du cas Birrégah, on vous repond que c'est bien fait pour lui. On vous dit qu'il avait une allure "hautaine et orgueilleuse". On vous reprend la version officielle contre lui et on vous donne des chiffres assez variés en milliards de Francs CFA qu'il aurait détournés. Du côté de la famille de Charles, il ressort que l'Etat togolais lui doit environ 700 millions de Francs pour services rendus.

Il nous importe de signaler que c'est le seul homme en notre connaissance à avoir eu l'idée de créer un orphélinat à Niamtougou pour loger les veuves et les orphelins en assurant la scolarité des gosses. Même si le projet était embyonnaire, il vallait quand même la peine d'être salué.

Peu ont accepté d'aller  au-delà du sentiment personnel pour se poser des questions du genre:

- Peut-on faire confiance à Eyadema en matière de repression des cas de détournement de deniers publics, lui qui gère les finances du Togo comme une entreprise familiale? 

- N'est-ce pas que si Eyadema emprisonne quelqu'un, c'est parce qu'il ne fait pas son affaire sur un plan donné?

- Pourquoi certains jouissent-ils d'une impunité totale autour d'Eyadema, alors que d'autre doivent payer le prix fort?

- Pourquoi ne juge-t-on pas Charles Birrégah devant un tribunal pour le condamner?

- Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?


Il faut féliciter aujourd'hui le journal Motion d'Information pour l'article sur Charles Birrégah. Il y a très longtemps que togoforum est en possession d'informations montrant que l'expert comptable est victime de l'arbitraire du système Eyadema, mais la famille s'est toujours opposée à rendre public sa version des faits, contribuant ainsi à maintenir l'équivoque. De même, dans le cas d'Alexis Looky, il existe la version de l'interessé lui-même qui aurait permis d'éclairer plus d'un. Mais hélas, les familles ont une crainte telle du Général, qu'elles en viennent à oublier qu'à cause de ce silence, Eyadema se plaît à croire qu'il a le droit de vie et de mort sur une partie de la population togolaise, celle du Septentrion.

Selon nos informations, Charles Birrégah a eu à confronter à plusieurs reprises ses accusateurs de la commission anti-corruption et ces derniers ont toujours baissé la tête, quelques fois devant Eyadema lui-même, qui comme à son habitude, feint de ne savoir quoi que ce soit de tout le jeu, alors qu'il est le grand meneur. Comme il s'agit de mises en scène pour faire souffrir des indésirables, peu importe le contenu du dossier. Soutout que Eyadema sait que ses victimes se tairont et que son intoxication marchera bien.

Mais attention aux membres de la corrompu commission dite "Anti-corruption": Votre dossier est plus lourd que celui de tous les accusés réunis. En cette fin de règne de votre protecteur, faites attention à ce que votre zèle ne soit pas trop visible. 

Entretien cet après-midi avec M Charles Birrégah, Expert Comptable, Liquidateur de l’ex OPAT à la Brigade Anti-gang sise à Adéwi (Motion d'Information)

En effet, c’est le 04 février 2001 que M. Charles Birrégah a été arrêté et gardé à vue jusqu’à ce jour à la brigade anti-gang pour détournement au préjudice de l’ex OPAT d’une bagatelle somme de plus de dix milliards.

Charles nous a d’abord présenté un mémo qu’il a rédigé avec des éléments de preuve justifiant son innocence dans cette affaire montée de toute pièce.

Le mémo vous sera envoyé par les soins du DG.

Concernant son arrestation et précisément  les conditions de sa détention, M.Birregah a dit avoir été enfermé dans une cellule  fermée à clé où il est resté à même le sol pendant six mois dans des conditions effroyables avec des maltraitances et des insultes de toute sorte de la part d’un zélé gendarme qui n’avait aucun respect pour la personne humaine.  C’est dans un pot comme un enfant qu’il devait faire ses besoins et personne n’était autorisé à le voir (visite interite).

Ce n’est qu’après ces six mois de privations de liberté qu’il fut autorisé à recevoir de visite ou à avoir droit à un traitement à la hauteur d’une personne.

M. Birregah qui nous a produit tous les documents attestant de la régularité des opérations qu’il a eu à faire (achat, vente, virement et autres) en tant que liquidateur de l’OPAT, a dit ne rien comprendre du coup monté contre lui.

Son étonnement est d’autant plus grand qu’entre 1995 et 1996, l’OPAT a fait un chiffre d’affaire respectivement de 55 milliards et 11milliards sous les directions de MM. KPOBIE et KELEM. Mais lorsqu’il a été nommé liquidateur, il n’a hérité que d’une trésorerie  négative de près d’un milliard, c’était le 04 décembre 1996. Qui aurait dépensé en moins d’un an cette somme pour qu’on se retrouve avec une trésorerie négative, se demande M. Biirégah qui trouve curieux que KPOBIE, KELEM, directeurs généraux, M. AYEH directeur général adjoint et M. Laré directeur financier ne soient pas inquiétés et que ce soit lui  l’homme à sacrifier.

Entendu plusieurs fois par la commission anti corruption, celle-ci ne voulant pas se disculper, M. Birregah s’est vu notifier de verser une certaine somme pour son élargissement. M. Birregah a dû payer une somme de plus de quatre vingt millions sans jamais être libéré et  a dû comprendre que c’était un piège qui lui était tendu pour l’enfoncer davantage.

Le dossier a été  transféré à la justice. La CNLCSE s’est constituée partie civile et sur proposition de celle-ci, le juge d’instruction a choisi le cabinet CA.FE.C-HA situé à l’immeuble SOTED Rez de Chauusée BP 20640 pour une expertise sur la gestion de M. Birregah Liquidateur. Le cabinet a rendu son rapport de travail qui conclut que l’Etat reste devoir à M. Birregah  plus de six cents millions au titre d’honoraires. Le dossier étant en instruction M. Biiregah a dit qu’il n’était indiqué de remettre ce rapport à la presse.

Les conséquences de cette cabale sont énormes ; elles sont d’ordre moral, économique et physique.

La famille, les enfants et l’épouse de M. Birrégah sont affectés par la détention de plus de deux ans de leur parent.

Au plan économique M. Birrégah dit que son cabinet est par terre, tous les marchés lui ont été retirés au lendemain de son arrestation sans que sa culpabilité soit établie. A titre d’exemple la liquidation de la SITO qui lui était échue a été retirée ;son personnel faute de salaire a déserté le cabinet.

Lui-même souffrait de diabète, de tension et de goûte. Voir certificat médical

Quoi de plus normal que M. Birrégah soit inquiet de la dégradation de sa santé et dit craindre le pire si rien n’est fait pour qu’il sorte de ce lieu...

M. Birrégah  a fait savoir que dans le cadre sa hargne contre lui, le pouvoir a créé une commission rogatoire pour enquêter sur ses présumées factures fictives en France. Mais la commission qui a rendu son rapport en mai dernier n’a pas déceléd’irrégularité dans ses opérations, comme les vrais coupables seraient les plus hautes autorités du pays, on voudrait pas les dévoiler et on continue de faire du dilatoire.

Par ailleurs, il nous a révélé que le doyen des juges d’instruction en charge du dossier aurait demandé à l’Etat de mettre à sa disposition des moyens pour se rendre en France et rencontré la commission rogatoire mais que celui-ci  n’a pas été écouté. Mais alors pourquoi l’Etat togolais refuse obstinément de faire voyager le doyen des juges d’instructions pour que la vérité soit faite, s’est interrogé M. Birregah qui pense qu’il est sacrifié pour couvrir les vrais dé tourneurs des fonds de l’ex OPAT.

Son épouse étant française, M Birregah a dit que l’ambassadeur de France au Togo a pris le dossier et serait allé voir la président Eyadema qui n’a donné aucune suite à sa demande ; et il a vite compris qu’il s ‘agit bel et bien d’un coup monté contre lui .

En résumé, M. M. Birregah pense qu’il y aurait une erreur sur le dossier par incompétence de la commission anti-corruption ou bien il y a quelque part une volonté manifeste de nuire ou de détruire une personne.

Il pense enfin qu’il a servi de bouc émissaire pour couvrir certaines personnes, ce qui explique la création de cette commission rogatoire dont on refuse de rendre publics ses résultats et la disparition des archives de l’OPAT, le responsable des archives n’a pas été inquiété. Il se félicite d’avoir su garder ses documents qui ont mis en déroute la commission anti- corruption.

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Mazama KATASSA

Djimsa SALIMTOU

 
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