The Best Rates in America at 1 Cent per Minute!

Actualité

10 Sept. 2003

Arrestation d'Antoine FOLLY : Les preuves irréfutables d'une arrestation arbitraire et abusive  
Par Frisco de SOUZA
Source: Motion d'Information

Antoine Folly, le Délégué Général de l'Union des Démocrates Socialistes du Togo (UDS-TOGO) a été arrêté mardi dernier à son domicile et détenu depuis lors à la Brigade anti-gang sise à Adéwi, un quartier de Lomé. Le motif officiel de cette arrestation serait un contentieux financier qui oppose la BTCI (Banque Togolaise pour le Commerce et l'Industrie) à Antoine Folly. 

De quoi s'agit-il ?

En 1995, la société TSM créée par Monsieur Antoine Folly et dirigée par un Français dénommé Jean-Christophe PETITE, devait réaliser pour le compte de l'Etat togolais, en association avec le CENETI, une étude portant sur la refonte des fichiers de la Fonction Publique et du Ministère de l'Economie et des Finances. Le contrat a été signé entre la société TSM et le CENETI d'une part et l'Etat togolais représenté par son Chef de gouvernement  d'autre part

 En vue du démarrage des travaux, une facture d'acompte  avait été adressée par la société TSM au cabinet du PM qui l'a transmise au Ministre de l'Economie et des Finances pour son règlement. Le 05 août 1995, le Ministre de l'Economie et des Finances a adressé à Monsieur PETITE, Directeur Général de TSM, une lettre dans laquelle il indique que toutes les dispositions étaient prises en vue de faire virer sur le compte de la société TSM le montant de la facture, soit 28.164.000 F (vingt huit millions cent soixante quatre mille francs).

Les deux Ingénieurs français qui devaient réaliser le travail étant déjà au Togo où ils venaient de terminer une première mission dans le cadre du même projet, le Ministre de l'Economie et des Finances était intervenu personnellement auprès de la BTCI pour que, sur la foi de la lettre qu'il a adressée au Directeur de TSM, la Banque accorde à TSM, une autorisation de découvert bancaire  de 15 millions de francs CFA en vue du démarrage des travaux en attendant l'arrivée sur le compte TSM du virement de 28 millions. Faisant confiance à la signature de l'Etat togolais et à la parole d'un Ministre de la République, la BTCI avait alors accordé le découvert demandé pour le montant de 15 millions de francs.

Il se trouve que la somme proposée par le ministre de l’Economie et des Finances  n'est jamais arrivée sur le compte de la société TSM. A l'épuisement du découvert autorisé, la société TSM n'ayant plus les moyens financiers de maintenir sur place les deux Ingénieurs Consultants, a dû rapatrier l'équipe technique en attendant l'arrivée des fonds en vue de la reprise des travaux. Le dossier est resté en suspens jusqu'à ce jour.

Entre temps, le découvert qui a atteint un niveau de 14 millions de francs CFA, a produit 6 millions de francs d'agios et d'intérêts  pour atteindre un solde débiteur de plus de  20 millions de francs CFA aujourd’hui .

Malgré plusieurs relances de la part de la société TSM, l'Etat togolais n'a jamais été en mesure d'honorer la facture de 28 millions qui aurait largement résorbé la situation du compte TSM à la BTCI.

Il ressort de cette présentation au moins trois constats. Le premier, c'est que la créance en question est une créance commerciale et non personnelle. Antoine Folly n'a ni détourné des fonds ni commis de  crime ou  de délit. Le deuxième constat, c'est  que la créance en question est née de la seule défaillance de l'Etat togolais qui n'a pas été en mesure d'honorer ses propres engagements. Le troisième constat c'est que, la lettre du Ministre de l'Economie et des Finances et l'intervention de celui-ci auprès des responsables de la BTCI, ont constitué la seule garantie à l'octroi du découvert. 

L'arrestation d'Antoine Folly, un coup monté ? 

A la suite de cette défaillance de l'Etat togolais, la société TSM a dû cesser ses activités après avoir été obligée d'honorer pour plus de 35 millions de francs les contrats de sous-traitance conclus avec la société française 3IA chargée de l'exécution d'une partie des travaux pour le compte de TSM. Cette somme a été payée à titre personnel par Antoine Folly à la société française.

S'agissant de la créance auprès de la BTCI, Antoine Folly a considéré qu'elle sera totalement apurée dès que l'Etat Togolais honorera ses engagements.

La Commission de Recouvrement des Créances Bancaires à qui la BTCI a transmis le dossier, a adressé à Antoine Folly une convocation pour le 19 septembre 2002. En raison de ses nombreux déplacements à l'étranger, Antoine Folly n'a reçu cette convocation qu'en décembre 2002.

Dès qu'il a eu connaissance de cette convocation, Antoine Folly a demandé à son Conseil de prendre contact avec la BTCI afin de lui transmettre une adresse de correspondance et étudier avec elle, la mise en place d'un plan de remboursement en attendant que l'Etat togolais honore  ses engagements vis-à-vis de TSM. La proposition transmise par l'Avocat à la BTCI prévoit un plan de remboursement à raison de  400.000 F mensuel à partir de janvier 2003 par versements trimestriels.

Début janvier 2003, alors qu'il n'avait pas encore reçu de réponse au plan de remboursement soumis à la BTCI, Antoine Folly qui se trouvait en voyage à l'étranger, a été informé qu'un ordre serait venu d'en haut (sans autre précision) demandant à la Commission de Recouvrement des Créances Bancaires, de l'arrêter à son retour à Lomé dès sa sortie d'avion à l'aéroport.

Passant outre ces alertes, Antoine Folly était tout de même rentré à Lomé et avait aussitôt pris contact avec les responsables de la Commission qui lui ont alors adressé une nouvelle convocation pour le mercredi 22 janvier 2003.

Compte tenu de nouvelles informations persistantes faisant état d'une cabale montée contre lui en vue de l'arrêter, Antoine Folly a alors demandé à son Avocat de le représenter à cette convocation pour présenter à la Commission le plan de remboursement proposé à la BTCI.

Sans même avoir eu le temps de présenter les propositions dont il était porteur, l'Avocat d'Antoine Folly avait été éconduit avec des messages portant menaces d'arrestation à l'égard d'Antoine Folly.

Compte tenu de la gravité de ces menaces, Antoine Folly avait alors saisi par lettre datée du 27 janvier 2003, le Premier Ministre Koffi SAMA afin de l'informer de ce qui se préparait contre lui. « La créance en question est née d'une défaillance de l'Etat togolais qui n'a pas respecté sa signature  et son engagement. Je considère que ce même Etat ne peut aujourd'hui se prévaloir de sa propre défaillance pour engager à mon encontre, via une Commission placée sous son autorité, une procédure que je me retiens d'assimiler à un règlement de comptes politiques », écrit Antoine Folly dans sa lettre au Premier Ministre.

Dans sa correspondance, Antoine Folly demandait au Premier Ministre de faire cesser  les harcèlements dont il est l'objet et de prendre les dispositions nécessaires en vue du règlement du contentieux.

N'ayant pas reçu de réponse à la lettre qu'il a adressée au Premier Ministre, Antoine Folly, n’a pas répondu à une nouvelle convocation de la Commission pour le 29 janvier 2003. Il a demandé un report de cette convocation, le temps de recevoir une réponse de l'Etat quant au règlement de la facture de 28 millions. 

Entre temps , Antoine Folly est reparti en voyage à l'étranger en février 2003. En mars, son Avocat reçoit de la BTCI une lettre par laquelle la banque donnait son accord au plan de remboursement proposé par Antoine Folly. Informé de cette évolution, Antoine Folly qui se trouvait toujours à l'étranger a dit à son Conseil qu'il prendra toutes les dispositions afin de régulariser la situation par rapport au plan de remboursement convenu avec la Banque, à son retour au Togo.

C'est ainsi que dès son retour à Lomé le 28 août dernier, Antoine Folly avait aussitôt appelé le responsable du dossier à la BTCI afin que lui soit indiqué le montant des trimestrialités en retard. Ce responsable était en repos sanitaire, et devait reprendre le travail le lundi 1er septembre. Antoine Folly devait reprendre contact avec lui le mardi. Il n'en a pas eu le temps, puisqu'il a été arrêté très tôt dès 6 h par les gendarmes qui se sont présentés à son domicile. 

Les faits tels qu'exposés suscitent tout de même quelques interrogations. La Commission de Recouvrement des Créances est placée sous l'autorité du Ministre de l'Economie et des Finances qui la préside même si dans les faits, il délègue cette présidence au Coordonnateur National. La créance en question est née du non respect par le Ministre de l'Economie et des Finances de son engagement. Même si ce n'est pas l'actuel Ministre en personne qui avait pris l'engagement, le principe de la continuité de l'Etat l'oblige à assumer la signature de ses prédécesseurs. La logique voudrait que la Commission se retourne vers l'Etat pour exiger le paiement des 28 millions conformément à la lettre du 5 août 1995, pour permettre à la BTCI de rentrer dans ses droits. Pourquoi cette commission s'acharne contre Antoine Folly au lieu de s'acharner contre l'Etat togolais qui est la véritable source de la créance ?

Interrogé par les Avocats en charge du dossier, le Service Juridique et contentieux de la BTCI a indiqué que Antoine Folly lui doit la somme de 3 millions pour mettre à jour son plan de remboursement.

Cette somme a été payée par Antoine Folly le vendredi matin à 7h 30. Dans ces conditions et d’après les indiscrétions, pour  la BTCI Antoine Folly est désormais en règle vis-à-vis de la banque eu égard au plan de remboursement convenu et qu'il n'y a, aujourd'hui, de son point de vue, aucune raison  de son  maintien   en garde à vue.

Aujourd'hui, la commission pose deux nouvelles conditions avant de libérer Antoine Folly, à savoir le paiement du quart de la totalité de la créance et la présentation  d'une caution.

En effet, la BTCI avait accordé le découvert à la société TSM en se fondant sur une garantie qui est la lettre du Ministre de l'Economie et des Finances. Une fois l'engagement pris et réalisé, la BTCI ne peut pas aujourd'hui, demander à posteriori à son client de lui présenter une nouvelle garantie. Dans le cas d'espèce, ce serait même insultant pour l'Etat togolais. Cela voudrait dire que la signature et la parole de l'Etat togolais n'ont plus aucune valeur y compris auprès d'institutions qu'il contrôle.

S'agissant de l'exigence du paiement du ¼ de la créance, des juristes contactés disent  que cette exigence est contraire au droit bancaire. Dans la mesure où le plan de remboursement convenu se trouve aujourd'hui à jour, demander au client de payer le ¼ de la dette, reviendrait à le forcer à payer par anticipation des remboursements correspondants à des termes non encore échus.

De sources proches des cadres de banque à Lomé, on se dit choqué par cette procédure inhabituelle. La mise en détention d'un client dans une affaire commerciale ne se justifie pas ; elle prive celui-ci de ses activités et donc des ressources qui devraient lui permettre  de rembourser ses dettes. En plus, à présent que Antoine Folly est en règle eu égard à ses engagements vis-à-vis de la Banque, chaque journée qu'il passe en garde à vue constitue une journée supplémentaire de détention abusive.

D’autres murmurent  que le maintien en garde à vue de Antoine Folly  serait un coup politique monté par les plus  hautes autorités togolaises par la direction de la BTCI interposée et la Commission. Cependant connaissant parfaitement le professionnalisme dont les plus hauts responsables de cette institution font preuve, il serait surprenant que ces derniers exécutent les dictats du pouvoir politique.

A voir aujourd’hui la tournure que prennent des évènements on est surpris par le caractère sélectif du travail de la Commission qui laisse en liberté des gros débiteurs proches du pouvoir et qui doivent plusieurs centaines de millions à la Banque. Laisser de côté ces débiteurs qui ont mis la BTCI et bien d’autres institutions de la place  à genoux et faire du règlement de comptes politiques est choquant.

Il apparaît désormais que l'arrestation d'Antoine Folly n'est pas une affaire commerciale, mais une affaire éminemment politique. On peut alors se demander pourquoi on a choisi ce moment délicat de la vie politique de notre pays pour commettre un forfait aussi grave ? Il y a deux semaines, c'est Patrick Lawson, un des vice-présidents de l'UFC qui avait été arrêté par la Gendarmerie pour une affaire de créance bancaire. Depuis une semaine, la presse s'est fait l'écho de la mésaventure de Jean-Pierre Fabre, le Secrétaire Général de l'UFC. Aujourd'hui c'est Antoine Folly.

On peut être surpris que ces manœuvres interviennent à quelques semaines seulement du réexamen de la situation du Togo par l'Union Européenne et le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies.

On sait maintenant que des gens ont intérêt à ce que le Togo soit maintenu dans sa situation actuelle de léthargie et de mise en quarantaine. Chaque fois qu'une éclaircie se pointe à l'horizon, il se trouve des gens pour poser des actes qui discréditent le Togo  et l'enfoncent dans sa position de royaume du non droit.

Ce qui se passe avec Antoine Folly ne sert pas  les intérêts  du Togo ; il ne sert que les intérêts de ceux qui veulent maintenir le pays dans la crise, la misère et l'isolation internationale. Il y a manifestement une volonté de nuire et de salir. Mais, les Togolais ne sont pas des idiots. Ils savent faire la part des choses. Un régime qui est obligé de tirer sa légitimité de l'usage exclusif de la force et de l'arbitraire est un régime voué à l'échec.

Antoine Folly mène un combat politique contre l'injustice, pour la liberté, la dignité et le développement. Tous les grands hommes d'Etat qui fondent leur engagement politique sur des convictions idéologiques profondes passent par les épreuves auxquelles Antoine Folly est aujourd'hui confronté. Nelson Mandéla en est un exemple vivant. Aujourd'hui, ses tortionnaires d'hier rasent les murs.

De la même façon que  Me Agboyibo,  Claude Améganvi et d’autres combattants de la liberté au Togo sont sortis plus forts et plus déterminés dans leur lutte  pour la démocratie, il ne fait aucun doute que Antoine Folly sortira lui aussi de cette épreuve, plus engagé pour poursuivre le combat de libération de notre pays afin que d'autres Togolais n'aient pas à subir de telles injustices et dénis de droit. 

Frisco de SOUZA (Motion d'Information)

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Mazama KATASSA

Djimsa SALIMTOU

 
Appelez moins cher
You'll be amazed at the prices at CallingCards.com
 

Trouvez une bourse d'étude

 

Find Scholarships Today!

 

Trouvez du travail

 

Job.com

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

Tribune | Interviews | Débats | AgoraPress | Economie | Culture | Chatroom | Sites

 

Sports Careers