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Togo : Les
raisons d’une paradoxale sortie de crise
Dr Edem Atsou Kwasi
"Devant le doute et
la mort de l'ancien, les peurs semblent surgir
de nulle part: c'est la phase incontournable
du deuil...avant de renaître..." Marc
Josifoff
Le poids des événements depuis le 01 juin 2003
et particulièrement de ces 02 dernières
semaines dans notre pays augmente l'angoisse
de nos populations déjà livides, et
préoccupent à juste titre d'aucuns qui
s'interrogent sur le devenir imminent de notre
Mère Patrie.
Face à notre interpellation hier par un de nos
compatriotes (Paul Sylvain) sur le forum de la
diaspora d'icilome, il nous a paru courtois en
dépit de notre état de santé actuellement
fragile, d'esquisser un synopsis en réponse à
cette épineuse question qui nous semble la
plus pertinente de l'heure. Notre apport se
résumera à 10 points qui en eux mêmes sont des
axes de réflexion.
1. De la nécessité du retrait de l'actuel Chef
d'Etat, de la démission de son gouvernement,
de la suspension de la constitution et de la
dissolution de toutes les institutions
politiques actuelles.
2. De la mise sur pied d'un Conseil
Patriotique Intérimaire (CPI): constitué au
maximum de 11 Conseillers d'Etat chargés de
gérer pendant 03 mois au maximum le pays et
dont la direction reviendra à l'un d'entre eux
qui fera office de Chef d'Etat en tant que
Doyen de la République. Le CPI doit regrouper
des représentants de l'Armée et de la société
civile à l'exception des chefs de partis
3. De la nécessité d'un état d'urgence à
décréter pour 03 mois: dans le souci de
maîtriser toute velléité de déstabilisation
militaire ou civile du pays et un bascule dans
le chaos politico militaire.
4. De la suspension pour 06 mois des activités
de tous les partis politiques sur toute
l'étendue du territoire national: en vue de
dégager nos populations du stress sans cesse
croissant lié au spectacle de l'incurie
politique auquel semble se livrer les partis
politiques dans notre pays.
5. De la convocation des Assises de
Reconstruction Nationale (ARENA): doivent se
tenir 45 jours au plus tard après la mise sur
pied du CPI et dont les principales missions
seront;
- abroger les articles scélérats de la
constitution version RPT et réadapter la Loi
Fondamentale aux exigences de l'heure dans
notre pays
- définir les grandes lignes et axes de
développement pour les 05 prochaines années
- mettre sur pied un Conseil National de la
Jeunesse (CNJ)
- mettre sur pied un Conseil Supérieur des
Elections (CSE)
- désigner un gouvernement de transition pour
une durée maximale d'un an
- désigner un Conseil Parlementaire (CP) et un
sénat pour une période également d'un an
Les décisions de l'ARENA doivent être soumises
à un référendum afin qu'elles deviennent des
lois de la République.
6. De la nécessité de la mise sur pied d'un
Conseil de Refondation Morale (CRM): dont la
mission sera de faire la lumière sur le passé
de tous les acteurs politiques de notre pays
depuis 1960, un audit général de l'Etat, et
oeuvrer à une authentique Réconciliation
Nationale
.
7. Du principe inaliénable de la non
éligibilité présidentielle de tous les
candidats ayant pris part aux récents
contentieux électoraux de 1998 et 2003.
8. De la suspension provisoire du paiement de
la dette extérieure du Togo: dans le souci de
redéfinir les priorités économiques du pays et
de redynamiser le flux économique intérieur.
9. De la définition du statut politique de la
diaspora togolaise.
10. De l'organisation
d'élections générales (présidentielles,
législatives, sénatoriales, communales) dans
15 mois au plus tard dès la mise en place du
CPI.
Ce synopsis loin d'être une panacée est un
document de travail à approfondir en vue de
dégager les stratégies les plus idoines pour
une meilleure sortie de crise de notre pays
aujourd'hui dans un abîme indescriptible.
Il nous semble que la seule alternative viable
aujourd'hui est la suspension provisoire des
activités de tous les partis politiques sans
exception dans notre pays en vue de libérer
nos populations du poids néfaste de la
politique politicienne pour laquelle elles ne
cessent de payer un inestimable tribut. Cette
logique procède de l'essence même de notre
soif torride de liberté et de justice sociale
qui impose le primat de l'action citoyenne sur
le règne politique des coteries.
La stabilité et la relance paisible de notre
pays nous semble devoir emprunter cette ligne
de crête qui relève davantage d'un
désaisissement sincère par rapport à notre égo
mû par un véritable Amour pour la Patrie si
tant notre désir premier est de nous avancer
sereins sur le chemin fort escarpé de notre
histoire politique.
Notre principale
interrogation à l'endroit de nos compatriotes
reste:lequel est le plus aisé? Suspendre
provisoirement pour 06 mois les activités des
partis pour baisser la tension politique
maximale prévalant aujourd'hui dans le pays
sous condition de retrait du système RPT; ou
basculer le Togo dans l'anarchie et le chaos
qui se profilent allègrement à notre horizon?
Ayons vivace à l'esprit que "même si la
Grâce nous précède, rien ne se fait sans notre
consentement".
Puisse le Seigneur nous garder tous
ensemble disponibles à l'ESSENTIEL aujourd'hui
et pour les jours qui viennent!
Que Dieu nous bénisse tous!
Paris, le 24 août 2003
Dr Edem Atsou Kwasi
(Ex Président de la Jeunesse Sans Frrontière –
JSF Togo)
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