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En réaction aux affirmations de M. Dahuku Péré
au sujet du CONEL▲
La
coordination nationale de la Concertation
nationale de la société civile (CNSC-Togo) a
pris connaissance de l’entretien accordé au
site « togoforum.com » par M. Dahuku Péré,
candidat à l’élection présidentielle du 1er
juin 2003.
Certains passages de cette interview
interpellent la Concertation sur
l’indépendance et la crédibilité du Conseil
nationale de surveillance des élections (CONEL).
Les propos de M. Péré laisseraient apparaître :
1-
Que le
CONEL aurait pris parti pour le candidat
Akitani-Bob du PFC,
2-
Que le
travail de monitoring de la présidentielle
ainsi que les chiffres publiés par le CONEL à
la suite de l’observation et du traitement des
opérations du vote seraient inexacts,
3-
Que le
CONEL et la CNSC n’auraient pas suffisamment
communiqué avec les protagonistes de
l’élection.
En
ce qui concerne le principe de l’action du
CONEL et l’indépendance de ce programme, la
Coordination renvoie à la mise au point (ci-dessous)
publiée le 15 juillet 2003.
Le
4 juin 2003, le Comité exécutif du CONEL a
rendu publics, les résultats de l’élection
présidentielle, à la suite du traitement des
chiffres électoraux et informations précises,
sur les conditions techniques de déroulement
de l’élection. Le CONEL a travaillé de mai à
juillet 2003. Son rapport d’activité et
l’ensemble des conclusions du programme ont
été adressés aux partenaires impliqués.
Sur les affirmations de M. Dahuku Péré : ▲
La
CNSC rappelle :
1-
Le
traitement des résultats électoraux a été fait
par des techniciens recrutés à cet effet, en
toute indépendance, en liaison avec les
commissaires électoraux, coordinateurs
régionaux et observateurs locaux du CONEL. La
fiabilité de la base de données ne fait pas de
doute. Des vérifications et recoupements ont
été faits au fur et à mesure et toutes les
anomalies constatées ont été relevées dans les
publications faites en temps réel. La
publication en direct des traitements a permis
d’assurer une totale transparence du programme,
dans la mesure du possible.
2-
A l’instar
des autres candidats de l’opposition, M. Péré
candidat du PSR a été informé de l’évolution
des tendances du vote.
Le
traitement des résultats de l’élection a été
fait à partir de trois centres informatiques
mis en réseau et connectés au site de
diffusion en ligne des résultats. Il n’y avait
pas eu de tendances différentielles se
rapportant aux régions.
Les
tendances communiquées à M. Péré et aux autres
candidats le 2 juin étaient des tendances
nationales. L’évolution de ces tendances était
visible sur le site de la Concertation,
accessible partout.
3-
Les
affirmations de M. Péré, prétendument de
‘’sources officielles’’ et faisant état de
« fortes pressions partisanes » sur le CONEL
sont sans fondement. De même les informations
sur de supposées pressions du président de
l’UFC sur les responsables du CONEL sont
inexactes.
Du
reste, la CNSC a eu des échanges divers avec
chacun des protagonistes de l’élection tel que
son mandat dans le cadre du suivi du processus
électoral le recommande.
4-
M. Péré a
été contacté le 21 juillet, dans le cadre
d’une large consultation avec les acteurs
politiques et sociaux du Togo ; et des
discussions ont réuni des responsables de la
CNSC et ceux du PSR. Cette rencontre ne
concernait pas le CONEL dont le rapport était
clos. D’autres rencontres ont eu lieu avec
d’autres acteurs politiques et sociaux.
5-
Face à la
brutalité aveugle du pouvoir en place, la CNSC
s’efforce effectivement de faire une gestion
de ses contacts, médiations et relations avec
les acteurs politiques qui soit compatible
avec les impératifs de sécurité aussi bien de
ses volontaires, collaborateurs et
facilitateurs nationaux, africains et
étrangers que des acteurs politiques concernés
eux-mêmes.
6-
La CNSC
reconnaît par contre, que la médiation qu’elle
a initiée à partir du 2 juin entre les
responsables de l’UFC et du PSR, en vue
d’harmoniser la gestion de l’après élection a
fait apparaître des dissensions graves et des
prétentions inconciliables, pas toujours
compatibles avec les intérêts supérieurs de la
Nation, entre les leaders de ces deux
regroupements ; dissensions sentimentales qui
n’avaient manifestement aucun lien avec le
déroulement de l’élection.
Aussi bien l’UFC que le PSR semblaient accuser
le CONEL de parti pris, semblant estimer à
certaines occasions que la société civile
togolaise n’avait pas la capacité d’un tel
niveau d’organisation et d’efficacité hors de
toute inféodation à un parti politique. Ceci
est évocateur d’autres réalités.
Le
contentieux qui existe entre l’UFC et le PSR
et plus largement au sein de toute la classe
politique togolaise est réel. Il se rapporte
aux positions de principe des dirigeants de
ces formations politiques et ne saurait être
imputé au CONEL, un programme dont
l’exemplarité a été salué au Togo et au sein
de la communauté internationale.
La
Concertation a du respect pour ceux des
concitoyens qui, dans le cadre de leur parti
ou par d’autres moyens, se battent pour
l’avènement de la démocratie au Togo. Elle
prône une coopération franche et large entre
les acteurs politiques et sociaux, mais
refuse de servir de bouc-émissaire pour les
faiblesses des opposants au régime en mal
d’imagination.
Pour finir, la Concertation tient à rappeler
haut et fort qu’elle n’est proche ou favorable
à aucun parti politique en particulier et que
son objectif fondamental est de catalyser, par
les moyens les plus sages et efficients,
l’avènement d’une société démocratique et de
développement pour le plus grand bénéfice de
toutes les citoyennes et de tous les citoyens
togolais.
Fait le 19 août 2003
La Coordination nationale ▲ |