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Gabriel Akouété BANIABA est detenu, mais
qui s’en préoccupe?
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Comme plusieurs détenus
aujourd’hui, Monsieur Gabriel Akouété Baniaba,
militant à la jeunesse de l’UFC, a été arrêté le
30 juillet 2003 à 21h 30 à Bê Kpota où il
habite avec sa sœur jumelle. Il doit
certainement faire face seul à son sort, loin
de tout soutien militant des dirigeants de son
parti. «On ne lui reproche pas grand
chose si ce n'est "qu'il est censé connaître"
les auteurs de divers attentats que Lomé a
connus avant et après les élections
frauduleuses du 1er juin. Ces auteurs
supposés être membres de l'UFC où il milite,
notamment à la Jeunesse UFC de Lomé commune
dont les militants ont été pour la plupart
arrêtés». C'est ce que nous a confié
un de ses parents dont nous preférons taire
l’identité.
Selon nos informations,
l’arrestation de M. Gabriel Akouété Baniaba a
pour cause les visites en prison qu’il rendait
regulierement au Président de la jeunesse de
l’UFC, Monsieur Koffi Agano arrêté, jetés en
prison et torturé depuis près de 2 mois :
«Mon frère était le seul à rendre visite à
Monsieur Agano en prison, abadonné à son
pauvre sort, puisqu'on aurait découvert chez
lui des engins explosifs, selon les autorités
togolaises. Il me semble que ces visites ont
été préjudiciables à mon frère….Il semble
également qu'il est maintenu en prison pour
les besoin de l'enquête. On sait qu’il peut
croupir là-bas si ciel et terre ne sont pas
remués pour lui et les autres.» Voila
qui est bien dit quand on sait que d’autres
détenus sont oubliés aujourd’hui par
l'opposition, malgré leurs souffrances et
celles de leurs familles respectives.
De l’irresponsabilité à l’indifférence des
leaders de l’opposition togolaise
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Nous saisissons cette
occasion pour tirer la sonnette d’alarme sur
les cas de milliers de détenus et de déplacés
à travers le Togo, et surtout sur
l’irresponsabilité des leaders de l’opposition
togolaise. Qu’ils se nomment Gilchrist Olympio,
Dahuku Péré, Edem Kodjo, Maître Yawovi
Agboyibo, Leopold Gnininvi, Nicholas Lawson ou
même qu'ils soient le célèbre maquisard Bob
Akitani, nous pensons qu’ils font preuve d’une
irresponsabilité inadmissible depuis le 1er
juin 2003.
Ce
que Monsieur Olympio oublie
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Si pour certains parmi
eux tel que Gilchrist Olympio (cf Discours de
Chicago du 26 juillet 2003), les élections de
juin dernier ne représentaient pas un grand
enjeu, il est du devoir de la jeunesse
togolaise de leur rappeler que les
populations togolaises lorsqu’elles se sont
mobilisées en juin dernier, ne savaient pas
qu’elles étaient l’objet d’une plaisanterie
qui mettrait gratuitement en jeu leurs vies et
celles de leurs familles. Elles croyaient
vraiment que les Olympio et autres candidats
avaient un plan sérieux pouvant mettre fin à
la dictature. C’est ce que le
Président de l’UFC oublie ou ignore.
Monsieur Olympio affirme
dans son Dscours de Chicago qu’il savait à
l’avance que les élections présidentielles du
1er juin 2003 étaient perdues. Il
dit : «J'ai dit que l'élection
présidentielle de juin 2003 était jouée
d'avance. Cela signifie que quels soient ou
aient été les candidats UFC, CAR, CDPA,
Rénovateurs, PDR, CPP en face d'Eyadéma et
quelles que soient ou aient été leurs
stratégies (candidature unique, semi-unique ou
pluraliste, etc.), Eyadéma sortira vainqueur
par toutes sortes de fraudes et de
tripatouillages.»
Selon ce même discours,
et concernant la Coopération de l’Union
Européenne avec le Togo, M. Olympio déclare en
contradiction avec l’affirmation précédente :
«L'opposition démocratique et tout
particulièrement l'UFC sont conscientes de ce
problème et en souffrent parce qu'étant
eux-mêmes du peuple. C'est encore là une des
raisons de notre participation à la dernière
présidentielle, espérant que les résultats
respecteraient le choix véridique des
électeurs et allaient être acceptables pour
tous.»
Les arguments contenus
dans le discours sont si faibles par rapport
aux douleurs que les élections du 1er
juin ont répandues dans notre pays qu’on se
demande pour qui nos leaders nous prennent
dans ce pays.
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Selon un membre de la famille de Monsieur
Toguibare Kabassima
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(Président fédéral de
l’UFC à Tchébébé dans la prefecture de
Sotouboua), Monsieur Gilchrist Olympio aurait
affiché une indifférence ou un mépris total
suite à l’arrestion du vieil instituteur le 2
juin 2003. Contacté par téléphone par le fils
de Monsieur Kabassima alors détenu à Kara par
Ernest Gnassingbé, Monsieur Gilchrist Olympio,
sans se soucier de compatir avec la famille
aurait déclaré « Ici ce n’est pas le
Secretariat de l’UFC, c’est un domicile privé».
Le fils du détenu,
Monsieur Dabéègu Kabassima, résident en
Floride aux Etats-Unis, nous a dit à cet effet:
«Ce que je voulais c’est simplement la
compassion de ce Monsieur. Je savais qu’il ne
peut pas faire grand’chose puisque les Marc
Palanga sont toujours détenus à Kara sans
qu’il n’ait pu faire quoi que ce soit pour eux.
Ce que je voulais, c’est qu’il partage les
douleurs de mon père enprisonné et de notre
famille. J’ai été très deçu et désabusé.»
Nous pensons pour notre
part que nos leaders doivent cesser de se
prendre pour des demi-dieux intouchables. Quel
que soit ce que nous croyons être, nous devons
avoir l’humilité de nous rabaisser lorsqu’à
cause de nos actes, des gens qui nous font
confiance meurent ou se retrouvent en prison.
Le même sentiment de
déception est ressenti par plusieurs jeunes de
Kpadapé, et d’Agou Gare avec qui nous avons eu
plusieurs conversations téléphoniques.
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Monsieur
Edem Kodjo a-t-il pris sa retraite
politique ou a-t-il fui les conséquences des
élections présidentielles?
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Selon certains
dirigeants de la NDP (Nouvelle Dynamique
Populaire), Monsieur Edem Kodjo leur aurait
déclaré que s’étant temporairement retiré de
la politique, il n’aimerait pas se mêler de
quoi que ce soit. Les jeunes étaient allés
solliciter son intervention face aux
multiples persécutions dont ils font l’objet.
Si cela s’avère, M. Kodjo aura démissionné
devant son obligation de gérer en responsable
les conséquences des élections présidentielles
auxquelles il a pris part. Nous estimons que
connaissant notre pays, le moment pour Kodjo
de prendre sa retraite, aussi temporaire
fùt-elle, était inapproprié. Se tromper de
contexte et procéder à la Jospin est inopposable
au peuple togolais. Nous connaissons tous
notre pays et savons ce qu’une élection,
surtout présidentielle, peut engendrer comme
conséquence sur les populations.
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Jean
Pierre Fabres préconiserait-il l’exil
comme solution à la persécution ?
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Egalement selon
les mêmes jeunes dirigeants de la NDP,
certains dirigeants comme Jean Pierre Fabres
leur aurait suggéré de quitter le pays pour
sauver leur peau. La suggestion peut paraître
bonne mais il faut dire que le vrai combat
contre la dictature ne se fera pas de
l’extérieur et à travers Internet. Non. Il est
constant que toute la jeunesse combattante des
années 90 est aujourd’hui en exil et que cela
a porté un grand coup au combat contre la
dictature. Entre 1993 et 1995, certains
leaders ont encouragé et facilité le départ de
beaucoup de jeunes vers l’occident et se sont
retrouvés finalement seuls sur le terrain avec
les conséquences qu’on connaît : Une
incapacité totale de mobiliser les populations
pour le combat final. Au lieu d’encourager
les jeunes à quitter, il vaut mieux
s’organiser autrement pour assister ceux qui
sont persécutés ou détenus. C’est surtout cela
qui manque.
Nelson Mandela ne le
dit-il pas concernant ceux qui comme nous
fuyons nos pays tout en espérant mener un
combat efficace?
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Le manque de courage politique au Togo
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D’autres encore parmi
ceux qui ont reconnu la victoire de Bob
Akitani ou qui ont soutenu sa candidature
affirment dans les coulisses qu’ils savaient
que l’UFC ne ferait rien de sa victoire et que
c’est le moment de les laisser prouver qu’ils
ne sont capables de rien.
Nous autres estimons que
cette position est tout aussi irresponsable
que les autres et qu’elle est dénuée de tout
courage politique tout simplement. C'est une
position mesquine: L’on se refuse à dire la
vérité à son partenaire et au peuple bien
qu’on sache le péril dans une option donnée.
Sans approuver
l'exclusion de Gilchrist Olympio de quelque
consultation électorale au Togo, nous pensons
que le leader de l'UFC aurait mieux servi le
Togo en se mettant à l'écart de la course pour
le fauteuil présidentiel. Ce, depuis 1991. Nous
pensons qu'effectivement, la politique
togolaise a pris la forme d'un serpent
bicéphal et dangéreux avec pour acteurs les
Olympio et les Gnassingbé et en toile de
fond l'assassinat du père de l'indépendance du
Togo et la position défensive des auteurs de
cet assassinat.
Alors l'on est en droit de se
poser la question suivante: Pourquoi Monsieur
Gilchrist Olympio ne pouvait-il pas se
comporter, ne serait-ce que momentanénement,
comme les enfants de Patrice Lumumba, quitte à
tenter sa chance après le premier mandat ayant
succédé au règne d'Eyadema? Ce, depuis 1991.
Pourquoi Monsieur Olympio refuse-t-il d'être
un vrai éclaireur d'un peuple naïf et
admirateur; un peuple frénétique et passionné
comme au cinéma, alors qu'il sait mieux que
quiconque que la politique sous tous les cieux
suit une logique qui defie toute raison?
Pourquoi?
Au Togo, lorsque vous
posez des questions de ce genre, on vous fait
taire en vous faisant passer pour un ennemi ou
un pro-Eyadema. A tel point que le débat est
pratiquement inexistente et certains proches
de gens qui ont servi sous Eyadema font les
déclarations des plus excessives et quelques
fois insensées, juste dans le dessein de se
faire accepter dans "le cercle des démocrates
togolais".
Mais aussi longtemps que
les Togolais manqueront de courage politique
face à ceux qui prétendent les diriger, le
règne calamiteux d’un certain général Eyadema
ne sera pas une simple anomalie ou une
exception dans l'histoire du Togo. Nous en
connaîtrons d'autres.
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