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03 août
2001- 03 août 2003:
Cela fait deux ans jour pour jour que le leader du
CAR Me AGBOYIBO a été jeté en prison pour un
délit imaginaire. En effet, c’est le 03 août
2001 à 09 heures que M. PETHELEIA Abalo,
président du tribunal de première instance
d’alors agissant sur ordre du pouvoir,
condamnait Me Yawovi AGBOYIBO à une peine
d’emprisonnement de six mois fermes assortie
d’une amende de cent mille francs pour « diffamation
et atteinte à l’honneur », suite à une plainte
déposée contre lui par Messan Agbéyomé KODJO,
Premier Ministre du Général à l’époque.
A
l’occasion de ce jour mémorable, le leader du
CAR a, pour témoigner sa gratitude à la presse
privée togolaise pour le travail qu’elle a
abattu durant ces moments d’épreuve et qui a
permis sa libération, offert un pot à des
journalistes de la presse privée dite
d’opposition. C’était le samedi 02 août
dernier dans sa villa sise à Tokoin- Trésor.
Autour du pot, on notait la présence de
presque tous les responsables et journalistes
des organes privés d’opposition. Me Agboyibo
a saisi l’occasion pour témoigner une fois
encore sa reconnaissance à la presse dont le
support médiatique a contraint le pouvoir a
lâché du lest. Il a laissé entendre que la
presse reste le seul acquis de la lutte
démocratique enclenchée depuis 1990 et exhorté
les journalistes à persévérer car dira –t-il,
il n’ y a pas de liberté sans presse libre. Il
a alors demandé aux journalistes de ne pas se
laisser à la compromission et au gain facile
et à tenir bon quelles soient les difficultés
car, malgré tout, l’espoir n’est pas perdu.
Le
dimanche 03 août, jour anniversaire, une
messe a été organisée par le CAR à l’église
catholique de Nyékonakpoé pour rendre grâce à
Dieu pour avoir protégé son président durant
sa détention et permis sa libération.
Plusieurs militants du parti ainsi des
journalistes ont assisté à cette messe
d’action de grâce.
Ce
deuxième anniversaire de l’incarcération
injuste et arbitraire de Me AGBOYIBO a été
l’occasion pour son parti de jeter un regard
sur la situation de notre pays après la
présidentielle du 1er juin dernier.
Dans une déclaration qu’il a rendue publique à
l’occasion de cet anniversaire, le CAR qui
n’exclut pas tout dialogue avec le pouvoir
pour sortir le pays de la crise mais avec
l’aval du peuple, déclare : « le
soutien
populaire n’a de sens que si l’on est en
mesure de le faire fructifier dans l’intérêt
des populations ». ▲
DÉCLARATION DU CAR A
L’OCCASION DE LA CÉLÉBRATION DU 2eme
ANNIVERSAIRE DE L'INCARCERATION DE Me YAWOVI
AGBOYIBO
Cela fait deux ans, jour pour jour, à l’issue
d’un procès des plus ignobles que le Togo ait
vécu, Me Yawovi Agboyibo, Président du CAR, a
été menotté, jeté dans une fourgonnette et
conduit à la prison civile de Lomé au milieu
des cris, sous des pleurs et devant nos yeux
hébétés. On se croyait dans un rêve !
Quel crime a-t-il commis ? Qu’a-t-il fait pour
subir tant d’arbitraire et d’humiliation !
Deux ans seulement après le procès, on
pourrait s’étonner que l’on soulève de telles
interrogations.
Quel togolais de bonne foi pourrait de sitôt
oublier les raisons pour lesquelles Me
AGBOYIBO a été jeté en prison.
Mais si en la circonstance nous avons jugé
nécessaire d’en faire un rappel, c’est à cause
des propos que des militants de l’UFC ont fait
véhiculer au sujet du candidat du CAR lors de
la campagne de la dernière élection
présidentielle.
Qui
d’entre nous n’a entendu le fameux slogan : « Nous
ne voulons pas être gouvernés par un ancien
prisonnier ». Le cliché a été relayé, amplifié
et répandu partout, à Lomé comme à l’intérieur
du pays. Au point que nos populations en sont
venues à avoir l’impression que Me AGBOYIBO a
fait la prison parce qu’il aurait commis un
assassinat, un vol ou une escroquerie.
Et
pourtant la vérité est là, connue de tous. Me
AGBOYIBO a été jeté en prison parce qu’il a
osé porter à la connaissance du monde entier
les assassinats et autres atrocités par
lesquels Agbéyomé KODJO tentait de rallier les
populations de Yoto à GNASSINGBE Eyadema en
recourant au service d’un regroupement de
malfaiteurs de Sendomé dirigé par AKOMABOU.
Me
AGBOYIBO n’a pas été en prison à cause d’un
acte mettant en cause son honnêteté et son
intégrité. Il a agi dans l’intérêt des
populations innocemment persécutées. Il
fallait avoir du courage pour le faire. Et
Dieu seul sait à quel point le régime a
éprouvé sa fermeté le long du procès. Et
pendant qu’il était en prison, que de
pressions n’a-t-il subi pour accepter d’être
libéré, pourvu qu’il déclare avoir menti sur
le compte de Agbéyomé KODJO. On ira même
jusqu’à lui proposer de solliciter la grâce
présidentielle comme s’il avait commis une
faute ! Peine perdue. En vain a-t-on cherché
de le faire plier en ouvrant contre lui un
second procès qui devrait cette fois-ci le
faire condamner au moins à 20 ans de réclusion.
Rien de tout cela n’a fléchi la détermination
du Président du CAR. Et c’est la tête haute
que le 14 mars 2002 il a rejoint sa famille,
ses militants et des amis.
Nous voudrions en ce jour solennel lui
réitérer nos hommages.
Nous tenons surtout à lui dire d’aller de
l’avant, de continuer à faire preuve du même
courage pour la libération du Togo. Nous
sommes convaincus que la méthode qu’il prône
depuis 1987 est la seule susceptible de venir
à bout du système oppressif qui pèse sur notre
pays depuis des années.
Nous pensons avec lui qu’un leader démocrate
ne peut entreprendre efficacement une
quelconque action dans l’intérêt des
populations sans le soutien populaire. Et dans
les périodes critiques où il est interpellé,
il a constamment répondu qu’il ne peut agir en
direction du régime qu’avec des populations
derrière lui.
Mais nous estimons également avec lui que le
soutien populaire n’a de sens que si l’on est
en mesure de le faire fructifier dans
l’intérêt des populations. Le drame serait de
faire du soutien populaire une fin en soi pour
s’y complaire comme un élément de prestige
personnel sans lui apporter de solutions aux
attentes des populations.
Me
Yawovi AGBOYIBO a montré de 1987 à 1991
comment il pouvait se servir du soutien
populaire pour réaliser des changements
qualitatifs dans l’intérêt des citoyens et de
la nation.
Il
l’a encore récemment montré en juillet 1999,
lorsqu’il a fallu briser le sentiment
populaire de désespoir qui commençait à
envahir le pays au lendemain du scrutin
présidentiel de 1998, en prenant en compte les
appels venant des populations pour aller
rencontrer Eyadema et l’amener à accepter la
création de la CENI et le bulletin unique.
Me
Yawovi AGBOYIBO était convaincu que cette
année 2003 allait être l’année de délivrance
du peuple togolais. Pour cela, il lui fallait
une habilitation populaire. Grâce à cette
habilitation, il serait prêt, au lendemain du
scrutin à prendre la tête d’un rassemblement
populaire pour rencontrer le Général Eyadema
et l’amener à se retirer pour le plus grand
bien de nos populations.
Il
s’est trouvé que le peuple a préféré une autre
vision : celle du refus de prendre appui sur
le soutien populaire pour résoudre les
problèmes du pays en allant affronter
l’obstacle là où il se trouve. En bon
démocrate, Me Yawovi AGBOYIBO a salué cette
option, en ayant à l’esprit que la démocratie
comporte ses propres pesanteurs et ses
mécanismes d’autorégulation.
Nous avons foi dans la capacité d’auto
rectification de notre peuple à l’épreuve de
la réalité. Il est illusoire de croire que les
populations togolaises accepteront de
continuer à être prises en otage.
Ce
n’est pas un fait de hasard, si en cette
période où la déception gagne tant les cœurs
et les esprits, le CAR porte toujours, haut
sous la direction de Me Yawovi AGBOYIBO, le
flambeau de l’espérance.
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Fait
à Lomé le 03 août 2003
Pour
le CAR
Le
1er Vice- Président
Me Gahoun HEGBOR |
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