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24 juillet 2003

Dimas K Dzilan a été libéré «grâce à la magnanimité de Lucien Messan » 
Justin Hèzu Tiyé

Comment qualifier l'acte de Lucien Messan?
Le procès

Comment qualifier l'acte de Lucien Messan? 
Dimas Komlan Dzilan dit Dzikodo a été libéré ce jour jeudi 24 juillet 2003 après que l’amende de cinq cents mille (500000) francs cash ait ét
é versée par Lucien Messan,  Directeur de la rédaction "LE COMBAT DU PEUPLE". On ne sait s’il faut remercier Lucien Messan ou s’il faut croire qu’il a accompli une mission de Lomé II.

Lucien Messan est un journaliste qui s’est embourgeoisé grâce à ses accointances avec Lomé II. Il dispose aujourd’hui de villas somptueuses  au Togo. Il est à l’origine du sabordage de la presse privé togolaise et vient de faire monter une organisation dénommée Conseil Togolais des Editeurs de Presse Privée (CTEPP).  

Le versement de la coquette somme de 500000francs pour la libération de Dimas Dzilan aujourd’hui est le premier acte posé par le CTEPP, s’il n’est une initiative personnelle de Monsieur Messan. En tout cas, l’acte n’échappe à personne quant à son but : Eyadema ne voulant pas libérer purement et simplement ce journaliste qui n’est pas du tout coupable de l’infraction dont on l’accusait et qui n’existe ni dans le code de la presse ni dans le code pénal togolais, ses proches (comme Lucien) s’arrangent pour verser les sous reçus à Lomé II.  

Certains y ont déjà vu une tentative de récupération de Dimas par Lomé II. Mais d’autres sources nous ont informé que n’eût été l’insistance de son avocat, Me Jonas Sokpoh, Dimas s’était déjà opposé à l’éventualité que Lucien Messan verse les 500 000francs pour sa libération. Dimas aurait dit qu’il préférait y rester jusqu’à ce que ces amis arrivent à rassembler la somme exigée. Me Sokpoh qui tenait à la libération de son client, quel qu’en fût le coût, a donc dû réceptionné la somme de Lucien Messan et a accompli les formalités pour la libération de Dimas ce matin entre 9 et 10 heures. Me Sokpoh nous a dit hier «Je veux faire tout mon possible pour qu’il ne passe pas une seule nuit de plus dans cette prison. » 

Sur le chapitre des contribution, Maître Abi Tchessa a déclaré que le PSR en concertation avec la famille de Dimas avait déjà lancé une opération de collecte de fonds en vue de la libération de Dimas. Il a ajouté que la collecte se poursuit et que jusqu’au Lundi, la somme sera versée pour être «remboursée à ceux qui l’ont versé pour la libération de notre ami».  

Nous apprenons aussi que comme promis dans son communiqué rendu public hier, la CNSC a fait parvenir des sous et que Dimas les utilisera pour rembourser Lucien Mensan. C’est dire donc que les 5000000 francs versés par CNSC sont arrivés après que Lucien Messan ait déjà fait parvenir sa contribution piège à Maître Sokpoh.  

Le procès proprement dit
L’audience était présidée par le Président du Tribunal M. Kouyou. Le siège du parquet était occupé par le Procureur de la République M. Kodjo Gnambi Garba.

Après présentation des prévenus à savoir Dzilan Dodzi, Avognon Philippe et Kpakpabia Koffi, le Président du tribunal les a inculpés de « tentative de diffusion de fausses nouvelles et de tentative de trouble à l’ordre public».

Les prévenus n’ont pas reconnu les faits qui leur sont reprochés. Ils ont en revanche raconté en revanche comment ils ont été torturés durant les périodes de garde à vue.

Avant d’entamer les débats, les conseils des journalistes, constitués d’une dizaine d’avocats dont Me Kodjo APEVON, Janas SOKPO, ont réclamé une suspension de séances de cinq minutes pour prendre connaissance de la citation. Ils ont précisé qu’avant la présentation des prévenus à la barre, il ne leur a pas été signifié ce que le ministère public reprochait à leurs clients. Le Procureur a répliqué que le procès verbal dressé par la police tient déjà lieu de citation et que les prévenus ayant été détenus pendant plusieurs jours, leurs avocats avaient tout le temps de prendre connaissance du dossier. Mais le juge a donné raison à la défense en accordant une suspension de cinq minutes comme demandé par la défense.  .

A la reprise, le procès s’est de nouveau engagé dans une bataille de procédure. La défense a  demandé que le dossier soit déclaré nul par la Cour, en raison des méthodes de tortures (garde à vue de 12 jours alors que la loi ne prévoit au maximum que 96 H, sévices corporels, inhumains et dégradants) exercées sur les confrères par la Police dans l’intention d’obtenir d’eux des aveux.

Un certificat médical d’un des prévenus, en l’occurrence Dzilan Dodzi, commandé par le parquet et présenté à la cour par la défense faisait état de nombreux traumatismes constatés sur son corps. Le Procureur de la République a fait remarquer que rien n’indique que les prévenus ne présentaient pas les symptômes décrits par le certificat médical avant leur arrestation. Et un avocat de renverser la charge de la preuve en demandant au procureur d’apporter la preuve que les prévenus n’étaient sains et saufs au moment où ils ont été arrêtés.

Pour répondre à la demande d’annulation du procès formulée par la défense, l’audience est de nouveau suspendue, certainement pour consultation avec Lomé II. A la reprise, la Cour estime que le procès peut se poursuivre, mais elle promet de joindre les observations de la défense au fond du dossier.

Il s’ensuit un débat qui a consisté à éclairer les circonstances dans lesquelles les prévenus ont été arrêtés, ce qu’ils faisaient au moment de leur arrestation et ce qu’ils savaient de certaines photos de blessés enregistrées sur disquette. Dzilan reconnaît avoir apporté des photos dans le cybercafé dans l’intention de les archiver sur disquette. Kpakpabia dit être allé au cyber pour naviguer indépendamment de Dzilan. Avognon alias Filip EVEGNO lui dit qu’il n’a fait que remettre les photos à son rédacteur en chef, Dzilan, pour qu’il les conserve. Vient le réquisitoire du Procureur de la République, puis suivront les débats.

Le Procureur Kodjo Garba constate qu’il n’y a rien à reprocher à Kpakpabia qui ne connaît rien des photos en question. Idem pour Avogno qui ne peut répondre, selon le Procureur, des actes posés par Dzilan. Il requiert en revanche 12 mois de prison avec sursis et 500.000F CFA d’amende contre Dzilan qui a tenté, selon lui, de diffuser sur des sites Internet des photos « de blessés d’accident de la circulation » qu’il voudrait présenter comme des victimes des troubles liés au scrutin présidentiel du 1er juin.

Les plaidoiries de la défense ont mis l’accent sur les tortures exercées sur les prévenues; les avocats ont relevé que tant qu’il n’y a pas publication d’information, il n’y a pas nouvelles et par conséquent on ne peut parler de fausses nouvelles ; par ailleurs ils ont déclaré que le délit de tentative de publication de fausses nouvelles n’existe pas dans le code de la presse ni dans le code pénal, mieux, il ne peut exister.

En ce qui concerne le deuxième chef d’accusation c'est- à- dire, tentative de trouble à l’ordre public, les avocats ont démontré qu’il est lié au premier. Et puisque le premier ne peut exister, ils ont conclut que le deuxième n’a pas non plus de sens. 

La défense a alors regretté que le ministère public  n’ait pas eu plus de courage pour déclarer Dzilan non coupable des faits qui lui sont reprochés comme les deux autres prévenus. Elle a demandé à la Cour de parachever le travail du parquet en relaxant purement et simplement les trois prévenus.

A 18h 33, après une nouvelle suspension de séance pour permettre à la Cour de délibérer, le Président rend le verdict : Kpakpabia et Avogno sont relaxés. Dzilan est condamné à 500.000F FCA d’amende. Mais les avocats ont dit qu'ils vont relever appel de la décision condamnant Dzilan à verser 500000 francs convaincus que cette fois-ci la cour d'appel aura le courage de dire le droit.

Mais en ce jour du 24 juillet 2003, Dimas Komlan Dzilan (Dzikodo) vient d’être libéré après que les 500 000 francs aient été versé par Lucien Mensan.

Prisonniers  Po. de Kara

 

Marc PALANGA

Panamnawé BOBOLI

Mazama KATASSA

Menvéinoyou TCHAMIYE

Djimsa SALIMTOU

 
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