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20 juin 2003

Le Togo post-électoral: Un Climat d’insécurité. Un discours creux  et fort démagogique - Investiture le 20 juin 2003
Alain Nococo
* Qui réhaussera l’investiture du dictateur Eyadema le 20 juin 2003
* Messieurs Kabassima Toguibare et Sama Abalo sont toujours détenus à Kara
* Le PM Koffi Sama accuse les renovateurs de vouloir semer des troubles demain
* Les journalistes Dimas et Colombo en passé d’être déférés
* Ce qui se dégage du discours creux du général 

Qui participe à l’investiture de la honte le 20 juin 2003
RFI annonce que Me Abdoulaye Wade sera à Lomé pour les cérémonies d’investiture du tyran Eyadema. Il y a quelques jours, déjà, on annonçait la venue pour la circonstances des chefs d'Etat tels que Mathieu Kérékou du Bénin, Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire, John Kufuor du Ghana, Olusegun Obasanjo du Nigéria et Mamadou Tandja du Niger.

Selon nos informations, Eyadema serait si dangéreux à travers la protection dont il jouit auprès des autorités françaises, qu’il est redouté des gens aussi respectables que Maître Abdoulaye Wade, qui fut des quelques rares à défendre l’élection de Marc Ravalomanana de Madagascar contre Eyadema, Obansanjo et Didier Ratsiraka.

Il y aura toutefois un absent de taille: Notre voisin du Nord, Blaise Compaoré qui ne serait pas en bonne amitié avec le doyen des chefs d'Etats du monde, le général Eyadema. 

Du reste, l’on considère dans les capitales africaines telle que Dakar que le Togo n’a pas une opposition responsable à cause de laquelle on se risquerait à chercher noise au dinosaure Eyadema.

Dans tous les cas, l’investiture du 20 juin 2003 pour 5 ans (41 ans de règne au total) se fait sur la douleur d’un peuple auquel personne ne pense serieusement. L’investiture se fait alors que des gens sont torturés, mutilés et jetés en prison à cause de leur opinion jugée inadmissible par le despote. Des garnisons togolaises, on apprend que de nombreux soldats sont soupçonnés, arrêtés et enfermés pour leur presumée sympathie pour tel ou tel leader de l’opposition. 

Messieurs Kabassima Toguibare et Sama Abalo sont toujours détenus à Kara
L’instituteur à la retraite et militant de l’UFC, Monsieur Kabassima Toguibare est toujours détenu à Kara. Sa famille n’a pas le droit de le voir et s’inquiète de son état de santé. Sans aucun respect pour son âge avancé, le fils Colonel ne s’est pas privé du plaisir de le faire torturer les premiers jours de son enlèvement de Tchébébé. 

Monsieur Sama Abalo fut lui aussi arrêté pour avoir fait campagne pour le compte du candidat Dahuku Péré. Monsieur Sama, Directeur des Affaires sociales d’Adjengré dans la prefecture de Sotouboua est militant du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR). 

Messieurs Kabassima Toguibare et Sama Abalo sont détenus dans des conditions déplorables à Kara et il est urgent que les organisations de défense des droits de l’hommes, les chancelleries et les églises interviennent auprès de l’”homme de la paix” pour la libération inconditionnelle de ces innocentes personnes. La liste des prisonniers d’opinion detenus à Kara est très longue. Plusieurs y sont détenus depuis plus de six mois. Parmi eux on compte Marc Palanga et Mazama KATASSA  

Le PM Koffi Sama accuse les renovateurs de vouloir semer des troubles le 20 juin
Messieurs Péré, Lantam et Me Abi ont été convoqués l’après-midi du 19 juin 2003 dans les bureaux du Premier Ministre Koffi Sama
pour “une réunion politique”. L’on a craint que, suivant leur méthode habituelle, les personnes convoquées ne soient retenues à l'issue de cette entrevue dont ils n’avaient pas connaissance de l’ordre du jour.

Il faut noter que le meeting d’information que les renovateurs avaient prévu ce même matin du 19 juin 2003 a été refusé par les autorités togolaises sans aucune explicatoin. 

Le Premier Ministre leur a révélé, une fois dans ces bureaux, qu’un jeune homme aurait dit que les renovateurs s’apprêteraient à organiser des manifestations et des casses le jour de l’investiture de celui qui se dit élu du Togo. Selon Monsieur Péré qui ne reconnaît pas la victoire de Monsieur Eyadema, «il s’agit d’histoires qu’un jeune homme a fabriquées et a racontées, certainement pour se faire payer des sous. Ce sont des  choses qui ne nous ressemblent pas du tout. C’est tout simplement ridicule.»  Messieurs Lantam, Péré et Abi n’ont pas été retenues comme l'on l'aurait craint.  

L’ingénieur Kodjo Kondo interpelé le 3 juin puis libéré serait placé sous surveillance et requis d’être à la disposition de la justice. On le soupçonne d'entretenir des "relations politiques" avec le Colonel Biténiwé. 

Les journalistes Dimas et Colombo en passé d’être déférés
Aux dernières nouvelles, Dimas Komlan Dzilan et Colombo Kpakpabia ont été présentés à la TVT comme "fauteurs de trouble et colporteurs de fausses informatoins." Il leur est reproché d’avoir publié des informations sur les exactions exercées sur les militants de l’opposition pendant et après le scrutin. Ils seraient en passe d'être déférés à la juridiction pénale. 

Dans leur cas, il y a une qualification particulière du delit ou du crime qui surprend. En effet, faute de pouvoir les inculper au termes du code de la presse ou du code pénal togolais, les autorités togolaises ont décidé d'inventer un chef d'accusatoin non prévu par aucun texte du Togo. Ainsi donc, Scanner des photos pour des sites Internet devient une atteinte à l’ordre public et à la sureté de l’Etat. Il s'agit de vraies photos pourtant.

Espérons qu’ils bénéficient d’un procès digne d’une justice prônée par un homme qui se dit démocratiquement élu à 57%. L'affaire ne fait que commencer.  

Ce qui se dégage du discours du tyran Eyadéma  
En plus des bla bla bla habituels, on peut retenir 3 points essentiels du discours fleuve de Monsieur Eyadema

1)   Un gouvernement d’Union Nationale
Le schema est classique. «Ne touchez pas à mon fauteuil de president. Mais acceptez quelques ministères et nous voila en démocratie parfaite». Cela s’appelle de «la démocratie apaisée de Lomé à Yaoundé.» C’est conçu à Paris pour s’appliquer en Afrique.

Ainsi donc l’appât est déjà jeté et il se peut bien que certains partis politiques dits d’opposition y mordent. Qui sait?

Dans son discours fleuve et bidon du 18 juin 2003, le Général Eyadema a déclaré: «Je renouvelle mon appel pour la constitution d’un Gouvernement d’Union Nationale où chacun trouvera sa place» Il veut que «tout le monde ait son oeil dans la marmite.»

     On ne sait pas encore ce que Monsieur Eyadema met dans cette phrase passe-partout: Un gouvernement d’union nationale.

D’habitude une telle proposition s’accompagne d’une autre: Celle de la dissolution de l’Assemblée nationale. Un élément important de la fameuse
démocratie apaisée et qui met au moins 4 ans pour arriver. Convaincu que l’opposition togolaise ne mordra peut-être plus à la proposition d’une dissolution d’une assemblée nationale et d'élections legislatives anticipées, Eyadema va activer le sénat introduit semble-il recemment.

2)   Bientôt un sénat au Togo mais pas de décentralisation
La dernière retouche à la constitution par l’Assemblée Nationale monocolore a introduit un Sénat qu’Eyadema s’apprête à activer.
«Je souhaite que notre démocratie s’enracine et se développe à la base par une participation de la population à nos institutions locales. C’est pourquoi, j’ai demandé que toutes les dispositions soient prises pour que, dans les plus brefs délais, se tiennent les élections municipales, préfectorales et sénatoriales pour redonner vie à notre démocratie locale» a lancé “l’homme du 13 Janvier.”

Il ne s’agit pas, comme on s’en doute bien, d’une décentralication de la politique togolaise. On le sait bien, le Général n’est pas de ceux qui peuvent permettre aux municipalities de participer à leur propre dévéloppement et par elles-même. Il s’agit bel et bien d’une astuce dont le Général compte renforcer son règne en prévision des jours où il ne pourrait plus compter sur une Assemblée nationale non monocolore. Avec Eyadema, rien ne se fait au hasard.

3)  3500 nouveaux fonctionnaire bientôt dans la function publique
Cela tombe bien. J’attendais un boulot, mon général. Mais avec quoi vas-tu me payer? Beaucoup d'arrièrées de salaires attendent.

Le général apparemment a attendu le bon moment pour annoncer qu’il recruterait bientôt 3500 personnes dans la function publique: «Dans le cadre du redressement économique, l’emploi pour les jeunes figure au premier rang de nos priorités. C’est ainsi que le Gouvernement organisera le mois prochain, un concours de recrutement de 3500 jeunes dans la Fonction Publique afin de leur permettre d’entrer dans la vie active..» Ce ne sont pas les sans emploi qui manquent au Togo.

 

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