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Lomé assoiffée gît sous une obscurité épaisse
Depuis jeudi, Lomé et ses environs sont dans le noir. A l'aude du jeudi 5
juin,
toute la ville de Lomé et de ses environs ont été privés d'électricité;
aucun motif n'a été avancé pour justifier cette coupure qui a duré jusqu'à
l'après-midi du vendredi 6 juin. Ils ont rétabli le courant, du moins pour certaine zones
vers 15 h TU.
Après le brouillage des sites internet au lendemain du scrutin du 1er juin,
c'est le tour de l'eau et de l'électricité de connaître le même sort. Depuis
lundi soir, les loméens sont obligés de parcourir des km pour trouver
quelques goutes d'eau pour boire ou se laver. Si la situation de l'eau
paraît trouver une solution, ce n'est pas le cas de l'électricité qui
paralyse toutes les activités para-publiques et privées. Depuis jeudi les
industries et maisons de commerce ont baissé leur rideau. La ville ressemble
à un cimétière et on se demande ce que les autorités veulent faire de
ce pays après le vol à visage découvert de la victoire de l'opposition au
scrutin du 1er juin dernier.
Monsieur Komi Amao subit actuellement des tortures
au camp des FIR à Lomé
Pour avoir facilité la tenue d'un meeting de campagne du candidat Maurice
Dahuku Péré dans son quartier de Sogbosito à Lomé, le transitaire Komi Amao a
été appréhendé dans la matinée du vendredi 6 juin 2003 et a été conduit au
camp des Forces d'intervention rapide (FIR) sis dans le même quartier. Depuis
le meeting incriminé Monsieur Amo vivait dans la clandestinité, mais a été
appréhendé hier matin. On ne dispose pas d'information sur les conditions de son
arrestation. De source proche de la FIR, le sieur Amao subirait actuellement
des traitements inhumain et des tortures de nature à endommager gravement son état de
santé. Sa famille craint que ces tortures ne lui soient fatales.
Maître Abi Tchessa confirme l'arrestation de Monsieur Amao et les tortures
dont il est victime. Très choqué et indigné par ce qui se passe au Togo
actuellement, Maître Abi nous a déclaré: «J'ai grand envie de savoir
pourquoi un régime qui dit avoir gagné des élections s'acharne avec autant
d'animosité sur son opposition. Sur toute l'étendue du territoire, c'est la
chasse à l'homme, c'est la raffle systématique et on se demande bien ce que
Eyadema veut faire de ce pays. C'est une vraie descente aux enfers et il faut
que quelque chose se fasse avant qu'il ne soit trop tard»
La rançon Dany contre la libération de
Francis Ayidah
Selon des informations dignes de foi, Francis Ayidah, petit frère
à Dany a
été
arrêté et conduit à Lomé II par le commissaire Yark. On exige que Dany Ayidah se
presente en personne à Lomé II pour rencontrer Gnass lui-même avant la
libération de son jeune frère. Dany Ayidah est très actif dans
la
Concertation nationale de
la société civile (CNSC), dont il a dirigé une
instance, le
Conseil
national de surveillance des élections (CONEL).
Les alentours de la Kozah et de Sotouboua sous la
terreur
Des nouvelles en provenance des villes et villages du Togo font état de
tortures et d'embastillement de milliers de militants de l'opposition, surtout
à Kara sous occupation du fils du chef de l'Etat, Ernest Gnasingbé. Plusieurs
sympathisants du PSR et de l'UFC au Nord du Togo sont actuellement incarcérés à la
gendarmerie et au camp Landja de Kara.
Parmi les incarcérés on cite le Professeur d'Anglais, Monsieur Sama Bamimaté. Il est directeur du CEG Hèzudè et representant du PSR
à Adjengré et ses environs. Des dizaines de victimes de la raffle
comparaissent tous les matins devant le Colonel Ernest pour des
interrogatoires et des séances de tortures avant d'être rejetés dans leurs
cellules en attendant le lendemain. Monsieur Sama et bien d'autres dont
Monsieur Kabassima Toguibare de l'UFC ont été arrêtés au soir du 2 juin 2003.
Selon nos informations, tous ces recentes arrestations gonflent le nombre
assez grand déjà de gens arrêtés depuis plus de 6 mois à Kara et ses environs
pour intelligence avec l'opposition.
Bassar sous le contrôle d'une milice assassine
Dans le quartier populeux de Wadandé à Bassar, le vieux Binkagni Issa a été
tabassé devant ses épouses et ses enfants par une milice assassine dirigée par
un certain Tarzan. Monsieur Binkagni Issa est un tribun très écouté de son
milieu. Il est membre de l'Union de force de changement (UFC). Le Tarzan de
Bassar et sa clique ont promis la mort à celui qu'on appelle affectueusement
le vieux, s'il continuait ses activités d'opposant à Bassar.
NB:
Lorsqu'on est du Nord du Togo et qu'on milite pour l'UFC, cela équivaut à
commettre un crime. C'est ce qui explique que des gens comme les Mark Palanga
et Kabassima Toguibare sont encore detenus alors que Jean Pierre Fabre et
Patrick Lawson ont été libéré après leur arrestation.
Sokodé ou la ville étouffée
A Sokodé la police secrète du chef de l'Etat est
partout. La plupart sont des militaires en civil qui s'infiltrent dans la
population pour entendre et rapporter l'objet des conversations qu'ils
provoquent bien souvent. Du Dimanche 1er au Lundi 2 juin à 16h, la
communication téléphonique (surtout GSM) et Internet étaient coupés.
Les électeurs des quartiers de Didaourè, Koma et Kossobio et autres quartiers
reputés bastions de l'opposition n'ont pas pu voter. Il leur a purement et
simplement été refusé les cartes d'électeurs. En effet pour les législatives
d'Octobre 2002, ces quartiers avaient massivement boycotté les élections à la
demande de l'opposition. Cela a permis au pouvoir de mettre sur pied un plan de refus d'octroi de cartes d'électeurs aux habitants desdits quartiers.
Par contre dans les quartiers comme Tchawanda, on a assisté à des votes multiples
par des individus qui détenaient jusqu'à 4 cartes d'électeur chaqu'un. Aussi,
dans le même quartier de Tchawanda, on a assisté à l'effet surprise du nouveau challenger
de taille qu'est Monsieur Dahuku Péré, en
faveur de qui les intentions de vote se sont exprimées, faisant peur au
pouvoir qui a dû recourir à des bourrages et fraudes massives pour tenter de
contrer l'avancée de celui que ces partisans appelle "honorable député."
Parmi les victimes des raffles à Sokodé, on compte l'inspecteur
de l'enseignement du 2ème degré, Monsieur Joseph Hèzou Agaté. Il a été appréhendé le 30 mai 2003 et a
été libéré le 3 juin. Apparemment redoutant sa capacité de mobilisation, on a voulu l'empêcher de participer au
scrutin. Monsieur Agaté qui fut Président de l'Association des victimes
d'expulsions et d'agressions (ADEVA) est responsable régional du PSR qui a
soutenu la candidature de M. Péré à l'élection présidentielle.
Toujours à Sokodé, l'affaire Poumpouni se confirme
La rumeur circulait depuis un certain temps sur l'arrestation et la possible
mort de l'ancien Prefet Poumpouni Koumaï Tchadaro. Eh bien, la bonne nouvelle est
qu'il n'est pas mort. Il a été arrêté, torturé et jeté pour mort au bord d'une
route. Il a survecu à ses blessures. Des élements commandités par le prince
héritier du trône ont tenté de lui administrer la mort sur son lit d'hopital,
mais n'ont pas réussi le coup et depuis, Monsieur Poumpouni vit dans la
clandestinité.
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