"FUSION"
DE L'OPPOSITION OU "MOBILISATION PATRIOTIQUE"?
Samuel Batchati
L'Union
des Forces de Changement de Gilchrist Olympio vient d'appeler à une "mobilisation
patriotique" pour la fin du regime. Cet appel lancé le
Vendredi 02 aout 2002 par le Premier-Vice Président de l'UFC, Emmanuel
Bob Akitani est différent d'un appel à une fusion. L'UFC semble
décidé enfin à assumer son rôle de "principal parti d'oppositon"
et annonce une séries d'activités au Togo jusqu'à la fin de la
dictature. Cette action n''intervient pas trop tôt car les Togolais
s'attendaient, depuis la lettre de Péré à celle de Messan Agbeyomé
à ce que l'opposition ne se contente pas de simples communiqués et
déclarations, mais à d'actions concrètes
L'actualité
togolaise s'alimentait déjà depuis quelques jours de l'appel du leader
de la Convergence patriotique panafricaine (CPP) à une fusion des
partis politiques de l'opposion déjà existants. Une fusion en vue d'un
grand parti politique plus fort: «La
CPP est prête à tout moment à renoncer à son sigle, à dissoudre ses
structures afin de créer avec les partis qui le voudront, une entité
plus vaste et plus forte. La lutte est une et indivisible et nous
n'avons qu'un seul adversaire.»
Bien qu'ayant précisé: «Nous
ne proposons pas un parti unique de l'opposition mais il n'y a pas
d'union plus forte que la fusion»,
cet
appel lancé le 24 juillet 2002 suscite les réactions des plus
diversifiées allant de l'indifférence à la colère de certains
Togolais qui estiment qu'Edem Kodjo veut un retour au parti unique.
Allusion faite au rôle de principal créateur du parti unique, le
Rassemblement du Peuple Togolais actuellement au pouvoir. D'aucuns
disent même que l'appel d'Edem Kodjo rappelle son discours de 1969 à
la création du RPT. L'appel de Monsieur Kodjo semble quelque chose
d'inacceptable puisque le Togolais s'imagine mal une fusion et non une
unité d'action ponctuelle face à la dictature.
L'idée
d'une unité d'action semble se dégager de la déclaration de la
Convention Démocratique des Peuples Africains du Professeur Leopold
Gnininvi. Certains analystes font l'amalgame entre la déclaration de la
CPP et celle de la CDPA qui elle date du 19 juillet 2002. Elle dit:
«Ainsi
plusieurs rencontres ont été organisées pour élaborer une stratégie
d’action qui prenne en compte le
désir ardent des Togolais de voir l’opposition unie. Les principes à
la base de cette union seraient :
1° la mise en place d’une structure commune de gestion de la lutte ;
2° l’alliance électorale basée sur le choix de candidatures
uniques lors des prochaines élections législatives au cas
où celles - ci adviendraient
;
3° la gestion commune de l’Etat après la victoire des forces démocratiques.»
Tout
calcul politique mis de côté, seule une action unie de l'oppositon
fera tomber la dictature. L'Union fait la force semble banal comme
adage, mais c'est la clé de toute réussite. Peut-être qu'il ne doit
pas s'agir d'une fusion au sens de la CPP d'Edem Kodjo. Tous les peuples
du monde le savent sauf la classe politique togolaise. Mais que personne
ne se leure, aucun parti politique de l'oppositon au Togo n'est seul
assez fort pour venier à bout de la dictature. Il y a très longtemps
qu'on ne parlerait plus de dictature si un seul parti pouvait libérer
le Togo de la tyrannie.
Dès
qu'on parle d'unité d'action de l'opposition, le pouvoir et ses
supports tremblent. Ce qui veut dire que c'est la bonne voie pour
l'opposition et le peuple. Avec beaucoup d'humilité et d'intégrité
l'on peut facilement arriver à cet exploit.
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