Revue

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 

17 avril 2005

Revue de presse de la semaine du 11 mars au 17 avril 2005
Par Daniel Garidan
Le Combat du peuple La Dépêche
Motion d'Information Le Forum de la semaine
Agni l'abeille Carrefour
Le Regard Crocodile
Echos d’Afrique Le Canard Indépendant
Akekle le Scorpion Nouvel Echo
Le Point de la Semaine La Tribune du Peuple
Arcanes L’observateur togolais
Liberté Hebdo  
 
Le Combat du peuple   493 

Du lundi, 11 avril 2005

Crimes et châtiments : Accusé d’avoir détourné 4 milliards de Francs CFA: AGBEYOME KODJO EST DANS LA NASSE 
Titre à la Une notre confrère pour qui, contrairement à la thèse généralement répandue et qui crève même les yeux, l’arrestation de M. Agbéyomé Kodjo n’a rien de politique. Il s’agit, selon lui, «
 d’un dossier pénal » puisque « la procédure engagée contre sa personne était connue de lui. Il savait, à quoi s’en tenir si seulement il était un tant soit peu conscient de ses responsabilités. Il savait ce qui l’attendait s’il foulait le territoire national »

« L’arrestation de l’ancien Premier Ministre, n’a guère surpris ceux qui sont au courant des abus de cet homme qui bénéficiait de la confiance absolue du Président Eyadema et qui écrasait tout sur son passage.

M. Agbéyomé Kodjo, au moment où il était Directeur Général du Port Autonome de Lomé, n’avait de compte à rendre à personne. Il était trop puissant et en faisait seulement à sa tête.

Arrivé à la tête de cette infrastructure stratégique véritable poumon de l’économie nationale à une période trouble c’est-à-dire au moment de la grève générale illimitée, M. Agbéyomé aurait même tronqué des bilans comptables qu’il présentait à l’époque.

Mais là où il a péché par trop de témérité et d’ingratitude c’est de croire qu’il pouvait se permettre de dénoncer les excès de son maître Eyadema et l’abattre pour se faire lui-même une virginité afin d’hésiter du trône », souligne le journal


Le voyage qu’il fallait éviter :  Le candidat Akitani a quitté Lomé pour la France

Relève Le Combat du Peuple dans sa manchette. Evoquant des hypothèses qui, selon lui, auraient justifié ce voyage en pleine campagne électorale, notre confrère affirme que «
ce voyage est la preuve que l’opposition n’est pas prête et ne saurait conquérir le pouvoir et l’exercer »

En outre, indique  il, « lorsque, à quelques jours du début de la campagne, le candidat Akitani Bob lance un appel à la population pour réunir les fonds, on comprend que beaucoup reste à faire et cela explique et justifie la hargne de l’opposition radicale à obtenir le report du scrutin.

En tout état de cause,  conclut l’hebdomadaire, « le candidat du RPT a une longueur d’avance et il sera difficile, à un Akitani de courir plus vite pour rattraper et dépasser un Faure si alerte et si déterminé »

Notre confrère a consacré cette édition de 12 pages à la mort et à la succession de Jean Paul 2 : trois dossiers

Le Pape Jean-Paul 2 conduit à sa dernière demeure.

  • Plus d’un million de fidèles et 200 délégations officielles ont assisté aux obsèques

Ici le journal rend compte des cérémonies funéraires grandioses du Souverain Pontife qui ont eu lieu le 08 avril dernier à la Basilique Saint-Pierre de Rome

Les clés de l’élection du Pape
Le journal présente ici les règles édictées par le Pape de son vivant pour l’élection d’un nouveau Pape

En troisième lieu, le journal a accordé une interview à M. Edem Kodjo qui se prononce sur la mort du Pape Jean-Paul 2, sa succession, les relations entre Vatican et l’Afrique et le reste du monde sous le règne de Jean –Paul 2

De notre observatoire :  Regard sur la campagne électorale
Promenant son regard, comme il le dit si bien, sur la campagne électorale, le journal constate que tout bouge dans le camp du candidat du RPT tandis du côté de l’opposition c’est le statu quo sur fond de manifestations de rue. Face à cette situation, remarque Le Combat du Peuple,  
« soit l’opposition, incapable de s’organiser, faute de moyen, baigne dans une impréparation suicidaire. Soit elle refuse de voir en face, la réalité du terrain et de comprendre que plus rien ne peut arrêter le processus en cours. A moins qu’elle ne dispose d’un moyen secret pour le faire »

Motion d"information 300

Du lundi, 11 avril 2005

Au nom du droit et de la justice républicaine : L’Opposition exige la libération immédiate et inconditionnelle d’Agbéyomé KODJO
Titre de son côté Motion d’Information. Selon le journal, « la procédure qui a abouti à l’arrestation et à l’incarcération d’Agbéyomé Kodjo est entachée d’un nombre incalculable d’irrégularités qui devraient, au nom du droit, obliger les autorités judiciaires togolaises soit, à libérer l’ancien premier ministre, soit à le maintenir arbitrairement en prison ». Et au nombre de ces irrégularités, indique le journal, trois frappent de nullité la décision qui a conduit à l’arrestation et l’incarcération de M. Agbéyomé Kodjo : « le premier motif est lié à la procédure de comparution devant le juge d’instruction et la violation du droit de l’accusé. Une disposition du Code de procédure pénale fait obligation au juge d’instruction, de convoquer le Conseil du prévenu et de l’interroger en sa présence. Or, dans le cas d’Agbéyomé Kodjo, son avocat, régulièrement constitué, n’a pas été convoqué par le juge au moment de la comparution immédiate du prévenu.

Une autre disposition du Code procédure pénale permet à tout inculpé détenu, de communiquer librement avec son Conseil après la première comparution. Le transfert d’Agbéyomé Kodjo constitue une violation du droit de la défense dans la mesure où il empêche de fait, le détenu de communiquer avec son Conseil.

L’argument qui risque de faire voler en éclats le dossier concerne la prescription des faits reprochés à l’ancien Premier ministre du général président Eyadema. En effet, le Code de procédure pénale dispose que l’action publique est prescrite si l’infraction n’est pas déférée à la juridiction de jugement dans un délai de 5 ans en matière de délit.

Dans le cas de M. Agbéyomé Kodjo, les faits pris en compte et qui sont constitutifs d’un délit, remontent à 1996 et 1999, selon la plainte déposée contre M. Kodjo. Au moment de l’arrestation de M. Agbéyomé Kodjo, la commission des faits les plus récents remonte à 5 ans et six mois tandis que celle des faits les plus anciens remonte à 8 ans », souligne le confrère qui reconnaît en tout état de cause que « l’affaire est hautement politique et ne pourra être traité que sur ce plan »

Bob Akitani s’entoure d’une équipe de choc :  Agboyibo, Coordinateur Général de la Coalition; Léopold Gnininvi, Super Directeur de campagne; Me Abi, Superviseur des Commissions Techniques; Gilchrist Olympio, Délégué Général de la Coalition; Kofi Yamgnane, Correspondant Zone Europe
Analysant cet organigramme qui, selon lui,
constitue une première victoire pour Bob Akitani, le journal relève deux observations qui constituent des réponses aux interrogations de certains Togolais.

La première, indique le journal, « concerne le faible poids de l’UFC dans l’organisation mise en place pour la gestion de la candidature unique. En effet, depuis la désignation de Bob Akitani comme candidat unique de l’Opposition, la plupart des observateurs attendaient de savoir s’il sera véritablement dans les faits, le candidat de toute l’opposition ou simplement le candidat de l’UFC accompagné par les autres partis de la Coalition »

La deuxième, souligne le journal, «concerne justement l’action politique de Bob Akitani dans le cas très probable de son élection à la présidence de la République. Beaucoup de Togolais craignaient que Bob Akitani, Président, ne soit qu’une marionnette entre les mains de Gilchrist Olympio

L’équipe qui entoure aujourd’hui le candidat Bob Akitani préfigure celle qui constituera demain, l’ossature du nouveau pouvoir au Togo si l’opposition gagne la prochaine élection présidentielle. La composition de cette ossature annonce une action politique collégiale et diversifiée.

Au contraire de l’équipe de Faure «gangrenée par la corruption, les détournements de fonds publics et les violations multiples des droits de l’homme », le journal note que celle de Bob Akitani  «inspire confiance et détermination à sauver le Togo du déclin et à faire entrer notre pays dans l’ère de la modernité et de la démocratie » 

Election présidentielle :  L’échec de la révision des listes, un gros fiasco pour la CEDEAO
Estime  le confrère qui relève ici de nombreux cas d’irrégularités et d’exemples de tentatives rapportés et que lui-même a  constaté lors d’une enquête menée sur le terrain et impute la responsabilité de cet échec à  la CEDEAO «qui a fait croire aux Togolais et à la communauté internationale qu’elle avait la capacité et les moyens de conduire un processus électoral dans un contexte aussi complexe que celui du Togo »

« Pourquoi la CEDEAO a-t-elle appuyé la date du 24 avril fixée pour l’élection présidentielle tout en sachant pertinemment que cette date ne permettait pas l’organisation d’élection véritablement crédible au Togo ? Pourquoi la CEDEAO n’a-t-elle pas affiché la même fermeté lors de l’opération de révision des listes électorales qu’elle l’a fait lors du coup d’Etat ? » s’interroge le journal qui ne comprend pas également la CEDEAO «n’ait pas exigé et obtenu la présence d’observateurs étrangers pour superviser la révision des listes électorales alors que cette exigence avait été formulée dès les premiers jours par l’Union Africaine ».

En tout état de cause, conclut mon confrère, « la CEDEAO joue sa crédibilité dans le dossier togolais. Si la prochaine élection présidentielle devait aboutir à une aggravation de la crise togolaise au lieu de la résoudre définitivement, la CEDEAO pourrait tout simplement commencer à creuser sa tombe ici au Togo, un des deux pays qui ont contribué à sa naissance ».

Agni l'Abeille 29

Du mardi, 12 avril 2005

D’une révision folklorique des listes électorales à une campagne électorale difficile
Le pouvoir continue la répression sanglante des manifestations de l’opposition

Souligne le journal qui évoque la sanglante répression par les forces de l’ordre de la manifestation de l’opposition du mercredi 06 avril qui devait aboutir à la Mairie de la ville de Lomé pour protester contre la rétention des cartes d’électeurs et exiger la reprise intégrale de l’opération de révision des listes et de distribution des cartes. Et s’insurge contre cette répression sauvage car, dit-il, la violence appelle la violence.

« Le respect des lois organiques et fondamentales du pays, des droits de l’Homme, de la personnalité humaine, des principes de la démocratie font de nous des grands Hommes capables de conduire un peuple à un développement durable.

Le mépris, la révolte, la vengeance, l’hypocrisie, le mensonge sont des caractères incompatibles avec la démocratie et le développement », souligne t-il

L’ex-Premier Ministre  rebelle Agbéyomé Kodjo jeté en prison à Kara :Une situation qui compromet la campagne de Faure
Estime de son côté Agni. Pour notre confrère, même s’il s’agit d’un règlement de compte qui ne dit pas son nom, l’incarcération de M. Agbéyomé Kodjo « en cette période de campagne risque d’être  préjudiciable au projet de société du candidat du RPT » qui « prône dans sa campagne le pardon, la réconciliation, l’amour du prochain ». Et notre confrère se demande alors les arguments que Faure Gnassingbé tiendra dans la préfecture d’origine de M. Agbéyomé Kodjo Yoto, pour convaincre les populations de cette localité.

La SOTOCO est-elle  devenue une aile marchante du RPT ?
C’est la question qui hante l’esprit de notre confrère puisque,  « à chaque fois que le RPT veut organiser une marche de soutien, les gros véhicules, habituellement affectés au transport des sacs de cotons, sont mis à la disposition des organisateurs de cette marche pour transporter leurs ‘’ militants’’ ou autres ‘’ marcheurs professionnels’’ ».

Le Regard 436

Du mardi, 12 avril 2005

L’élection de tous les dangers :La Coalition maintient la contestation et interpelle l’UA et l’UE
Titre en couverture notre confrère qui publie en pages intérieures le communiqué de la Coalition en date du 11 avril 2005 sur le constat d’échec de la CEDEAO dans la gestion du dossier togolais et le compte rendu de la marche du lundi 11 avril 2005.

Les raisons profondes de l’arrestation de Kodjo Agbéyomé
Titre pour sa part Le Regard.
Qui veut noyer son chien l’accuse de rage. C’est cet adage populaire qui traduit, selon le confrère, la conspiration dont est victime M. Agbéyomé Kodjo. Selon l’hebdomadaire, « au-delà du prétexte  du mandat d’arrêt international pour détournement de fonds brandi, il s’agit d’un règlement de compte. Car comment comprendre qu’il ait toujours été récompensé par Gnassingbé Père pour son intégrité et sa bonne gestion et que subitement, on trouve qu’il a détourné  des fonds parce qu’il a dénoncé les abus du régime ? »

Indiquant que de source informée, l’arrestation de l’ancien premier ministre s’est faite à l’insu du candidat Faure Gnassingbé, le confrère se demande cependant « si le problème créé par l’arrestation de Agbéyomé Kodjo ne sera pas une bonne occasion à saisir par l’opposition qui tentera  de montrer que Faure ne maîtrise rien et qu’il y a d’autres mains puissantes qui vont semer la haine pour annuler son discours de  pardon et de réconciliation ».

En tout état de cause conclut le confrère,  « connaissant bien le Togo et sachant qu’il avait pris un gros risque en dénonçant le régime, il aurait dû procéder comme Natchaba en se faisant déposer  à Lomé  par un chef d’Etat africain ou par un envoyé de Bongo Ondimba  qui avait garanti son retour au Togo »

Nouvelle tentative de menace de la HAAC sur la presse
Le journal s’insurge ici  contre le communiqué de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), organisme de régulation de l’espace médiatique togolais qui interdit des éditions spéciales pour cause de non respect de la périodicité de publication

Le Regard qui dit ne pas être prêt à céder aux menaces de ceux qui veulent le réduire à la mendicité pour l’obliger à s’aliéner son indépendance et se compromettre, trouve  le communiqué de la HAAC absurde d’autant  qu’il y a « des journaux qui ont signalé leur parution quotidienne mais qui ne paraissent même pas une fois toutes les semaines. Il y en a même qui ont  cessé de paraître. Si la  HAAC qui a choisi  d’être le porte-voix de ceux qui ne réfléchissent pas avant d’agir, qu’elle  oblige également ces journaux  à parutions irrégulières ou qui  ont disparu des kiosques à réapparaître impérativement puisqu’elle  croit devoir enjoindre aux publications de se conformer à la périodicité indiquée à la déclaration initiale »

En tout état de cause, le journal demande à ses lecteurs  et aux bonnes volontés soucieux de la sauvegarde de la liberté d’expression à l’aider à avoir les moyens pour «  paraître même trois  fois par semaine pour défier les ennemis de la liberté de la presse »

Les implications de la rencontre entre Faure et Gnininvi
Le journal revient sur la rencontre Faure Gnassingbé et Léopold Gnininvi à Ouaga pour constater que le communiqué de la CDPA publié en guise de justificatif à cette rencontre ne convainc pas parce que d’abord en tant que membre de la Coalition et de surcroît directeur de campagne du candidat Bob Akitani, le prof Gnininvi ne pouvait pas prendre une telle initiative sans en aviser ses camarades de la Coalition. Ensuite,  le Professeur n’a réagi que le 7 avril soit 3 jours après que RFI ait rendu l’information publique.

Face à cette situation confuse qui laisse libre cours à des supputations de toute sorte, l’hebdomadaire relève deux hypothèses : soit Gnininvi s’est laissé enfariné, soit il a dû négocier sa survie politique.

Dans le premier cas, le journal pense que Gnininvi « est  victime de sa propre stratégie politique » car « la  manière dont il a géré l’agitation de ses fanatiques qui réclamaient sa candidature en dénonçant à l’avance celle de Bob Akitani est exploitée par le pouvoir en place à ses dépens » qui l’utilise pour semer la zizanie au sein de la Coalition, se référant à une fameuse lettre ouverte de la CDPA dénonçant la manière dont les fonds sont gérés par la Coalition et qui se retrouve comme par enchantement dans les mains du pouvoir.

La 2e hypothèse est celle d’un probable accord secret entre Gnininvi et Faure. Rappelant le schéma françafricain révélé par Libération et qui consistait à amener l’opposition à partager  le pouvoir avec Faure Gnassingbé en cas de victoire de celui-ci, notre confrère indique que « le professeur Gnininvi qui avait un temps caressé l’envie de se voir désigné candidat unique de la coalition peut vouloir saisir l’occasion en signe de revanche.

Mais s’il accepte ce cadeau empoisonné, il risque de  connaître le sort de Edem Kodjo qui, après avoir été encouragé à   se faire  nommer premier ministre contre le CAR après les législatives de février 1994, n’a pas fini de le payer »

En tout cas, pour le journal « si donc la rencontre de Ouaga s’inscrit dans la logique visant à simuler un partage de pouvoir  par le débauchage  d’un opposant contre l’avis de la Coalition, après un hold up électoral, le problème togolais ne sera pas réglé pour autant et celui qui acceptera ce marchandage en fera les frais » parce que «   pour qu’il y ait partage de pouvoir, il faut d’abord que la loi fondamentale le permette. Or, notre constitution fait du premier ministre,  un simple coursier du président de la République qui peut être limogé à la moindre insoumission ».

Echos d’Afrique
N'a pas paru cette semaine
Akéklé le Scorpion  
N'a pas paru cette semaine
Le Point de la Semaine   30

Du mercredi, 13 avril 2005

Campagne présidentielle du 24 avril 2005 : Faure Gnassingbé veut rectifier les erreurs d’Eyadema avec l’aide de l’opposition

Titre en couverture notre confrère. Faisant le point de campagne du candidat du RPT et présentant ses projets de société, le journal pense que « plus que la présentation de programmes, c’est de leur réalisation, de leur mise en exécution qu’il est plus que jamais impératif »  car, « les réformes, les Togolais en ont besoin après trois décennies d’attente jamais assouvie »

Echec allégué de la CEDEAO au Togo : L’opposition radicale en appelle à l’UA et l’UE

Notre confrère commente ici de presse de la Coalition de l’opposition en date du 11 avril constatant l’échec de la mission de la CEDEAO et appelant l’UE et l’UA à la rescousse.

A propos de l’appel de la Coalition à la communauté internationale et en attendant sa réaction le journal note que « depuis 1990, la communauté internationale s’est profondément impliquée avec détermination dans la résolution de la crise togolaise sans que les Togolais ne voient pour autant le bout du tunnel »

Arrestation de Messan Agbéyomé Kodjo : Me Martial Akakpo donne des précisions

Le journal a tendu son micro à Me Martial Akapko, un des avocats de l’ancien premier ministre qui ici donne les raisons de l’inculpation de son client, les conditions de sa détention et les actions qu’il compte mener en vue de sa libération.

Dans sa rubrique La Carte titrée Déficit d’enjeu notre confrère écrit :

« Pour certains, ce devrait être le samedi matin. Pour d’autres, notamment, le président par intérim El Hadj Abass Bonfoh, c’est le matin du  vendredi 08 avril 2005. Toujours est-il que, de l’avis général, la campagne commençait « le vendredi 08 avril 2005 à 00 heure ».

Allez-y comprendre. Ce que vous et nous savons désormais c’est que le processus électoral a commencé son avant dernier virage le vendredi 08 avril 2005. Seulement, contrairement à ce à quoi pouvaient s’attendre les Togolais, cette étape du processus électoral semble ne pas avoir l’enjeu attendu.

Coté pouvoir on ne s’émeut outre mesure. Le candidat Faure Gnassingbé poursuit imperturbable sa course d’obstacles, propageant à qui sait entendre, le pardon et la réconciliation.

Côté opposition radicale regroupée au sein de la coalition, on continue à revendiquer  la reprise des opérations de révision des listes et de distribution des cartes d’électeurs, de même que le report de la date du scrutin.

Côté opposition modérée, on attend de voir, même si, par moments, on lance quelques professions de foi sporadiques à l’endroit du public. La réalité est que, quelque part, certains se sont retrouvés pris au piège d’une revendication vilement formulée et qui s’est retrouvée sans réel répondant.

C’est à ce hiatus embarrassant qu’il faut ajouter les impréparations politiques d’une opposition fourvoyeuse, hésitante et apparemment sans réel programme, sinon en pleine navigation à vue, et les non-dits de ‘’ petits candidats’’ qui ne raisonnent plus que dans le prisme restreint et évanescent des aînés en déroute. Le mélodrame dans toute cette symphonie est que l’opéra électoral avance malgré les tergiversations et les indécisions.

L’enjeu semble donc enclin à un déficit, mais il n’en demeure pas moins qu’il y a enjeu. Alors, une question, qu’adviendra-t-il d’un opéra sans enjeu ? La réponse est tout indiquée, l’arrivée promet bien de surprises »

Dans sa rubrique COCKTAIL notre confrère a rassemblé

La saga prend la cité
Si on parlait musique et du rythme en vogue actuellement en Côté d’Ivoire et au-delà de ses frontières et qui écrase toutes les autres ambiances typiquement africaines ! Sagacité-Prudencia, c’est le fleuve et ses affluents. Il est en train d’envahir les continents. Les plus hauts placés en sont souvent séduits par ces rythmiques. Il entraîne toutes les couches sociales et attire notre attention ce jour parce qu’il paraît d’actualité dans notre pays et surtout en cette pleine campagne électorale. Répondant à une question taquine d’un journaliste, le candidat Faure Gnassingbé du RPT aurait répondu qu’il aimait particulièrement le rythme ivoirien. On peut aisément comprendre que les plus emballés par cette musique sont les jeunes mais ce qui est encore amusant c’est qu’un présidentiable dévoile déjà ses électeurs. On peut également s’imaginer les artifices qu’il créera pour assouvir ses amours pour la Sagacité ; il n’est pas plus jeune que les jeunes de 70 ans qui ne jurent que par cette musique. C’est aussi un scoop pour la campagne et il profitera pour gagner quelques nouveaux adeptes, électeurs

Campagne électorale sous les gaz lacrymogènes
La campagne électorale pour la présidentielle du 24 avril 2005 est enclenchée il y a bientôt une semaine. Ce fut le vendredi 8 avril dernier. Ce qui aurait pu être une occasion festive, s’est transformé en cauchemar pour certaines populations de Lomé et ses environs, particulièrement à Lomé (le cordon Bè-Déckon-Assivito-Nyékonakpoé) et Tabligbo. Chasse à l’homme, course poursuite, intimidations, casse, pneus brûlés, gaz lacrymogènes, affrontements, …ont émaillé malheureusement cette première journée de campagne. La suite est qu’il y a eu des déclarations devant des dizaines de blessés et quelque enterrement. C’est du mauvais son de cloche qu’une première journée de campagne soit émaillée de malentendus ayant abouti à de graves incidents. C’est peut-être la preuve aussi que c’est une campagne impréparée ou mal préparée. Les esprits de vengeance, les rancœurs et autres ne sont pas encore dissipés mais c’est dans ce contexte que l’on veut aller aux élections coûte que coûte. On dirait, du coté du RPT, une course contre la montre.

Pas de témoins pour recevoir sa carte d’électeur
La distribution des cartes d’électeur a finalement pris une tournure foraine car celle des délais ayant été mal faite. Plusieurs électeurs (ou ayant régulièrement fait une inscription), ne sont pas arrivés à avoir une carte d’électeur pendant la période fixée par l’administration électorale. Tous n’ont pas pu obtenir une pièce d’identité exigée par les textes mais la disposition de l’article 65 qui dit que : ‘’ à défaut de l’une de ces pièces, la preuve de l’identité sera établie après enquête initiée par la commission administrative… La commission administrative peut faire appel à toute personne ressource devant une commission composée de notables et des représentants des partis politiques légalement constitués’’ a été largement esquissée, oubliée. Ces témoins sélectifs n’ont même pas pu témoigner de l’identité de certains membres de leurs communautés et populations de leurs localités. Beaucoup de compatriotes seront obligés de regarder leurs homologues voter ce 24 avril, si tant   est que la date est maintenue »

La Dépêche

 

Forum de la Semaine 54 spécial

Du lundi, 11 avril 2005  

Vaine proclamation de foi :   Faure Gnassingbé, pour quel « esprit nouveau » ?
Se demande mon confrère.
 Rappelant le  refus de Faure Gnassingbé de revenir à la légalité constitutionnelle qui a révélé un dictateur en puissance qui n’a rien à apporter à son peuple et les représailles des manifestations, les morts et blessés enregistrés au cours de son règne de  trois semaines, le journal note que « ça fait plutôt rire amèrement de voir afficher sur les murs en guise de campagne pour le candidat du RPT Faure Gnassingbé  un leader nouveau pour un esprit nouveau ».

«  Faudrait-il être aussi naïf, aussi idiot, aussi dupe pour en croire un seul mot ? A moins que la vie du Togo ne soit liée à une éternelle dictature, rares seront les Togolais qui, face aux urnes le jour du vote, oublieront les souffrances, les grincements de dents, l’intolérance, l’injustice, les larmes qui ont caractérisé les 40 dernières années de vie du pays », souligne le confrère qui, se référant à cette assertion de Amadou Hampaté Bâ qui disait on n’a jamais vu quelqu’un entrer au paradis et en sortir  et ressemble  « un peu à l’histoire de Faure Gnassingbé, chassé du pouvoir, et décidé à s’y retourner », le journal souhaite que Dieu fasse  « l’acteur Gnassingbé Eyadema, ne soit pas changé par l’acteur Gnassingbé Faure » car «  le Togo n’a rien à y gagner »

Arrestation d’Agbéyomé : n flagrant déni de justice
Estime de son côté Forum de la semaine.  Rapportant le film de l’arrestation de M. Agbéyomé Kodjo et publiant les documents judiciaires qui le blanchissent dans cette affaire de détournement de fonds au préjudice du PAL,  le journal relève que : «au moment où le pouvoir RPT et son candidat sillonnent le pays dans le cadre des campagnes de la frauduleuse à venir, claironnant Paix , Réconciliation et Pardon pour les actes posés par le défunt président, l’embastillement de M. Agbéyomé Kodjo démontre que les vertus claironnées ne viennent pas d’un cœur sincère et ne seront pas respectées. Car le Pardon, la Réconciliation et la main tendue à tous les fils du pays, ce ne sont pas des mots » 

Arrestation d’Agbéyomé : un vœu de vengeance de feu Eyadema
Indique le journal dans Confidentiel. Selon le journal, l’arrestation de l’ancien premier ministre participe de l’accomplissement de la volonté du défunt président qui avait déclaré en avril 2004 que si M. Agbéyomé viendrait à se présenter à Lomé, il serait arrêté pour sa participation directe ou indirecte à une affaire de drogue. « Eyadema mort, les héritiers ont labouré le champ, fouillant, bêchant, ne laissant aucune place où la main ne passe et repasse pour pouvoir l’arrêter et accomplir la volonté du défunt  père de la Nation », écrit-il  

Forum de la Semaine 55

Du jeudi, 14 avril 2005

De l’arbitraire sous la nouvelle ère : Agbéyomé Kodjo ‘’Volé’’ à la juridiction de Lomé et placé sous la garde des bérets rouges
Titre à la Une notre confrère qui indique l’ancien premier ministre arrêté le 08 avril dernier à la frontière Savee-Kondji déféré à la prison civile de Lomé sous mandat de dépôt du juge d’instruction puis déporté en catimini à la triste célèbre prison de Kara fait l’objet d’une restriction particulière, après avoir bien entendu subi toutes les humiliations.

« Il est gardé, non pas par les Gardiens de Préfecture ou les GSP comme cela se doit dans toutes les autres prisons même comme une partie de la prison de Kara, mais par des Bérets rouges du Camp du Régiment Commando parachutistes de Landja », indique le journal qui ne comprend pas pourquoi ces mesures restrictives. Selon Forum de la Semaine, « le doyen des Juges d’Instruction qui a décerné le mandat de dépôt  a été lui-même surpris d’apprendre que M. Agbéyomé Kodjo a été ‘’ volé’’ à sa juridiction et placé sous la garde des Bérets rouges à qui le juge même doit faire allégeance avant de rencontrer l’accusé dans le cadre de l’instruction de cette inique affaire au dossier complètement vide »

L’amalgame d’un candidat en manque d’arguments : Faure ne demande pas le ‘’pardon’’ au nom du…père
Titre notre confrère qui relève ici des contrevérités dans les propos du candidat RPT. Qu’à cela ne tienne, le journal pense que le candidat Faure devrait d’abord demander au peuple togolais au nom de son père avant toute chose.

« …Et si aujourd’hui, sa progéniture, comme pour narguer ces populations, se présente devant elles pour solliciter leurs suffrages afin d’être porté à la tête du pays que son père a passé près de quarante années à ruiner, quels effets ça peut produire ? Quel crédit peut-on donner à un candidat qui excelle dans l’amalgame en disant au peuple que la date du 24 avril (jour de l’élection) constitue le départ de son bonheur, tout en refusant de reconnaître que son père avait fait beaucoup de tort au pays ? Plus loin, M. Faure Gnassingbé ‘’ convie les populations togolaises à faire confiance au RPT et à apporter leurs soutiens continus au parti afin de demeurer fidèles et dignes à la politique du père de la nation’’. Au même moment, on croit lire sur une des affiches de campagne de l’héritier ‘’un leader nouveau pour un esprit nouveau’’. Toute une somme de confusions qui viennent s’ajouter à quelques phrases de l’ambitieux bonhomme qui déclare que ‘’les Togolais doivent mutuellement se pardonner, se présenter des excuses pour aller à l’essentiel au lendemain du 24 avril prochain. Ce qui compte, c’est l’avenir de la jeunesse’’  soutient-il, lui qui, après le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir pendant trois semaines porte, dans son agenda des noms et adresses de beaucoup de victimes, la plupart des jeunes qui protestaient contre le putsch du 05 février dernier et manifestaient pour le rétablissement de la légalité constitutionnelle. Faure aurait pu demander pardon au nom du … père qu’on le prendrait au sérieux, au lieu de parler de pardon mutuel. Quelles excuses les familles de Tavio Amorin, Olympio Sylvanus, Marc Atidépé, Akué Adoté Omer Aka, Koffi Kongo, Gaston Guéhou, Paul Comlan, Tépé, ou celles dont les enfants ont été retrouvés morts dans la lagune de Bè et criblés de balles le temps de quelques manifestations, doivent-elles faire au régime RPT ? Et puis quel crédit un putschiste peut-il avoir aux yeux de ses concitoyens ? En même temps que le candidat du RPT parle de ‘’ réconciliation, de rassemblement de toutes les composantes de notre pays et de sa diaspora’’, en même temps que le fils du Général Gnassingbé Eyadema parle de ‘’ changements dictés par le présent et portés vers l’avenir, de réconciliation nationale de tous les fils du Togo pour qu’ensemble nous relevions le défi de la pauvreté’’, en même temps que l’ancien putschiste évoque au nom du RPT ‘’ une justice transparente, indépendante et sûre’’, un Togolais, de surcroît Premier ministre et ancien baron du parti au pouvoir, Agbéyomé Kodjo se retrouve incarcéré dans une prison à Kara pour moins que les raisons officiellement évoquées, mais plutôt par esprit de vengeance et d’intolérance », écrit le journal

La  ‘’nouvelle ère’’ Faure Gnassingbé ou le temps de l’apocalypse

Le journal indique que de toutes les réclames figurant les affiches du candidat Faure Gnassingbé, il y a une qui enrage une nouvelle ère, Faure Gnassingbé. Et le journal se demande alors : « quelle est cette nouvelle ère que peut proposer le candidat du RPT, lui qui, depuis le 05 Février à la mort de son père a causé plus de remous au Togo qu’en 38 ans de régence de ce dernier ? »

« La ‘’ nouvelle ère’’, n’est-ce pas cette propension hargneuse des forces de sécurité à balancer à tout bout de champ des bombes lacrymogènes et des grenades à fragmentations sur les populations ? N’est-ce pas défoncer les portes des habitations en menaçant les femmes de viol ? On peut se poser des tas de questions de ces genres, on n’en finira pas. Et on arrivera à chaque fois à une réponse qui fera froid dans le dos. Il est dit quelque part que ‘’ la nouvelle ère’’ signifie le temps de l’apocalypse. Lomé la capitale en offre l’image, avec ses rues devenues des champs de bataille entre les jeunes et les forces de sécurité, au milieu de pneus enflammés et les gravats de pierre.

Sur un tout autre plan, ‘’la nouvelle ère’’ ne veut pas s’accommoder de ceux qui sont considérés dans le sérail comme des traîtres malgré que le candidat du parti claironne partout son amour du ‘’ pardon’’ A peine Agbéyomé Kodjo a-t-il mis les pieds au Togo qu’il fut envoyé en prison. N’est-ce pas là la nouvelle marche de la nouvelle ère vers des inconnues plus affreuses ? », se demande enfin mon confrère

Quel électorat pour le Togo ?
S’interroge mon confrère à propos  du nombre d’inscrits rendu public jeudi 07 avril dernier par le ministre de l’intérieur lequel nombre est de 3 562 845 électeurs pour une population d’environ 5 000 000 habitants

            « 1- Combien sont les  nationaux sur le territoire togolais quand on sait que les compatriotes de l’étranger ne sont pas autorisés pour l’instant à voter ?

            2- Quelle est la structure par âge ou la composition par âge de la population togolaise ? », s’interroge le journal.  Fort de ce que l’électorat togolais ne peut en aucun cas dépasser la moitié de la population totale soit 2 500.000 électeurs, le journal trouve le chiffre de 3 562 845 électeurs trop évalué, ce qui selon lui, sent une manipulation du fichier électoral.

Carrefour 430

Du jeudi, 14 avril 2005

Agbéyomé Kodjo de l’exil à la prison :   Un détenu politique de trop…
Estime de son côté Carrefour. Rappelant que M. Agbéyomé Kodjo a eu mention ‘’Bien’’ pour sa gestion du Port de Lomé, le journal se demande alors sur quelles prérogatives le pouvoir s’est-il basé pour le jeter aujourd’hui en prison alors que les vrais délinquants, si nombreux d’ailleurs, « font pignon sur rue et se font même la guerre de présence ».

En tout cas, pour le confrère, « le pouvoir en place ‘’se discrédite’’ aux yeux de l’opinion tant nationale qu’internationale en avançant que Agbéyomé est poursuivi pour détournement  de dix milliards de francs »

Campagne pour l’élection présidentielle du 24 avril : Le show de Faure Gnassingbé
Le journal évoque ici les grands moyens que Faure utilise pour sa campagne et le discours de réconciliation qu’il tient au cours de ses meetings

« Tous sont vêtus du tricot blanc portant la photo du candidat et de son emblème, l’épi de maïs bien connu, avec sur la tête la casquette tout aussi blanche. Les affiches et posters de Faure, on en trouve partout : sur les murs, sur les panneaux géants, sur les voitures et même (déjà !) dans des bureaux et les services de police et de gendarmerie. L’image du fils Faure est déjà présente aux endroits où était le père Eyadema », décrit-il

La  Coalition de l’opposition et la présidentielle du 24 avril : Ira ou ira pas ?
C’est la question que se pose le confrère puisque depuis le démarrage de la campagne électorale, la Coalition de l’opposition est toujours dans la rue pour exiger le report du scrutin tandis que le candidat du RPT Faure Gnassingbé est rentré en campagne. Et  au regard de la prise de position de la CEDEAO notamment sa porte-parole qui a écarté l’éventualité d’un report de date, le journal note que « la coalition se retrouve ainsi devant une grosse équation à deux inconnues. Soit elle s’exécute, et se met en campagne pour valider l’élection programmée pour le 24 avril avec des risques de perdre. Elle pourrait dans ce cas entrer en discussion avec Faure et entrer éventuellement dans son gouvernement d’union nationale. La paix sociale serait sauvée, mais la dignité et les principes démocratiques de souveraineté du peuple seraient bafoués sur l’autel de l’arbitraire, de la force et du  non droit.

Ou alors la coalition met effectivement tout en œuvre pour empêcher le scrutin du 24 avril »,  mais alors, « de quels moyens excepté le fait d’appeler les militants manifester dans les rues. Ou bien provoquerait-on une insurrection avec tous les risques y afférant ? »

Crocodile

 

Le Canard Indépendant 48

Du vendredi, 15 avril 2005

Règlement de comptes ou simple poursuite  judiciaire : Agbéyomé Kodjo écroué dans l’indifférence et la controverse
Titre en couverture notre confrère. Rappelant au passage  le film de son arrestation, le journal note que cette arrestation s’est opérée dans une indifférence sur fond de controverse.

S’agissant de l’indifférence, le journal indique qu’ «en dehors d’un communiqué de la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) et d’un autre de la Coalition, la nouvelle de l’arrestation de l’ancien chef de gouvernement a été accueillie dans l’indifférence générale.

 Aucune manifestation de protestation, pas la moindre levée de bouclier n’a suivi la nouvelle de celui dont pourtant la publication du ‘’ brulot’’ dénonçant les pratiques et méthodes du régime RPT a été favorablement accueillie par les Togolais en juin 2002 »

A part de cette indifférence, le notre indique qu’ «  une controverse règne dans les approches de la nouvelle. ‘’C’est une nouvelle duperie du système RPT. C’est un simulacre d’arrestation’’  affirme avec conviction un électricien à Bè, fief de l’opposition. Comme lui, beaucoup de partisans de l’opposition faisant une référence au cas de Fambaré Natchaba, allèguent un ‘’plan de diversion du RPT’’ »

Pour faire plier le pouvoir :  La coalition intensifie les manifestations
Le journal parle des manifestations que la Coalition organise presque quotidiennement à Lomé et à l’intérieur pour exiger la reprise de l’opération  de révision et de distribution des cartes d’électeurs

Campagne présidentielle 2005 : Atouts et style de Faure Gnassingbé : Des bastions de l’opposition dans l’hublot du RPT
Titre notre confrère qui écrit : « A la faveur de la campagne pour  l’élection présidentielle du 24 Avril 2005, les Togolais découvrent le candidat Faure Gnassingbé. Simple, humble, méthodique et imperturbable, il poursuit son opération de charme à l’endroit des électeurs. Pardon, réconciliation, relèvement du niveau de l’enseignement, modernisation de l’armée, reprise en main par la jeunesse de son destin, création d’industries culturelle et sportive… sont les principaux credo de ses discours électoraux. Quoique monocolore, la campagne du candidat du RPT ajoutée à certains de ses atouts naturels risquent de faire mouche y compris dans certains bastions de l’opposition », écrit le confrère qui revient sur le style et les atouts naturels du candidat Faure Gnassingbé

Guéguerre entre la médiation de la CEDEAO et la Coalition : L’opposition radicale répond à Adrienne Diop
« Les choses sont bien loin de s’arranger entre la CEDEAO et la Coalition des partis de l’opposition togolaise. En attendant la réaction d’autres médiateurs sollicités par la Coalition pour se suppléer à l’institution sous-régionale jugée ‘’ complice’’  du parti au pouvoir, l’opposition fustige la CEDEAO et ne ménage point de langage dans ses répliques face aux prises de position de ses experts et autres responsables… », souligne Le Canard Indépendant qui commente ici la déclaration de la Coalition en date du 13 avril qui exige le retrait de la CEDEAO du processus électoral.

Dans sa rubrique Ma Lettre Aux urnes quand même !  notre confrère écrit :  
« Nous n’avons pas l’intention de boycotter cette élection. Nos mouvements consistent à faire prendre conscience à la communauté internationale notamment l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’ONU, les Etats-Unis, afin d’obtenir des conditions minimales de transparence de l’élection présidentielle… Nous n’avons pas besoin de tant de jours pour battre campagne avant de s’assurer une victoire à l’élection, car nous avons l’avantage du nombre… », semble-t-on entendre dire du côté de la Coalition de l’opposition. Et c’est peut-être vrai, puisqu’il faudra ajouter à l’avantage du nombre, celui de la sagesse du candidat unique. Sur un autre plan, il s’agit pour la Coalition d’avoir ferme à l’esprit qu’il ne faut pas boycotter la présidentielle car, les populations les « accuseront de les avoir abandonnées au milieu du guet ». Etant donné « l’ardent souhait de changement » des populations, il serait inacceptable de boycotter l’élection du 24 avril prochain. Seulement, jusqu’au jour d’aujourd’hui, la Coalition continue ses mouvements de revendication de la « reprise des opérations de révision des listes électorales et de distribution des cartes d’électeur », de même que le « report de la date de l’élection ». C’est dire qu’en même temps qu’elle demande le report de la date, la Coalition est en revanche prête à participer à l’élection, faute peut-être de n’avoir pas été entendue. Cela signifie en clair qu’entre « partira » et « partira pas », la Coalition a manifestement tranché. Et c’est à ce niveau précis du débat que se pose la problématique des stratégies unitaires de l’opposition face à une situation politique donnée. Aujourd’hui, plus que jamais, face au choix de l’opposition, la question se pose de savoir s’il faut continuer à mobiliser les populations autour des revendications de report de la date du scrutin, ou alors de les mobiliser et les préparer à l’après élection. Si, aujourd’hui, l’opposition n’a pu obtenir ses revendications, elle peut être rassurée que le scrutin auquel elle a décidé de prendre part, est peut-être « perdu à l’avance», étant donnée la marge de fraudes et de mascarades qui l’entacheront.

Mais perdu d’avance signifierait-il aller à l’abattoir, ou en victime résignée ? La participation malgré l’assurance de fraudes devrait être la manifestation ou l’expression d’un programme post-électoral basé essentiellement sur « la revendication d’une victoire confisquée ». Et comme dans tout programme, une préparation tant matérielle que des esprits s’impose, en  prélude à la situation prévue. Cela voudra dire que d’ores et déjà, plus que des mobilisations autour de la demande de report de la date du scrutin, c’est inexorablement une mobilisation autour des conditions de revendication de la victoire électorale que l’opposition devra s’atteler à construire sa stratégie de lutte politique si davantage elle est convaincue de s’adjuger l’avantage du nombre. En 1998 et en 2003, l’opposition a raté le coche, mais à présent, elle jouit de deux atouts majeurs à savoir le ralliement de l’immense majorité des populations  à sa cause, et le sursaut patriotique opéré en désignant un candidat unique. Alors, il est plus que temps d’éclairer les populations sur le nouvel enjeu et de les préparer à opérer les choix qui fonderont leurs réelles aspirations. Le temps des fourvoiements et des navigations collectives à vue, devra désormais appartenir à de l’histoire ancienne. Une stratégie, un plan politique et un programme se dévoilent et ne sauraient longtemps faire œuvre de mystère envahissant. Une fois le programme dévoilé, le reste consiste à outiller les populations des moyens légaux à sa mise en œuvre. Ici, il n’y a guère plus de place pour la fiction…

Nouvel Echo 343 spec

Du mardi, 12 avril 2005

L’avenir du Togo semble obscur : Le candidat unique du collectif de l’opposition se présentera t-il ?
S’interroge notre confrère dans sa manchette avec à l’appui une photo du candidat unique de l’opposition  M. E Bob Akitani.

Constatant que la campagne électorale a démarré sur fond de manifestations de l’opposition qui refuse de rentrer dans la danse et à juste titre « ses revendications nous paraissent légitimes », le journal se demande ce qui peut arriver ce jour du 24 avril et après. En attendant, deux hypothèses sont envisageables

« Premièrement, le RPT revient à de meilleurs sentiments en prenant en compte les revendications du peuple et en faisant des concessions pour reporter la date du vote pour reprendre le processus de révision et de distribution des cartes électorales ; dans ce cas de figure le peuple peut s’estimer heureux puisqu’il peut se rendre librement aux lieux de vote pour exécuter son acte civique ; les affrontements sanglants peuvent, dans ces conditions, être évités. C’est ça la politique du consensus et l’art de gouverner ou de prévoir. Il faut à tout prix éviter ces affrontements. Deuxièmement, le RPT persiste et signe le non report. Le Togo serait, dans ce cas, directement propulsé dans la guerre civile »

Conquête de l’électorat à sens unique émaillée de violences : Le pire est-il à craindre ?
S’interroge mon confrère à propos des incidents sanglants signalés ça et là sur le territoire national  à la suite des manifestations de protestation contre la révision des listes électorales

« L’heure est grave et à cette allure ne risque-t-on pas de craindre le pire dans les jours à venir? », se demande mon confrère

« Il est une vérité que les forces de l’ordre et de sécurité doivent maintenir la sécurité partout sur l’étendue du territoire national mais à faire constamment usage de la force brute crée une atmosphère de méfiance perpétuelle entre les deux entités.

Il faut privilégier une autre piste que celle faite d’affrontements et de provocations » souligne le journal

Silence on est en campagne ! L’administration togolaise tourne au ralenti
Constate le journal. Un tour dans certains services de l’Etat a permis de relever que l’administration déjà très mal en point est entrain de subir les effets de la campagne présidentielle et pour cause « tous les cadres du parti de Faure sont en permission; ils ont rallié leurs localités respectives pour soit aller préparer le terrain pour le passage du candidat de leur parti ou soit au cas où celui-ci ne ferait pas le déplacement de ce milieu, ces commis en permission vont entretenir leurs pères, mères, frères et sœurs sur le bien-fondé de voter l’épis de maïs »

« Oh! Pauvre Togo, quand te remettras-tu de ces incessants assauts de tes hommes politiques? Pas demain en tout cas. Deux semaines de désertion des bureaux et au moins trois semaines pour sabler le champagne après la victoire donc plus d’un mois de congé.

Ce n’est pas du tout mal pour un pays qui se porte aussi bien que le Togo », écrit mon confrère

Présidentielle du 24 avril :   L’opposition laisse le terrain libre au RPT
Le journal s’insurge contre la politique du boycott que l’opposition a toujours optée laissant le champ libre au pouvoir pour tripatouiller les textes de la République. Si cette fois-ci, elle venait encore à boycotter cette présidentielle, le confrère pense ce serait la mort totale  

« L’opposition au lieu de tirer les leçons du passé et adopter une attitude responsable, recourt aux anciens systèmes très inefficaces laissant ainsi le champ libre au candidat Faure Gnassingbé. Vu cette situation, l’opposition rétorquera «A quoi bon d’aller sur le champ de bataille quand on sait que le combat est gagné d’avance par le camp adverse?». Erreur, grave erreur! Le peuple aspire pour une fois à l’alternance, le peuple veut faire dos à un système. Et l’opposition en ne participant pas au scrutin du 24 avril prochain s’enterrera pour toujours » souligne le journal pour qui, « à force de reculer, à force de tergiverser sur la conduite à tenir, l’opposition sera l’arme fatale à sa propre destruction »

Arrestation de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Messan Kodjo : Le pouvoir a manqué à sa parole donnée
Estime de son côté Nouvel Echo fort de ce que l’ex Premier ministre a obtenu des assurances fortes avant de mettre pied sur le sol togolais. Ce qui fait dire à notre confrère que le Togo est un cas atypique où le non respect de la parole donnée est la chose la mieux partagée.

Rappelant que c’est sous la direction de M. Agbéyomé Kodjo que le Port de Lomé a trouvé son souffle de vie après une traversée de désert due à la grève générale et illimitée, le confrère se demande de quoi l’accuse t-on exactement. En tout état de cause, souligne t-il « loin d’avoir résolu un problème en arrêtant Agbéyomé Kodjo, et surtout en rattachant cette arrestation à sa gestion du port, on risque bien d’éclabousser beaucoup de personnes. Les dossiers les plus éclatants contre des gens risquent de voir le jour pour montrer qu’il y a pire au jour d’aujourd’hui qu’Agbéyomé Kodjo au port »

Le Togo est en danger : Que disent nos dignitaires religieux?
Se demande Nouvel Echo  devant le silence des hommes de Dieu toute confession confondue  à  la grave crise que traverse le Togo. Pour le confrère, aujourd’hui, tous les ingrédients sont réunis pour le pire et il serait insensé d’attendre un embrasement pour jouer au pompier. Il est donc urgent de se pencher sérieusement à cette situation. Et « le clergé et les autres dignitaires des autres confessions religieuses doivent entreprendre impérativement une mission de bons offices à l’endroit des parties en présence dans l’arène politique togolaise »

Nouvel Echo 344

Du vendredi, 15 avril 2005

Les vraies raisons du choix du “ vieux ” de la coalition
Le pouvoir avait saoulé le jeune Koffigoh pendant la transition en 1991

Comme pour répondre  à ceux qui s’égosillent sur le choix de Bob Akitani en laissant croire  que l’opposition a commis une erreur en choisissant un ‘’Vieux’’ pour être son porte flambeau, le journal indique le choix de Bob Akitani n’a pas été le fait d’un hasard mais plus le fruit d’un long processus de consultations qui a tenu compte des problèmes auxquels le Togo est confrontés en ce moment

« Le Togo sort d’un long règne sans partage. Beaucoup de frustrations ont été accumulées. Ce n’est pas en continuant dans cette lancée que les Togolais pourront essuyer leurs larmes pour aboutir à une réconciliation vraie entre tous les fils du pays. Après donc le décès du chef de l’Etat, il fallait réorganiser les institutions républicaines, remettre les Togolais au travail dans une confiance totale. Et cela doit passer par une sagesse. L’exemple de Nelson Mandela en Afrique du sud est là pour le démontrer. Après une période caractérisée par l’apartheid, c’est Nelson Mandela qui est venu remettre le pays sur les rails à travers une “ commission vérité réconciliation ”. Le Togo a aussi besoin de solder toutes les injustices et frustrations accumulées pendant de longues années à travers également une commission qui va créer un esprit de convivialité. En raison de tous ces paramètres, il n’est donc pas bienséant de continuer dans la crispation et dans les rancœurs. Les choses ne sont pas si simples comme cela. Il faut donc pour régler le passé et tisser l’avenir pour le bonheur des Togolais, choisir celui qui n’aura pas d’ambitions après les cinq années de transition. Choisir quelqu’un dans la fleur de l’âge dans cette situation, n’est pas de nature à rassurer les Togolais. L’exemple du choix de Koffigoh après la Conférence Nationale Souveraine en 1991 pour conduire la transition est là pour édifier tout le monde », écrit-il

Présidentielle d’avril   : Quels sont les réels problèmes de l’opposition ?
Le problème du candidat unique trouvé, le journal pense que les problèmes au niveau de la Coalition sont essentiellement d’ordre stratégique et financier  

« L’éloignement de la coalition par rapport à la fièvre électorale. L’opposition a laissé tous les compartiments du jeu politique au RPT »  relève t-il

L’autre problème que relève le confrère, c’est le problème des finances

« La coalition aujourd’hui dispose d’une infernale machine humaine qui est prête à tout pour la soutenir mais c’est les fonds qui manquent le moins

L’autre réel handicap ressort du manque de parole du leader de l’UFC Gilchrist Olympio. On dit que Gilchrist dispose d’une fortune colossale, peut-être que c’est vrai mais le poids lourd financièrement ne veut malheureusement mettre la main à la poche. Il ne peut pas œuvrer à positionner son homme et le laisser tout désemparé sans un soutien » écrit le journal.

En revanche, souligne le confrère, ces problèmes ne doivent pas entraver la marche courageuse de l’opposition qui un fort potentiel humain derrière lui. Les exemples de la Georgie, d’Ukraine, du  Kirghizstan et de Madagascar peuvent, selon lui, être possibles au Togo