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Hebdomadaire Togolais d'Informations et d'analyses |
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Politique d’ouverture : Faure Gnassingbé et l’UFC
finalement d’accord |
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«…ceux
qui sont de mauvaise foi et qui ne veulent pas venir au
gouvernement, qu’ils restent là où ils sont. Le pays
avancera avec ou sans eux. Nous avons plusieurs fois
montré notre bonne foi. Nous avons tendu la main, mais
nous ne supplierons personne. Le Togo regorge de beaucoup
de talents qui sont partout. Ils sont aussi à l’UFC, mais
ne sont pas seulement à l’UFC. Si les gens de l’UFC
veulent venir, la porte est ouverte. Mais il n’est pas
question de répondre à des exigences fantaisistes».
C’est cette formule tant acclamée de Faure Gnassingbé qui
a le mérite d’avoir clos les tergiversations de coulisses
sur l’entrée probable du parti de Gilchrist Olympio au
gouvernement d’union nationale. Du moins, quand elle est
conjuguée avec la réponse immédiate du premier préposé
local de l’opposant. |
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Jusqu’à cette cérémonie de clôture, lundi, du 9è
congrès ordinaire du RPT, la rue prédisait une fin
qui ne disait pas son nom. Surtout qu’officiellement
il se disait que les tractations continuent entre le
gouvernement d’union et l’Union des forces de
changement (UFC).
Cette sentence prononcée de Faure Gnassingbé met
ainsi un terme à la dernière interprétation de la
facilitation dans la crise togolaise. Dans le
communiqué final des deuxièmes retrouvailles d’amour
du Comité de Suivi (CS) de l’Accord Politique
Global, le représentant burkinabé faisait échos des
avancées notables qui font croire à une entrée non
moins possible de l’UFC au gouvernement. «…bien
que ces négociations n’aient pas abouti, nous
pensons que ce que nous devons faire, c’est
d’encourager les deux parties à continuer les
négociations en vue de parvenir à cet accord pour
que l’UFC rentre au gouvernement». Encore que,
avec le ministre Pascal Bodjona, «il faut aussi
savoir exactement si de part et d’autre il y a la
volonté de participer».
Telle une réplique du berger à la bergère. Patrick
Lawson s’est officieusement empressé de chanter dans
les colonnes de notre confrère Liberté Hebdo :
«…nous avons toujours recherché de disposer des
postes de souveraineté et des postes techniques
susceptibles de nous permettre de contribuer
réellement à la transparence des futures élections,
à la sécurité des populations et à la sécurisation
de ces mêmes élections. Voilà les raisons pour
lesquelles, nous n’avons pas jusqu’alors répondu à
l’offre de strapontin qui nous a été faite. Nous
n’attendons donc de personne des supplications pour
entrer au gouvernement mais des actes qui puissent
rassurer nos populations. Après la provocation de
lundi, le débat est bien clos».
En
rappel, au lendemain de la première réunion du CS,
le 13 novembre 2006 à Ouagadougou, Gilchrist Olympio
exigeait dans des errements propres «certaines
conditions de travail et surtout la liberté pour nos
ministres de pouvoir opérer et de pouvoir faire
entendre leurs voix».
Au
finish, on a l’impression que chacune des parties
n’attendait que le dernier pas de l’autre. Tels deux
pugilistes assommés par les nombreux coups qu’ils se
sont assénés durant les rounds et qui n’attendent
que le coup de sifflet final de l’arbitre. Vivement
qu’ils se sont entendus dans la fraternité politique
et que la question n’empoisonnera plus les
discussions quotidiennes du gouvernement. Alors, cap
sur la bonne organisation des législatives
anticipées de juin 2007. Ah ! c’est le Bélier de
Kouvé qui est ainsi délivré : il redoutait tant
l’entrée au gouvernement des lieutenants de
l’opposant le plus authentique.
Sylvestre D. |
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Congrès du RPT : Faure sans complexe |
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De tous les discours faits par Faure Gnassingbé
depuis son élection à la magistrature suprême en
2005, il semble sans conteste que ce qui est
improvisé au 9ème congrès du RPT, le week-end
dernier, reste le plus intimiste et le plus vrai.
Cela est d’autant plus vrai que quand on commet une
improvisation, on se découvre, on révèle sa
véritable nature. S’il fallait faire un discours
protocolaire, nul doute que le président ne serait
pas aussi disert qu’il a été le week-end dernier. Le
discours est axé sur trois points, la formation du
gouvernement d’union national, la démocratie au sein
du RPT et d’autres problèmes qui courent comme
d’incroyables rumeurs dans le microcosme politique,
notamment ce qui concerne sa liberté de manœuvre. |
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Abordant la situation du RPT, Faure Gnassingbé
avertit tout de go les nouveaux élus et les
militants de cette formation qu’il ne va pas siffler
la fin des réformes, qui vont continuer à tout prix.
Il entend aller plus en profondeur afin de faire du
RPT une formation
véritablement démocratique. Depuis son arrivée au
pouvoir en avril 2005, le président ne cesse de
passer sa formation politique sous les fourches
caudines.
En
lui imposant une cohabitation avec l’opposition
radicale après de rudes négociations au sein du
dialogue national, Faure Gnassingbé donne le la des
autres réformes qu’il entend mener afin de faire du
RPT une véritable formation politique. Il met
l’accent sur la démocratie au sein du parti :
« je dis simplement que si nous voulons que les
réformes réussissent, il faut également que nous
nous réformions nous-mêmes dans notre comportement ».
Ce que les congressistes semblent avoir compris
puisque le président se félicite de la liberté des
débats : «Aujourd’hui nous avons fait la preuve
que le RPT est un parti où on peut se remettre en
cause dans la discussion», avance-t-il, tout en
mettant en garde les éventuels fauteurs de trouble
que tout doit se faire dans «la discipline, la
concertation, la cohésion».
Le
congrès a pris en compte les préoccupations du
Président national et tout semble indiquer que le
parti va instaurer un système de primaires au sein
du parti en vue des législatives prochaines.
De
toutes façons, le RPT n’a pas le choix. « Il faut
que notre parti apprenne à convaincre », la
persuasion n’étant pas sans doute la chose la mieux
partagée dans un parti habitué à une vie
monolithique. Et puisque « pour convaincre, il
faut communiquer et accepter les débats », les
barons et les vieux loups doivent s’attendre à plus
d’activisme et à être à l’écoute des électeurs, mais
aussi se préparer bien entendu à la concurrence au
sein du parti qui compte des milliers de jeunes
militants aux dents longues, aux appétits dévorants.
La
seconde partie du discours concerne la formation du
gouvernement d’union et il semble désormais clair
que l’UFC n’entrera pas au gouvernement (Lire notre
article ‘‘Faure et l’UFC se sont finalement mis
d’accord’’ ci-dessus).
La
première partie du discours concerne les rumeurs qui
courent sur la gestion quotidienne du pouvoir par le
Président. Il a tenu à rassurer les uns et les
autres sur la solidité de son pouvoir. Il n’y a pas
de dissensions entre lui et son frère Kpatcha
Gnassingbé, l’actuel ministre de la défense, tout
comme les généraux qui l’avaient porté au pouvoir le
5 février 2005 n’entravent le fonctionnement de la
présidence de la République. Il en est de même de la
présence des barons qui l’entourent, situation
politico administrative héritée de son père mais
dont il sait bien se garder.
Au
finish Faure Gnassingbé apparaît avoir subi une
forte mutation, se présentant maître de lui-même et
au-dessus de la mêlée et traçant petit à petit ses
marques sur le pays. S’il a hérité de son pays une
certaine politique, il en a déjà fait l’inventaire,
et veut changer ce qui est changeable.
Nul doute que «l’homme Faure est devenu plus fort
que jamais».
Kossiwa T. |
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Téléphonie mobile : Les Togolais affichent leur
préférence pour les réseaux des pays voisins |
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Les Togolais ont été submergés cette fin d’année par
des vagues de publicité promotionnelle des deux
opérateurs de téléphonie mobile. Togocel,
l’opérateur public et Télécel, le privé, qui s’est
mué en Moov, non sans problème, rivalisent
d’ingéniosité pour capter l’attrait des populations. |
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Le premier a réduit ses tarifs de communication sur
le réseau national, ramené la minute de
communication internationale, (toute destination
confondue) à 300F, réduit le prix du kit à 2.500F et
lancé des cartes de recharge
de 1.000 F. Il a lancé récemment le GPRS et initié
sur son réseau une gamme d’informations utiles et
pratiques ces derniers jours. Le second change de
nom et de logo, en faisant une entrée fracassante
sur le marché. Il lance son kit à 2.500F,
l’international à partir de 290F, des cartes de
recharge de 500F et un tarif unique de 160F vers
tous les autres nationaux (Togocel et Togo Telecom).
Il annonce le renforcement de sa couverture
nationale, le lancement du GPRS, de l’EDGE et du
MMS à partir de janvier.
Les Togolais se croiraient très gâtés au vu de ce
menu, finalement fretin. Car, un petit coup d’œil
chez nos voisins de l’Est et de l’Ouest nous montre
que ces opérateurs sont encore loin de contribuer à
la réduction de la fracture numérique. Ils
continuent de se sucrer sur le dos des abonnés.
Malgré ces bénéfices faramineux et des
investissements importants annoncés pour développer
les réseaux, il est quasiment impossible, depuis un
moment, de téléphoner sur le réseau Togocel. Moov
n’est pas mieux non plus. Il faut patienter des
minutes avant de joindre un abonné sur ce réseau.
Alors que dans d’autres pays, les abonnés sont mieux
traités sans ce gavage publicitaire, à la limite
mensonger.
A côté de nous, les opérateurs Tigo et Areeba font
des émules au Ghana, au Bénin et au Sénégal. Ils
sont devenus nombreux, ces Togolais qui s’abonnent
au réseau Tigo du Ghana dont la couverture traverse
les frontières et alimente certains quartiers de
Lomé. Avec environ 3000 FCFA, vous avez le kit Tigo
et un crédit de 40.000 cédis (2000 FCFA) qui vous
permet d’appeler l’Europe ou les Etats-Unis pour,
tenez-vous bien, au moins 45mn. Alors qu’avec les
recharges de 4.500 FCFA de TogoCell et de 5.000F de
Moov, vous n’avez seulement que près de 15mn sur
l’international, malgré la promotion. Vers les
réseaux Togocel et Moov, vous avez près de 20mn de
communication avec une carte de recharge Tigo de
40.000 cédis (environ 2000 FCFA).
Dans les quartiers Kodjoviakopé, à la plage et
devant la station d’essence CAP de Casablanca au
lieu-dit Laklémonou, c’est une affluence remarquable
tous les soirs. Le réseau Tigo couvre ces points au
grand bonheur des Togolais dont certains arrivent de
l’intérieur uniquement pour jouir des avantages de
Tigo.
Le second réseau ghanéen, Areeba, n’est pas du
reste. Il affiche pratiquement les mêmes tarifs. Qui
plus est, à partir de minuit, la communication sur
son réseau est gratuite entre abonnés du même réseau
jusqu’au petit matin.
Au Bénin voisin, Areeba, qui a acquis BéninCell,
propose la minute à l’international à 225F, loin
derrière les tarifs pratiqués par Togocel (300F) et
Moov (290F). En plus, la communication entre abonnés
Areeba au Bénin est facturée à 100F seulement la
minute, contre au moins 160FCFA au Togo. Areeba est
une marque commerciale du groupe InvestCom, très
actif en Europe, en Amérique Latine et en Afrique,
qui a racheté 75% des parts de BéninCell. Il est
également présent au Ghana, en Guinée Conakry, en
Guinée Bissau, au Libéria et au Soudan. Le réseau
Areeba permet en outre un transfert de crédit entre
abonnés. Ainsi, si vous avez du crédit, vous pouvez
dépanner un ami qui n’en a pas en lui transférant
une partie de vos unités.
Au Sénégal, l’opérateur Tigo fait également des
heureux. Son kit est à 1.000F seulement. En plus, la
communication est facturée par seconde. Ainsi, vous
ne payez que le temps réel de communication. Ce qui
n’est pas le cas au Togo où la communication est
facturée par minute. Par exemple, si vous parlez
pendant 5 secondes, vous payez chez Togocel et chez
Moov le prix d’une minute. Ce qui est un peu
trichant.
Tigo, qui est une marque commerciale du groupe
Millicom International Cellular (MIC), est présente
au Ghana, au Sénégal, au Tchad, en Tanzanie en
Sierra Leone, en RD Congo et pratique non seulement
les tarifs les plus bas, mais permet également des
partages de crédit entre abonnés.
Comme on le voit, malgré ces pluies de publicité
promotionnelle des deux opérateurs togolais qui
inondent les médias, les Togolais sont moins lotis
que leurs voisins béninois et surtout ghanéens qui
baignent dans une aisance et dans des avantages
importants que leur accordent Tigo et Areeba.
Vivement l’arrivée d’un troisième larron pour
départager les deux compères qui se regardent en
chien de faïence et qui ne jurent que par la mort de
l’autre.
Jean Afolabi |
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Théâtre : Le boom du théâtre togolais |
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Depuis
1990, la vie littéraire au Togo connaît un véritable
boom dans le domaine du théâtre et des arts de la
scène. 16 ans après le début des soubresauts
démocratiques, il importe de faire une analyse de
cette formidable avancée. |
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Au
commencement était le théâtre
A
quelle date situer la naissance de la littérature
togolaise ? Malgré la polémique que suscite la
question et les inimitiés qu’elle crée dans le
landerneau littéraire, il faut oser dire la vérité.
La littérature togolaise est née en 1972 avec
Senouvo Agbota Zinsou, pour sa pièce «On joue
la Comédie» (Ed. Haho, Lomé, 1984), qui a
donné une visibilité internationale au théâtre
togolais. Premier lauréat du fameux prix RFI en
1972, Agbota Zinsou fait un théâtre influencé par le
concert-party et théâtre de Jean Genêt, ce qui a
inauguré le renouvellement du théâtre togolais.
Il
n’en demeure pas moins qu’on aura attendu près de 18
ans pour avoir une seconde consécration
internationale avec Kossi Efoui pour sa pièce «Le
Carrefour» (Théâtre du Sud N°2) et Kangni
Alem pour sa pièce «Les Chemins de Croix»
(NEA-Togo 1991, rééd. Les éditions Ndzé, Gabon 2006)
qui ont effectivement donné à la littérature
togolaise sa vraie naissance. Déjà, avant 1990,
Kangni Alem, Gaétan Noussouglo, Marcel Djondo et
d’autres essayaient de renouveler le théâtre
national dans une structure autonome de recherche au
sein de l’Université du Bénin appelé Atelier Théâtre
de Lomé. Le retour de ces derniers au Togo, après
avoir opéré sur les scènes de France, va redonner
un nouveau visage à ce théâtre.
Influencés par l’écrivain et dramaturge congolais
Sony Labou Tansi, ces nouveaux dramaturges que le
Docteur Apedo-Amah Togoata, critique d’art
dramatique, appelait les «tractographes» (la
plupart faisaient partie des contestataires
étudiants accoucheurs du Mouvement du 05 octobre
1990), ont eux aussi influencé d’autres. Les
tractographes ont créé une certaine émulation
qui a donné naissance à une flopée de dramaturges,
certes de qualité diverse, mais qui témoigne de la
vitalité du théâtre togolais.
Vient en tête des nouveaux dramaturges Rodrigue
Norman : plusieurs fois lauréat des Prix Festhef, il
vient de créer une école de théâtre à Lomé après des
formations en France et en Belgique. Ses spectacles,
très influencés par le théâtre français, sont
souvent une espèce de dramaturgie du huis clos
sartrien.
Il
en est de même de Gustave Akakpo, découvert en 2005
par les Ecritures vagabondes pour sa pièce
Mère trop tôt et qui fait un théâtre très
sonyen mais remarquablement influencé par
Kossi Efoui.
Ensuite, suivent une vague de dramaturges et de
metteurs en scène, Amoussa Koriko (alias Abram’s),
Armand Brown (décédé), Richard Crésus Lakpassa, Alfa
Ramsès, Roger Atikpo, et tant d’autres, sans faire
des envieux.
Le
problème de ces jeunes dramaturges, c’est qu’ils
essaient d’imiter Kossi Efoui, lui-même disciple de
Lacan et de Pouchkine et dont l’écriture se révèle
le plus souvent difficilement accessible. L’ennui
est qu’ils n’arrivent pas à faire du Efoui pour la
simple raison que n’habitant pas son univers, leur
message ne passe pas très bien auprès du public.
C’est un peu la rançon du succès de Kossi Efoui :
tout le monde a fini par croire que son écriture
constitue un viatique pour le succès.
De
l’importance des troupes
Qu’à cela ne tienne, c’est ce théâtre qui a donné
naissance à des troupes et des festivals, chose que
l’on n’a jamais connue dans cette partie du
continent. A la suite de l’ENAL (Ensemble artistique
de Lomé) et de l’ATL (Atelier théâtre de Lomé)
fleurissent des compagnies comme Les 3C, Kadam-Kadam,
Les Kamiscènes, Aktion Théâtre,…etc, une floraison
favorisée par la création du Festival du théâtre de
la fraternité (Festhef) au Togo, le Rethes à Sokodé
et d’autres festivals dans la sous-région.
En
réalité, ces nombreuses troupes sont nées de
l’émulation créée par une autre compagnie, le Zitic,
créatrice du conte théâtralisé, genre littéraire qui
s’est répandu aujourd’hui comme traînée de poudre en
Afrique et qui a sorti le conte de son décor
traditionnel et folklorique de récit raconté autour
du feu. Le genre est aujourd’hui perpétué par Sanvi
Alouwassio, seul rescapé du Zitic, et Roger Atikpo ;
ce dernier le faisant avec beaucoup de réussite.
Le
concert-party
Aujourd’hui, le théâtre togolais est à la croisée
des chemins. Ayant déjà rompu avec le théâtre
occidental des grands auteurs, les dramaturges et
les metteurs en scène sont à la recherche d’une
forme théâtrale typiquement togolaise, chose
qu’appellent de leurs vœux les universitaires.
C’est dans ce sens que renaît le concert-party,
genre théâtral populaire qu’on a connu avec le
comédien Kokouvito, et qui a disparu depuis les
années 1980. Un retour avec de nouvelles visions sur
ce théâtre va certainement révolutionner l’art
dramatique togolais.
Le
dramaturge Frédéric Gakpara l’a essayé avec sa pièce
«La Charcuterie de la République»,
avec plus ou moins de réussite et certainement
beaucoup d’embrouille sur le concept. La compagnie
Louxor du dramaturge et metteur en scène Alfa Ramsès
l’a également essayé avec la pièce «Mon cancer
aux tropiques», dont la mise en scène se
veut un patchwork du théâtre moderne et du
concert-party. Même si la mise en scène reste à
perfectionner sur quelques aspects, il faut
souligner que c’est peut-être là-bas que doivent se
poursuivre les recherches.
Un
théâtre sous perfusion
Il
reste une chose, ce théâtre a toujours évolué en
dehors des institutions étatiques et vit sur le
budget culturel du ministère des Affaires étrangères
de France. Il faut maintenant que l’Etat s’implique
activement dans la vie culturelle et pourquoi pas en
créant un théâtre national.
Kassa K. |
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