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Relance de l’économie : Retour prometteur de la
Banque mondiale au Togo
135 millions de dollars vont être annulés au profit
du Togo.
La confiance renaît, à petits coups, au sein de la
communauté internationale au sujet du Togo. Après
l’Union européenne, qui libère les reliquats du 9ème FED,
c’est la Banque mondiale qui envisage d’effacer 135
millions de dollars que le Togo lui doit depuis des
années. La bonne tenue des récentes élections
législatives, jugées paisibles et régulières, en est
pour beaucoup.
«Il y a une grande détermination de changer les
choses et de remettre le Togo sur les rails, de
transformer le pays pour reprendre la croissance
d’autrefois».
Ainsi se prononçait, mercredi à Lomé, James Bond,
directeur des Opérations de la Banque mondiale pour
le Togo. M. Bond venait de boucler une mission de
deux semaines au Togo, conjointement avec le Fonds
mondial international (FMI) et la Banque africaine
de développement (BAD). Pendant son séjour, la
mission a discuté avec les autorités togolaises des
conditions de relance de l’économie togolaise, très
en recul par rapport à il y a 20 ans, a indiqué
James Bond. Aucun secteur n’a été épargné : mines,
énergie, transport, agriculture, santé, éducation,
télécommunications…
Il
faut rappeler que la mission à Lomé fait suite à la
visite, début novembre, du chef de l’Etat, Faure
Gnassingbé, à Washington, aux Etats-Unis, pour
plaider le cas Togo, abandonné depuis 14 ans pas les
institutions de Brettons Wood. Même si James Bond
soutient que son institution n’a pas quitté le Togo,
fort du Fonds fiduciaire LICUS (Low Income
Countries Under Stress).
Le
réengagement
La
sincérité et la détermination des nouvelles
autorités à réussir ont de quoi convaincre Brettons
Wood. D’entrée, la Banque mondiale, d’après un
communiqué de presse, cible certains objectifs
principaux : discuter des réformes économiques à
entreprendre, avec des actions à court terme
susceptibles de déboucher sur le réengagement avec
les bailleurs de fonds ; discuter des étapes à
suivre par les autorités pour mettre en œuvre le Don
du fonds fiduciaire LICUS qui vient d’être approuvé
par la Banque mondiale et qui vise à aider le Togo à
préparer et mettre en œuvre son programme de
réformes économiques.
Du
côté de la mission conjointe, il n’y a pas de doute
qu’on s’est décidés à aider le Togo. Il était
entendu au départ que le Togo devait prendre des
actions en vue d’apurer ses arriérés dus à la
Banque. Mais, à Lomé, dans le souci d’alléger le
fardeau de la dette du Togo, la Banque mondiale, aux
dires de James Bond, va effacer 135 millions de
dollars qui lui sont dus. «On va aller rapidement
à la régularisation de la situation entre
la
Banque mondiale et le Togo. Cela veut dire
l’apurement des arriérés du Togo envers la Banque
mondiale»,
a déclaré M. Bond lors d’une conférence de presse
conjointe, mercredi, avec le FMI et la BAD. «Nous
allons trouver une solution ensemble avec nos
partenaires à Washington, nous allons faire le
plaidoyer du Togo pour que le pays ne soit pas
obligé de payer», a-t-il précisé pour rassurer
le Togo de la décision de la Banque. Une décision
qui ne peut que soulager le fardeau de Faure
d’autant que cette dette – dont on ne sait à quoi
elle avait servi – génère 2 millions de dollars
supplémentaires à rembourser à la Banque mondiale.
Pitié ! Mais le gros du travail reste du côté
togolais.
Les obligations
La
Banque est prête à faire plus, notamment à aider le
Togo, devant d’autres instances, à réduire le
fardeau de sa dette bilatérale, afin de libérer des
ressources et de les mettre au service du
développement des infrastructures routières,
scolaires et sanitaires notamment. Mais la condition
est pour les autorités de tenir un programme de
réformes qui pourront être soutenues par la Banque
devant ces partenaires internationaux. Le ministre
des Finances, Adji Ayassor, souligne que son pays
est prêt pour les réformes. Officiellement, on
susurre que ce programme est presque au point, et en
partie engagé. Un expert du FMI est incessamment
attendu pour prêter mains fortes aux autorités.
Le
Fonds monétaire international avait particulièrement
pointé du doigt les secteurs des phosphates, du
coton et des banques, ainsi que celui de la dette
intérieure. Ce qui permettra, à terme, de négocier
avec le Togo un programme de réformes économiques
susceptible d’être appuyé par un accord triennal
dans le cadre de la Facilité pour la réduction de la
pauvreté et la croissance (FRPC) du Fonds.
Pendant la longue période de suspension de la
coopération internationale – depuis 1993 –, le pays
s’est livré à la mal gouvernance, où l’argent public
avait servi à renflouer des entreprises publiques au
bord du naufrage, au lieu d’être investi dans des
secteurs porteurs tels que la santé, l’éducation ou
la construction et l’aménagement de routes, a
regretté James Bond. Et pourtant, rappelle-t-il, le
Togo avait contracté des crédits «à extrêmement
très bons marchés» — à 0% sur 40 ans. Quelqu’un
avait refusé de payer.
Jean Afolabi
Pour le FMI : La performance est satisfaisante
L’équipe à Faure n’a pas fait qu’écouter les
banquiers de Washington. Elle a surtout appliqué la
leçon. Ainsi, dans le cadre du programme de
référence convenu précédemment avec le Fonds
monétaire international (FMI), le Togo a réalisé une
performance
«satisfaisante»,
et «tous les objectifs budgétaires ont été
atteints», notait mercredi le Fonds dans un
communiqué de presse à l’issue de sa visite
conjointe avec la Banque mondiale.
Les réformes administratives entreprises au niveau
des administrations fiscale et douanière ont eu pour
effet d’améliorer les recettes budgétaires, et les
dépenses ont été généralement maintenues dans les
limites de l’enveloppe budgétaire, poursuit le
Fonds. Ces actions ont permis la réduction du
déficit budgétaire et le remboursement des arriérés
intérieurs, notamment le paiement par le
gouvernement des arriérés de la Société Togolaise de
Coton (SOTOCO) vis-à-vis des producteurs de coton.
L’économie togolaise a enregistré une reprise
modeste, qui s’explique en partie par des conditions
climatiques favorables à l’agriculture, par la
croissance du commerce régional et par la relance
dans le secteur du coton. Cependant, la crise
énergétique persistante continue de peser lourdement
sur l’économie du pays. L’inflation reste maîtrisée,
malgré la croissance rapide de la masse monétaire et
du crédit.
Il
était convenu qu’à moyen terme, le programme de
réformes économiques devra permettre de renforcer
les finances publiques, notamment en équilibrant les
recettes et les dépenses intérieures, et en
réduisant la dette publique. Outre la réforme des
secteurs cotonnier, phosphatier et bancaire, les
autorités devront réhabiliter les infrastructures
énergétiques et routières, améliorer le climat de
l’investissement, afin de relancer le secteur privé,
et développer l’accès aux services de santé et
d’éducation. « La reprise des relations avec la
communauté internationale vient à point nommée pour
soutenir la mise en œuvre de cette stratégie à
travers l’assistance technique, les financements et
l’allègement de la dette extérieure», souligne le
FMI.
Par ailleurs, le Fonds et les autorités togolaises
ont décidé de faire du budget 2008 un budget très
prudent accordant la priorité aux dépenses
consacrées à l’éducation, à la santé, à l’énergie,
aux transports, et à la restructuration des banques
et des entreprises publiques. L’exécution du budget
nécessitera une rigueur soutenue destinée à
renforcer la gouvernance économique, en particulier
la gestion des dépenses et le suivi de l’exécution
du budget. Les autres priorités à court terme
consistent à renforcer le secteur financier par
l’amélioration de la gouvernance et la
recapitalisation des banques publiques et à trouver
une solution pour l’apurement des importants
arriérés du Togo vis-à-vis des créanciers
multilatéraux.
«La mise en place par les autorités d’un programme
prenant en compte ces priorités et les réformes
énoncées dans le DSRP-I pourrait servir de base à un
possible accord de FRPC qui créera à son tour les
conditions nécessaires pour permettre au pays de
bénéficier d’un allègement global de la dette au
titre de l’Initiative des pays pauvres très endettés
(PPTE) et de l’Initiative de l’allégement de la
dette multilatérale (IADM)»,
indique le Fonds monétaire international.
K. Tchamdja
Plaidoyer pour un vrai ministre de la culture
Le bruit court dans les milieux artistiques que le
ministre de la culture Dosseh-Anryon Gabriel aurait
été convoqué à la présidence de la République, suite
au manifeste des artistes adressé à Faure Gnassingbé.
Il est difficile de savoir réellement ce que le
Président et son ministre se sont dits. Mais selon
les indiscrétions, le Président du NID, ce machin
douillet pour transfuges de l’UFC de Gilchrist
Olympio créée de toutes pièces pour alimenter des
politicards au chômage, est furieux et accuse
quelqu’un d’être à l’origine du manifeste écrit pour
interpeller le Président de la République sur le
sort pas du tout enviable de notre culture
nationale. Si cela se trouve, on serait en train de
vouloir prendre sa place, puisque, selon lui, le
manifeste l’accuse d’incompétence.
Ecrit par les artistes et signé par plus de 400
personnes, le manifeste fut publié dans l’Union et
sur de nombreux sites en ligne togolais. Le ton est
extrêmement révérencieux et impersonnel. Le nom du
fondateur du NID n’y est pas cité, car le manifeste
fait un constat de l’état désastreux de la culture
au Togo depuis 1958. Pourquoi alors montre-t-il son
humeur ?
C’est qu’il a peur de perdre sa place. Bien entendu
le ministre n’a pas le courage et le sens politique
d’un Yawovi Agboyibo qui disait que « si vous
vous ne pouvez pas quitter le poste de Premier
ministre, il ne faut pas l’accepter ! ». Le
bélier de la tribu des Madji est un homme politique
au long cours, excellent avocat avec un pedigree
impressionnant.
Ce
n’est évidemment pas le cas de notre ministre actuel
de la culture, qui est notoirement en dessous de la
tâche à lui confiée -il ne faut pas avoir peur des
mots- puisqu’en 24 mois au ministère, il n’est même
pas capable de présenter un bilan élogieux. L’homme
dont on dit proche de Faure Gnassingbé, n’est même
pas capable de convaincre le Président d’une
rallonge du budget de la culture. Jusqu’à présent,
le poste de la culture a été un strapontin pour
remercier les politiciens, et faute d’avoir un vrai
ministre de la culture, la situation culturelle du
pays est dans un état calamiteux. Le pays est
caractérisé par un désert culturel, sans maison de
la culture ni théâtre, avec des artistes aux abois
vivant à la petite semaine. Le Togo est le seul de
la sous-région, où il n’est donné aucune
considération aux hommes de culture, qui sont connus
à l’étranger, mais pas chez eux. A l’étranger, on
déroule le tapis à Kangni Alem, Sami Tchak, King
Mensah, Sokey Edorh, Kossi Assou, mais chez eux, ils
sont justes comme le trou du c… Des noms que le cher
ministre serait bien en peine de citer. A-t-il lu un
seul acte du Carrefour de Kossi Efoui,
l’œuvre théâtrale fondatrice du théâtre togolais ?
Ou acheter un tableau du plasticien Sokey Edorh ?
Pourra-t-il nous dire pourquoi King Mensah a reçu
deux fois la Kora alors que les autres chanteurs
togolais restent dans l’ombre. Pourra-t-il définir
le mot culture et son importance pour un pays en
désespérance comme le nôtre ?
Il
y a tant de choses sur cette terre qui dépassent
carrément les appétits financiers des politiciens.
La culture a cette chose de fondamental qu’elle est
la base de la superstructure d’une nation, comme
parlerait un marxiste. Sans elle, aucun
développement n’est possible. Car, ce sont les idées
qui mènent le monde, et sans Esprit point de
développement.
Alors, un ministre égoïste qui se préoccuperait de
son pain quotidien et non de l’avenir du Togo dans
50 ans, n’a pas sa place à la culture. C’est
pourquoi, il faut donner le ministère de la culture
à un administrateur en phase avec la chose
culturelle. Ceux qui manquent d’ambition peuvent
aller ronger leurs pouces, ailleurs, ailleurs…
Tony Feda |