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L'Union

15 Dec 2007

[ 104 : du 14 Dec 2007  

Relance de l’économie : Retour prometteur de la Banque mondiale au Togo
135 millions de dollars vont être annulés au profit du Togo.
La confiance renaît, à petits coups, au sein de la communauté internationale au sujet du Togo. Après l’Union européenne, qui libère les reliquats du 9ème FED, c’est la Banque mondiale qui envisage d’effacer 135 millions de dollars que le Togo lui doit depuis des années. La bonne tenue des récentes élections législatives, jugées paisibles et régulières, en est pour beaucoup.

«Il y a une grande détermination de changer les choses et de remettre le Togo sur les rails, de transformer le pays pour reprendre la croissance d’autrefois». Ainsi se prononçait, mercredi à Lomé, James Bond, directeur des Opérations de la Banque mondiale pour le Togo. M. Bond venait de boucler une mission de deux semaines au Togo, conjointement avec le Fonds mondial international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD). Pendant son séjour, la mission a discuté avec les autorités togolaises des conditions de relance de l’économie togolaise, très en recul par rapport à il y a 20 ans, a indiqué James Bond. Aucun secteur n’a été épargné : mines, énergie, transport, agriculture, santé, éducation, télécommunications…

Il faut rappeler que la mission à Lomé fait suite à la visite, début novembre, du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, à Washington, aux Etats-Unis, pour plaider le cas Togo, abandonné depuis 14 ans pas les institutions de Brettons Wood. Même si James Bond soutient que son institution n’a pas quitté le Togo, fort du Fonds fiduciaire  LICUS (Low Income Countries Under Stress).

Le réengagement

La sincérité et la détermination des nouvelles autorités à réussir ont de quoi convaincre Brettons Wood. D’entrée, la Banque mondiale, d’après un communiqué de presse, cible certains objectifs principaux : discuter des réformes économiques à entreprendre, avec des actions à court terme susceptibles de déboucher sur le réengagement avec les bailleurs de fonds ; discuter des étapes à suivre par les autorités pour mettre en œuvre le Don du fonds fiduciaire LICUS qui vient d’être approuvé par la Banque mondiale et qui vise à aider le Togo à préparer et mettre en œuvre son programme de réformes économiques.

Du côté de la mission conjointe, il n’y a pas de doute qu’on s’est décidés à aider le Togo. Il était entendu au départ que le Togo devait prendre des actions en vue d’apurer ses arriérés dus à la Banque. Mais, à Lomé, dans le souci d’alléger le fardeau de la dette du Togo, la Banque mondiale, aux dires de James Bond, va effacer 135 millions de dollars qui lui sont dus. «On va aller rapidement à la régularisation de la situation entre la Banque mondiale et le Togo. Cela veut dire l’apurement des arriérés du Togo envers la Banque mondiale», a déclaré M. Bond lors d’une conférence de presse conjointe, mercredi, avec le FMI et la BAD. «Nous allons trouver une solution ensemble avec nos partenaires à Washington, nous allons faire le plaidoyer du Togo pour que le pays ne soit pas obligé de payer», a-t-il précisé pour rassurer le Togo de la décision de la Banque. Une décision qui ne peut que soulager le fardeau de Faure d’autant que cette dette – dont on ne sait à quoi elle avait servi – génère 2 millions de dollars supplémentaires à rembourser à la Banque mondiale. Pitié ! Mais le gros du travail reste du côté togolais.

Les obligations

La Banque est prête à faire plus, notamment à aider le Togo, devant d’autres instances, à réduire le fardeau de sa dette bilatérale, afin de libérer des ressources et de les mettre au service du développement des infrastructures routières, scolaires et sanitaires notamment. Mais la condition est pour les autorités de tenir un programme de réformes qui pourront être soutenues par la Banque devant ces partenaires internationaux. Le ministre des Finances, Adji Ayassor, souligne que son pays est prêt pour les réformes. Officiellement, on susurre que ce programme est presque au point, et en partie engagé. Un expert du FMI est incessamment attendu pour prêter mains fortes aux autorités.

Le Fonds monétaire international avait particulièrement pointé du doigt les secteurs des phosphates, du coton et des banques, ainsi que celui de la dette intérieure. Ce qui permettra, à terme, de négocier avec le Togo un programme de réformes économiques susceptible d’être appuyé par un accord triennal dans le cadre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) du Fonds.

Pendant la longue période de suspension de la coopération internationale – depuis 1993 –, le pays s’est livré à la mal gouvernance, où l’argent public avait servi à renflouer des entreprises publiques au bord du naufrage, au lieu d’être investi dans des secteurs porteurs tels que la santé, l’éducation ou la construction et l’aménagement de routes, a regretté James Bond. Et pourtant, rappelle-t-il, le Togo avait contracté des crédits «à extrêmement très bons marchés» — à 0% sur 40 ans. Quelqu’un avait refusé de payer.

Jean Afolabi

Pour le FMI : La performance est satisfaisante

L’équipe à Faure n’a pas fait qu’écouter les banquiers de Washington. Elle a surtout appliqué la leçon. Ainsi, dans le cadre du programme de référence convenu précédemment avec le Fonds monétaire international (FMI), le Togo a réalisé une performance «satisfaisante», et «tous les objectifs budgétaires ont été atteints», notait mercredi le Fonds dans un communiqué de presse à l’issue de sa visite conjointe avec la Banque mondiale.

Les réformes administratives entreprises au niveau des administrations fiscale et douanière ont eu pour effet d’améliorer les recettes budgétaires, et les dépenses ont été généralement maintenues dans les limites de l’enveloppe budgétaire, poursuit le Fonds. Ces actions ont permis la réduction du déficit budgétaire et le remboursement des arriérés intérieurs, notamment le paiement par le gouvernement des arriérés de la Société Togolaise de Coton (SOTOCO) vis-à-vis des producteurs de coton. L’économie togolaise a enregistré une reprise modeste, qui s’explique en partie par des conditions climatiques favorables à l’agriculture, par la croissance du commerce régional et par la relance dans le secteur du coton. Cependant, la crise énergétique persistante continue de peser lourdement sur l’économie du pays. L’inflation reste maîtrisée, malgré la croissance rapide de la masse monétaire et du crédit.

Il était convenu qu’à moyen terme, le programme de réformes économiques devra permettre de renforcer les finances publiques, notamment en équilibrant les recettes et les dépenses intérieures, et en réduisant la dette publique. Outre la réforme des secteurs cotonnier, phosphatier et bancaire, les autorités devront réhabiliter les infrastructures énergétiques et routières, améliorer le climat de l’investissement, afin de relancer le secteur privé, et développer l’accès aux services de santé et d’éducation. « La reprise des relations avec la communauté internationale vient à point nommée pour soutenir la mise en œuvre de cette stratégie à travers l’assistance technique, les financements et l’allègement de la dette extérieure», souligne le FMI.

Par ailleurs, le Fonds et les autorités togolaises ont décidé de faire du budget 2008 un budget très prudent accordant la priorité aux dépenses consacrées à l’éducation, à la santé, à l’énergie, aux transports, et à la restructuration des banques et des entreprises publiques. L’exécution du budget nécessitera une rigueur soutenue destinée à renforcer la gouvernance économique, en particulier la gestion des dépenses et le suivi de l’exécution du budget. Les autres priorités à court terme consistent à renforcer le secteur financier par l’amélioration de la gouvernance et la recapitalisation des banques publiques et à trouver une solution pour l’apurement des importants arriérés du Togo vis-à-vis des créanciers multilatéraux.

«La mise en place par les autorités d’un programme prenant en compte ces priorités et les réformes énoncées dans le DSRP-I pourrait servir de base à un possible accord de FRPC qui créera à son tour les conditions nécessaires pour permettre au pays de bénéficier d’un allègement global de la dette au titre de l’Initiative des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l’Initiative de l’allégement de la dette multilatérale (IADM)», indique le Fonds monétaire international.

K. Tchamdja

Plaidoyer pour un vrai ministre de la culture
Le bruit court dans les milieux artistiques que le ministre de la culture Dosseh-Anryon Gabriel aurait été convoqué à la présidence de la République, suite au manifeste des artistes adressé à Faure Gnassingbé. Il est difficile de savoir réellement ce que le Président et son ministre se sont dits. Mais selon les indiscrétions, le Président du NID, ce machin douillet pour transfuges de l’UFC de Gilchrist Olympio créée de toutes pièces pour alimenter des politicards au chômage, est furieux et accuse quelqu’un d’être à l’origine du manifeste écrit pour interpeller le Président de la République sur le sort pas du tout enviable de notre culture nationale. Si cela se trouve, on serait en train de vouloir prendre sa place, puisque, selon lui, le manifeste l’accuse d’incompétence.

Ecrit par les artistes et signé par plus de 400 personnes, le manifeste fut publié dans l’Union et sur de nombreux sites en ligne togolais. Le ton est extrêmement révérencieux et impersonnel. Le nom du fondateur du NID n’y est pas cité, car le manifeste fait un constat de l’état désastreux de la culture au Togo depuis 1958. Pourquoi alors montre-t-il son humeur ?

C’est qu’il a peur de perdre sa place. Bien entendu le ministre n’a pas le courage et le sens politique d’un Yawovi Agboyibo qui disait que « si vous vous ne pouvez pas quitter le poste de Premier ministre, il ne faut pas l’accepter ! ». Le bélier de la tribu des Madji est un homme politique au long cours, excellent avocat avec un pedigree impressionnant.

Ce n’est évidemment pas le cas de notre ministre actuel de la culture, qui est notoirement en dessous de la tâche à lui confiée -il ne faut pas avoir peur des mots- puisqu’en 24 mois au ministère, il n’est même pas capable de présenter un bilan élogieux. L’homme dont on dit proche de Faure Gnassingbé, n’est même pas capable de convaincre le Président d’une rallonge du budget de la culture. Jusqu’à présent, le poste de la culture a été un strapontin pour remercier les politiciens, et faute d’avoir un vrai ministre de la culture, la situation culturelle du pays est dans un état calamiteux. Le pays est caractérisé par un désert culturel, sans maison de la culture ni théâtre, avec des artistes aux abois vivant à la petite semaine. Le Togo est le seul de la sous-région, où il n’est donné aucune considération aux hommes de culture, qui sont connus à l’étranger, mais pas chez eux. A l’étranger, on déroule le tapis à Kangni Alem, Sami Tchak, King Mensah, Sokey Edorh, Kossi Assou, mais chez eux, ils sont justes comme le trou du c… Des noms que le cher ministre serait bien en peine de citer. A-t-il lu un seul acte du Carrefour de Kossi Efoui, l’œuvre théâtrale fondatrice du théâtre togolais ? Ou acheter un tableau du plasticien Sokey Edorh ? Pourra-t-il nous dire pourquoi King Mensah a reçu deux fois la Kora alors que les autres chanteurs togolais restent dans l’ombre. Pourra-t-il définir le mot culture et son importance pour un pays en désespérance comme le nôtre ?

Il y a tant de choses sur cette terre qui dépassent carrément les appétits financiers des politiciens. La culture a cette chose de fondamental qu’elle est la base de la superstructure d’une nation, comme parlerait un marxiste. Sans elle, aucun développement n’est possible. Car, ce sont les idées qui mènent le monde, et sans Esprit point de développement.

Alors, un ministre égoïste qui se préoccuperait de son pain quotidien et non de l’avenir du Togo dans 50 ans, n’a pas sa place à la culture. C’est pourquoi, il faut donner le ministère de la culture à un administrateur en phase avec la chose culturelle. Ceux qui manquent d’ambition peuvent aller ronger leurs pouces, ailleurs, ailleurs…

Tony Feda

 

 
 
 
 
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