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Blocage à la CENI : Le facilitateur officiellement saisi |
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En
début de semaine, le Premier ministre Yawovi Madji
Agboyibo rendait public un communiqué sur la rencontre
entre lui et la Commission électorale nationale
indépendante (CENI). Le texte ressort les difficultés qui
bloquent, depuis trois semaines, les travaux de
l'institution chargée de l'organisation et de la
supervision des législatives prochaines de 2007.
Selon une source bien informée, "on a déjà transmis au
facilitateur le document des deux points de blocage" qui
font traîner les pas à la bande à Potopéré Tozim, le
président de la CENI. Résolument divisés sur les
modalités du recensement électoral adéquat et la
confection des cartes d'électeurs "infalsifiables et
sécurisées", les membres n'en peuvent plus d'attendre.
Deux courants s'opposent : |
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le premier propose la procédure suivante :
préparation et déploiement du matériel de
recensement ; recensement dans les bureaux de vote ;
saisie des listes provisoires à la CENI ;
personnalisation des cartes d'électeurs à la CENI ;
distribution des cartes dans les bureaux de vote ;
élaboration du fichier électoral ; édition des
listes d'émargement
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le deuxième soutient la préparation et le
déploiement du matériel de recensement ;
l'enregistrement des électeurs, la saisie des noms
et la délivrance immédiate des cartes numérisées
avec photo dans les centres de vote ; l'élaboration
du fichier électoral et l'édition des listes
d'émargement.
Si
les parties siégeant à la CENI ont pu sauvegarder
jusqu'ici le consensus de la divergence, c'est qu'il
y a problème au niveau du mode de prise de décision.
Dans la lettre de l'Accord politique global (APG),
le "Règlement Intérieur destiné à régir le
fonctionnement de la CENI privilégiera le consensus
dans la prise de décisions". Un mode de travail que
décriaient quelques observateurs qui connaissent
bien l'attitude scabreuse des leaders politiques
togolais. Des politiques qui signent en bonne et due
forme un accord tout en pensant déjà aux méthodes de
blocage voire aux différentes interprétations que
cela peut engendrer. Et se résigner à les résoudre.
"Les mesures prévues par l'APG en vue de sécuriser
le recensement électoral et la confection des cartes
d'électeurs ne sont pas certes d'une application
aisée".
Aujourd'hui, il est fait appel au gouvernement. Un
vrai paradoxe quand on sait que la CENI et
l'exécutif contient les mêmes parties, à une
exception près. Par quelle alchimie ce qui n'est pas
convenu chez la première peut l'être facilement chez
le second ? La première réponse du gouvernement-
sujette à polémiques -remet la pression sur la CENI
qui doit se dépasser pour trouver le bout du tunnel
par elle-même. C'est ici que revient la lancinante
problématique : "que peut faire un facilitateur
devant l'entêtement des parties prenantes?".
Au
niveau du gouvernement, on a longtemps écarté
l'hypothèse d'un facilitateur qui ne peut rien
imposer, tout en gardant espoir que "dans les jours
à venir, une solution sera trouvée". Rappelons que
l'équipe de Yawovi Agboyibo recommande à la CENI de
prendre des "dispositions susceptibles de
sauvegarder, au jour du scrutin, la précaution
visant à assurer par la photo ou une mesure
alternative équivalente que la personne qui se
présente dans un bureau de vote avec une carte
d'électeur en est bien le titulaire". Sur la seconde
divergence, la CENI a été renvoyée à ses balades.
"Toute décision de nature à affecter le caractère
transparent et démocratique du processus électoral
doit être prise par consensus".
Pate Later |
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De
l’irresponsabilité à haute dose : La délinquance
routière a tué une adolescente hier après-midi |
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La rue vient de tuer une fois de plus. L’horrible
scène irresponsable s’est déroulée hier aux environs
de 16 heures, sur le boulevard du Mono à la hauteur
de Veronica Guest House. Une voiture Golf, roulant à
tombeau ouvert, a renversé une jeune fille d’à peine
treize ans qui rendit l’âme sur le champ. Après
l’accident, l’occupant de l’automobile, un homme de
race blanche (dont nous ignorons la nationalité) –
visiblement l’un de ces «hommes d’affaires
puissants» du Port autonome de Lomé –, prit le temps
de sortir de la voiture et, lorsqu’il s’est aperçu
qu’il venait de tuer une pauvre togolaise, reprend
rapidement son volant pour prendre la direction du
centre ville. Abandonnant le corps sans vie.
Spontanément, les riverains sont accourus et
identifient la victime dont les parents opèrent
régulièrement le long de la plage. Près d’une
dizaine de minutes plus tard, la police s’est
transportée sur les lieux et emporte le corps à
l’aide d’un taxi qui roulait par-là. |
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Aux dernières nouvelles, un autre usager roulant
dans le même sens et qui a dû suivre la scène
par-devant, s’est lancé à la poursuite du criminel
indélicat et l’a rattrapé au niveau des feux
tricolores de l’intersection du château d’eau de Bè.
Pour l’heure, nos recoupements n’ont pas permis de
savoir si le coupable a été conduit dans une unité
de police.
Le
drame, c’est qu’on ne peut pas comprendre que, sur
une voie urbaine (qui n’est point une autoroute)
contiguë à des habitations, des gens se permettent
de rouler à vive allure. De quoi éviter l’imprudence
de quelques riverains.
C’est ce que l’autre appelle la délinquance routière
à l’occasion du panel de discussions organisé par le
barreau du Togo en collaboration avec le comité des
assureurs. Ce carrefour d’échanges s’inscrit dans le
cadre de l’anniversaire de la déclaration
universelle des droits de l’homme et porte sur le
thème : «Sécurité routière, droits et libertés
individuels». |
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Note de Lecture : La Malédiction |
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Roman, Alexandre Pothin Agbétrobu, Editions Ibès
Création, août 2006, France. Prix : 16 euros
:
Alexandre Pothin Agbetrobou est un écrivain
togolais vivant en France depuis 1979 et inconnu du
public de son pays et peut-être d’ailleurs. La
Malédiction est son second roman, après un autre
roman publié, on ne s’en doute pas, en Algérie par
les Editions El Watan! |
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Voici un roman qui laisse perplexe le lecteur, du
début jusqu’à la fin, plein d’interrogations sans
réponse. La première question qui vient à l’esprit
quelques pages passées est sur quoi repose
l’ambition romanesque de l’auteur et quel est son
but ?
L’action se déroule en pays Malinké ou mandingue
mais les noms des personnages ressemblent fort à des
noms Ewé. Ce qui amène à se demander pourquoi
l’auteur dresse-t-il une fausse piste si évidente.
Le roman relate l’histoire d’un jeune homme, Yaovi,
débarqué un jour dans un village avec pour seul
patrimoine qu’une boule de drap contenant ses
affaires suspendues dans le dos. Le jeune homme s’en
va chez le chef du village et se voit attribuer une
parcelle de terres cultivables sur une colline. Les
habitants ne revoient le héros énigmatique que
pendant les cérémonies funéraires du chef
bienfaiteur. Amoureux de Afi, une belle orpheline,
il s’en va quérir fortune dans une ferme agricole
d’où il revient rapidement d’ailleurs accusé
faussement d’avoir volé un lingot, alors qu’il
connaît l’auteur du crime qu’il refuse de dénoncer.
Il se marie quand même à son amoureuse mais cette
dernière meurt d’une maladie mystérieuse qui serait
une malédiction des Malinkés, groupe ethnique dont
est membre Yaovi, mais après avoir accouché d’une
fille qui serait morte elle aussi de façon
mystérieuse après une grossesse énigmatique.
Grosso modo les mystères s’enchaînent
incompréhensibles et l’auteur n’éclaire pas pour
autant le lecteur. Tout un halo de mystères entoure
les événements et les personnages. Qui est en
réalité Yaovi, le héros ? Difficile d’entrer dans
l’histoire et la psychologie du personnage. Quelle
est la quintessence de la malédiction, tant redoutée
par les Malinkés et qui décime les proches du
héros ?
Des ambiguïtés que l’auteur n’a pas voulu éclaircir
peut-être par parti pris. Par exemple, la cérémonie
funéraire ambivalente du chef du village semble
bizarroïde où l’on voit ensemble un prêtre coutumier
et un père catholique officier successivement mais
ensemble. Est-ce de l’œcuménisme entre animisme et
religion chrétienne que prône l’auteur où s’agit-il
tout simplement d’une légèreté ?
Ancien séminariste, l’auteur a fait le choix
d’imprégner certains de ses personnages de
religiosité. Comme par exemple, le héros à qui la
vie n’aurait jamais rien offert, un damné de la
terre qui semble supporter « sa malédiction»
avec stoïcisme. Est-ce pour cela qu’il se veut
taciturne et mène une vie d’ascète ? Mais ailleurs,
on constate qu’il peut être épicurien. Son refus de
dénoncer l’auteur du vol peut-il être interpréter
comme un sentiment de porter la croix d’un autre
comme Jésus-Christ et accomplir lui aussi ses
chemins de croix ? Est-ce l’Afrique partagée entre
christianisme et animisme ?
Tant de pistes et de questions restent inachevées et
sans réponses, au point qu’à la fin on se demande
quel est alors le sujet du roman. Le lecteur reste
sur sa faim.
Finalement, il semble que l’auteur a manqué de moyen
pour restituer la quintessence littéraire de son
histoire par trop linéaire. De bout en bout, est
perceptible l’ambition de l’auteur de faire un
patchwork du Gouverneur de la Rosée de
Jacques Roumains, de l’Aventure ambiguë de
Cheikh Hamidou Kane ou du Doguicimi de Paul
Hazoumé, mais la mayonnaise n’a pas pris. En
définitive, ce roman qui se voulait peut-être
philosophique et pouvait en être un bon reste très
moyen, avec une écriture dépourvue d’ambitions.
Kassa K. |
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