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L'Union

27 Now 2006

 

[ 47: du 24 Nov 2006]  
Coopération UE –Togo : Félicitations surtout !

Le récent déplacement du chef de l’Etat en Europe a été des plus bénéfiques pour le Togo. Sur plusieurs plans. Le Togo s’est assis à la même table, à Bruxelles, que de nombreux pays africains ; il a pu s’exprimer comme rarement, depuis des années, il n’avait pu le faire. Avec un jeune président dynamique, nuancé et plein d’allant. Et surtout qui veut sortir sa terre de la crise dans laquelle l’a plongée l’Europe depuis plus de 15 ans.

Ce voyage a donné l’impression que l’isolement a, enfin, cessé. Il faut dire que les rôles du Commissaire européen, Louis Michel, et sa bonne connaissance de l’Afrique et de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et également fin stratège en matière africaine, n’y ont pas été pour rien.

Si tout n’a pas été réglé comme le souhaitaient les Togolais, le voyage a été essentiel. Reprendre ses marques au niveau international, et européen en particulier, constitue une formidable avancée et, surtout, place le pays dans les starting blocks pour les années à venir.

C’était l’un des 20 projets du candidat Faure. Il est en train de se réaliser. On peut dire que les relations se normalisent, qu’elles sortent le Togo des ornières dans lesquelles une certaine opposition locale, active auprès de certains pays européens, l’avait embourbé.

Les journées bruxelloises, du 15 au 18 novembre, organisées par les 25 Etats membres, sur le thème de la gouvernance ont été l’occasion d’échanger des idées sur les questions du bien-être politique, sur les questions sociales et politiques, non seulement des pays mais aussi des cités, d’aborder les initiatives politiques, économiques et socioculturelles.

Bref, cette réunion de Bruxelles, a permis de «positiver». Et non pas de s’enfermer dans les querelles internes et partisanes, en présence des représentants de l’Union africaine, de la Banque mondiale, du Commonwealth et de l’association Afrique Caraïbes Pacifique.

Tout le monde a noté les avancées en matière de justice, de presse, des droits humains, des accords politiques, de réconciliation, de droit constitutionnel qui garantit la stabilité du pays.

Les observateurs européens ont bien vu que la transition au Togo après le décès subit du Président Eyadema s’était passée avec le minimum de heurts par rapport à la plupart des autres pays du continent. Certes, chacun pleure ses morts, regrette les départs de quelques milliers de personnes vers des pays voisins. Mais, tout le monde peut avancer des chiffres souvent faux, des raisons fallacieuses pour expliquer cette émigration, en oubliant souvent les véritables raisons. Qui sont réelles. Il est plus facile de recevoir une aide internationale que de revenir au pays. Les européens sont maintenant convaincus de ce jeu qui les a bouleversés, il y a quelques mois, pour appuyer le retour des soi-disant réfugiés.

Reste maintenant au Togo, après ses sérieuses avancées européennes, à maintenir le cap de la bonne gouvernance, ce qui est fait, et d’élections législatives sereines, ce qui restera à faire.

C’est ainsi qu’arriveront les soldes des fonds européens, c’est-à-dire la totalité des 100 millions d’euros prévus. Cependant, il ne faut pas se leurrer, l’aide ne viendra pas aussi rapidement qu’on pourra le penser. Car, il y aura un temps fou entre la rédaction des projets et leur étude avant financements.

Kossiwa T.

 
Violences contre les enfants au Togo : Redoubler d’efforts

La violence contre les enfants est un phénomène des temps modernes. Elle a atteint son sommet dans la barbarie nazie où l’ambition odieuse d’élimination de la race juive ne sait pas arrêter devant le massacre des enfants, les innocents. De nos jours, l’Afrique constitue le cadre expérimental d’un théâtre d’une guerre d’un nouveau genre où des armées régulières et rebelles enrôlent des enfants de 10 à 18 ans et  les entraînent à la guerre, au massacre et au génocide. Dans certains cas, la plupart de ces enfants sont souvent enrôlés de force après le meurtre de leurs parents. Tandis que dans d’autres cas, drogués par leurs bourreaux, ils sont auteurs des tueries des membres de leurs propres familles. Ces formes de violences sont souvent montrées sur les médias internationaux ou nationaux.

Le 20 novembre dernier, lors de la Journée internationale pour la prévention des violences et abus envers les enfants, la plupart des organisations de la société civile ont axé leurs campagnes de sensibilisation sur les enfants en guerre. Or au Togo, pays non en guerre, existent des types de violences et d’abus sur les enfants qui, s’ils persistent, mettraient en danger l’équilibre moral de la société.

La forme la plus courante est le travail des enfants, phénomène courant à Lomé et dans le sud-est maritime du pays. Dans une région à dominance vaudoue où la traite négrière a sévi pendant des siècles et n’a cessé que vers la fin du 19ème siècle avec le début de la colonisation, force est de reconnaître que l’exploitation des enfants est partie des habitudes. Cette région est la première à fournir les jeunes filles employées comme domestiques dans des foyers à Lomé ou à l’extérieur du pays -CEDEAO et Gabon notamment- où elles sont le plus souvent victimes de mauvais traitements.

Dans le nord du Togo, notamment dans la région centrale, de la Kara et des Savanes, partie du pays qui, pour des raisons historiques, est en retard sur le sud, le travail des enfants est encore plus répandu. Exemple : dans la préfecture de l’Oti, surtout chez les peuples N’gangam, on note une forte immigration des enfants âgés de 14 à 18 ans vers le Nigeria pour travailler dans les exploitations agricoles de ce pays.

Le travail des enfants et son corollaire comme les mauvais traitements sur les enfants n’est que la partie visible de l’iceberg. Il y a d’autres formes de violences plus aigues et plus insidieuses qui passent souvent inaperçues pour certaines ou considérées comme normales pour d’autres.

En l’an 2005, l’ONG Plan-Togo a eu maille à partir avec le gouvernement d’ouverture de Edem Kodjo à la suite de la publication d’un rapport de cette institution sur les violences en milieu scolaire au nord du Togo, plus précisément dans la région centrale. Si l’on peut trouver exagéré le rapport de Plan-Togo, on comprend d’autant moins l’attitude du gouvernement d’ouverture de l’époque. Car, le phénomène existe bel et bien, même s’il tend à diminuer à certains endroits, il n’en demeure pas moins qu’il est vivace dans de nombreuses parties du pays et que la plupart du temps les victimes, leurs familles et les enseignants trouvent ces violences tout à fait normales.

Mais les formes de violences les plus répandues se passent au foyer. L’ONG GF2D et Wildaf ont publié des enquêtes dans le cadre de leurs actions. Il se révèle que les violences se produisent dans les cas où l’un des membres du couple n’est pas le parent consanguin de l’enfant, le père n’a pas de travail ou se trouve dans l’incapacité de remplir ses devoirs familiaux. Les violences corporelles sont souvent extrêmes, et cela cause des troubles psychologiques aux enfants.

Wildaf et GF2D ont également cité les abus sexuels sur les enfants qui ont lieu également dans les foyers. Les jeunes filles de 10 à 15 ans sont souvent victimes de violences sexuelles de la part de leurs géniteurs, ou des membres de leurs familles. Dans de nombreux foyers, les pères de famille exercent des abus sexuels sur leurs domestiques.

L’ennui dans le cas des violences sexuelles, c’est que l’enfant victime a souvent honte de parler du viol, sinon les parents qui ignorent totalement de porter plainte ou banalisent le problème. Cela induit des traumatismes psychologiques qui ont de lourdes conséquences sur le développement de l’Enfant.

Les problèmes de violences sur les enfants sont au coeur de toute la problématique sur la protection des droits des enfants. Notion toute occidentale qui est en train de faire son chemin et sur laquelle les ONG et les organismes publics tablent leurs actions.

Le Togo, qui a signé la plupart des conventions internationales sur la protection des droits des enfants, doit engager plus d’effort en vue de l’éradication des violences et abus sur les enfants.

Histoire : L’afro-américain, père du coton togolais

En 1900, pour développer la culture du coton au Togo en vue de satisfaire la demande de la métropole, le colonisateur allemand fit appel aux afro-américains du Tuskegee University de Booker Taliaferro Washington, la première université noire des Etats-Unis et de loin la plus célèbre.

Les Noirs américains dépêchés au chevet du coton togolais étaient dirigés par Robinson W. Robinson qui allait vouer plus tard pour le Togoland et ses habitants un amour profond, au point d’avoir projeté d’y rester au-delà de la durée de son contrat et de voyager dans d’autres contrées africaines afin de connaître les peuples desquels il est issu.

Le professeur Pierre Ali Napo, enseignant d’histoire aux universités de Lomé et de Kara, en dresse la biographie dans un opuscule en anglais titré Life and Death of John Winfried Robinson in Togo (1900-1909) (Tuskegee University Press 2001) dans le cadre du centenaire de la première université noire.

Rescapé de la noyade et des maladies tropicales qui ont décimé ses concitoyens à leur arrivée à Lomé, Robinson et le reste de ses compagnons choisirent le cercle de Misahöhe (Kpalimé) où ils installèrent leur premier champ cotonnier à Tove Dzigbe.

Au fil des années et au regard des conditions climatiques, il alla fonder la première école d’agriculture à Nuadja (Notsé) en 1904, qu’il dirigea jusqu’en 1909. L’Ecole de coton (Baumwolle Schule) allait former les 45 premiers diplômés d’agriculture au Togo que l’on dotait de moyens financiers et d’outils agricoles à la fin de la formation. Robinson avait même développé un sérieux programme du développement du coton dans la région centrale.

En 1904, le très sévère gouverneur allemand Graf von Zech, très avare en mots, fit preuve d’un rare épanchement, en félicitant Robinson devant le Kolonial-Wirtschaftliche Komitee, au cours d’un voyage à Berlin. «Monsieur Robinson accorde un intérêt particulier non seulement à l’extension et le développement du coton, mais aussi à l’introduction de méthodes rationnelles au travail  des indigènes. …. Il traite bien les indigènes et sait que son travail doit renforcer leur confiance en lui» [NDRL, c’est nous qui traduisons], écrit le gouverneur Zech. L’intégration de l’Américain fut effectivement surprenante puisque en quelques mois, il arriva à parler correctement l’éwé et à correspondre avec les populations.

Malheureusement, Robinson allait mourir le 19 juillet 1909 dans le fleuve Mono au cours d’une expédition scientifique et son corps ne fut jamais découvert, rejoignant pour ainsi dire ses autres concitoyens pour qui le séjour au Togoland fut réellement périlleux.

Pour comble du sacrifice, la Deutcher Anker co de Berlin, la compagnie d’assurance, refusa de payer sa police d’assurance-vie d’une valeur de 2.500 dollars US à sa femme. De même, considérant ses effets personnels comme dénués de valeur, le gouvernorat refusa également de les rapatrier. 

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