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Coopération UE –Togo :
Félicitations surtout ! |
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récent déplacement du chef de l’Etat en Europe a été des
plus bénéfiques pour le Togo. Sur plusieurs plans. Le
Togo s’est assis à la même table, à Bruxelles, que de
nombreux pays africains ; il a pu s’exprimer comme
rarement, depuis des années, il n’avait pu le faire. Avec
un jeune président dynamique, nuancé et plein d’allant.
Et surtout qui veut sortir sa terre de la crise dans
laquelle l’a plongée l’Europe depuis plus de 15 ans. |
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Ce
voyage a donné l’impression que l’isolement a,
enfin, cessé. Il faut dire que les rôles du
Commissaire européen, Louis Michel, et sa bonne
connaissance de l’Afrique et de José Manuel Barroso,
président de la Commission européenne, et également
fin stratège en matière africaine, n’y ont pas été
pour rien.
Si
tout n’a pas été réglé comme le souhaitaient les
Togolais, le voyage a été essentiel. Reprendre ses
marques au niveau international, et européen en
particulier, constitue une formidable avancée et,
surtout, place le pays dans les starting blocks pour
les années à venir.
C’était l’un des 20 projets du candidat Faure. Il
est en train de se réaliser. On peut dire que les
relations se normalisent, qu’elles sortent le Togo
des ornières dans lesquelles une certaine opposition
locale, active auprès de certains pays européens,
l’avait embourbé.
Les journées bruxelloises, du 15 au 18 novembre,
organisées par les 25 Etats membres, sur le thème de
la gouvernance ont été l’occasion d’échanger des
idées sur les questions du bien-être politique, sur
les questions sociales et politiques, non seulement
des pays mais aussi des cités, d’aborder les
initiatives politiques, économiques et
socioculturelles.
Bref, cette réunion de Bruxelles, a permis de
«positiver». Et non pas de s’enfermer dans les
querelles internes et partisanes, en présence des
représentants de l’Union africaine, de la Banque
mondiale, du Commonwealth et de l’association
Afrique Caraïbes Pacifique.
Tout le monde a noté les avancées en matière de
justice, de presse, des droits humains, des accords
politiques, de réconciliation, de droit
constitutionnel qui garantit la stabilité du pays.
Les observateurs européens ont bien vu que la
transition au Togo après le décès subit du Président
Eyadema s’était passée avec le minimum de heurts par
rapport à la plupart des autres pays du continent.
Certes, chacun pleure ses morts, regrette les
départs de quelques milliers de personnes vers des
pays voisins. Mais, tout le monde peut avancer des
chiffres souvent faux, des raisons fallacieuses pour
expliquer cette émigration, en oubliant souvent les
véritables raisons. Qui sont réelles. Il est plus
facile de recevoir une aide internationale que de
revenir au pays. Les européens sont maintenant
convaincus de ce jeu qui les a bouleversés, il y a
quelques mois, pour appuyer le retour des soi-disant
réfugiés.
Reste maintenant au Togo, après ses sérieuses
avancées européennes, à maintenir le cap de la bonne
gouvernance, ce qui est fait, et d’élections
législatives sereines, ce qui restera à faire.
C’est ainsi qu’arriveront les soldes des fonds
européens, c’est-à-dire la totalité des 100 millions
d’euros prévus. Cependant, il ne faut pas se
leurrer, l’aide ne viendra pas aussi rapidement
qu’on pourra le penser. Car, il y aura un temps fou
entre la rédaction des projets et leur étude avant
financements.
Kossiwa T. |
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Violences contre les enfants au Togo :
Redoubler d’efforts |
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La
violence contre les enfants est un phénomène des
temps modernes. Elle a atteint son sommet dans la
barbarie nazie où l’ambition odieuse d’élimination
de la race juive ne sait pas arrêter devant le
massacre des enfants, les innocents. De nos jours,
l’Afrique constitue le cadre expérimental d’un
théâtre d’une guerre d’un nouveau genre où des
armées régulières et rebelles enrôlent des enfants
de 10 à 18 ans et les entraînent à la guerre, au
massacre et au génocide. Dans certains cas, la
plupart de ces enfants sont souvent enrôlés de force
après le meurtre de leurs parents. Tandis que dans
d’autres cas, drogués par leurs bourreaux, ils sont
auteurs des tueries des membres de leurs propres
familles. Ces formes de violences sont souvent
montrées sur les médias internationaux ou nationaux. |
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Le
20 novembre dernier, lors de la Journée
internationale pour la prévention des violences et
abus envers les enfants, la plupart des
organisations de la société civile ont axé leurs
campagnes de sensibilisation sur les enfants en
guerre. Or au Togo, pays non en guerre, existent des
types de violences et d’abus sur les enfants qui,
s’ils persistent, mettraient en danger l’équilibre
moral de la société.
La
forme la plus courante est le travail des enfants,
phénomène courant à Lomé et dans le sud-est maritime
du pays. Dans une région à dominance vaudoue où la
traite négrière a sévi pendant des siècles et n’a
cessé que vers la fin du 19ème siècle avec le début
de la colonisation, force est de reconnaître que
l’exploitation des enfants est partie des habitudes.
Cette région est la première à fournir les jeunes
filles employées comme domestiques dans des foyers à
Lomé ou à l’extérieur du pays -CEDEAO et Gabon
notamment- où elles sont le plus souvent victimes de
mauvais traitements.
Dans le nord du Togo, notamment dans la région
centrale, de la Kara et des Savanes, partie du pays
qui, pour des raisons historiques, est en retard sur
le sud, le travail des enfants est encore plus
répandu. Exemple : dans la préfecture de l’Oti,
surtout chez les peuples N’gangam, on note une forte
immigration des enfants âgés de 14 à 18 ans vers le
Nigeria pour travailler dans les exploitations
agricoles de ce pays.
Le
travail des enfants et son corollaire comme les
mauvais traitements sur les enfants n’est que la
partie visible de l’iceberg. Il y a d’autres formes
de violences plus aigues et plus insidieuses qui
passent souvent inaperçues pour certaines ou
considérées comme normales pour d’autres.
En
l’an 2005, l’ONG Plan-Togo a eu maille à partir avec
le gouvernement d’ouverture de Edem Kodjo à la suite
de la publication d’un rapport de cette institution
sur les violences en milieu scolaire au nord du
Togo, plus précisément dans la région centrale. Si
l’on peut trouver exagéré le rapport de Plan-Togo,
on comprend d’autant moins l’attitude du
gouvernement d’ouverture de l’époque. Car, le
phénomène existe bel et bien, même s’il tend à
diminuer à certains endroits, il n’en demeure pas
moins qu’il est vivace dans de nombreuses parties du
pays et que la plupart du temps les victimes, leurs
familles et les enseignants trouvent ces violences
tout à fait normales.
Mais les formes de violences les plus répandues se
passent au foyer. L’ONG GF2D et Wildaf ont publié
des enquêtes dans le cadre de leurs actions. Il se
révèle que les violences se produisent dans les cas
où l’un des membres du couple n’est pas le parent
consanguin de l’enfant, le père n’a pas de travail
ou se trouve dans l’incapacité de remplir ses
devoirs familiaux. Les violences corporelles sont
souvent extrêmes, et cela cause des troubles
psychologiques aux enfants.
Wildaf et GF2D ont également cité les abus sexuels
sur les enfants qui ont lieu également dans les
foyers. Les jeunes filles de 10 à 15 ans sont
souvent victimes de violences sexuelles de la part
de leurs géniteurs, ou des membres de leurs
familles. Dans de nombreux foyers, les pères de
famille exercent des abus sexuels sur leurs
domestiques.
L’ennui dans le cas des violences sexuelles, c’est
que l’enfant victime a souvent honte de parler du
viol, sinon les parents qui ignorent totalement de
porter plainte ou banalisent le problème. Cela
induit des traumatismes psychologiques qui ont de
lourdes conséquences sur le développement de
l’Enfant.
Les problèmes de violences sur les enfants sont au
coeur de toute la problématique sur la protection
des droits des enfants. Notion toute occidentale qui
est en train de faire son chemin et sur laquelle les
ONG et les organismes publics tablent leurs actions.
Le
Togo, qui a signé la plupart des conventions
internationales sur la protection des droits des
enfants, doit engager plus d’effort en vue de
l’éradication des violences et abus sur les enfants. |
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Histoire : L’afro-américain, père du coton togolais |
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En 1900, pour développer la culture du coton au Togo
en vue de satisfaire la demande de la métropole, le
colonisateur allemand fit appel aux afro-américains
du Tuskegee University de Booker Taliaferro
Washington, la première université noire des
Etats-Unis et de loin la plus célèbre. |
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Les Noirs américains dépêchés au chevet du coton
togolais étaient dirigés par Robinson W. Robinson
qui allait vouer plus tard pour le Togoland et ses
habitants un amour profond, au point d’avoir projeté
d’y rester au-delà de la durée de son contrat et de
voyager dans d’autres contrées africaines afin de
connaître les peuples desquels il est issu.
Le
professeur Pierre Ali Napo, enseignant d’histoire
aux universités de Lomé et de Kara, en dresse la
biographie dans un opuscule en anglais titré
Life and Death of John Winfried Robinson in Togo
(1900-1909) (Tuskegee University Press 2001)
dans le cadre du centenaire de la première
université noire.
Rescapé de la noyade et des maladies tropicales qui
ont décimé ses concitoyens à leur arrivée à Lomé,
Robinson et le reste de ses compagnons choisirent le
cercle de Misahöhe (Kpalimé) où ils installèrent
leur premier champ cotonnier à Tove Dzigbe.
Au
fil des années et au regard des conditions
climatiques, il alla fonder la première école
d’agriculture à Nuadja (Notsé) en 1904, qu’il
dirigea jusqu’en 1909. L’Ecole de coton (Baumwolle
Schule) allait former les 45 premiers diplômés
d’agriculture au Togo que l’on dotait de moyens
financiers et d’outils agricoles à la fin de la
formation. Robinson avait même développé un sérieux
programme du développement du coton dans la région
centrale.
En
1904, le très sévère gouverneur allemand Graf von
Zech, très avare en mots, fit preuve d’un rare
épanchement, en félicitant Robinson devant le
Kolonial-Wirtschaftliche Komitee, au cours d’un
voyage à Berlin. «Monsieur Robinson accorde un
intérêt particulier non seulement à l’extension et
le développement du coton, mais aussi à
l’introduction de méthodes rationnelles au travail
des indigènes. …. Il traite bien les indigènes et
sait que son travail doit renforcer leur confiance
en lui» [NDRL, c’est nous qui traduisons], écrit
le gouverneur Zech. L’intégration de l’Américain fut
effectivement surprenante puisque en quelques mois,
il arriva à parler correctement l’éwé et à
correspondre avec les populations.
Malheureusement, Robinson allait mourir le 19
juillet 1909 dans le fleuve Mono au cours d’une
expédition scientifique et son corps ne fut jamais
découvert, rejoignant pour ainsi dire ses autres
concitoyens pour qui le séjour au Togoland fut
réellement périlleux.
Pour comble du sacrifice, la Deutcher Anker co de
Berlin, la compagnie d’assurance, refusa de payer sa
police d’assurance-vie d’une valeur de 2.500 dollars
US à sa femme. De même, considérant ses effets
personnels comme dénués de valeur, le gouvernorat
refusa également de les rapatrier.
Kassa K |
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