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Rentrée parlementaire
:
L'élection du bureau de
l'Assemblée respecte un principe directeur
Proclamés définitivement élus par la Cour
constitutionnelle dans sa décision n°E-021/07 du 30
octobre 2007, les 81 députés du nouvel hémicycle
togolais effectuent leur rentrée parlementaire le
mardi prochain à partir de 9 heures. Les reconduits
et les nouveaux élus du RPT, de l'UFC et du CAR vont
ainsi faire leur baptême de feu de la législature
des réformes. Cette première session reste celle de
l'installation des nouveaux députés, après une
lecture de la décision du juge de la
constitutionnalité des lois.
L'autre vocation majeure de la rentrée parlementaire
demeure la mise en place des différents bureaux,
notamment le bureau de l'Assemblée. Et c'est ici que
tout se raconte. Contre toute logique du règlement
intérieur qualifié à juste titre de "constitution de
l'Assemblée nationale". Tellement il régente toutes
les démarches qui y sont menés.
Par tradition, la formation des bureaux doit
toujours respecter ce qui se nomme au palais des
congrès "le principe directeur", conformément à
l'article 8 du règlement intérieur. Autrement, le
bureau de l'Assemblée, les présidents des
commissions et les bureaux des commissions sont élus
en s'efforçant de refléter la configuration
politique de l'Assemblée. Une pratique jusque-là
invisible au regard de la couleur unique des élus de
2002. "Ce serait de la mauvaise foi pour le RPT
malgré sa majorité de tout prendre, s'ils sont
d'accord sur ce principe", explique un employé de
l'Assemblée qui renchérit : "il faut d'abord
modifier le texte".
Au
début de chaque législature, le doyen d'âge de
l'Assemblée nationale après concertation avec le
président de la Cour constitutionnelle convoque la
première séance de la législature. Il la préside
jusqu'à l'élection du bureau. Les deux plus jeunes
remplissent les fonctions de secrétaires
parlementaires pour élaborer un compte rendu. Le
doyen d'âge se concerte avec les leaders des
différentes sensibilités politiques de l'Assemblée
et, ensemble, ils conviennent de l'élection du
bureau qui peut être le jour de la rentrée
parlementaire ou à une autre séance. Techniquement,
au jour et à l'heure fixés pour l'élection du
bureau, le doyen d'âge fait l'appel nominal des
députés, constate le quorum de la majorité des
membres composant l'hémicycle et ouvre la séance.
Une heure avant le moment de l'élection, les
candidatures doivent s'exprimer pour leur
enregistrement. Aux termes de l'article 12 du
règlement intérieur, "le président est élu au
scrutin uninominal secret et à la tribune, à la
majorité des membres composant l'Assemblée. Si cette
majorité n'est pas atteinte au premier tour du
scrutin, il est procédé à un deuxième tour pour
lequel l'élection est acquise à la majorité absolue
des suffrages exprimés. Au troisième tour, la
majorité relative suffit ; en cas d'égalité de
suffrages, le plus âgé est élu". Les
vice-présidents, les questeurs et les secrétaires
parlementaires sont élus par poste, au cours de la
même séance, au scrutin uninominal majoritaire à
deux tours et conformément au principe directeur.
Les candidatures à la présidence de l'Assemblée et
aux autres postes du bureau doivent être déposés au
bureau d'âge au plus tard une heure avant celle
fixée pour l'ouverture de la séance au cours de
laquelle doivent avoir lieu les élections. Si à
l'ouverture, aucune contestation n'a été soulevée,
il est procédé, sans autre formalité, au scrutin. En
cas de contestation, la séance est suspendue et le
scrutin ne peut avoir lieu qu'une heure après. Trois
scrutateurs tirés au sort au sein de l'Assemblée
dépouillent chaque scrutin ; le doyen d'âge en
proclame le résultat. A la fin des scrutins,
celui-ci invite le président de l'Assemblée ainsi
que les autres membres élus du bureau à prendre
place à la tribune.
Le
président de l'Assemblée notifie la composition du
bureau de l'hémicycle au président de la République,
au Premier ministre et au président de la Cour
constitutionnelle.
En
rappel, l'Assemblée nationale est dirigée par un
président assisté d'un bureau composé en outre de
deux vice-présidents, de deux questeurs et de deux
secrétaires parlementaires. Ils sont élus pour la
durée de la législature.
Pas de débat législatif le premier jour
C'est le point 3 de l'article premier du règlement
intérieur de l'Assemblée nationale qui pose la
règle. Aucun débat ne peut avoir lieu sous la
présidence du doyen d'âge ; il est fait exception à
ce principe pour les discussions ayant pour objet le
règlement intérieur de l'Assemblée. Concrètement,
sous la présidence du bureau provisoire, les députés
peuvent procéder à la modification du texte
fondamental de leur institution. Les attributions du
doyen d'âge se résument ainsi à la régularité de
l'élection des bureaux et la modification du
règlement.
Visiblement, les nouveaux élus doivent aller vite
pour s'attaquer à l'essentiel. Le débat de personne
doit être dépassé surtout qu'aucun texte ni principe
formalisé n'interdit à X ou Y d'occuper des postes
de responsabilité à l'hémicycle. La seule condition
reste le titre de député. Dans la foulée, on parle
d'une trentaine de textes dont plus du tiers sur la
ratification d'engagements internationaux qui doit
être attaquée par la nouvelle Assemblée. Sans
oublier le projet de loi de finances 2008
actuellement en rédaction dans les services
techniques du gouvernement.
Avant les plénières ouvertes au public, les textes
de loi sont largement mûries dans les coulisses au
sein des commissions spécialisées de l'Assemblée.
Ils leur sont affectés selon la nature du domaine
concerné. On y retrouve près les commissions des
lois constitutionnelles et de la législation de
l'administration générale, des finances, des droits
de l'homme, du développement économique et de
l'aménagement du territoire, de la défense et de la
sécurité, des relations extérieures.
Le
bureau de l'Assemblée nationale a tous pouvoirs pour
présider aux délibérations ainsi que pour organiser
et assurer la direction de ses services. Il
détermine par un règlement financier approuvé par
l'Assemblée les modalités d'exécution du budget
autonome de l'institution. Les dépenses sont réglées
par exercice budgétaire.
L'élection d'un député peut être annulée
On pourrait allègrement spéculer qu'un député
proclamé élu par la Cour constitutionnelle ne peut
être bouté hors du palais jusqu'à la fin de son
mandat. Or, l'élection d'un candidat, alors qu'au
moment de l'élection il était dans un cas
d'inéligibilité qui n'a pas été décelée, peut être
annulée à tout moment soit par saisine de la Cour
constitutionnelle par le bureau de l'Assemblée
(provisoire ou définitif), soit par l'action du
ministère public, puisque tous les candidats ont
rempli une fiche de certification des renseignements
fournis. Selon l'article 202 de la loi électorale,
"sera déchu de plein droit de la qualité de membre
de l'Assemblée nationale celui dont l'inéligibilité
sera relevée après la proclamation de l'élection, ou
qui, pendant la durée de son mandat, se trouvera
placé dans un cas d'inéligibilité prévu par la
présente loi. La déchéance est prononcée par la Cour
constitutionnelle à la requête du bureau de
l'Assemblée nationale ou du ministère public".
Sylvestre D.
Dossier : Plaidoyer de Faure au FMI et à la Banque mondiale
Le Chef de l'Etat Faure Gnassingbé effectue depuis
mercredi une visite officielle aux Etats-Unis en vue
de plaider la cause du Togo auprès des institutions
financières internationales, la Banque Mondiale et
le Fonds Monétaire International (FMI). Il pourra
également, pendant son séjour américain, négocier
auprès du ministère américain du Commerce l'entrée
de son pays au sein des pays bénéficiaires de l'AGOA.
Même si le président de la République ne reviendra
pas muni de la reprise de la coopération avec les
institutions de Bretton Woods, ce voyage aura le
mérite de faire comprendre à ces bailleurs de fonds
l'importance que revêtent ces deux institutions dans
l'économie togolaise.*
La BM absente du Togo
Depuis qu'elle a suspendu ses opérations en janvier
2002, et classé comme improductifs les emprunts du
pays en mai 2002, le dernier projet figurant encore
dans le portefeuille de la Banque Mondiale a été
clos en mars 2003. Au 25 septembre 2007, les
arriérés du Togo s'élevaient à 122 millions de
dollars. Toutefois, la Banque a continué à appuyer
le Togo à travers des travaux d'analyse et de
conseil sur les aspects essentiels liés au
développement socioéconomique du pays, dans le cadre
de l'Initiative en faveur des pays à faible revenu
en difficulté (LICUS). Aux côtés des autres
partenaires, la Banque Mondiale soutient également
les efforts menés par les autorités togolaises pour
l'élaboration du Document intérimaire de stratégie
de réduction de la pauvreté (DISRP) et les
stratégies de développement du pays dans des
domaines clés (gestion financière, réforme de la
dépense publique, énergie, santé, éducation,
environnement, agriculture et développement rural,
VIH/SIDA).
En
outre, en collaboration avec le PNUD, la Banque a
élaboré un Document de réengagement (CRN) au Togo
examiné par son Conseil le 14 décembre 2004. Ce
document vise à définir un cadre stratégique pour la
reprise des activités des bailleurs de fonds sur le
moyen terme. Dans le cadre de ce processus, la
Banque a approuvé en juillet 2005 un don du Fonds
fiduciaire d'intervention en faveur des pays à
faible revenu en difficulté d'un montant d'environ
2,7 millions de dollars au titre d'un Programme
d'urgence pour la réduction de la pauvreté (PURP),
programme d'initiatives communautaires destiné à
mettre fin à l'extrême pauvreté et à la dégradation
des indicateurs sociaux du pays. Ce programme a
financé environ 100 sous projets (écoles primaires,
centres de santé, petites infrastructures
communautaires et formation communautaire) et formé
plus de 1000 personnes aux approches communautaires
du développement et à la gestion des projets. La
phase de consolidation de ce programme a déjà été
examinée et devrait en principe être approuvée le
mois d'octobre dernier.
À
la demande du gouvernement, la Banque a commencé à
préparer une Revue des besoins en matière de
politiques de développement (DPNR). Celle-ci va
permettre une analyse intégrée mais sélective du
programme et des besoins de politiques
macroéconomiques, structurelles, sectorielles et de
gouvernance pour le Togo, au moment où ce dernier
s'apprête à renouer avec les partenaires au
développement. Le DPNR, dont une version
préliminaire est examinée avec les autorités,
devrait servir de base à une stratégie intérimaire
pour le redressement économique et l'apurement
éventuel des arriérés dus à la Banque Mondiale et à
d'autres institutions multilatérales, et la reprise
de l'aide économique accordée au Togo pour assurer
la croissance et réduire la pauvreté. Tout ceci en
étroite collaboration avec le Programme de référence
du FMI. Un autre don du LICUS est en préparation
pour soutenir l'élaboration de ce programme de
redressement économique et social.
Programme de référence du FMI au Togo
Une mission de Fonds monétaire international (FMI)
conduite par Christian Mumsen avait séjourné en
novembre 2006 au Togo afin de discuter des réformes
économiques et politiques et de négocier un
programme de suivi de celles-ci (Staff Monitored
Program-SMP) avec le gouvernement togolais. La
mission, qui a rencontré le président de la
République et le Premier ministre, a eu des
discussions constructives avec le ministre des
Finances, du budget et des privatisations, celui de
l'Economie et du développement, le directeur
national de la BCEAO et des bailleurs de fonds. La
mission avait, à l'époque, accueilli favorablement
l'engagement des autorités pour impulser des
réformes économiques et structurelles au pays afin
de favoriser une plus forte croissance et une
réduction de la pauvreté. Les autorités togolaises
avaient, de leur côté, souligné leur détermination
à mettre en application et faire aboutir le
programme de référence avec pour objectif de
maintenir la stabilité macro-économique, de
renforcer la gestion fiscale, et de renouer les
relations avec les institutions financières
internationales et les donateurs bilatéraux.
Au
cours de ce séjour, les autorités togolaises et la
mission du Fonds avaient effectivement conclu un
programme de suivi (Staff monitored Program-SMP),
d'une durée de neuf mois, allant du dernier
trimestre 2006 au premier semestre 2007. Le
programme comprend des engagements du gouvernement
concernant la gestion des dépenses publiques, la
réforme du secteur de coton et du secteur bancaire.
Il inclut également des arrangements sur les
propositions du gouvernement pour le budget 2007,
qui vise à maintenir la stabilité macro-économique
et à renforcer la bonne gouvernance, avec une
attention particulière aux infrastructures et aux
besoins sociaux de la population. La mission avait
réitéré la disponibilité du FMI à soutenir le Togo
dans ses efforts pour améliorer la croissance
économique et réduire la pauvreté par le biais d'une
politique économique saine, une aide externe plus
élevée et la réduction de la dette, ce que les
autorités togolaises considèrent comme des
éléments-clés de leur stratégie de relance à moyen
terme.
Suite à la conclusion de ce programme, une autre
équipe du Fonds a séjourné au Togo du 28 février au
13 mars dernier pour mener avec le gouvernement des
discussions dans le cadre des consultations au titre
de l'Article IV pour l'année 2007 et évaluer la
performance du pays au regard du Programme de
référence. Les discussions ont surtout porté sur la
mise en place d'une stratégie de réforme à moyen
terme pour relever le taux de croissance économique
et poser les jalons de la viabilité budgétaire et
d'une bonne position des réserves extérieures. La
mission a également abordé les mesures susceptibles
d'atténuer les risques macroéconomiques à court
terme et favoriser le rétablissement des relations
financières avec la communauté des bailleurs de
fonds.
Aux termes de leur séjour, la mission a
relevé des efforts importants accomplis par le Togo.
C'est ainsi que, s'agissant des évolutions
économiques récentes et perspectives à court terme,
le Fonds a indiqué que le Togo a amorcé une reprise
économique modeste, avec une croissance du PIB réel
de 2% en 2006 et une prévision de croissance de 3%
pour 2007. En ce qui concerne l'exécution de la
politique budgétaire, le Fonds a relevé qu'elle
s'est améliorée au second semestre de l'année 2006.
Le déficit primaire, qui a atteint 1% du PIB en
2006, a été légèrement plus élevé que les prévisions
budgétaires. Cette situation, selon la mission,
s'explique en partie par le niveau important des
dépenses discrétionnaires exécutées au moyen de
procédures exceptionnelles au premier semestre de
l'année.
Le
Fonds a par ailleurs indiqué que le budget 2007
constitue un gage à la stabilité macroéconomique en
cette année électorale, avec un recul envisagé du
déficit du solde primaire à 0,5% du PIB. "Le
redressement des finances publiques passe par
l'application de mesures visant à favoriser le
recouvrement des recettes fiscales grâce à de
nouvelles réformes de l'administration des impôts,
notamment à travers des contrôles fiscaux et
l'informatisation des services des douanes", a fait
remarquer la mission.
Le
fonds a enfin noté que l'augmentation de la masse
monétaire s'est accélérée, atteignant 22% en douze
mois à décembre 2006, en dépit des difficultés
persistantes que connaissent différentes banques.
"La monnaie fiduciaire et les dépôts
enregistreraient une croissance très rapide grâce en
partie à une forte augmentation du volume des
transferts en provenance de l'étranger et à des flux
de capitaux à court terme liés au commerce
régional", explique le Fonds.
La
mission avait fait comprendre que les principaux
défis économiques auxquels le Togo aura à faire face
sur le court terme seront d'atténuer les risques
macroéconomiques et créer les conditions propices à
des réformes économiques plus vastes. C'est pour y
parvenir qu'elle avait fait quelques
recommandations aux autorités.
Les conditions d'une reprise
La mission du Fonds monétaire international avait
suggéré au gouvernement la maîtrise des pressions
exercées sur les services fiscaux à la veille des
élections législatives afin d'atteindre les
objectifs budgétaires de 2007 et éviter une nouvelle
accumulation d'arriérés intérieurs. Pour ce faire,
il faudra mettre un terme aux procédures
exceptionnelles de dépenses, améliorer le suivi des
dépenses et renforcer l'administration fiscale. Le
Fonds avait également recommandé un suivi permanent
des facteurs responsables de la croissance de la
masse monétaire, des tensions éventuelles sur les
prix, et de la capacité du secteur bancaire à
absorber la forte augmentation de la liquidité
survenue récemment. Le FMI a demandé au gouvernement
togolais la mise en oeuvre des réformes
structurelles prioritaires afin de rétablir la
confiance et d'assurer la viabilité de la reprise
économique enregistrée récemment.
Au
nombre des mesures indispensables figurent notamment
l'audit des entreprises publiques et de la dette
intérieure, le remboursement des arriérés aux
producteurs de coton et l'amélioration de la
situation financière des banques. Le défi crucial à
moyen terme pour tout le Togo consiste à instaurer
durablement une croissance économique plus forte
après une période de 25 années marquées par le
tassement du revenu par habitant. Le Fonds estime
que l'amélioration de la situation des finances
publiques et de la gouvernance budgétaire sera
indispensable pour contenir les besoins de dépenses
dans la limite des ressources disponibles. La
mission a recommandé l'augmentation du solde
budgétaire primaire afin de dégager un excédent d'au
moins 0,75% du PIB à l'horizon 2010 pour éviter
d'accumuler de nouveaux arriérés et d'éviter de
faire appel à de nouveaux emprunts. Le redressement
des finances publiques pourrait être réalisé grâce
l'augmentation progressive des recettes budgétaires
pour atteindre 18% du PIB à l'horizon 2010, par la
poursuite des réformes destinées à renforcer
l'administration des impôts et à simplifier et
rationaliser le code fiscal et douanier, selon le
Fonds.
Il
a souligné que la stratégie de réforme de l'économie
togolaise devra s'appuyer sur une augmentation de
l'aide extérieure et un allègement global de la
dette dans le cadre de l'initiative PPTE. Le Fonds
estime que le désengagement des bailleurs de fonds
depuis une décennie a affaibli les capacités
institutionnelles de l'État, a entravé la fourniture
des services d'éducation et de santé et gravement
érodé la qualité des infrastructures publiques. Même
en se fondant sur des hypothèses très optimistes, la
réalisation des Objectifs du Millénaire pour le
Développement (OMD) nécessitera une assistance
extérieure beaucoup plus importante que ne le
prévoient les autorités. Pour le FMI, même si
l'objectif du Togo se limitait exclusivement à
augmenter le montant des dépenses sociales et
d'investissement sur financements extérieurs pour
atteindre la moyenne régionale, le pays devra
identifier un volume annuel d'assistance extérieure
équivalant à trois fois le niveau dont il a
bénéficié en 2006.
La
mission a examiné les projets du gouvernement en
matière de réforme des entreprises publiques,
notamment dans les secteurs du coton, des phosphates
et de l'électricité. Elle a insisté sur l'importance
des réformes pour la relance de l'économie et la
réduction des risques de contagion sur le budget de
l'Etat.
Au
vu des résultats, le Togo a exécuté la
quasi-totalité des recommandations du Fonds. Il a
notamment réglé tous les arriérés des cotonculteurs
et lancé deux audits (financier et stratégique) sur
la filière cotonnière. Il a en outre donné un
nouveau souffle au phosphate en dissolvant l'OTP et
l'IFG, commandé un audit sur le secteur et en
injectant près de 30 milliards de francs CFA dans le
renouvellement de l'équipement de production. La
fourniture de l'énergie s'est améliorée depuis
quelques mois. Le budget 2007 a été exécuté sans
accrocs et sans trop de d'irrégularités. Celui de
2008, en préparation avancé, a fait une part belle
aux recommandations du Fonds.
Le point majeur d'achoppement pour la conclusion
d'une Facilité pour la réduction de la pauvreté et
la croissance (FRPC) avec le Fonds et la Banque
Mondiale reste les arriérés de paiement de la dette
extérieure du Togo. Selon la FMI, la dette publique
du Togo à la fin de l'année 2006 est estimée à 2,3
milliards de dollars, soit 103% de son PIB. Quand à
la dette extérieure, elle est évaluée à 1,8 milliard
de dollars, due notamment à la Banque Mondiale et
aux créanciers du Club de Paris. Qui plus est, les
arriérés représentent, à eux seuls, plus du tiers de
ce stock de dette extérieure. Si les autorités
togolaises arrivent à faire des propositions
concrètes dans ce sens, elles pourront faire fléchir
ces bailleurs de fonds, qui sont satisfaits de la
tenue équitable des dernières élections.
K. Tchamdja
Gouvernement d'ouverture
:
Toujours la haute discrétion
Que des spéculations autour de la formation du
nouvel exécutif qu'impose la proclamation définitive
des résultats du scrutin législatif du 14 octobre.
Tout se trame dans les coulisses pour sortir
celui-là qui ne doit causer des soucis au sommet de
l'Etat. Il faut finalement attendre le retour du
chef de l'Etat…
Faure Gnassingbé a entamé depuis quelques jours des
consultations "plus discrètes" pour la nomination
d'un nouveau Premier ministre et la formation du
gouvernement d'ouverture, selon une source proche de
la présidence. Pur remake d'un principe et d'une
méthode de travail. Dans l'entourage du chef de
l'Etat, on parle plus d'efficacité dans la
discrétion pour un résultat sérieux.
La
seule certitude reste la remise de sa démission au
chef de la présidence par le Premier ministre, Madji
Agboyibo. Visiblement, le premier attend des
résultats concluants de ses consultations pour
officialiser toute acceptation de démission.
L'avocat de Kouvé peut continuer à gérer les
affaires courantes.
L'inconnu reste le fruit des dernières discussions
de Ouaga entre Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio.
Ira, ira pas ? Les responsables de l'UFC n'excluent
pas la première hypothèse. "L'UFC peut prendre part
à un gouvernement d'union nationale, mais pas à
n'importe quelles conditions. Ces conditions doivent
être clairement définies". Et c'est là le hic,
l'expression du flou des contacts politiques.
Surtout que pour Gilchrist, il faut avoir une
certaine garantie avant de se lancer dans une forme
de coopération avec ce gouvernement. "Nous ne
voulons pas qu'on nous donne un ministre de
l'Agriculture ou de la Santé qui est révoqué 3
semaines après. Ces garanties doivent être internes
et externes…". Même s'il veut faire croire qu'il
s'agit d'une question de temps : "Disons qu'on a
fait un tour d'horizon des problèmes et je crois
qu'il y a une ouverture à l'horizon, mais il est
encore trop tôt pour tirer n'importe quelle
conclusion".
Pour le facilitateur burkinabé, "Mais vous savez,
l'opposition parfois veut entrer au gouvernement
mais elle pose des conditionnalités. C'est ça qu'il
faut attendre de voir …".
En
attendant, l'idée du gouvernement d'ouverture est
maintenue et le chef de l'Etat qui réitère : "Nous
devons tous avoir à l'esprit que la longue marche
vers la réconciliation totale ne fait que commencer
et que chacun de nous devra quotidiennement aider la
nation à se retrouver".
Jean Afolabi
Football
:
Les Eperviers du Togo invités au tournoi à
quatre d’Accra du 17 au 21 novembre prochain
L'équipe nationale du Togo va participer du 17 au 21
novembre prochain à Accra au tournoi des quatre
nations destiné aux préparatifs de la Coupe
d'Afrique des Nations 2008, a-ton appris auprès des
organisateurs dudit tournoi.
Le
tournoi qui devrait normalement regrouper le Ghana,
le Bénin, le Soudan et les Emirats Arabes Unis a
connu la défection de l'équipe nationale soudanaise.
Pour remplacer ce pays, les organisateurs ont fait
appel à l'équipe nationale togolaise qui a été
éliminé le 12 octobre dernier par le Mali lors de la
dernière journée des matches qualificatifs pour la
phase finale de la Can.
Selon le calendrier établi, le tournoi débutera à
l'étape des demi-finales. Le Togo va croiser le
Bénin, alors que le Ghana se mesurera aux Emirats
Arabes unis.
Il
s'agit essentiellement pour le Ghana et le Bénin de
jauger la forme de leur sélection nationale à deux
mois de la compétition qu'abrite le Ghana et pour
laquelle le sélectionneur ghanéen Claude Le Roy se
dit dans l'obligation de gagner. " On m'a demandé
de tout faire pour… Le président de
la
République (John Kufour) m'a dit la même chose. Ils
ont aussi perdu la finale de 1992 au bout d'une
séance de tirs au but hallucinante (0-0, 11-12
contre la Côte d'Ivoire). En plus, on reçoit, on a
un léger avantage, mais une dizaine d'équipes
peuvent gagner. Ça se jouera sur des détails, c'est
pour ça que j'insiste auprès des joueurs pour qu'ils
soient très consciencieux ",
a déclaré le sélectionneur ghanéen.
Quant au Bénin qui participera à sa deuxième Can, ce
sera l'occasion pour le nouvel entraîneur Philippe
Troussier, s'il est recruté, de prendre
véritablement contact avec les joueurs et de
commencer par mettre en place une équipe capable de
défier les grosses écuries du groupe B. Selon les
autorités béninoises, en faisant appel à ce
technicien français, il s'agit d'impulser une
nouvelle manière de jouer aux joueurs béninois
devant affronter au cours de la CAN, de grandes
équipes du continent. " Le recrutement de Philipe
Troussier permettra d'impulser une nouvelle méthode
de technique aux joueurs béninois afin qu'ils soient
à la hauteur de leurs adversaires du groupe B",
ont-elles confié.
Enfin, pour les Togolais, ce tournoi à quatre
s'annonce comme une remobilisation dans l'optique
des prochaines éliminatoires combinées Can et
Mondial 2010. " Rencontrer surtout le Bénin après
le match du 17 juin que nous avons perdu 4-1 sonne
comme une revanche pour les Eperviers. Nous avons
les atouts nécessaires pour mettre fin à cet
incident de parcours ", affirme-t-on dans les
milieux de l'équipe nationale togolaise. Mais malgré
que la date de ce tournoi coincide avec les
journées Fifa, on annonce plutôt un contingent à
ossature locale.
Gilles Vévey |