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Un
parti à double vitesse : Comment les novices de l’UFC
gèrent le quotidien à la CENI |
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On a
l’impression que le parti de Gilchrist Olympio subit un
complot inouï des autres partis membres de la Commission
électorale nationale indépendante (CENI). Au regard des
tapages médiatiques dont se sont fait désormais siens les
valets locaux du leader de l’UFC. Aussi se justifie la
curiosité de pénétrer les couloirs, mieux les séances
plénières de l’institution en charge des prochaines
législatives de juin 2007. |
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L’autre erreur fatale
Nous écrivions déjà dans nos précédentes parutions
que le parti de Gilchrist Olympio n’a pas sûrement
mesuré le tort politique qu’il s’inflige en voulant
défendre son vœu de chasteté politique. A l’époque,
le parti a boycotté sa participation au gouvernement
d’union nationale sous le prétexte d’être écarté
ipso facto par la nomination du patron du Comité
d’Action pour le Renouveau (CAR) à la primature
alors même que des «engagements tenus à leur
égard» ne sont pas respectés. Une position
cavalière difficile à cerner quand on sait que,
selon l’Accord du 20 août dernier, le Gouvernement
d’Union Nationale est invité «à étudier et opter
pour l’un des deux modes de scrutin suivants
susceptibles de garantir des élections libres,
démocratiques et transparentes pour une meilleure
représentation des forces politiques à l’Assemblée
Nationale : scrutin proportionnel de liste à la plus
forte moyenne ou au plus fort reste, avec la
préfecture comme circonscription électorale ;
scrutin uninominal majoritaire à deux (2) tours».
Qu’à cela ne tienne, c’est un choix politique à
assumer.
On
en était là lorsque l’opinion au parti a voulu faire
croire que le poste de président de la CENI devait
échoir à l’UFC. Toutes les théories ont été
évoquées. La presse «acquise» en a largement
fait écho. Contre la réalité qui veut aussi que ce
soit les autres membres de la CENI qui donnent en
dernier lieu le «quitus présidentiel» entendu
sous la forme de consensus.
Vendredi 27 octobre. Après deux jours
d’introspection forcée, la CENI devait se retrouver
pour désigner son numéro 1. Et c’est le moment
choisi par le candidat du CAR (parti du Premier
ministre Yawovi Agboyibo) pour ne pas se retirer de
la course. Non inscrit sur la ligne de départ, le
représentant du gouvernement, M. Potopéré Tozim, a
été brandi et fortement soutenu par le CAR et la
CDPA. Isolé par ses traditionnelles béquilles, le
candidat Délava Jean-Claude Codjo de l’UFC a étalé
sa théorie défavorable au membre du gouvernement
avant de remettre en jeu sa propre candidature en
voulant imposer un délégué de la CDPA. Le refus de
ce dernier irrita M. Codjo qui, jusqu’ici, n’a pas
encore pardonné «la trahison». Rappelons que
c’est la CDPA qui avait proposé dans un premier
temps la candidature de l’UFC. Plus tard, les deux
envoyés de Gilchrist Olympio devaient s’accorder
avec le consensus des autres parties.
Entre-temps, une guerre sémantique avait opposé le
RPT à l’UFC. Le premier privilégiant une élection
pour désigner le président de la CENI alors que,
pour le second, «le mot élire contenu dans l’APG
peut être valablement associé au vote, à
l’acclamation ou au consensus».
En
fin de compte, les représentants de l’UFC ont boudé
toute présence dans le bureau définitif de la CENI.
L’autre erreur fatale. Car, au demeurant, les
décisions à prendre lors des séances plénières sont
discutées auparavant dans les réunions de bureau.
Ainsi, à l’épreuve, les deux membres de l’UFC se
voient imposer la volonté des autres parties, après
que les délégués dans le bureau ont fait rejaillir
les directives à suivre et le résultat attendu à
l’issue de la séance plénière.
Deux novices à l’épreuve des élections
Un
simple regard porté sur le profil des membres de la
CENI fait observer que seule l’UFC a envoyé à la
CENI des novices, mais alors de vrais profanes, en
matière électorale. En réalité, les sieurs
Améléwonou Essem Edoh (de son nom importé Eusèbe) et
Codjo Délava Jean-Claude sont à l’étape
expérimentale. Contrairement aux autres partis
politiques qui comportent au moins un ancien membre
d’une commission électorale.
Le
résultat, c’est que l’UFC est dépaysée au sein de la
CENI. En témoigne cette ironie d’un membre de la
CENI : «nous ne sommes pas là pour parler des
routes». Comme pour confirmer le fait que le
sieur Améléwonou, ancien patron de l’Agetur-Togo,
n’a nullement pris la parole pour exprimer son
opinion lors des débats. On signale que son compère
Codjo Délava, après ses revendications matinales,
finit par comprendre qu’ils sont largués dans un
monde plus technique que celui du langage électoral
où l’on requiert un travail de fourmis pour ne pas
rater un maillon du processus. Placé dans le
contexte d’une élection à haute portée devant
permettre de clarifier la position des partis
politiques et, surtout, décrocher la reprise de la
coopération avec l’Union européenne, on comprend mal
cette stratégie de l’UFC à n’envoyer que deux
retraités totalement novices. Et reconnaître que
c’est l’un de ces messieurs respectés, avec voie
délibérative, que le parti voulait imposer à la
présidence de la CENI !
A
coup sûr, il arrivera qu’au moment de passer à des
actes décisifs, le parti de Gilchrist Olympio ne
soit en mesure d’exprimer dans les termes qui
conviennent une position pourtant cruciale.
Un
parti à double vitesse
C’est l’image que donne finalement l’Union des
forces de changement (UFC). Au moment où les deux
novices se cherchent, mieux s’efforcent à apprendre
à la CENI, les dinosaures du dehors contestent ce
qui se fait entre les quatre murs de la CENI.
Faut-il conclure que les deux camps d’un même parti
se prennent finalement en vitesse ?
Comme en 2005. Ce fut une autre aventure avec le
célébrissime André Kuévi que le parti n’a plus voulu
présenter cette année. Les reproches étaient
multiples. On raconte que l’homme, qui a brillé par
son absence dans les réunions plénières, ne
réapparaissait que pour exiger ses primes. Une
attitude qui provoquait l’hilarité chez les autres.
Sylvestre D. |
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Médecine A du CHU Tokoin : Le vrai mouroir
Le
taux de la mortalité à la médecine A est passé de 3%
en 2004 à 35,5%¨en 2005. Ce sont là les propos du
nouveau ministre de la Santé, le Pr. Charles Kondi
Agba, qui s’est d’ailleurs dit «atterré par ce
taux de la mortalité à la médecine A». Il s’agit
des données effrayantes qui ne peuvent laisser
indifférents les praticiens de la médecine et
l’ensemble des citoyens.
Pour plusieurs médecins de ce service, les
déclarations du ministre ne sont qu’une vision
caricaturale de la réalité des choses. «Une
augmentation de plus de 30% du taux de décès dans un
service hospitalier et en moins d’un an, c’est un
sacrilège», a juste déclaré un médecin.
La
médecine A est ce département du CHU-Tokoin connu
sous le nom de Réa (Service de réanimation). Edifice
d’environ 50m², ce service est devenu tout
simplement un lieu d’«escale» avant la morgue. Avec
à peine une quinzaine de lits et quelques appareils
et machines datant presque de mathusalem, de
surcroît non fonctionnels, la réa recueille tous les
cas critiques et les pré morts venant de tous les
autres services (sauf pour la chirurgie). Donc un
service totalement surpeuplé avec des malades qui
traînent en grand nombre par terre, attendant
l’intervention d’un médecin surchargé et parfois
dépassé.
Selon des informations recueillies sur place, le
service de la réa ne dispose que d’un seul
tensiomètre que doivent se partager les trois (03)
médecins titulaires qui y travaillent. Ce sont ces
trois médecins qui s’occupent également de la
médecine 10 et de toutes les autres cabines du
service Médecine. Surtout qu’aujourd’hui il y a une
plus grande affluence de malades au stade Sida et
autres avec une insuffisance rénale et hépatique,
des malades presque assurés de mourir. Une forme de
fatalisme car, le personnel médical et le matériel
de travail manquent cruellement. Selon les médecins,
si la situation est telle, c’est parce que les
interventions des ONG et autres partenaires ne sont
plus ce qu’elles étaient. Ce qui crée de graves
problèmes aux malades qui manquent de moyens
financiers pour les frais d’hôpitaux et d’achat de
médicaments.
Par exemple, le coût d’une séance de dialyse –qui
peut être un traitement hebdomadaire et à vie– au
CHU-Tokoin coûte entre 35 000 et 40 000 FCFA, alors
qu’au Bénin voisin, il n’est que de 1.000 FCFA.
Tout ceci fait qu’aujourd’hui le taux de mortalité à
la médecine A varie entre 30 et 40 %, soit un écart
de 10 % et non 30 %. Dans tous les cas, que ce soit
30 ou 10 %, il y a urgence. Il faut augmenter le
nombre d’agents, trouver plus de médecins
spécialisés, mettre à leur disposition du matériel
de qualité et des moyens financiers. Et pour la
pauvre population, associer un service social pour
plus de subventions aux différents départements et
services associés pour une action plus efficiente. |
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Pêche : L’UE s’ouvre à nouveau au Togo
En
2003, le Togo avait suspendu ses exportations de
produits de pêche vers l’Union Européenne (UE). Un
manque à gagner de plus de 6 milliards de francs
Cfa. Sous menace de Bruxelles qui estimait que la
filière togolaise d’exportation de produits
halieutiques ne présentait pas de garanties de
sécurité suffisantes pour les consommateurs
européens, le gouvernement avait décidé lui-même
d’arrêter les exportations plutôt que d’être
suspendu par l’UE.
Bruxelles avait pourtant envoyé trois missions
d’inspections dans la filière sans succès. Elles
avaient toutes conclu à l’époque à l’incapacité des
acteurs togolais de la filière à intégrer les normes
sanitaires dans leurs activités. Il ne restait au
gouvernement que la seule astuce de l’auto
suspension. «Ce n’est pas facile à accepter, mais
l’auto suspension est préférable à une suspension de
l’UE. Les procédures pour la reprise sont moins
lourde», indique un expert de la Délégation de
l’UE à Lomé qui est en charge du dossier. Malgré
cette auto suspension du Togo, il a fallu tout de
même trois ans et plusieurs inspections à Bruxelles
pour enfin lever le petit doigt.
Beaucoup d’efforts ont été fournis depuis trois ans
par le Togo pour dépoussiérer la filière. Le
programme de qualité initié par l’Union Economique
et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) a apporté un
appui considérable à ce secteur. Services
vétérinaires formés, employés des sociétés
exportatrices recyclés, élaboration d’un manuel de
qualité pour les établissements à terre et en mer,
appui à deux laboratoires d’analyses, toilettage des
textes réglementaires, étude d’ingénierie de trois
bases de débarquement contrôlé, voilà les domaines
couverts par le programme de l’UEMOA qui était
achevé en décembre 2005. La filière ne s’était pas
pour autant complètement assainie comme le voulait
l’UE.
Qu’à cela ne tienne, le Togo bénéficiera trois mois
plus tard d’un autre appui, cette fois de Bruxelles.
Dénommé Srengthening Fishery Products Health
Conditions in ACP countries (SFP) (Renforcement de
l’état sanitaire des produits de pêche dans les pays
ACP), ce programme aura le mérite de parachever les
reformes. Au ministère de l’Elevage et de la Pêche,
on est peu enchanté par l’appui de l’UE. «On ne
comprend pas cette lenteur de Bruxelles à donner son
quitus au Togo pour la reprise des exportations des
produits de pêche malgré les grands efforts fournis.
Comment comprendre qu’il faut quatre mois à l’UE
pour répondre à un courrier du ministre de l’Elevage
dans cette affaire où on mélange politique et
technique. C’est parce que le Togo subi la
suspension de la coopération de l’UE que ce dossier
traîne. Sinon tout est fini depuis», indique un
cadre de ce ministère.
Mais, à la Délégation de l’UE à Lomé, on n’est pas
sur la même longueur d’onde. «Nous ne parlons pas
de politique dans ce secteur. L’arrêt de l’aide
européenne en 1994 ne concerne que l’Etat togolais
et ne visait pas le secteur privé. Nous voulons que
les entreprises continuent à exporter vers l’Europe
mais pas n’importe comment. Le café et le cacao,
bien plus importants en termes économiques, n’ont
pas cessé d’être exportés vers l’UE»,
explique-t-on à la Délégation.
Les intervenants de cette filière se réjouissent de
cette décision imminente de l’UE. Même si elle est
vidée de ses acteurs trois ans plus tard. En effet,
d’une dizaine de membres en 2003, l’Association des
exportateurs de produits de mer n’en comprend que
trois actuellement, dont SODIAL (langouste et
cigale) et YOYO (poissons fumés)... D’autres acteurs
de transformation et de négoce des produits de mer
togolais comme Crustafric, Togocrus, STPM… ont, par
contre, eu moins de chance : ils ont mis la clé sous
le paillasson.
En
2003, la flotte industrielle togolaise comptait deux
navires-usines et 11 navires congélateurs agréés.
Les exportations étaient non négligeables et se
situaient, avant la suspension, entre 6.000 et 9.000
tonnes par an pour une valeur de plus de 7 milliards
de francs. «Avec l’ouverture en vue du marché
européen, d’autres opérateurs seraient prêts à
prendre ou à reprendre une activité dans le secteur.
Des navires de la sous région seraient en rade en
attendant le fameux et l’imminent OK de Bruxelles»,
explique un opérateur. Tout porte à croire que les
déboires de la filière sont derrière elle !
Pate Later |
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