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L'Union

3 Now 2006

 

[ 44: du 3 Nov 2006]  
Un parti à double vitesse : Comment les novices de l’UFC gèrent le quotidien à la CENI

On a l’impression que le parti de Gilchrist Olympio subit un complot inouï des autres partis membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Au regard des tapages médiatiques dont se sont fait désormais siens les valets locaux du leader de l’UFC. Aussi se justifie la curiosité de pénétrer les couloirs, mieux les séances plénières de l’institution en charge des prochaines législatives de juin 2007.

L’autre erreur fatale

Nous écrivions déjà dans nos précédentes parutions que le parti de Gilchrist Olympio n’a pas sûrement mesuré le tort politique qu’il s’inflige en voulant défendre son vœu de chasteté politique. A l’époque, le parti a boycotté sa participation au gouvernement d’union nationale sous le prétexte d’être écarté ipso facto par la nomination du patron du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) à la primature alors même que des «engagements tenus à leur égard» ne sont pas respectés. Une position cavalière difficile à cerner quand on sait que, selon l’Accord du 20 août dernier, le Gouvernement d’Union Nationale est invité «à étudier et opter pour l’un des deux modes de scrutin suivants susceptibles de garantir des élections libres, démocratiques et transparentes pour une meilleure représentation des forces politiques à l’Assemblée Nationale : scrutin proportionnel de liste à la plus forte moyenne ou au plus fort reste, avec la préfecture comme circonscription électorale ; scrutin uninominal majoritaire à deux (2) tours». Qu’à cela ne tienne, c’est un choix politique à assumer.

On en était là lorsque l’opinion au parti a voulu faire croire que le poste de président de la CENI devait échoir à l’UFC. Toutes les théories ont été évoquées. La presse «acquise» en a largement fait écho. Contre la réalité qui veut aussi que ce soit les autres membres de la CENI qui donnent en dernier lieu le «quitus présidentiel» entendu sous la forme de consensus.

Vendredi 27 octobre. Après deux jours d’introspection forcée, la CENI devait se retrouver pour désigner son numéro 1. Et c’est le moment choisi par le candidat du CAR (parti du Premier ministre Yawovi Agboyibo) pour ne pas se retirer de la course. Non inscrit sur la ligne de départ, le représentant du gouvernement, M. Potopéré Tozim, a été brandi et fortement soutenu par le CAR et la CDPA. Isolé par ses traditionnelles béquilles, le candidat Délava Jean-Claude Codjo de l’UFC a étalé sa théorie défavorable au membre du gouvernement avant de remettre en jeu sa propre candidature en voulant imposer un délégué de la CDPA. Le refus de ce dernier irrita M. Codjo qui, jusqu’ici, n’a pas encore pardonné «la trahison». Rappelons que c’est la CDPA qui avait proposé dans un premier temps la candidature de l’UFC. Plus tard, les deux envoyés de Gilchrist Olympio devaient s’accorder avec le consensus des autres parties.

Entre-temps, une guerre sémantique avait opposé le RPT à l’UFC. Le premier privilégiant une élection pour désigner le président de la CENI alors que, pour le second, «le mot élire contenu dans l’APG peut être valablement associé au vote, à l’acclamation ou au consensus».

En fin de compte, les représentants de l’UFC ont boudé toute présence dans le bureau définitif de la CENI. L’autre erreur fatale. Car, au demeurant, les décisions à prendre lors des séances plénières sont discutées auparavant dans les réunions de bureau. Ainsi, à l’épreuve, les deux membres de l’UFC se voient imposer la volonté des autres parties, après que les délégués dans le bureau ont fait rejaillir les directives à suivre et le résultat attendu à l’issue de la séance plénière.

Deux novices à l’épreuve des élections

Un simple regard porté sur le profil des membres de la CENI fait observer que seule l’UFC a envoyé à la CENI des novices, mais alors de vrais profanes, en matière électorale. En réalité, les sieurs Améléwonou Essem Edoh (de son nom importé Eusèbe) et Codjo Délava Jean-Claude sont à l’étape expérimentale. Contrairement aux autres partis politiques qui comportent au moins un ancien membre d’une commission électorale.

Le résultat, c’est que l’UFC est dépaysée au sein de la CENI. En témoigne cette ironie d’un membre de la CENI : «nous ne sommes pas là pour parler des routes». Comme pour confirmer le fait que le sieur Améléwonou, ancien patron de l’Agetur-Togo, n’a nullement pris la parole pour exprimer son opinion lors des débats. On signale que son compère Codjo Délava, après ses revendications matinales, finit par comprendre qu’ils sont largués dans un monde plus technique que celui du langage électoral où l’on requiert un travail de fourmis pour ne pas rater un maillon du processus. Placé dans le contexte d’une élection à haute portée devant permettre de clarifier la position des partis politiques et, surtout, décrocher la reprise de la coopération avec l’Union européenne, on comprend mal cette stratégie de l’UFC à n’envoyer que deux retraités totalement novices. Et reconnaître que c’est l’un de ces messieurs respectés, avec voie délibérative, que le parti voulait imposer à la présidence de la CENI !

A coup sûr, il arrivera qu’au moment de passer à des actes décisifs, le parti de Gilchrist Olympio ne soit en mesure d’exprimer dans les termes qui conviennent une position pourtant cruciale.

Un parti à double vitesse

C’est l’image que donne finalement l’Union des forces de changement (UFC). Au moment où les deux novices se cherchent, mieux s’efforcent à apprendre à la CENI, les dinosaures du dehors contestent ce qui se fait entre les quatre murs de la CENI. Faut-il conclure que les deux camps d’un même parti se prennent finalement en vitesse ?

Comme en 2005. Ce fut une autre aventure avec le célébrissime André Kuévi que le parti n’a plus voulu présenter cette année. Les reproches étaient multiples. On raconte que l’homme, qui a brillé par son absence dans les réunions plénières, ne réapparaissait que pour exiger ses primes. Une attitude qui provoquait l’hilarité chez les autres.

Sylvestre D.

 

Médecine A du CHU Tokoin : Le vrai mouroir

Le taux de la mortalité à la médecine A est passé de 3% en 2004 à 35,5%¨en 2005. Ce sont là les propos du nouveau ministre de la Santé, le Pr. Charles Kondi Agba, qui s’est d’ailleurs dit «atterré par ce taux de la mortalité à la médecine A». Il s’agit des données effrayantes qui ne peuvent laisser indifférents les praticiens de la médecine et l’ensemble des citoyens.

Pour plusieurs médecins de ce service, les déclarations du ministre ne sont qu’une vision caricaturale de la réalité des choses. «Une augmentation de plus de 30% du taux de décès dans un service hospitalier et en moins d’un an, c’est un sacrilège», a juste déclaré un médecin.

La médecine A est ce département du CHU-Tokoin connu sous le nom de Réa (Service de réanimation). Edifice d’environ 50m², ce service est devenu tout simplement un lieu d’«escale» avant la morgue. Avec à peine une quinzaine de lits et quelques appareils et machines datant presque de mathusalem, de surcroît non fonctionnels, la réa recueille tous les cas critiques et les pré morts venant de tous les autres services (sauf pour la chirurgie). Donc un service totalement surpeuplé avec des malades qui traînent en grand nombre par terre, attendant l’intervention d’un médecin surchargé et parfois dépassé.

Selon des informations recueillies sur place, le service de la réa ne dispose que d’un seul tensiomètre que doivent se partager les trois (03) médecins titulaires qui y travaillent. Ce sont ces trois médecins qui s’occupent également de la médecine 10 et de toutes les autres cabines du service Médecine. Surtout qu’aujourd’hui il y a une plus grande affluence de malades au stade Sida et autres avec une insuffisance rénale et hépatique, des malades presque assurés de mourir. Une forme de fatalisme car, le personnel médical et le matériel de travail manquent cruellement. Selon les médecins, si la situation est telle, c’est parce que les interventions des ONG et autres partenaires ne sont plus ce qu’elles étaient. Ce qui crée de graves problèmes aux malades qui manquent de moyens financiers pour les frais d’hôpitaux et d’achat de médicaments.

Par exemple, le coût d’une séance de dialyse –qui peut être un traitement hebdomadaire et à vie– au CHU-Tokoin coûte entre 35 000 et 40 000 FCFA, alors qu’au Bénin voisin, il n’est que de 1.000 FCFA.

Tout ceci fait qu’aujourd’hui le taux de mortalité à la médecine A varie entre 30 et 40 %, soit un écart de 10 % et non 30 %. Dans tous les cas, que ce soit 30 ou 10 %, il y a urgence. Il faut augmenter le nombre d’agents, trouver plus de médecins spécialisés, mettre à leur disposition du matériel de qualité et des moyens financiers. Et pour la pauvre population, associer un service social pour plus de subventions aux différents départements et services associés pour une action plus efficiente.

 

Pêche : L’UE s’ouvre à nouveau au Togo
En 2003, le Togo avait suspendu ses exportations de produits de pêche vers l’Union Européenne (UE). Un manque à gagner de plus de 6 milliards de francs Cfa. Sous menace de Bruxelles qui estimait que la filière togolaise d’exportation de produits halieutiques ne présentait pas de garanties de sécurité suffisantes pour les consommateurs européens, le gouvernement avait décidé lui-même d’arrêter les exportations plutôt que d’être suspendu par l’UE.

Bruxelles avait pourtant envoyé trois missions d’inspections dans la filière sans succès. Elles avaient toutes conclu à l’époque à l’incapacité des acteurs togolais de la filière à intégrer les normes sanitaires dans leurs activités. Il ne restait au gouvernement que la seule astuce de l’auto suspension. «Ce n’est pas facile à accepter, mais l’auto suspension est préférable à une suspension de l’UE. Les procédures pour la reprise sont moins lourde», indique un expert de la Délégation de l’UE à Lomé qui est en charge du dossier. Malgré cette auto suspension du Togo, il a fallu tout de même trois ans et plusieurs inspections à Bruxelles pour enfin lever le petit doigt.

Beaucoup d’efforts ont été fournis depuis trois ans par le Togo pour dépoussiérer la filière. Le programme de qualité initié par l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) a apporté un appui considérable à ce secteur. Services vétérinaires formés, employés des sociétés exportatrices recyclés, élaboration d’un manuel de qualité pour les établissements à terre et en mer, appui à deux laboratoires d’analyses, toilettage des textes réglementaires, étude d’ingénierie de trois bases de débarquement contrôlé, voilà les domaines couverts par le programme de l’UEMOA qui était achevé en décembre 2005. La filière ne s’était pas pour autant complètement assainie comme le voulait l’UE.

Qu’à cela ne tienne, le Togo bénéficiera trois mois plus tard d’un autre appui, cette fois de Bruxelles. Dénommé Srengthening Fishery Products Health Conditions in ACP countries (SFP) (Renforcement de l’état sanitaire des produits de pêche dans les pays ACP), ce programme aura le mérite de parachever les reformes. Au ministère de l’Elevage et de la Pêche, on est peu enchanté par l’appui de l’UE. «On ne comprend pas cette lenteur de Bruxelles à donner son quitus au Togo pour la reprise des exportations des produits de pêche malgré les grands efforts fournis. Comment comprendre qu’il faut quatre mois à l’UE pour répondre à un courrier du ministre de l’Elevage dans cette affaire où on mélange politique et technique. C’est parce que le Togo subi la suspension de la coopération de l’UE que ce dossier traîne. Sinon tout est fini depuis», indique un cadre de ce ministère.

Mais, à la Délégation de l’UE à Lomé, on n’est pas sur la même longueur d’onde. «Nous ne parlons pas de politique dans ce secteur. L’arrêt de l’aide européenne en 1994 ne concerne que l’Etat togolais et ne visait pas le secteur privé.  Nous voulons que les entreprises continuent à exporter vers l’Europe mais pas n’importe comment. Le café et le cacao, bien plus importants en termes économiques, n’ont pas cessé d’être exportés vers l’UE», explique-t-on à la Délégation.

Les intervenants de cette filière se réjouissent de cette décision imminente de l’UE. Même si elle est vidée de ses acteurs trois ans plus tard. En effet, d’une dizaine de membres en 2003, l’Association des exportateurs de produits de mer n’en comprend que trois actuellement, dont SODIAL (langouste et cigale) et YOYO (poissons fumés)... D’autres acteurs de transformation et de négoce des produits de mer togolais comme Crustafric, Togocrus, STPM… ont, par contre, eu moins de chance : ils ont mis la clé sous le paillasson.

En 2003, la flotte industrielle togolaise comptait deux navires-usines et 11 navires congélateurs agréés. Les exportations étaient non négligeables et se situaient, avant la suspension, entre 6.000 et 9.000 tonnes par an pour une valeur de plus de 7 milliards de francs.  «Avec l’ouverture en vue du marché européen, d’autres opérateurs seraient prêts à prendre ou à reprendre une activité dans le secteur. Des navires de la sous région seraient en rade en attendant le fameux et l’imminent OK de Bruxelles», explique un opérateur. Tout porte à croire que les déboires de la filière sont derrière elle !

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