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Les résultats définitifs seront connus d’ici mardi
Après le jeu de ping-pong entre la Commission
électorale nationale indépendante et la Cour
constitutionnelle au sujet des résultats provisoires
de Lomé commune, ont peut s’attendre, probablement
en début de la semaine prochaine, à avoir les
résultats définitifs des législatives du 14 octobre.
En début de la semaine prochaine, les électeurs
togolais seront probablement confirmés dans leur
choix de partager les sièges du parlement entre le
Rassemblement du peuple togolais (RPT), parti
présidentiel, et l’Union des forces de changement (UFC)
de l’opposant unique. En réservant la portion
congrue au Comité d’action pour le renouveau (CAR)
du Premier ministre. La Cour constitutionnelle, de
toute vraisemblance, a choisi d’aller avec les
résultats provisoires à elle transmis par la
procédure d’urgence.
Dans les règles, dès qu’elle est saisie, la Cour
constitutionnelle proclame les résultats définitifs
des élections législatives dans un délai de 30
jours. Mais, suivant les consignes et l’impatience
de la communauté internationale, la Cour veut aller
vite.
«En cas d’urgence, la Cour est obligée de rendre sa
décision dans les huit jours. En ce qui concerne les
élections législatives, nous allons appliquer la
procédure d’urgence et proclamer les résultats
définitifs dans les 8 jours qui suivent»,
déclarait lundi soir sur la Radio mère Guy Tchougli
Nahm, juge à la Cour constitutionnelle. A la Cour on
parle même des résultats définitifs le mardi
Dans un bref communiqué, lundi, la Commission
électorale nationale indépendante (Ceni) faisait
état du transfert le même jour de son rapport et de
l’état des résultats du scrutin du 14 octobre à la
Cour constitutionnelle. Les éventuels plaignants,
notamment l’Union des forces de changement (UFC),
qui revendique près de 40 mille bulletins
« abusivement » annulés dans une dizaine de
préfectures et tous les 5 sièges de Lomé,
disposaient de 72 heures pour user de leurs recours.
Le
casse-tête
D’après nos informations, l’UFC, le RPT, L’Alliance,
l’ADDI, le PDP et une coalition de partis de
l’opposition et de candidats indépendants dans le
Dankpen ont formulé des recours. Ceux-ci vont de la
nullité des bulletins de vote à une campagne déguisé
le jour du scrutin, en passant par le nombre élevé
de procurations et l’achat de conscience.
Sur cet ensemble, la Cour constitutionnelle ne
devrait en principe pas éprouver de difficultés. La
cause a été entendue dans la plupart des
circonscriptions électorales, mis à part les cas de
bulletins nuls. Pas ceux de l’UFC, mais l’ensemble
des 191 mille bulletins nuls que la Commission
électorale estime, honnêtement, étranges. Sur ce
sujet, certains observateurs ont déjà attribué la
faute aux électeurs, peu sensibilisés à utiliser le
bulletin de vote unique avec une pléiade de
candidats.
Mais à Lomé, ce qui a fait traîné les résultats
jusqu’à 9 jours après le vote, c’est la présence de
bureaux de vote fictifs. Le terme a été
judicieusement évité par la Ceni qui, néanmoins,
note la présence de bureaux de vote qui ne se
retrouvent pas sur son propre fichier. Sinon sur le
fichier national. Autant dire, en termes plus
simples, qu’ils ont été inventés. Par qui ? On ne le
saura peut-être jamais. Que faire aussi des urnes
expédiées à la Commission électorale locale de Lomé
sans des scellés réglementaires ? Prendre la
décision courageuse d’annuler ces votes suspects,
s’ils n’influent évidemment pas sur l’attribution
des sièges ? Quitte à enfoncer le clou dans la plaie
de l’UFC. Les radicaux de l’UFC, qui ont toujours
boycotté les précédentes élections législatives
depuis 1994, avaient d’abord misé sur plus de 50
sièges à l’Assemblée nationale. Avant de réaliser
que même à Lomé, on pouvait leur ravir un siège.
Relevons tout de même que l’ensemble des
observateurs internationaux, dont l’Union
européenne, l’Union africaine et la Communauté
économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao),
ont jugé le scrutin globalement transparent, libre
et démocratique.
Jean Afolabi
Législatives du 14 octobre :
Des scores au mérite pour un vrai débat
parlementaire
Cinquante, vingt-sept, quatre et zéro. C’est le
score par ordre décroissant que les électeurs ont
attribué aux différentes listes de candidats au soir
du 14 octobre 2007. Pour le Rassemblement du Peuple
Togolais (RPT), c’est le fruit du travail d’une
seule personne, le capitaine du navire national.
Pour l’Union des forces de changement (UFC), c’est
la même chanson du disque rayé de la fraude. Le
Comité d’action pour le renouveau (CAR) se contente
de n’être pas au bas de l’échelle, même si le coup
n’a pas été remis. Quant à la Convention
démocratique des peuples africains (CDPA), à la
Convergence patriotique panafricaine (CPP), au Parti
pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) et Cie, le
peuple (encore lui !) ne comprend toujours pas le
bon message. Le Parti du renouveau et de la
rédemption (PRR) hurle que le peuple a aussi mérité
son score.
Les points de la triche ?
Le
RPT, mieux organisé, dispose de beaucoup plus de
moyens pour faire la différence. Solidement implanté
sur tout le territoire, surtout dans les bourgades
de l’hinterland –d’aucuns diront qu’elles ne
connaissent que le RPT–, plutôt fortement contesté
depuis quelques années dans la capitale, le parti
présidentiel fait sa large victoire. Un score
totalement dédié à Faure Gnassingbé. «Merci pour
votre soutien au président Faure». Ainsi,
pendant les deux semaines de charme, les candidats
(des députés reconduits) n’ont pas voulu brandir
leur bilan. L’anecdote raconte que certains ont fui
leur électorat depuis 2002 à cause d’un simple
ballon de foot revendiqué ; ailleurs, les
populations sont sevrées d’eau potable pendant
plusieurs mois par manque de 130.000 francs pour
réparer le forage du village. Pure stratégie de la
gagne. Ils se sont vite acoquinés sur le bilan des
deux ans d’ouverture et de réformes du président
Faure, même s’il s’impose que Faure reste le
président du parti. Et c’est là que les législatives
ont été plus confondues aux présidentielles. Il se
dit que les députés RPT ont triché l’élu de la
présidence qui devra fortement positiver son bilan
des trois années restantes pour février 2010.
La
victoire de l’émotion
Plus populiste qu’organisé, le parti de Gilchrist
Olympio s’est toujours refusé de croire que le Togo
ne s’arrête pas à Lomé, dans les Lacs, dans le Zio
ou dans les Plateaux. Pour certains, les affidés
locaux de l’éternel opposant s’habituent tellement
au cri qu’ils ne voient pas venir l’occasion de
fructifier l’adhésion de la masse dont ils se
réclament. C’est l’effet du mythe : le Détia
s’est toujours confondu à un vari projet de
développement de la société. Au point de croire que
la descente expéditive du leader du parti sur le
terrain était l’assurance de la victoire. Le 9
octobre, les responsables fédéraux de l’UFC Kara
n’étaient pas rassurés : ils n’ont pas compris que
leur employeur n’a fait qu’une demi-heure sur
leur stade municipal alors même qu’ils étaient
littéralement battus par le déferlement blanc de la
liste du RPT. «Même le papier que nous lui avons
préparé pour lire, il l’a rejeté», confie l’un
des organisateurs du premier meeting de Gilchrist
sur le sol de Kara. Au finish, lorsque les curieux
de Kara couraient pour voir celui-là qui dérangeait
le Vieux, l’exilé du dehors s’était déjà
rabattu sur le sud. La légende vivante Gilchrist
avait pourtant affaire à une forte partie. Comme à
Sokodé, les zémidjans ont su bien jouer le coup. A
Lomé, le populisme a fait sa loi…par émotion et
ressentiment plutôt que par comparaison des idées.
C’est ici que le vote a été faussé ; on a plus fait
croire qu’en votant «le véritable changement»,
c’est Faure qui doit quitter le pouvoir en faveur de
… Les timoniers de l’UFC ont par eux-mêmes tracé la
fausse piste en faveur de leur premier adversaire.
L’UFC est certes en position de force dans ses
bastions, sans être hégémonique.
Les voix contre les coups
Le
CAR n’a pas compris très tôt qu’il fallait parer des
coups à gauche et à droite, tout en étant à droite
et à gauche. Au point qu’il s’en sort affaibli.
Madji Agboyibo et les siens ont été surpris par les
arguments du RPT et surtout de l’UFC dont on dit
qu’elle a plus raflé ses voix. 1994 n’est pas 2007.
Le pays Ouatchi n’est plus la chasse gardée de
Elomatsimatsi. Me Apévon Dodji a dû sortir la
grande artillerie pour sauver la face. De l’autre
côté de la rive Vo vers le nord, il a fallu un Madji
pour rejeter toute tentative à pénétrer sa citadelle
imprenable de Yoto. Les grands moyens n’étaient
point négligeables et la FOSEL n’a pas vite compris
pourquoi les admirateurs du CAR arrachaient les
affiches de ceux qui menacent leurs intérêts.
Les héros du zéro pointé
Ils veulent tous croire que leur message reste le
meilleur. Le score n’est pas le baromètre. C’est un
épiphénomène du moment. Pis est, c’est la faute d’un
découpage électoral hérité de l’ère Eyadéma.
La
CPP peine à comprendre un électorat qui suit des
partis qui s’approprient les idées de son maestro.
En bon visionnaire, Edouard Kodjovi Edem Kodjo a
fabriqué le livret vert de l’ancien parti
unique…avant de laisser la porte entrouverte
lorsqu’il a été déçu. Pendant la campagne, le parti
a été honnête en restant dans le cadre strict des
arguties législatives, le moment de dire ce qu’on
peut faire aux populations en tant que député. Il
faut changer de pédagogie.
Nominée comme un parti des intellectuels, la CDPA
paie le prix de son refus de se laisser guider par
la populace. «Nous n’aimons pas trop le
spectacle». Il faut comprendre que le parti ne
se mêle pas de tout et trône au-dessus de la masse
analphabète très ingrate au moment de faire le bon
choix. La CDPA est plus un club où le calcul prime
sur tout, mieux on veut être intègre. Du coup, le
message n’est pas encore compris. Au Togo, les gens
se jettent dans les discussions politiques sans
toujours savoir pour qui on roule et ce qu’on
défend. C’est une entorse au principe sacro-saint de
la société humaine : pas d’intérêt, pas d’action.
Au
Parti démocratique panafricain (PDP), on pense trop
à la dénonciation sans se soucier des minima qui
puissent faire gagner. Simple constat : la
Commission électorale (CENI) transmettait le
vendredi 5 octobre les spécimen du bulletin unique
pour des urgences de campagne, avec cette erreur que
le logo du PDP a été maladroitement remplacé par
celui de la NDP
dans le Bassar. Le parti de Bassabi Kagbara n’a pas
immédiatement saisi la CENI, tient le 8 octobre une
conférence de presse de dénonciation à Kétao pour
finalement envoyer la requête à Lomé le 9 octobre,
alors que le scrutin a lieu le 14. Visiblement, on a
plus fait croire que tout est fait à dessein dans
une préfecture où son poids s’est révélé fortement
négligeable, au moment d’utiliser les nouvelles
technologies (téléphone, net) pour revendiquer son
droit. En campagne, l’orchestre de l’IAEC a plus
fait de bruit sonore.
Le
NID et la Nouvelle dynamique populaire (NDP) ont
vite compris que le titre de dissidents de la
branche radicale des contestataires ne donne pas
automatiquement droit au banc législatif, même dans
son propre village. Le chemin reste miné par les
grands et la NDPD (sans électorat) l’a compris en
appelant à voter pour le CAR. Et si c’est par-là
qu’il faut se glisser pour garder les couloirs de la
primature !
Le
PDR, c’est le frère siamois de la CPP, à la
différence que les moyens ont plus manqué ici pour
soutenir et concrétiser la volonté des candidats. On
savait que Zaza –affectueusement nommé
Zarifou Ayéva– ne faisait pas le poids dans son
Sokodé natal ; peut-être qu’il l’a compris bien
avant les autres par son désintéressement du
terrain. Jusqu’aux premières heures de la campagne,
rien n’était fait. Le candidat Basile Agboh n’aura
donc pas réussi à marcher «sur les traces de son
père».
L’Alliance
togolaise pour la démocratie (ATD) peut revendiquer
sa place de parti national, contrairement aux
groupes préfectoraux ou régionaux que le code
électoral devra combattre. «Chaque député est le
représentant de
la
Nation tout entière».
L’irréductible Adani Ifè avec ses 162 candidats
n’aura finalement pas provoqué la réécriture de la
carte politique nationale.
Au-delà, la recomposition de l’Assemblée nationale
répond à un souci de redonner vie à l’hémicycle avec
des débats contradictoires et constructifs qui
tiennent compte des difficultés de l’heure. Plus
est, il faudra inventer les pilules pour bâtir une
vraie nation. Les réformes institutionnelles et
constitutionnelles garantissant un réel climat
démocratique où la loi non populaire doit prévaloir
passent par-là. Cela ne doit pas être la politique
du oui et du non systématique. Par cette honorable
deuxième place, l’UFC doit faire de l’opposition
constructive et responsable, en pariant sur l’avenir
au lieu de préférer la contestation stérile.
Sylvestre D.
Législatives du 14 octobre :
Un scrutin fortement sécurisé
Les élections législatives du 14 octobre dernier se
sont déroulées. Citoyens électeurs, observateurs et
candidats ont approuvé le caractère consensuel,
crédible et efficace du déroulement du scrutin.
Malgré ce constat et toutes les mesures de
sécurisation prises, certains le contestent…quand
même.
Le processus électoral engagé dans notre
pays depuis plus d’un an et qui aura pour apothéose
la proclamation des résultats définitifs par la Cour
Constitutionnelle répond à la volonté des politiques
de gérer consensuellement les affaires de l’Etat.
C’est dans ce souci qu’ils ont créé un mécanisme de
concertation qui aura été le dialogue inter togolais
dont le couronnement fut la signature de l’Accord
Politique Global (APG). Au lendemain de ce fait
historique, le Gouvernement d’Union Nationale avec
la participation effective des principales
formations politiques sauf l’Union des Forces de
Changement, Ufc, a été mis en place avec pour ultime
mission l’organisation du scrutin législatif.
La Commission Electorale Nationale
Indépendante,Ceni, composée des membres des parties
signataires de l’Apg est resté le cadre consensuel
et inclusif qui a défini les règles générales du jeu
électoral. Le règlement des points litigieux était
confié au Comité de Suivi de l’Apg dirigé par le
Président burkinabè, Blaise Campaoré.
Ce processus électoral a été marqué par
deux innovations essentielles. Pour la première
fois, le fichier électoral issu du recensement
électoral qui, dans le temps est source de discorde,
a été jugé fiable par tous les acteurs. Le mode de
scrutin choisi, c’est-à-dire la proportionnelle à la
plus forte moyenne avec la préfecture comme
circonscription électorale semble constituer une
autre garantie de fiabilité dudit scrutin.
Malgré toutes les dispositions
consensuelles prises pour que les législatives
d’octobre soient équitables, transparentes et
acceptables par tous, il faut remarquer qu’il y a eu
des difficultés qui n’ont pas été aplanies avant le
14. Nos politiques doivent avoir le courage de
reconnaître qu’ils n’ont pas pris assez de temps
pour aménager le code électoral au mode de scrutin
choisi. A la sortie de ces élections, et au vu des
remarques faites ça et là le bulletin unique
n’a-t-il pas été un calvaire pour certains
électeurs ?
D’autres faits remarquables pour la
sécurisation et la fiabilité de ces élections auront
été le déploiement important d’observateurs civiles
et militaires, nationaux comme étrangers et la mise
à l’écart de l’armée de tout le processus.
Au cours des élections précédentes, l’armée
togolaise a joué un rôle négatif en s’interférant
dans les processus avec ce que cela peut comporter
comme bavures lorsque les hommes en treillis sont
provoqués ou peu provoqués. Aujourd’hui, c’est la
même armée qui a adopté un comportement digne d’une
armée républicaine. Un coup de chapeau à mettre à
l’actif de tous les acteurs politiques et surtout
des partenaires au développement comme l’Union
Européenne, les Etats-Unis et la Cedeao. Autant
qu’ils sont, ils ont beaucoup insisté sur le rôle
régalien de l’armée et le civisme du citoyen. C’est
ainsi qu’on a observé une vaste campagne de
sensibilisation basée sur le renforcement du respect
des droits de l’Homme et le maintien de l’ordre. La
présence d’observateurs militaires ayant pour rôle
d’alerter les structures en charge de l’organisation
du scrutin en cas de trouble a efficacement
contribué au bon déroulement du scrutin. Comment
comprendre alors les contestations de certains
candidats?
Late Pater |