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Faute de consensus… : Le gouvernement pourrait présider
la CENI |
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Les 19
membres de la CENI seront aujourd’hui à leur troisième
round de l’élection de leur président. Vendredi et mardi
derniers, la volonté et le consensus ont franchement fait
défaut à ce sujet. La solution pourrait finalement être
un représentant du gouvernement. |
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La
Commission électorale nationale indépendante (CENI)
est depuis une semaine à la recherche de son
président. Par deux fois, vendredi et mardi, le
consensus, souhaité par l’Accord politique global, a
fait défaut à l’élection de cette personnalité. Au
finish, ce sont trois représentants de l’opposition,
Henri Kolani du PDR, Délava Jean-Claude Codjo de l’UFC
et James Amaglo du CAR qui se disputent le poste.
Mardi, les membres se sont accordés 48 heures de
réflexion avant une troisième réunion ce vendredi.
Dans l’espoir de voir l’esprit de consensus
l’emporter sur ce qui ressemble à un règlement de
compte entre des partis traités de «satellites» du
RPT et la «vraie opposition». Mais rien apparemment
ne semble indiquer que les postulants ont lâché du
lest.
Le
gouvernement comme la solution
Aux dernières nouvelles, un schéma destiné à élire
un représentant du gouvernement a été proposé ce qui
pourrait finalement mettre fin à ce dialogue de
sourds. Au sein de la CENI, ils sont deux, Tozim
Potopéré et Taffa Tabiou, à représenter le
gouvernement, sans voix délibérative, bien entendu,
d’après l’accord politique global. Ce schéma a été
évoqué à la séance de mardi, sans pour autant faire
l’objet de débat. Mais il semble partagé par la
plupart des membres de la CENI, après quelques
discussions en coulisses.
Evidemment, un représentant du gouvernement à la
tête de la Commission électorale n’est pas fait pour
donner assez de crédit à cet organe en matière
d’indépendance. L’objectif, nous a-t-on expliqué,
«est d’éviter les clashs et des drames qui
pourraient amener à faire tout le temps appel au
facilitateur», explique un membre de la CENI.
Bref, c’est la seule porte de sortie aujourd’hui
offerte. Reste à savoir si elle pourra être
empruntée par tous. Il y a tout de même une
certitude : si on en est arrivé à proposer un tel
schéma, c’est qu’aucun des trois postulants au poste
de président de la CENI n’est disposé à céder sa
place à l’autre.
Conflit d’intérêt
Sauf sursaut d’orgueil, voilà l’image qu’offrent
aujourd’hui nos politiques. Pendant qu’on les
attendait sur ce qu’ils sont en mesure de faire pour
l’organisation d’élections paisibles et crédibles.
La logique voudrait que le CAR, déjà présent à
l’Exécutif par la personne de Me Yawovi Agboyibo, se
retire au profit des autres, à l’instar du RPT qui
s’est déjà retiré de la course à la présidence.
C’est fort de ce principe que l’UFC ne cesse de
revendiquer la présidence de la CENI. Mais les trois
partis de l’opposition semblent se régler de vieux
comptes.
Gilchrist Olympio et ses lieutenants, qui ne se
privent pas de décréter la coloration de leurs
collègues de l’opposition, en ont pour leur compte.
Imbus d’arrogance et d’irrespect à l’égard des
autres, ils croient que tout doit leur revenir et ne
se sont pas gênés de mener des concertations au sein
de la CENI pour se faire accorder la présidence de
la CENI par ceux qu’ils traitent injustement de
partis satellites du pouvoir. Si le débat commence
déjà ainsi, on imagine ce que sera la suite.
Afolabi Jean |
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Au-delà d’une guerre : Le fonctionnement de la CENI
déjà compromis
On
aurait cru à un retour des vieux démons de la
méfiance et de la suspicion, tant l’effet produit
par le document final du 20 août 2006 ne présageait
une morosité de la situation politique togolaise.
Depuis une semaine, les 19 membres de la Commission
électorale nationale indépendante (CENI) peinent à
se trouver leur président. Véritable spectacle
désolant, quand on sait que ce sont ceux qui crient
à une mauvaise foi du parti au pouvoir qui se
perdent dans la conjecture de s’octroyer la
présidence de l’institution chargée d’organiser et
de superviser les législatives anticipées de juin
prochain.
Le
retrait de la conscience
C’est le message qu’a fait véhiculer le parti au
pouvoir au moment où son candidat devait se retirer
de la course. Le juge Abalo Pétchélébia s’est
finalement désisté pour permettre que le président
de la CENI soit dégagé par consensus. Quoiqu’on
dise, le RPT aura montré qu’il n’est pas opportun de
bloquer le cours normal du processus électoral. La
presse peut se targuer d’avoir fait plier le
candidat du RPT par sa campagne de dénonciation et
d’alerte. Ce qui est sûr, rien n’obligeait le parti
au pouvoir à aller dans ce sens. Il a sûrement pris
conscience que l’énergie doit être déployée sur le
terrain pour prendre le dessus sur l’adversaire qui
se perd dans ses turpitudes.
Il
reste sur la ligne de départ les trois candidats de
l’opposition multiforme issus du PDR, du CAR et de
l’UFC. Ce qui n’enchante point la démarche
scientifique qui recommande qu’en ce moment
l’entente minimale soit de mise, surtout quand on se
réclame d’un même camp.
Le
flou d’un maintien
Les séances du vendredi et du mardi n’ayant pas
permis de débloquer la situation, il a été donné 48
heures aux délégations pour mieux réfléchir. Les
retrouvailles sont donc fixées sur ce jour.
Trouvera-t-on finalement l’oiseau rare ?
Au
demeurant, selon une certaine opinion, le CAR
devrait se retirer s’il ne veut pas être trop
gourmand après le fruit du succès de son Big Boss
dans la conduite du dialogue inter togolais.
Aujourd’hui, le parti a la primature et il serait
superflu de s’accrocher à la présidence de la CENI.
Une analyse que n’approuve pas le parti de Yawovi
Madji Agboyibo. C’est là que d’aucuns pensent à un
scénario de règlement de compte entre le CAR et l’UFC.
Le premier n’ayant pas encore digéré la campagne
médiatique déplacée de l’Union des forces de
changement dès la nomination de l’avocat au poste de
Premier ministre. Tandis que le second continue ses
hallucinations des «engagements non tenus»
dans le choix du Premier ministre et de la primeur
d’un vote qui doit lui être favorable «si on veut
être sérieux». Et dire que les deux partis se
réclament d’un même courant politique.
Le
PDR de «Zaza», pour sa part, entend jouer le
bras de fer jusqu’au bout. Puisqu’il est allègrement
classé comme le parti phagocyté du RPT.
Du
bordel pour demain
Tout en espérant que la séance du jour consacrera le
choix du président de la CENI, c’est une inquiétude
sur le fonctionnement de l’institution. Selon un
membre de la CENI joint au téléphone, «c’est le
consensus qui manque sur le choix du président».
Selon l’Accord du 20 août, le consensus est la
règle. «Les Parties prenantes au Dialogue
conviennent que la CENI adoptera son Règlement
Intérieur dans un esprit consensuel. Elles
conviennent également que ce Règlement Intérieur
destiné à régir le fonctionnement de la CENI
privilégiera le consensus dans la prise de
décisions».
Dans ces conditions, la CENI est déjà plombée par
ces dispositions. S’il faut une semaine à dix-neuf
membres pour trouver le consensus autour d’un simple
Président qui, de surcroît, ne peut évoluer sans
l’aval du Bureau, on se demande combien de temps de
consensus prendront les questions essentielles pour
être tranchées : contrôle de la régularité et de la
transparence du scrutin ; supervision et contrôle de
l’organisation des opérations de vote ; régularité
de la composition des bureaux de vote ;
dépouillement des bulletins de vote ; recensement
des suffrages ; conception du logiciel de saisie des
listes ; contrôle de la saisie informatique des
listes issues de la révision ou du recensement
électoral ; supervision du contrôle des opérations
de personnalisation, d’impression et de distribution
des cartes d’électeurs ; centralisation et
proclamation des résultats provisoires, … Que du
bordel pour demain si les uns et les autres n’ont
pas pris conscience que juin 2007 est déjà à nos
pieds.
Late Peter |
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La démocratie du temps : L’actuelle cour
constitutionnelle face à juin 2007
Au
rang des institutions garantissant la liberté et la
crédibilité du vote figure la cour
constitutionnelle. Au Togo, elle n’échappe pas aux
critiques du temps et des hommes. 2007 sera-t-il un
bis repetita pour la bande à Atsou Koffi Améga ?
Cette question évidente mérite d’être posée au
lendemain d’un accord politique qui réclame la
réforme des institutions républicaines.
Réforme improbable
Depuis la bourde de 2005, où l’acceptation du
serment d’un président non élu et la proclamation
des résultats non acceptés par une frange des
candidats étaient fortement contestées, la refonte
de la cour constitutionnelle version Atsou Koffi
Améga devient la préoccupation de tous les acteurs
politiques. En témoigne cette proclamation de foi
des signataires de l’accord électoral du 20 août
dernier. «…dans l’esprit du Présent Accord, les
organes compétents procèdent à la recomposition de
la Cour Constitutionnelle en veillant à ce que les
personnalités à nommer répondent aux critères de
professionnalisme, de crédibilité et d’indépendance».
Voilà une formule laconique qui prête à confusion au
moment où l’assertion populaire veut faire croire
que la recomposition de l’institution doit pouvoir
intervenir avant juin 2007. De quoi garantir des
élections à l’abri de toute critique quand il va
falloir déposer des plaintes dès le lancement du
processus électoral de toutes les attentes. Qu’à
cela ne tienne, «le contentieux des candidatures
à la députation, ainsi que les contestations
concernant les opérations de vote et la conformité
des résultats proclamés par la CENI relèvent de la
compétence de la Cour Constitutionnelle».
La
semaine passée, nous écrivions, sur la base du
parallélisme des formes, que la réforme de la cour
constitutionnelle dépend de la volonté des organes
qui l’ont créée. Ainsi, au regard de la constitution
de la IVè République telle que toilettée
en 2002, cette mission est confiée au Président de
la République, au Parlement et au Sénat. Pour les
adeptes des prérogatives constitutionnelles,
l’expression «organes compétents» n’enlève
nullement la rigueur de la règle.
A
y voir de près, on évolue vers une déception des
«jaloux des acquis» du célébrissime Atsou Koffi
Améga. L’homme peut se frotter les mains d’avoir à
décider en temps opportun du sort des plaintes
éventuelles, quand on sait que l’Accord du 20 août a
consacré le piège à cons, en ne réglant pas la
question de façon claire. Point n’est besoin de
remarquer que l’Assemblée nationale actuelle par sa
léthargie monocolore ne saurait garantir les
critères «de professionnalisme, de crédibilité et
d’indépendance». Pis est, le Sénat n’existe que
dans les textes qui l’ont créé depuis décembre 2002.
La seule volonté du Président de la République, en
tant qu’institution, ne saurait faire bouger la
donne. Tant la volonté y est.
Les acteurs impliqués sauront-ils interpréter dans
le bon sens que le «processus de réformes devra
s’inscrire dans la durée et constituer une des
priorités du Gouvernement» ?
La
chassée croisée
Telle que sauvegardée dans sa composition actuelle,
la cour constitutionnelle n’échappera pas à la
chassée croisée des critiques, même les plus atones
et les plus aphones. Surtout qu’il est difficile
pour quelques leaders de s’inscrire dans le temps.
L’opposition devra jouer sur sa lucidité pour ne pas
mélanger le sort et la régularité des scrutins. Les
reproches d’hier étant encore très vivaces dans les
états-majors qui se sont sentis spoliés. Il ne sera
pas absurde de voir des ténors de l’ordre ancien
jouer sur la faiblesse d’esprit de certains
magistrats de la Cour pour détourner le vote. Au
finish, le droit risque d’en pâtir.
C’est là un texte historique pour Atsou Koffi Améga
et Cie de dire uniquement le droit sur la base des
textes en vigueur. A César ce qui est à César et à …
La
bonne foi de la CENI
Il
restera que les membres de la Commission nationale
électorale indépendante (CENI) jouent pleinement
leur rôle et éviter de produire par médias
interposés des résultats fantaisistes contraires aux
résultats envoyés par les différents bureaux de
vote. Même s’il n’est pas superflu de défendre son
camp politique en tant que membre de la CENI. La
pratique a dû causer des dégâts par le passé. A
l’heure actuelle, aucun baromètre n’a permis de
conclure que tel fief est la chasse gardée d’un
parti ou d’un autre. Au demeurant, les partis qui
ont leurs représentants dans les bureaux de vote
doivent dépassionner le vote populaire et accepter
le verdict des urnes. Aussi défavorable soit-il.
Sylvestre D. |
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L’UFC au gouvernement : Faure Gnassingbé joue à la
prudence
Il
y a deux semaines, une délégation de l’Union des
forces de changement (UFC) conduite par son 3è vice
président Patrick Lawson a rencontré le chef de
l’Etat pour discuter de l’entrée du parti du «non à
tout» au gouvernement d’union nationale. Depuis,
rien.
Le
chef de l’Etat Faure Gnassingbé aurait-il opté pour
la prudence en ce qui concerne l’entrée de l’Union
des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio
au gouvernement de Me Yawovi Agboyibo ? Le silence
qui a suivi la rencontre du 13 octobre semble en
tout cas le confirmer. Tous avons cru à un imminent
remaniement du gouvernement de l’équipe de Me
Agboyibo, afin de faire place aux éminents membres
de l’UFC. Mais…
De
source proche de la présidence, le parti de M.
Olympio poserait des conditions à son entrée au
gouvernement, notamment la réclamation de certains
portefeuilles ministériels. Une exigence qui fait
entorse à la procédure, à en croire certaines
positions. D’autant plus que personne n’a empêché l’UFC
de participer au gouvernement, ni ne l’a obligée à
le rejoindre aujourd’hui. Le chef de l’Etat semble
être dans l’embarras : celui de faire sauter des
ministres nouvellement nommés pour des membres de l’UFC
ou de créer d’autres portefeuilles. Par ailleurs, la
nonchalance de la présidence puise son sens dans le
fait que la démarche actuelle de Patrick Lawson et
de Jean–Pierre Fabre ne se justifie pas par aucune
décision officielle du parti.
C’est publiquement que Gilchrist Olympio et sa suite
ont exprimé leur dégoût à l’égard du Premier
ministre et leur refus de participer au gouvernement
qu’il serait appelé à former. La logique aurait
voulu qu’ils procèdent de la même manière pour
approcher le gouvernement. «Jusque là, on ne sait
pas si Gilchrist Olympio voudrait réellement que son
parti participe au gouvernement d’Agboyibo»,
fait remarquer un cadre de la présidence. On se
rappelle que les deux lieutenants de M. Olympio
avaient déjà négocié en secret pour des postes dans
le futur actuel gouvernement au moment du dialogue
intertogolais à Lomé, avant de se voir opposer un
«non» catégorique de leur chef.
L’on voit mal du côté du palais de la présidence,
même si Faure Gnassingbé ne se prononce pas, de
procéder à un remaniement du gouvernement, seulement
un mois après sa mise en place, dans le seul but de
satisfaire aux caprices d’un parti qui se croit
au-dessus de tous. En réalité, on se réjouit du côté
de la Primature de ne pas voir l’UFC rentrer dans le
gouvernement, après avoir traité le Premier ministre
nommé de tous les noms de vendu. Tellement on voit
en ce parti l’objet de toutes les crises
susceptibles de faire obstacle à la bonne marche de
l’équipe dirigée par Me Agboyibo dont le seul souci
est d’organiser un scrutin paisible.
Le
duo Patrick Lawson et Jean-Pierre Fabre, qui aspire
à devenir ministre, doit s’en prendre aux turpitudes
et maladresses de son chef en exil, au lieu de faire
des boucans sur les médias pour les beaux yeux des
militants. L’UFC est en retard sur le train et n’a
d’autre choix que de laisser les autres, ceux qui
ont accepté Me Agboyibo comme Premier ministre,
travailler.
Late Pater |
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Législatives 2007 : Vers une victoire majoritaire de
l’abstention
En
début septembre, le Président Faure Gnassingbé
annonçait sur le perron de l’Elysée son vœu de voir
tenir les prochaines législatives en juin 2007.
Conformément au respect de l’engagement d’un scrutin
anticipé contenu dans les 22 engagements de
Bruxelles. Le 26 septembre, le nouveau Premier
ministre confirmait le souhait devant les députés
lors de la présentation de son programme de
gouvernement. Depuis la semaine dernière, la
nouvelle de la date du 24 juin 2007 proposée par la
Commission électorale nationale indépendante (CENI)
fait le tour des médias, même si un flou continue
d’entourer l’information.
Aujourd’hui, il est un acquis : tous s’accordent
autour du mois de juin 2007. Plus que huit mois pour
surmonter les préalables d’une élection crédible,
dira l’autre. Et les listes électorales sont encore
loin de faire l’unanimité si…
Défaut d’identité
Aux termes de l’article 51 du code électoral modifié
par la loi n° 2005-001 du 21 janvier 2005, «le
corps électoral se compose de tous les Togolais des
deux sexes, âgés de dix-huit ans accomplis,
jouissant de leurs droits civils et politiques,
inscrits sur les listes électorales et n’étant dans
aucun cas d’incapacité prévu par loi». Pis est,
«l’inscription sur la liste électorale est un
droit pour tout citoyen togolais remplissant les
conditions requises par la loi» (article 55) et
«nul ne peut refuser l’inscription sur une liste
électorale à un citoyen togolais répondant aux
conditions fixées par la présente loi…» (Article
56). Et l’article 65 de conclure : «pour
justifier son identité, l’électeur produit l’une des
pièces suivantes : passeport, carte nationale
d’identité, carte consulaire, livret de pension
civile ou militaire, livret de famille. A défaut de
l’une de ces pièces, la preuve de l’identité sera
établie après enquête initiée par la commission
administrative».
Par la pratique, des inscriptions se font par
présentation de deux témoins ou…par amitié.
En
2005, le dispositif législatif n’a pas empêché de
déclencher des contestations et des affrontements.
En réalité, les difficultés de la présidentielle y
ont trouvé leur source quand des gens capables de
voter ont eu le sentiment d’être laissés à la
touche. Il y a quelques mois, nous dégagions la
responsabilité des partis politiques dans cette
pagaille organisée. Car, contre tout bon sens, toute
la débauche d’énergie était dirigée vers des
manifestations de rue et des campagnes de soutien.
En
2005, les citoyens qui brandissaient des témoins ont
été refusés sous le prétexte – quoique bancal – que
les témoins n’en étaient pas véritablement uns. Par
moment, certains ont trouvé la manie de ramasser des
inconnus témoins juste au portail des centres de
vote. Plus loin, ce sont des responsables des
opérations de révision – tout zélés – qui exigent
que l’électeur se fasse radier d’abord dans son
ancienne circonscription de résidence. Au mépris de
la distance et des frais à générer.
Aujourd’hui encore, il se dégage que nombre de
concitoyens ne disposent pas de pièces d’identité.
Tant dans la capitale que dans les bourgades de
l’hinterland. Cela a donc fait sourire lorsque le
bureau national des femmes FAT, en tournée dans les
Plateaux, demande aux populations d’apprêter leurs
cartes d’identité pour la batille de juin 2007.
Comme s’ils en disposaient déjà. Ici et là, des
valides manquent d’actes de naissance. Mieux, ils
n’ont jamais déclenché la procédure «coûteuse»
qui donne droit aux pièces du code électoral :
passeport, carte nationale d’identité, carte
consulaire, livret de pension civile ou militaire,
livret de famille. Encore que la déclaration dans
une caisse de sécurité sociale est la chose la moins
partagée dans ces territoires perdus.
Devant ce tableau noir de l’électorat national,
c’est l’indifférence des partis politiques, toutes
tendances confondues. Les uns préfèrent positionner
les pions pour avoir la victoire. Contre vents et
marrées. Les autres souhaitent gérer les derniers
acquis et se régler les derniers comptes. Tous se
plaisent à contrôler le présent, oubliant que,
demain, ils devront courtiser la voix de leurs
militants remplissant les conditions de vote. Comme
il sera plus responsable de crier, à la fin, que la
machine à fraudes broie ses intérêts. Sans se
demander ce qu’on a pu faire pour corriger des
listes erronées de 2005. Le RPT accusait Bè,
Kodjoviakopé, Adakpamé, … L’opposition récusait le
grand nord.
Remobiliser
Quel message de remobilisation pour ressusciter le
désir de vote chez les Togolais dépités ? C’est le
casse-tête dans les couloirs du ministère de la
formation civique. Les bandes annonces d’un retour
des réfugiés se multiplient, la signature de
l’accord tripartite entre le Togo, le HCR et les
pays d’accueil des compatriotes réfugiés serait
imminente, le comité est mis sur pied pour soutenir
le travail du haut commissariat aux rapatriés et à
l’action humanitaire, le plan national de formation
civique dont on planifie déjà la mise sur chantier
vient d’être adopté à Notsè.
Résolument, c’est une affaire de tous. Surtout des
acteurs politiques qui ont plus besoin de «dolosiver»
des électeurs qui ont la tête à la chose. A défaut,
juin 2007 sera la consécration d’une élection à
haute abstention.
Afolabi Jean |
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