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L'Union

07 Oct 20077

[ 95 : du 5 Oct. 2007  

Echos de la campagne : Ça bouge dans la région de la Kara
Depuis hier, à partir de son QG sis au bar Le Mandarin, le Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD) s'est lancé à l'eau trouble des promesses électoralistes. A l'école Kara COFAC, au lycée Kara II, à l'EPC Tchaloudè,…il promet la création des micro finances et des groupements professionnels à former avec l'octroi de prêts remboursables sans intérêt, pour "permettre à d'autres d'en bénéficier" dans le processus de développement durable. C'est l'un des 4 axes de la social-démocratie que défend M. Tchana Abissoubyè, président fédéral du parti venu en renfort aux candidats en lice. Pour le MCD, le dialogue aura la vertu d'anticiper les problèmes. Un transfert de la politique ghanéenne, à en croire l'équipe de campagne pour qui "le MCD ne constituera pas un groupe isolé de diktat". Mieux, il transcendera les clivages ethniques. Ce sont la démocratie participative et le respect de la diversité. A cela s'ajoute la culture de la non-violence.

Le samedi dernier, une brève caravane devait faire connaître le parti à son potentiel électorat. Dès ce vendredi, l'équipe du candidat Badabon Atabanam tentera de dépasser la moyenne de 50 à travers les écoles de la ville de Kara. La deuxième phase du programme de campagne s'accrochera aux cantons tels Djamdè, Atchangbadè, Kpinzindè, Kouméa, Tcharè, Yadè, Pya, Lama-Bas, etc. Avec le même message : le MCD est créé pour tenir compte des préoccupations de la masse qui ne sera plus négligée. Un grand meeting au stade de Kara sifflera la fin du bal le vendredi prochain.

Dans la région, le RPT était également en ordre de bataille dans l’Assoli. Le candidat Ba'Traoré Aboubakar de la liste du Rassemblement du peuple togolais (RPT) dans la préfecture d'Assoli ne veut nullement se passer de la guerre des idées qui marque toute campagne électorale. Il répond du tic au tac aux "propos mensongers et diffamatoires" des candidats de mauvaise foi, selon son expression. Comme pour effacer l'accusation qui fait dire que le RPT n'a rien fait en presque quarante ans  d'exercice du pouvoir, le deuxième candidat préfectoral du parti présidentiel entre en démonstration, en bon enseignant : "dans tous les cas, en quarante ans, il y a la sécurité et tout ce qui existe en commençant par l'éducation nationale. De Blitta à Dapaong, il n'y avait que deux CEG et le seul lycée moderne de Sokodé". "On ne doit pas oublier la paix et la sécurité grâce au RPT. C'est parce que l'opposition a demandé et réclamé la suspension de la coopération qu'on n'a pas pu réaliser tout ce qui se raconte. Ce n'est la faute au RPT si les rues sont dans cet état", devait-il poursuivre. Avant de lancer à toutes les populations déjà rencontrées : "je suis l'homme du milieu qui connaît vos problèmes".

Le message proprement dit

C'est un bureau préfectoral du RPT organisé qui est la conquête des voix de Bafilo et environs. Avec le soutien effectif de certains membres du bureau politique et du comité central, des députés sortants, des députés suppléants sortants, des candidats à la candidature (au moment des primaires), des responsables des associations et syndicats, des bureaux cantonaux du RPT, de l'UNFT et de la JRPT, des autorités traditionnelles, administratives et religieuses.

A Daoudè, Kayali, Kalampai, Bouladè, Afidi, Soregadaga, Agbandaoudè, Bafilo et, hier, Alédjo-Kadara, Kpéwa, Kadjaloua et Kigbaléou, c'est un message à onze points :

- la culture de la paix au Togo pour une démocratie durable : le parti a toujours pris exemple sur les pays en crise ouverte ou en guerre où la tension a fragilisé le développement le bien-être des populations, principal objet de la gouvernance ; les prouesses et les propos de feu Eyadéma ont été largement rappelées.

- l'éducation et la scolarisation de la jeune fille : un vieux combat qu'a repris dans ses "vingt plus" le président Faure Gnassingbé. Dans l'Assoli, l'argument trouve son fondement dans les attitudes persistantes des familles à décourager l'avancée la fille dès son âge de prospérité intellectuelle.

- la santé pour tous : qui a plus sonné comme un contrat entre les futurs élus et des populations malades du fait de l'incapacité à se faire soigner ; il faut maintenant ramener l'infirmier du malade.

- la protection de l'environnement : ici, par l'exemple des méfaits de l'avancée croissante du désert, le RPT Assoli a cru bien jouer sur la psychologie des "faiseurs de députés".

- l'autosuffisance alimentaire : pour encourager un électorat majoritairement paysan qui veut fuir la terre qui ne nourrit plus son homme.

- le commerce : le candidat Ba'Traoré Aboubakar a suppléé son équipe pour brandir sa gestion du projet de réhabilitation  du marché de Bafilo financé par l'ambassade de France (SCAC) qui doit profiter aux commerçants et autres acteurs d'un marché de plus en plus important.

- les infrastructures : de développement socioculturel et routières pour concurrencer la seule route nationale n°1 qui traverse la localité.

- le sport et les loisirs : c'est un clin d'œil aux fans du club local (Sara Sport) qui doit être revisité pour satisfaire la deuxième religion après l'islam, le football.

Sans oublier la lutte contre la pauvreté et la lutte contre le trafic et l'exploitation des enfants dans une zone rurale où les promesses d'un mieux-être conjuguées avec la galère ambiante emportent facilement les enfants qu'on arrive pas toujours à supporter. Le RPT Assoli veut tout régler en cinq ans, tout en étant convaincu que la croix pour atteindre l'hémicycle n'est pas légère. A tous les coups, le développement des thèmes de campagne se conclut par la pratique du "Comment voter".

La stratégie reste le meeting et le porte-à-porte pour sauvegarder le nombre d'environ 500 personnes jusqu'ici obtenu sur les chemins caillouteux déjà supportés. Surtout que des prières musulmanes à la mosquée de l'Imam central de Bafilo intercalent si bien les manifestations planifiées.

L'Union des Forces du Changement quant à elle veut négocier le 2è siège de la Kozah. "Je suis confiant au vu de mon implication dans les scrutins passés. En 2005, avec toutes les magouilles orchestrées, on nous a attribué 25%. Actuellement, je négocie le deuxième siège de la Kozah, le premier étant déjà assuré. Il me faut conquérir les indécis et les aigris". C'est le point de chute d'un entretien avec le candidat BENITA Matozou de l'Union des forces de changement (UFC), au soir du meeting à Landa.

Même dominé dans le show électoraliste par le concurrent direct du parti présidentiel, les affidés locaux de Gilchrist Olympio ne se lassent de plier quotidiennement le calendrier établi des manifestations. Une grande caravane à travers la ville de Kara avec le carrefour Tomdè comme point de départ et d'arrivée, des animations à Lama Haut, Lassa Haut et Tcharè, des séances de footing dans les artères de la capitale de la préfecture de la Kozah ponctuées souvent d'un meeting à l'école primaire Tomdè, des sorties de terrain vers Landa, Soumdina Bas, Akassidè, Lassa Houdè, Saoudè et Kpédao,…se sont succédés depuis le samedi dernier, jour de l'ouverture officielle de la campagne électorale. Visiblement, c'est plus la stratégie d'une campagne de proximité que préconise l'UFC Kozah. "Au début, nous étions confrontés à la difficulté que la période coïncide avec les travaux champêtres, principale activité des villageois. Du coup, nous nous consacrons plus dans les après-midis aux petits meetings de quartiers", précise pour sa part le candidat KOLA Essodina.

Dans l'une ou l'autre stratégie, l'équipe de l'UFC veut démentir des "intentions malveillantes". "Garder le courage et voter le Détia pour un véritable changement, le vrai. Ensuite rester pacifique puisque nous sommes à une époque cruciale d'une élection déterminante. Oublier les rancœurs du passé et regarder l'avenir. Débarrassons-nous des règlements de comptes", martèle partout  le candidat BENITA Matozou qui n'oublie par pour autant un passé regrettable des manœuvres pour interdire qu'un fils kabyè puisse s'opposer au pouvoir en place. En clair, l'Union des forces de changement "n'est pas un parti ethnique et tribaliste comme on le fait croire ou on le pense". Même dans certains milieux diplomatiques.

L'UFC Kozah semble maîtriser les contours du "vrai changement" chanté depuis Lomé par sa base nationale. A Kara, il signifie "liberté d'expression, d'action et surtout liberté d'appartenir à n'importe quel groupe légal et transparence dans la gestion des biens publics". Sans passer sous silence une représentation méritée à l'Assemblée nationale. C'est un cri de cœur pour, dit-on, mettre un terme à la "nomination des députés" qui fait croire au député qu'il peut aisément abandonner son électorat durant son mandat.

Pour l'heure, la moyenne de la mobilisation de 500 militants et sympathisants -mis à part la parenthèse d'environ 250 âmes réunies le premier jour- rassure la branche locale de l'UFC qui déjà se met à prier que la venue demain samedi du leader Gilchrist Olympio à Kara pourra véritablement faire plier la foule des indécis et des aigris. A moins d'une déprogrammation de dernière minute, selon le candidat BENITA Matozou.

De notre envoyé spécial dans la région  Sylvestre D.

Le CAR boycotte la CELI Kozah
L'ambiance risque d'être électrique quand le représentant du Comité d'action pour le renouveau (CAR) à la Commission électorale locale indépendante (CELI) de la Kozah va vouloir remettre en cause certaines mesures déjà arrêtées par le démembrement de la CENI. Au palais des congrès de la ville, siège de la CELI, on signale que M. Alpha K. Gilbert vient de boycotter sa cinquième réunion du bureau dans lequel il occupe pour autant le poste de rapporteur. Une situation qui fait désigner à chaque coup un rapporteur de séance pour les procès-verbaux.

Selon un membre du secrétariat de la CELI Kozah, son dernier passage éclair remonte au début de semaine quand il était porteur d'une lettre sous la forme d'une mise au point signée par le président fédéral de son parti. "Le CAR constate avec amertume que certaines personnes prennent le vilain plaisir de déchirer les affiches de notre parti".

Pendant ce temps, un détour au QG du CAR au quartier Tomdè fait remarquer que le sieur Alpha Gilbert y bat activement campagne. Contrairement au principe qui veut que les délégués des partis politiques au sein de l'institution chargée d'organiser et de superviser le scrutin deviennent provisoirement apolitiques. Ce qui a pour effet de leur faire garder une hauteur vis-à-vis des positions politiciennes des partis qui n'entendent que des victoires à 100% pour clamer que le présent processus est transparent. Qui pourrait assumer la permanence et assurer le travail requis si tous les membres ont voulu privilégier la participation à la campagne ? Et pourtant les perdiems sont garantis. 

La FOSEL étonne la Kozah
Tous les états-majors des différentes listes de candidats dans la Kozah sont fiers du travail abattu par la Force de sécurité pour les Elections législatives 2007. Ces policiers et gendarmes, habillés en tout neuf, assument impeccablement leur rôle. On dira qu'ils ont bien appris la nouvelle leçon. "Réellement, les choses ont changé. Sur le terrain, il y a au moins qui encadrent le banc des candidats et les autres encerclent la foule", se rappelle un candidat de l'Union des forces de changement. Visiblement, on s'y attendait le moins.

Et l'autre de se plaire de ne pas oublier cette anecdote réelle vécue à Landa. Lorsque le chargé distribuait le tricot jaune du Détia à la foule des militants et sympathisants,  l'un des policiers en a pris avant de s'en dessaisir juste après. Il le jeta aussitôt en criant : "j'avais oublié que j'étais en treillis". Il a été simplement applaudi par tous ceux qui en comprenaient quelque chose.

Déroulement de la campagne à Kara Les inquiétudes de la CELI Kozah
Au moment où tous semblent régler les détails pour entrer librement sur les scènes de tromperie, le président de la CELI Kozah soulève des manquements. M. AWIDJOLO Toutourèm condamne la CENI et les partis politiques qui battent actuellement les pavés de sa circonscription territoriale. Il veut croire que la désorganisation décriée ne renforcera pas au finish son inquiétude. Alors même que le délai de consultation des listes vient d'expirer.

L'Union : Qu'est-ce qui vous fait remonter contre le déroulement de la campagne dans la Kozah ?
AWIDJOLO Toutourèm
: Non, je ne suis pas contre la campagne et son organisation. Chaque état-major organise sa campagne comme il l'entend. Tout comme tout parti politique ou chaque candidat. Mais nous en tant que la cellule chargée d'organiser et de superviser les élections, avons besoin d’un minimum d'information pour que nous puissions voir exactement ce qui se passe sur le terrain, pour que nous puissions apprécier. Comment vous pouvez imaginer que des gens sont en campagne et que la Commission électorale locale indépendante (CELI) ne soit pas au courant. Parce que nous faisons des rapports sur les activités au cours du processus électoral. Or, je ne connais pas les partis qui sont en campagne dans la Kozah. Pour deux raisons : la première, c'est que je ne sais pas les candidats qui sont retenus dans la Kozah. La seconde : je n'ai pas reçu le calendrier de ces partis.

En principe, qui devrait vous informer ?
On devrait avoir deux sources d'information. L'information relative aux candidats retenus devrait venir de notre organe maître qui est la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Pour la deuxième source, ce sont les différentes listes de candidats qui devraient nous en informer. Et pour corriger cet état de chose, nous avons très tôt fait diffuser des communiqués en ce sens. Aujourd'hui, nous avons les calendriers du MCD et du RPT.

Si je le dis, c'est parce que nous avons reçu une lettre du CAR intitulée "mise au point" dans laquelle le CAR dit "constater avec amertume que certaines personnes prennent le vilain plaisir de déchirer les affiches de notre parti". Voilà qu'on ne nous informe pas être sur le terrain et on s'empresse de nous saisir quand il y a un problème. Est-ce normal ?

Nous ne demandons pas des ballots de T-shirts. Simplement une petite information pour faire une élection dans une ambiance de convivialité et sans violence.

Lorsque vous sortez dans la rue, vous voyez le RPT qui passe et le CAR est derrière. C'est bien beau, tout le monde est dans la danse. Mais les règles du jeu doivent être respectées. Au fait, quand il y a violence, ce ne sont pas les partis politiques. C'est tel individu contre tel autre et comme tel individu appartient à tel parti, les partis politiques entrent en jeu. C'est le schéma.

L'ambiance de la campagne semble noyer les recours relatifs à la liste électorale.
Je crois que les gens sont en train d'oublier un peu l'essentiel. La CENI a passé ses communiqués et ils ont été repris par les CELI. Ces communiqués concernent l'affichage des listes électorales, les délais de recours et la procédure de recours. Seulement, il est constaté qu'il n'y a pas cet engouement autour de ces listes pour vérifier si on a son nom ou pas. Mon inquiétude réside au niveau du jour du scrutin. Les gens n'ont pas vérifié si par hasard la machine a fait une erreur. Le jour du scrutin, ce monsieur qu'on a vu autour du candidat vociférer et crier n'a pas son nom, imaginez sa réaction. Logiquement, c'est une réaction de violence. Mais cette réaction est sans fondement, sans raison parce qu'il aura été prévenu. Nul n'est censé ignorer la loi. Il faut que les gens s'exécutent rapidement.

Football : Des inspecteurs  de la Fifa visiteront le  stade  de Kégué les 26 et 27 octobre
Une  mission d'inspecteurs de la Fifa que dirige M. Bahhou Mohamed, officier des Stades et de Sécurité de la Fifa va visiter les installations du stade de Kégué les 26 et 27 octobre prochain. Il s'agit d'une visite destinée à s'assurer auprès des responsables de football que les mesures éditées dans le cadre de l'amélioration des installations du Stade de Kégué en novembre 2006 par une précédente mission ont été traduites dans les faits, indique-t-on de sources généralement bien informées.

La précédente mission dirigée par MM. Walter Gagg, Directeur des stades et de sécurité des installations de la Fifa et Bologi Ojo, assistant au directeur du Sport de la même institution qui avait visité les mêmes installations le 13 décembre 2006 avait au cours de cette visite d'inspection  fait des recommandations aux responsables du football togolais, notamment en ce qui concerne l'amélioration de l'état de la pelouse du stade de Kégué, l'organisation de la sécurité à travers les fouilles, les cas d'urgence, les plans d'évacuation, le parking et les infrastructures donnant accès au stade. Le tout exécuté avant le 30 avril 2007. Au cas où les installations de Kégué ne répondront pas aux garanties requises pour les rencontres disputées au niveau des équipes nationales, malgré les travaux, l'équipe nationale togolaise disputera ses rencontres à domicile à l'extérieur dans un pays voisin, notamment à Cotonou au Bénin ou à Accra au Ghana.

Les nouvelles visites d'inspection font partie d'un concept de sécurité mis en place par le président de la Fifa Sepp Blatter. " L'objectif  consiste à réduire, voire interdire les situations regrettables de fait accompli ", a précisé Blatter. Ainsi jusqu'à fin 2007, des inspecteurs des stades de la Fifa vont répertorier et évaluer l'état de toutes les structures impliquées dans l'organisation des matches préliminaires de la Coupe du monde 2010.

La mission de M. Bahhou Mohamed est la troisième du genre après les incidents intervenus le 10 octobre 2004 lors de la 5e journée des éliminatoires combinées Can et Mondial 2006 entre le Togo et le Mali, faisant quatre victimes dont 1 Malien et 8 blessés. Selon les conclusions des enquêtes diligentées par le gouvernement togolais, la gigantesque bousculade était due à " une coupure d'électricité quelques minutes après le coup de sifflet final du match " que les Togolais ont difficilement gagné sur un score étriqué de 1-0.

Outre le stade de Kégué de Lomé, les stades  du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal et de la Guinée, tous des pays de la sous région sont visés par les inspecteurs de la Fifa.

Environ 870 matches sont prévus dans le calendrier des éliminatoires de la Coupe du monde 2010.

Gilles Vévey

 

 
 
 
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