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Echos de la campagne dans toutes les régions
Région Maritime
Par Jean Afolabi, Envoyé spécial
Lomé
L’UFC veut sauver le Togo
Le Togo serait au bord du gouffre. C’est du moins ce que l’on doit
comprendre de l’Union des forces de changement (UFC)
qui, selon les propres mots de son leader Gilchrist
Olympio, « se bat pour sauver le peuple togolais de
la dictature (…)». L’idée est contenue dans Le
Manifeste, programme du parti, remis à Lomé dès
vendredi matin à la presse dans un boucan des grands
retours au pays du patron.
Dans la confusion qui a entouré
l’interprétation du début de la campagne à minuit ou
à zéro heure, l’Union des forces de changement (UFC),
toujours en solitaire, a fini par imposer sa logique
en démarrant en trombe dans la matinée du vendredi
28 septembre 2007. Contre un décret présidentiel qui
imposait le samedi 29 septembre 20007 à zéro heure.
Et pour cause. Il y avait Le Manifeste à remettre
dans la circulation qui, d’après le secrétaire
général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre, est «la
somme des préoccupations politiques ainsi que des
besoins de prospérité pour chacun et de progrès pour
tous…». Le Manifeste se définit en trois temps :
celui du développement humain, qui vise la
réalisation du bien-être de tous ; celui des
équilibres macro-économiques et des activités des
secteurs de production et de services de croissance
; et enfin celui de l’établissement d’un
environnement favorable à un développement durable
et partagé.
On comprend ici par développement humain
l’amélioration des conditions économiques et
sociales des citoyens par une politique de
développement centrée sur l’être humain. Il inclut
notamment la formation permanente de l’individu, sa
santé, son niveau de vie et sa liberté. La lutte
contre la pauvreté est le levier de ce
développement, en mettant en œuvre les huit
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)
définis en 2000 par les Nations unies. Notons qu’à
l’UFC, on totalise plus de 60% le nombre de Togolais
qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Bien
entendu, cela ne peut se faire sans procurer de
l’emploi et des moyens d’existence décents aux
hommes et femmes.
Au volet développement économique, l’UFC
prône le libéralisme. Le parti demeure convaincu en
ce sens que l’entreprise privée stimule la
concurrence et la créativité, et, par voie de
conséquence, permet d’atteindre un plus grand degré
d’efficacité et de productivité. Entre autres
objectifs, le parti de l’opposant radical table sur
une stabilité macro-économique, une croissance forte
et durable, une politique vigoureuse
d’industrialisation… une promotion de l’artisanat.
Quant à l’environnement favorable au
développement, il a pour objet une mise en œuvre
optimale des projets sociaux et économiques. Cela
sous-tend, pour l’UFC, la mise au point des
questions communautaires, administratives,
territoriales, juridiques, politiques, de science
et de technologie, de respect des droits de l’homme,
etc. Au finish, les populations doivent jouir de
leur propre prise en charge, cet exercice de la
démocratie participative reconnu par la Constitution
d’octobre 1992.
Avant d’en arriver là, le principal parti
de l’opposition propose des mesures prioritaires par
le scénario d’une table ronde de concertation entre
les politiques et la société civile, afin de
s’entendre sur un minimum de lois jugées
prioritaires. En particulier : le renforcement de la
sécurité publique et d’un Etat de droit, la réforme
de l’armée en concertation avec les échelons
hiérarchiques, dans le but d’en faire une force
véritablement républicaine, l’armistice des
infractions à caractère politique, l’organisation
des réfugiés, un plan de contrôle et de sauvetage
des institutions démocratiques, la restauration des
structures sanitaires…
Dans le Zio,
La CDPA, «
la
force émergeante
»
La Convention démocratique des peuples africains
(CDPA) du professeur-ministre Léopold Gnininvi veut
se faire compter parmi les favoris du prochain
scrutin législatif. Pour preuve, le parti a fait le
plein de représentativité, positionnant des
candidats dans toutes les 31 circonscriptions, dont
Zio.
Absente des précédents scrutins législatifs
pluralistes qui ont meublé la tumultueuse histoire
politique de ce petit Togo depuis le début des
années 90, la Convention démocratique des peuples
africains (CDPA, opposition), signataire de l’Accord
politique global du 20 juin 2006, semble avoir
apprécié le juste enjeu des élections législatives
du 14 octobre. Avec le Rassemblement du peuple
togolais (RPT) et le Comité d’action pour le
renouveau (CAR), le parti est l’une des rares
formations à avoir présenté des candidats pour tous
les 81 sièges au Parlement. Notamment pour les trois
sièges de la circonscription électorale de Zio.
En
tête d’une liste de six gros garçons, Pascal Komlan
Adoko, ingénieur de son état, compte sur la «force
émergeante» de son parti dans une localité où
l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist
Olympio a la côte. «La
CDPA est une force émergeante. On fait peur dans le
Zio»,
déclarait dimanche à L’Union Pascal Adoko, convaincu
des résultats d’un travail fait en profondeur depuis
des années «pour rattraper le retard». «Le
CAR a une popularité qui s’effrite ;
la
CDPA va tirer son épingle du jeu»,
ajoute-il par ailleurs, quitte à grappiller quelques
voix au parti du Premier ministre Yawovi Agboyibo.
Le
porte-à-porte
Pascal Komlan Adoko, qui se préparait
dimanche à lancer dès le lendemain sa meute à la
conquête de l’électorat du Zio, a échafaudé une
stratégie en deux temps : le porte-à-porte et les
grands rassemblements. Il y a au total 212 villages
et hameaux recensés à visiter en huit jours par la
CDPA. Un marathon. Objectif : porter le message et
convaincre la population de l’avantage à porter son
choix sur le parti du professeur Gnininvi. Celui de
«libérer enfin l’avenir en levant l’hypothèque
politique sur notre pays depuis 40 ans», affirme
Pascal Adoko. Il s’agit, précise-t-il, de «restituer
le pouvoir d’Etat à la population», ce pouvoir
qui se trouverait «seulement dans certains salons»,
afin de donner son sens à chaque vote. Le même
message sera réitéré au cours de meetings ciblés
dans les gros centres du Zio : Tsévié, Agbélouwé,
Mission Tové, Gapé, Kpomé, etc.
Trois grands chantiers
L’hypothèque levée, bien entendu par une
victoire de la CDPA, il s’agira ensuite d’ouvrir
trois grands chantiers : la citoyenneté politique,
la citoyenneté économique et la solidarité
nationale. Dans le premier cas, les habitants se
doivent de se considérer comme citoyens ayant des
droits. Et les institutions seront respectueuses des
populations à servir, explique Pascal Adoko. Il
estime, dans le second cas, que l’économie togolaise
échappe aux citoyens de ce pays. La CDPA aura pour
mission, entre autres, de «rendre le citoyen
responsable de la prospérité économique de son pays».
En
dernier lieu, le parti de Léopold Gnininvi envisage
de faire partager la richesse entre les Togolais. «Il
y en a qui ne peuvent pas se payer un repas par
jour, pendant que la richesse est confisquée par
certains pôles. Il faut répartir la richesse»,
soutient Pascal Adoko. La particularité de la
préfecture de Zio, comme partout ailleurs, est le
chômage ambiant. Et la conduite de taxi-moto devient
la voie de recours «Pour un parti d’obédience
socialiste comme
la
CDPA, ce n’est pas responsable. Le chômage est
inacceptable»,
dit-il.
En matière de solidarité nationale, la CDPA
insiste sur la contribution de l’armée au
développement. L’idée n’est pas de créer forcément
une armée de métier, mais d’impliquer l’armée dans
l’exécution de projet de développement et de
construction de la nation. Soit. Reste aux électeurs
de faire le choix, par la pertinence des programmes
des candidats.
Dans le Zio, la CDAP doit affronter, le 14 octobre,
des adversaires de taille tels l’UFC, le RPT et le
CAR, mais aussi une ATD omniprésente sur l’ensemble
du territoire.
Région des Plateaux
Par K. Tchamdja, Envoyé spécial
Campagne aux allures communales
Trois jours après le début de la campagne électorale
pour les prochaines législatives, l’ambiance est
loin de celle escomptée. Surtout pour des
élections qualifiées de stratégiques et capitales
pour le processus de démocratisation et de la
relance économique.
Mis à part quelques randonnées à motos, à pieds et
plus rarement en voitures de jeunes drapées des
t-shirts et autres gadgets aux couleurs de leurs
partis dans les rues, les populations, surtout des
grandes villes, ne semblent pas montrer un
engouement avéré à ces joutes électorales. Il faut
aussi dire que les états-majors des partis en lice
n’ont pas prévu de meetings dans ces villes
jusqu’ici. Que ce soit à Notsè, à Atakpamé, à Anié,
à Amlamé que nous avons sillonnés le week-end et
hier, tout est morose. Les candidats préfèrent tous
commencer dans les villages et gros hameaux d’abord
pour finir en apothéose en ville.
Hier matin à Amlamé, chef lieu de la
préfecture de l’Amou, au quartier général de la
CDPA, c’était l’envoi en mission des équipes de
campagne. En zemidjan et à pied, des jeunes de ce
parti s’adonnaient à cœur à cette aventure. Quelques
instants plutôt, ils avaient écouté les dernières
consignes de la tête de liste dans la préfecture,
François Kpakpo. « Nous leur avons demandé de
délivrer notre message aux populations. »,
explique-il. Le message de la CDPA à ses électeurs
de la zone se résume en quatre points essentiels :
le relèvement des prix des produits agricoles par
l’adoption d’un nouvel instrument de mesure (le kg
plutôt que les bols) sur toute l’étendue, la
gratuité de l’école jusqu’en 3è pour les garçons et
jusqu’en terminale pour les filles, l’assurance
maladie généralisée pour toute la population et les
personnes résidant régulièrement au Togo, l’adoption
d’un plan d’assainissement de l’environnement dans
toutes préfectures et la revalorisation de la
jeunesse. « Nous avons mis nos motos au service
du parti parce que nous croyons qu’il peut nous
sortir de la misère dans laquelle nous sommes depuis
longtemps », se justifie Aboèno, enseignant à
Amou-Oblo.
Quelques km de là, c’est la NDP qui a fait
escale dans le petit village d’Adina.
Conduite par Nebadi Yaovi, tête de liste dans la
préfecture de l’Amou, la délégation a plus expliqué
aux villageois l’idéologie du parti en jouant la
carte de proximité. « Le parti est crée par un de
vos vaillants fils, actuellement ministre. C’est
pour développer la région et apporter sa
contribution au développement du pays. Votez pour
nous, vos enfants. Nous serons à votre écoute.
Puisque ce qui vous concerne nous interpelle. »
Les quelques villageois invités sont, eux, plus
concentrés sur les foulards et T-shirts griffés NDP
qui sont entreposés dans le bus des candidats que
sur le message délivré. Lassé d’attendre, un
escogriffe édenté a, lui, simplement voulu arracher
le foulard du cou du chairman pendant son speech.
Pour éviter le pire on lui en a rapidement trouvé. «
Ce sont nos grands frères. Ils nous ont demandé
de les soutenir et nous le faisons. Quand ils seront
élus, ils pourront réhabiliter notre route »,
explique ce jeune leader du village qui s’évertuait
à coller les affiches NDP sur les cases le long du
village. La question de route préoccupe les
villageois au plus haut point. « Pour faire les
18
km qui sépare Atakpamé d’Amlamé, il faut au moins
une heure. Tellement il y a des ravins sur la route
qui, rappelons-le, date de l’époque coloniale. On
nous a dit que l’UE va débloquer les fonds pour ces
routes avant la fin de l’année. Et nous espérons
»,
explique cet instituteur qui ne veut soutenir aucun
parti pour l’instant.
Sur cette route qui ressemble plutôt à une
piste de Rallye, et deux villages après Adina, c’est
un camion chargé de chaises en plastique qui
s’activait sur la place publique pour préparer le
terrain à un meeting. Les occupants visiblement
fiers de leur tâche, pensent sûrement « accompagner
» le processus électoral à leur manière. Même si
c’est pour rendre service à un parti et non aux
candidats d’un parti. Difficile mais important
travail de sensibilisation des futurs députés en
vue !
La
politique de ses moyens
A 7km d’Atakpamé, au lieudit de Dzréké,
ce sont les candidats du CAR de l’Ogou qui
animaient ce lundi midi le village. Devant une
quarantaine de badauds rassemblés dans la cour de
l’école primaire publique en ruine, trois des six
candidats sur la liste s’évertuaient à vanter le
mérite de leur parti. Non sans démagogie. « C’est
un secret que je vous livre. L’Inde a déposé 500
milliards de francs à
la
BAD pour notre pays. Une bonne partie de ce montant
servira à acheter des tracteurs pour vous si vous
votez pour le parti d’Agboyibo. Car c’est lui seul
qui peut faire débloquer ces fonds.
» Ainsi parlait un membre de la délégation du CAR.
Avant d’ajouter : « Une femme enceinte pendant
plus de 40 ans, ce n’est pas maintenant qu’il va
accoucher. Même s’il arrivait qu’elle accouche, ce
sera un enfant bizarre. Si le RPT pendant 40 ans n’a
rien fait ce n’est pas maintenant qu’il fera ce
qu’il vous promet. Aidez Agboyibo à continuer le
travail qu’il a entamé à la tête du gouvernement en
votant massivement pour son parti ».
Après avoir sillonné Akparé et les villages
situés sur la route du barrage de Nagbéto à une
vingtaine de km de d’Atakpamé, la liste RPT
Ogou a atterri hier en début d’après-midi à
Datcha. Ville industrielle d’antan pour avoir
abrité l’industrie textile qui porte son nom, Datcha
a souffert des événements malheureux d’avril 2005.
Arrivée dans un long cortège de 4x4, la bande à
Boukpessi Essoyaba, ex-vice président de la FTF a,
devant environ 150 personnes promis de peser de tout
son poids pour rouvrir l’usine textile de Datcha. «
Si vous votez pour moi, pour le RPT, nous ferons
de Datcha à nouveau une ville industrielle », a
lâché Boukpessi épaulé par l’ancien Premier ministre
Koffi Sama et l’incontournable Major Kouloum. «
Nous attendions cette délégation de pied ferme. Et
c’est comme s’ils avaient lu dans nos cœurs. Toute
la population espère vraiment que l’usine va
redémarrer. Celui qui peut faire ça c’est le RPT
puisqu’il connaît bien déjà l’affaire. Ce sera une
simple continuité », confie Adjôh, ancien
dessinateur de l’usine de Datcha.
Mais avant cette promesse des candidats RPT,
Datcha a vécu un événement important. Les
responsables de tous les partis politiques de la
localité se sont retrouvés, avant le meeting du RPT
pour sceller leur réconciliation devant les
populations toutes enthousiastes prises à témoin.
Pour pérenniser cet accord, ils ont mis en place un
bureau de coordination et de réconciliation dirigé
par le pasteur de l’Eglise des Assemblées de Dieu de
Datcha. « Nous sommes tous fils de ce milieu. Et
ce n’est pas la politique qui va nous détruire. On
peut ne pas militer dans le même parti mais les
questions de développement de notre milieu restent
les mêmes et nous interpellent tous. », explique
le représentant local de la CPP. « C’est comme
ça que nous devons faire la politique désormais.
Dans la paix et la compréhension pour l’avancement
de Datcha », rappelle ce vieux notable,
visiblement très ému, à un groupe de jeunes
arborant les T-shirts de l’UFC.
A 18 km au sud de Wahala, la liste
UFC de Haho a donné rendez-vous aux
populations de Koudjossahoé. Conduite par le
candidat Adah Etsè, la délégation du « jaune » a
expliqué aux villageois massivement sortis pour
l’écouter les grandes lignes de son programme. «
En ce qui concerne les questions de santé, nous
proposons de réhabiliter les centres de santé
existants, d’en construire d’autres et de les
équiper. Nous attendons revoir à la baisse le coût
des prestations sanitaires pour les populations.
Pour les écoles, nous comptons construire de
nouveaux bâtiments et former plus encore les
enseignants. Nous prévoyons réhabiliter vos routes
et en construire d’autres », a expliqué le
candidat. En ce qui concerne l’énergie, il a indiqué
que son parti attend développer l’énergie solaire
pour la mettre à la disposition des populations les
plus reculées. Au monde rural, il a promis la
révision à la baisse du prix des intrants agricoles,
notamment les engrais qui devront être fabriqués sur
place si l’UFC gagne ces élections.
Tant de promesse qui ont séduit les
populations de Koudjossahoé qui ont obligé la
délégation à revoir son calendrier de la journée. «
Nous ne pouvons pas les laisser partir comme ça.
Ils nous ont tellement convaincu que nous voulons
qu’ils restent encore et encore avec nous. Ils nous
ont dit que Gilchrist viendra ici. En tout cas nous
lui disons déjà bonne arrivée », s’exclame ce
mécanicien de moto, très excité.
Trois jours après l’ouverture de la
campagne dans les Plateaux, les ténors des grosses
pointures promettent pour les jours à venir de
l’ambiance et de l’affluence, loin des foules
clairsemées observées jusqu’ici.
Région Centrale
Par Gilles Vévey, Envoyé spécial
A Tchaoudjo
Sogoyou, Foli-Bazi et Djobo à la conquête des
voix…dans l’ambiance
Les candidats du RPT dans la circonscription
électorale de Tchaoudjo sont sur le pied de guerre,
ou plutôt sont dans l’ambiance. Pour leur campagne
électorale, Katari Foli-Bazi, Békéyi Sogoyou et Mme
Nassara Djobo ne font pas dans la dentelle.
Orchestre, fanfare… tous les moyens pour attirer la
foule sont mis en oeuvre pour battre campagne et
ravir les sièges de cette circonspection.
Pour M. Sougoyou, deuxième sur la liste RPT,
il leur revient d’user de l’expérience du parti pour
s’offrir les trois sièges de la localité. «Le RPT,
c’est le parti qui a le plus d’expérience en matière
politique. C’est le plus ancien parti politique qui
regorge de ressources humaines importantes»,
estime-t-il. Et cette expérience est mise à
contribution pour traduire dans les faits le
programme de société présenté par le président Faure
Gnassingbé à son élection en avril 2005 et dont
l’exécution est en cours. Et les candidats du RPT ne
vont pas chercher loin puisque ce programme inclut
tous les aspects liés au développement. «Nous les
candidats du parti aux législatives, nous avons pris
comme maître mot les lignes principales de ce
programme. Il s’agit donc de conforter la paix,
d’avoir une ouverture d’esprit politique pour une
intégration harmonieuse de tous les fils de ce pays
et de travailler pour le développement. C’est bien
armés de ces arguments que nous nous présentons
devant les électeurs tout en souhaitant que le
meilleur gagne. Mais le meilleur, c’est le RPT»,
explique M. Sogoyou.
Faire prévaloir les actions du RPT
Lors de leurs différents déplacements, Sogoyou et
ses collègues ne manquent pas de revenir sur le
changement qu’incarne le président Faure et qui
amène aujourd’hui un éclairci dans la situation
politique du Togo. «Aujourd’hui, nous nous
réjouissons que ceux qui, hier, étaient prêts à
nous jeter la pierre ont compris qu’on peut
travailler ensemble et sont à nos côtés»,
indique-t-il
Au-delà des atouts du parti à travers ses
réalisations, les membres de liste RPT de Tchaoudjo
forment un ensemble soudé de compétences. M. Sogoyou
ne se le cache pas : «Nous sommes un ensemble
cohérent, bien harmonieusement conçu. Et nous
faisons en sorte que tout puisse marcher pour nous
convenablement».
Pour lui, le travail de fond était presque
permanent et c’est d’ailleurs ce qui suscite
l’engouement auprès des populations. «Au-delà de
la campagne ouverte prévue par la loi que nous
faisons actuellement, nous sommes toujours sur le
terrain. Il ne faut jamais attendre la veille de la
chasse pour dresser son chien. Ce faisant, vous
risquez de revenir sans gibier. Nos chiens sont
dressés depuis toujours», a-t-il fait remarquer.
Enfin, le candidat du RPT se réjouit du
climat général qui prévaut depuis le démarrage de la
campagne électorale. «Jusque-là, il n’ y a pas de
problèmes. Je me fais d’ailleurs le plaisir d’agiter
la main aux candidats que nous croisons en chemin.
Nous luttons pour la même cause. Par contre, ce que
nous détestons, c’est la provocation. Heureusement
qu’on n’en a pas encore connu. Tout ce que nous
souhaitons, c’est que le meilleur gagne», a-t-il
conclu.
Gado Bozinambo,
candidat indépendant : « Lutter pour les intérêts
de la société civile »
Tête de liste des indépendants du Réseau des
citoyens indépendants pour la transparence dans la
circonscription électorale de Tchaoudjo, M. Gado
Bozinambo, journaliste sportif et enseignant de
profession, mise sur les idéaux de son association
pour s’imposer dans un milieu où il est bien connu.
Nous l’avons rencontré.
D’où vous est venue cette idée de vous présenter
sous la bannière des indépendants ?
Pour être honnête avec vous, j’ai horreur de la
politique parce qu’elle divise beaucoup et de plus,
elle n’est jamais objective. Alors pendant
longtemps, j’ai opté pour le sport parce qu’il est
un vecteur de rassemblement et d’union. Il fédère
les énergies, les religions, les ethnies et les
partis politiques autour d’un idéal commun. Mais
j’ai dû me rendre à l’évidence que je peux apporter
ma contribution au développement du pays autrement
le jour où un ami avocat m’a approché et parlé d’une
association qu’ils ont mise en place et qui a des
ambitions politiques qui ne sont ni proches du parti
au pouvoir, ni proches des partis de l’opposition.
Cette association, le Réseau des citoyens
indépendants pour la transparence (RECIT), se veut
centriste et veut lutter pour les intérêts de la
société civile. C’est pourquoi j’ai adhéré à leurs
idéaux.
Concrètement, quel projet défendez-vous dans votre
circonscription ?
Nos projets, c’est qu’en cas de victoire, nous
constituons un groupe parlementaire pour peser sur
les décisions, le vote des lois à l’Assemblée
nationale. Quel que soit le gouvernement qui sera
mis en place, nous allons travailler avec ce
gouvernement de manière à l’amener à agir dans
l’intérêt de la société civile que nous
représentons.
Par exemple, si le gouvernement en place propose une
loi pour augmenter le prix du ciment ou des tôles,
il nous revient de voter contre cette loi ; Dans le
même sillage quand une loi va dans le sens de la
baisse du prix des engrais et du pétrole, nous
voterons pour puisqu’il s’agit là des intérêts des
citoyens.
«
Le porte à porte, c’est très efficace »
Particulièrement pour votre circonscription
électorale, avez-vous de petits projets ?
La
plupart des jeunes ici sont sans emplois. Nous
n’avons pas une baguette magique pour régler d’un
coup tous les problèmes qui se posent, mais nous
allons aider les jeunes dans la mesure de nos moyens
et avec l’aide des partenaires. S’il y a de l’emploi
pour les jeunes, le risque de la délinquance
diminue. Au delà du football que beaucoup de jeunes
pratiquent dans le milieu, il faut créer des emplois
pour les absorber.
Parlons du déroulement de la campagne électorale. Il
y en a qui battent le pavé avec orchestre, fanfare,
etc. Quelle est votre stratégie à vous ?
Quand on n’a pas les moyens de sa politique, on fait
la politique de ses moyens. Le RECIT est une
nouvelle association et comme telle, nous n’avons
pas les moyens importants. Et pour pallier cela,
nous avons adopté la stratégie de porte-à-porte.
Comme nous sommes en milieu musulman, j’ai choisi
d’aller tous les matins et tous les après midi dans
les mosquées et après la prière, je demande
l’indulgence des fidèles pour m’écouter pendant au
moins cinq minutes. Et le fait que je sois ni du
bord du pouvoir ni celui de l’opposition donne du
crédit à ce que je fais.
Mais dans la dernière semaine, nous sillonnerons la
ville en caravane.
Région de la Kara
Par Sylvestre D., Envoyé spécial
La 3è mission de Agboyibo dévoilée à Kara
«Votez
CAR pour que Me Agboyibo achève sa mission…».
L’inscription figure aussi sur la grande banderole
qui annonce l’arrivée dans la ville de Kara où on
parlera plus des missions ou d’une mission à trois
branches, selon la liste préfectorale des candidats
qui doit véhiculer les idées de celui qui «s’est
sacrifié pour ce pays jusqu’à aller en prison».
«Aujourd’hui, nous parlons des trois missions de
Me Agboyibo : d’abord l’Accord politique global
qu’il a dirigé, en lequel les gens ne croyaient pas,
il a réussi ; ensuite le recensement avec photo
numérisée. Nous demandons aux populations de
permettre à Me Agboyibo d’achever sa 3è mission qui
est l’élection apaisée», récite à tout vent
l’équipe de Padabisse Essolakina, candidat du CAR
dans la commune de Kara.
Dans une approche scientifiquement CARiste, c’est un
scrutin porte-bonheur qui doit mettre fin à
l’expression tronquée du vote, autrement la
participation citoyenne contre les billets de
banque. C’est plutôt au bout de l’exercice de la
liberté que la manne tombera. «Si tout le monde
reconnaît qu’avec l’élection, l’argent revient au
pays. Nous n’aurons plus besoin de quémander comme
d’habitude parce que c’est généralement quand il y a
des élections que nous voyons des gens venir dans
notre région et y mettre de l’ambiance. Je veux
parler de l’argent. Après, c’est la misère chronique»,
explique le candidat.
Dans l’entre-deux, le CAR se positionne déjà dans
l’avenir par ses cours théoriques sur la
décentralisation, mode de gouvernement qui
responsabilise par essence les citoyens.
«Rien
ne peut se faire si les hommes ne sont pas libres».
C’est l’autre flanc du discours de charme des
candidats CARistes. Ici, contrairement à la
conception traditionnelle limitée à la restriction
de l’expression et du mouvement, la liberté veut
dire «liberté d’entreprise et d’initiative».
Parce qu’il ne faut pas, dans l’entendement du CAR
local, attendre que d’autres donnent à manger. «C’est
extrêmement dangereux pour le pays». Autant
cultiver son jardin et apprendre à pêcher. C’est le
sens propre du vote utile dont tous se réclament
depuis le climat d’apaisement issu de l’APG. Un
produit que les fans du Bélier veulent s’approprier
et continuer de jouir au soir du vote responsable du
14 octobre.
Rappelons que le parti s’est annoncé dès le vendredi
par une marche pacifique à travers la ville de Kara
pour annoncer le changement. Avant de visiter les
cantons de Djamdè, Awandjélo, Lassa et Landa avec la
particularité que dans la dernière localité les
membres, de la mission d’observation de l’Union
européenne ont pu applaudir l’ambiance, la
courtoisie des populations et le travail sérieux de
la Force Election Législative 2007 (FOSEL). Pour
l’heure, le CAR se réjouit de la moyenne de 500
personnes par activité, sauf à Landa où on peut
décompter près de 1000 âmes avides de message, sur
fond de danses du terroir.
Hier, ce sont les pavés de Kara sud au niveau de la
gare routière, la terre rouge du marché de Wakada
dans le quartier Dongoyo et l’école primaire
publique de Tomdè qui ont accueilli le CAR Kozah.
Le PSR exige un forum des élus
Un forum des élus. C’est le comportement que
prescrit le Pacte socialiste pour le renouveau pour
ses futurs élus. Avant même le début officiel de la
campagne. Il s’agit d’un cadre permanent de
rencontres, d’échanges et de concertations sur des
sujets fort variés relevant tout autant de la vie du
parti que de la nation. Une forme de mandat
impératif plutôt vis-à-vis du parti qui veut plus
s’éloigner du «changement dans la continuité».
Réformer onze fois l’Etat
Au QG du parti de Abi Tchessa (tête de liste dans sa
Kozah natale), on parle de chantiers législatifs
prioritaires.
Réformer la Constitution : cela exige le retour à
l’esprit de la loi fondamentale de 1992 issue du
référendum. Un passage inéluctable qui doit conférer
plus de pouvoir au peuple à travers ses élus et aux
institutions, piliers de la démocratie : c’est la
condamnation du glissement de la République vers le
système présidentiel.
Réformer le monde agraire : la prochaine
majorité PSR veut un syndicat des agriculteurs,
seule interface, devant l’Etat et les opérateurs
économiques, capable de discuter la détermination
des prix des céréales, du coton, du café, du cacao
et des engrais et intrants. En plus d’une loi
portant création des coopératives agricoles.
Réformer l’éducation : c’est le chant de la
gratuité des enseignements primaire et secondaire,
sans oublier le supérieur, avec la particularité
qu’il faut construire les infrastructures, les
centres de recherche et les logements pour étudiants
et enseignants.
Réformer l’Etat lui-même : par une loi sur
la fonction publique la dépouillant de son
archaïsme, une loi instituant le service civil
national obligatoire pour impliquer les jeunes dans
la reconstruction du pays (travaux de voirie, de
reboisement, …).
Réformer la justice : par l’enseignement du
droit dans les lycées d’enseignement général.
L’assujettissement de l’administration au droit est
ici nécessaire voire vital.
Réformer le code de la nationalité : avec
la simplification du certificat de la nationalité
pour tout Togolais.
Réformer le titre foncier et la sécurité
des transactions immobilières : combiné à
l’institution d’une loi sur les baux d’habitation,
le PSR veut mettre fin à l’anarchie des paiements
excessifs des avances sur loyers. Après le 14
octobre, on ne parlera que de trois mois de loyer
d’avance pour toute location à usage d’habitation.
Encore qu’il faut désengorger les juridictions des
litiges immobiliers.
Réformer la législation civile et pénale :
par l’exécution réelle du sous-programme
«modernisation de la justice» contenu dans le
programme de réforme de la justice.
Réformer la législation fiscale et la
discipline fiscale : c’est l’affirmation de
l’égalité de tous devant l’impôt. Et le PSR va
instituer une plus-value sur les transactions
immobilières et la taxe d’habitation généralisée et
une taxe spécifique pour l’achat d’un véhicule de
luxe.
Réformer le littoral : avec un fonds public
de garantie sous forme d’assurance.
Réformer la loi portant expropriation pour
cause d’utilité publique, pour l’adapter aux
exigences des missions de l’Etat. C’est un clin
d’œil au désordre de dilapidation qui anime les
domaines et les réserves administratives.
Débattre le pays
Pour les candidats du PSR, il n’y a pas de solutions
individuelles aux maux collectifs. Surtout que le
combat doit rester un combat d’idées et de projet de
société. Le PSR va écouter, dialoguer et décider.
D’aucuns parleront d’une concertation coalisée. Le
parti veut rester humble, car «l’expérience des pays
développés enseigne qu’aucune mesure ne peut être
décidée d’en haut pour être appliquée de force aux
populations qui souvent ne comprennent pas tout
autant le contenu que le bien-fondé».
Région des Savanes
Tony Féda., Envoyé spécial
Malgré la canicule étouffante et les épreuves du
mois de carême, les candidats et les militants de
tous les partis battent campagne pacifiquement à
travers l’Oti. Le plus étonnant: les partis n’osent
même pas critiquer les programmes de leurs
adversaires.
Dans l’Oti
Une longue journée pour les candidats RPT
Démarrée timidement le samedi, la campagne
électorale du RPT a atteint sa vitesse de croisière
le dimanche dernier, dans l’Oti-Nord, fief de
Noupokou Dammipi, directeur général de la CEET,
troisième sur la liste de son parti. Des meetings
sont prévus dans trois localités : le canton de
Loco-Nadjir, la ville de Barkoissi, et le canton de
Galangachi, des localités situées toutes sur la
nationale Numéro un, Lomé-Dapaong. Déjà à 9 heures,
chose étonnante, comme si personne ne connaissait le
programme, cette route au niveau des deux villes
était animée par une foule de taxi-motos arborant
des T-shirt blancs portant l’effigie du maïs, et
des drapeaux verts.
Flash-back. 6H.30, Sanssané-Mango, quartier Djabou,
maison Okoulou-Kantchati. A peine la prière du
matin terminée que les fidèles se pressent aux
portes du candidat Kantchati-Okoulou Idrissou,
ministre de l’environnement et des ressources
forestières. Pendant près de trois heures d’horloge,
la procession est infinie. Des groupes d’hommes
âgés, de femmes âgées, et des jeunes gens s’en vont
chez le ministre faire des salamalecs et acte
d’allégeance. Les habitants de Djabou attendent dire
de vive voix au candidat du RPT qu’ils lui apportent
leur soutien. Pourquoi, n’est-ce pas plutôt à lui de
quêter la voix des électeurs ? «C’est un fils
digne de Djabou et nous attendons lui montrer que
nous le soutenons pendant cette difficile épreuve »,
dit un habitant qui squatte la maison depuis la
devanture depuis 7 heures du matin.
A
9H30 le ministre sort enfin. Un cortège de voitures
s’ébranle en direction de l’Oti-Nord, au son de la
fanfare et de musiques chrétiennes, ce qui du moins
reste étonnant, le ministre étant un musulman dans
une ville -fantasme ou folklore- où l’on voit de
plus en plus de barbus.
Dammipi Noupokou dans son fief
Pour ravir les trois sièges en jeu, le RPT a choisi
ses candidats dans les trois circonscriptions de l’Oti :
Oti-Nord pour le candidat Dammipi, Oti-centre pour
Okoulou-Kantchati Idrissou, Oti-Sud pour Lamboni
Mindi. L’ordre des candidats est bouleversé sur les
affiches selon les circonscriptions. Ainsi pour l’Oti-Nord,
sur les affiches publicitaires, c’est le candidat
Dammipi qui vient en première position suivi du
ministre Kantchati et de Lamboni Mindi.
10H 00. Le directeur de la CEET, M. Noupokou Dammipi,
entouré de motard et de voitures drapées de blancs,
attend, aux portes de Barkoissi, sous la canicule
ardente des Savanes, les candidats Okoulou-Kantchati
et Lamboni Mindi. Quelques minutes après, le trio se
meut vers l’école primaire publique du canton de
Loco-Nadjir, à quelques kilomètres de Barkoissi.
Tonnerres d’applaudissements, danses folkloriques,
musiques, ambiance, encore et encore à l’arrivée des
candidats et de leurs trois suppléants.
L’organisation ne lésine pas sur les moyens de
communication et jouent sur la sensibilité des
militants et sympathisants du RPT.
Un
membre de l’organisation saisit le micro et donne le
programme du meeting en moba ; lequel programme
comporte les interventions des trois têtes de
listes, précédées de celles du chef de canton et du
secrétaire préfectoral. Confusion des rôles,
confusion des genres : que viennent chercher ces
deux-là dans cette galère ? N’empêche le meeting
s’annonce chaud. Danses folkloriques des hommes, des
femmes, et d’un groupe de jeunes filles assurément
vierges, à la tête desquelles se trouve une femme
âgée et à la queue deux jeunes hommes d’à peine 16
ans. Allez comprendre pourquoi.
Les propositions
M.
Noupoukou est le premier à prendre la parole après
les interventions du chef de canton et du secrétaire
préfectoral, les deux ayant tous parlé en langue
moba, ethnie majoritaire dans l’Oti-Nord et dont
sont paradoxalement membres les trois têtes de
liste. M Dammipi prit la parole sous un tonnerre
d’applaudissements. Le discours est dit sans raisons
en français mais n’est pas convenu. «Le RPT et
Faure Gnassingbé viennent de terminer le volet
politique du programme pour lequel le président
était élu en 2005, à savoir la réconciliation
nationale. Il s’agit désormais de l’aider à réaliser
le volet économique en lui donnant une majorité au
parlement, et donc les trois sièges en jeu dans l’Oti»,
affirme M. Dammipi Noupokou, avant de s’exprimer
sur «la nécessaire reprise de la coopération,
raison pour laquelle, il faut tout faire pour que
les élections se déroulent dans de bonnes conditions».
Le deuxième de liste a ensuite axé son discours sur
les préoccupations locales des habitants : les
solutions aux problèmes d’accès à l’eau comme les
forages et les barrages, la construction et la
réhabilitation des pistes rurales, l’octroi de
micro-crédits aux plus humbles et surtout aux
femmes, le renforcement des programmes
d’alphabétisation dans une zone qui connaît le plus
fort taux d’analphabétisme du Togo, et mise en place
d’un programme de gouvernement, à travers le budget
de l’Etat, pour le développement de la région des
savanes et de l’Oti. Pour le candidat Dammipi, les
candidats du RPT vont œuvrer une fois arrivée à
l’Assemblée nationale « à agir pour l’octroi de
fonds spéciaux de développement de l’Oti ». Il
s’est ensuite exprimé sur les problèmes culturels et
la nécessité de revaloriser « les danses
traditionnelles et l’introduction des danses
modernes ».
Les discours des trois candidats n’ont pas varié sur
le fond à Barkoissi et Galangachi, dernière ville où
s’était arrêtée la caravane, exception faite du
candidat Dammipi qui a insisté à Barkoissi, sa ville
de résidence sur les actions qu’il n’a cessé de
faire en faveur de sa localité. En plus des
fournitures à l’école et des aides à l’Eglise, le
directeur de la CEET fait des actions communautaires
reconnues par les populations, telle que
l’électrification de Barkoissi,
La
longue journée de campagne s’est terminée à 18
heures à Galangachi.
L’Oti en jeu
90 candidats dont 12 partis politiques et 3
indépendants sont en compétition pour ravir les
trois sièges. Trois partis principaux, le RPT, l’UFC
et le CAR peuvent prétendre gagner au moins un siège
dans une élection qui voit s’affronter les meilleurs
fils de la préfecture. Le RPT présente le ministre
Kantchati Okoulou Idrissou, 56 ans, ancien directeur
de la Caisse d’épargne du Togo (CET), Lamboni Mindi,
un agro-économiste, 49 ans, et le jeune golden boy
de la CEET, Noupoukou Dammipi, 46 ans, dont le
dynamisme est de beaucoup dans le trio formé par le
parti de Faure Gnassingbé. Ils ont l’avantage de
connaître le terrain, d’avoir le vent en poupe et
la marge de manœuvre très grande depuis l’éviction
lors des primaires du tout-puissant ancien président
de l’Assemblée nationale Fangbaré Natchaba, qui
faisait la pluie et le beau temps dans la
préfecture. Il s’en est allé constituer une liste
d’indépendants pour nuire dit-on à son ancien
parti. Mais le ministre Kantchati n’a pas peur et
croit que «cette
liste est la preuve que la démocratie fait son
chemin au Togo ».
Les trois candidats auraient fait des réalisations
sur le terrain et ne s’en cachent pas, à en croire
les propos de campagne du candidat Dammipi dans le
Barkoissi.
Les listes concurrentes sont celles de l’UFC et du
CAR. Celle de l’UFC est conduite par l’un de ses
vice-présidents, Diabacté Kaloukouey, dit Brim pour
les intimes. Enseignant de CEG à la retraite, 61
ans, il fait partie de la chefferie de Mango et
reste très lié à cause de son père, ancien militant
du Comité de l’Unité togolaise (CUT), au parti
olympiste. Ces déboires avec le régime d’Eyadema
sont connus dans la préfecture où on le tient pour
un opposant radical. Tchokossi comme de nombreux
habitants de la ville, il aurait l’avantage de
parler également ngangam et moba, ce qui n’est pas
en soi une prouesse dans une préfecture connue pour
son mosaïque et pacifique peuplement. C’est la
première fois qu’il va à une élection législative,
mais ce sexagénaire qui adore les vieilles Mercedes,
est convaincu de sa victoire prochaine. Etre député
ou dirigeant de la République « était son rêve de
jeunesse »
Les deux listes précédentes devront en découdre
avec celle du CAR dirigée par Kankarti Nankodja
Saado, 65 ans, ingénieur génie rural. Il a le
soutien d’une partie de la chefferie traditionnelle
dont l’un des membres ne s’est pas présenté pour
cause de convenance familiale. Le CAR a le mérite
d’avoir affronté le RPT dans la préfecture en 1994
et croit y avoir une solide assise.
L’ADDI,
la CDPA et le PDP, sans oublier les indépendants de
Natchaba, devront jouer les seconds couteaux, à ne
pas minimiser pour autant ; tous les partis ayant
leur chance dans une proportionnelle de liste à la
plus forte moyenne qui peut coûter aux plus grand
partis.
La
CPP, le PDR et le PSR et les deux autres listes
d’indépendants constituent les troisièmes couteaux
d’une compétition électorale dont l’issue est quand
même difficile à prévoir. |