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L'Union

3 Oct 20077

[ 94 : du 2 Oct. 2007  
Législatives du 14 octobre 2007 : Trois belles journées de campagne sans heurts

La campagne électorale ouverte ce vendredi 28 septembre 2007 à minuit pour les législatives anticipées du 14 octobre prochain a démarré sur des chapeaux de roue. Le constat est partout le même. Tous les observateurs déployés sur le terrain se réjouissent, du moins pour les trois premiers jours, de l’ambiance bon enfant qui règne dans le pays. Même son de cloche de la part de nos envoyés spéciaux dans les cinq régions administratives qui ont essayé dans la mesure de leur possibilité de suivre pour nous les différents candidats dans leur manière de convaincre l’électorat à travers meetings, caravanes, causeries-débats, interviewes etc. Ils nous dévoilent également leur programme de société et leurs promesses «électoralistes». Pour l’heure, l’on ne signale aucun heurt entre militants de partis adversaires, ni entre candidats eux-mêmes. Au contraire l’on révèle des salutations amicales et des signatures d’accords de non-agression dans certaines localités. L’on ne peut pas demander plus jusqu’au lendemain de la proclamation des résultats définitifs afin que le Togo sorte gagnant de ces élections.

·             Echos de la campagne dans toutes les régions 

Région Maritime
Par Jean Afolabi, Envoyé spécial


Lomé

L’UFC veut sauver le Togo

 Le Togo serait au bord du gouffre. C’est du moins ce que l’on doit comprendre de l’Union des forces de changement (UFC) qui, selon les propres mots de son leader Gilchrist Olympio, « se bat pour sauver le peuple togolais de la dictature (…)». L’idée est contenue dans Le Manifeste, programme du parti, remis à Lomé dès vendredi matin à la presse dans un boucan des grands retours au pays du patron.

         Dans la confusion qui a entouré l’interprétation du début de la campagne à minuit ou à zéro heure, l’Union des forces de changement (UFC), toujours en solitaire, a fini par imposer sa logique en démarrant en trombe dans la matinée du vendredi 28 septembre 2007. Contre un décret présidentiel qui imposait le samedi 29 septembre 20007 à zéro heure. Et pour cause. Il y avait Le Manifeste à remettre dans la circulation qui, d’après le secrétaire général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre, est «la somme des préoccupations politiques ainsi que des besoins de prospérité pour chacun et de progrès pour tous…». Le Manifeste se définit en trois temps : celui du développement humain, qui vise la réalisation du bien-être de tous ; celui des équilibres macro-économiques et des activités des secteurs de production et de services de croissance ; et enfin celui de l’établissement d’un environnement favorable à un développement durable et partagé.

         On comprend ici par développement humain l’amélioration des conditions économiques et sociales des citoyens par une politique de développement centrée sur l’être humain. Il inclut notamment la formation permanente de l’individu, sa santé, son niveau de vie et sa liberté. La lutte contre la pauvreté est le levier de ce développement, en mettant en œuvre les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) définis en 2000 par les Nations unies. Notons qu’à l’UFC, on totalise plus de 60% le nombre de Togolais qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Bien entendu, cela ne peut se faire sans  procurer de l’emploi et des moyens d’existence décents aux hommes et femmes.

         Au volet développement économique, l’UFC prône le libéralisme. Le parti demeure convaincu en ce sens que l’entreprise privée stimule la concurrence et la créativité, et, par voie de conséquence, permet d’atteindre un plus grand degré d’efficacité et de productivité. Entre autres objectifs, le parti de l’opposant radical table sur une stabilité macro-économique, une croissance forte et durable, une politique vigoureuse d’industrialisation… une promotion de l’artisanat.

         Quant à l’environnement favorable au développement, il a pour objet une mise en œuvre optimale des projets sociaux et économiques. Cela sous-tend, pour l’UFC, la mise au point des questions communautaires, administratives, territoriales, juridiques,  politiques, de science et de technologie, de respect des droits de l’homme, etc. Au finish, les populations doivent jouir de leur propre prise en charge, cet exercice de la démocratie participative reconnu par la Constitution d’octobre 1992.

         Avant d’en arriver là, le principal parti de l’opposition propose des mesures prioritaires par le scénario d’une table ronde de concertation entre les politiques et la société civile, afin de s’entendre sur un minimum de lois jugées prioritaires. En particulier : le renforcement de la sécurité publique et d’un Etat de droit, la réforme de l’armée en concertation avec les échelons hiérarchiques, dans le but d’en faire une force véritablement républicaine, l’armistice des infractions à caractère politique, l’organisation des réfugiés, un plan de contrôle et de sauvetage des institutions démocratiques, la restauration des structures sanitaires…

Dans le Zio, La CDPA, « la force émergeante »
La Convention démocratique des peuples africains (CDPA) du professeur-ministre Léopold Gnininvi veut se faire compter parmi les favoris du prochain scrutin législatif. Pour preuve, le parti a fait le plein de représentativité, positionnant des candidats dans toutes les 31 circonscriptions, dont Zio.

         Absente des précédents scrutins législatifs pluralistes qui ont meublé la tumultueuse histoire politique de ce petit Togo depuis le début des années 90, la Convention démocratique des peuples africains (CDPA, opposition), signataire de l’Accord politique global du 20 juin 2006, semble avoir apprécié le juste enjeu des élections législatives du 14 octobre. Avec le Rassemblement du peuple togolais (RPT) et le Comité d’action pour le renouveau (CAR), le parti est l’une des rares formations à avoir présenté des candidats pour tous les 81 sièges au Parlement. Notamment pour les trois sièges de la circonscription électorale de Zio.

En tête d’une liste de six gros garçons, Pascal Komlan Adoko, ingénieur de son état, compte sur la «force émergeante» de son parti dans une localité où l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio a la côte. «La CDPA est une force émergeante. On fait peur dans le Zio», déclarait dimanche à L’Union Pascal Adoko, convaincu des résultats d’un travail fait en profondeur depuis des années «pour rattraper le retard». «Le CAR a une popularité qui s’effrite ; la CDPA va tirer son épingle du jeu», ajoute-il par ailleurs, quitte à grappiller quelques voix au parti du Premier ministre Yawovi Agboyibo.

Le porte-à-porte

         Pascal Komlan Adoko, qui se préparait dimanche à lancer dès le lendemain sa meute à la conquête de l’électorat du Zio, a échafaudé une stratégie en deux temps : le porte-à-porte et les grands rassemblements. Il y a au total 212 villages et hameaux recensés à visiter en huit jours par la CDPA. Un marathon. Objectif : porter le message et convaincre la population de l’avantage à porter son choix sur le parti du professeur Gnininvi. Celui de «libérer enfin l’avenir en levant l’hypothèque politique sur notre pays depuis 40 ans», affirme Pascal Adoko. Il s’agit, précise-t-il, de «restituer le pouvoir d’Etat à la population», ce pouvoir qui se trouverait «seulement dans certains salons», afin de donner son sens à chaque vote. Le même message sera réitéré au cours de meetings ciblés dans les gros centres du Zio : Tsévié, Agbélouwé, Mission Tové, Gapé, Kpomé, etc.

Trois grands chantiers

         L’hypothèque levée, bien entendu par une victoire de la CDPA, il s’agira ensuite d’ouvrir trois grands chantiers : la citoyenneté politique, la citoyenneté économique et la solidarité nationale. Dans le premier cas, les habitants se doivent de se considérer comme citoyens ayant des droits. Et les institutions seront respectueuses des populations à servir, explique Pascal Adoko. Il estime, dans le second cas, que l’économie togolaise échappe aux citoyens de ce pays. La CDPA aura pour mission, entre autres, de «rendre le citoyen responsable de la prospérité économique de son pays».

En dernier lieu, le parti de Léopold Gnininvi envisage de faire partager la richesse entre les Togolais. «Il y en a qui ne peuvent pas se payer un repas par jour, pendant que la richesse est confisquée par certains pôles. Il faut répartir la richesse», soutient Pascal Adoko. La particularité de la préfecture de Zio, comme partout ailleurs, est le chômage ambiant. Et la conduite de taxi-moto devient la voie de recours «Pour un parti d’obédience socialiste comme la CDPA, ce n’est pas responsable. Le chômage est inacceptable», dit-il.

         En matière de solidarité nationale, la CDPA insiste sur la contribution de l’armée au développement. L’idée n’est pas de créer forcément une armée de métier, mais d’impliquer l’armée dans l’exécution de projet de développement et de construction de la nation. Soit. Reste aux électeurs de faire le choix, par la pertinence des programmes des candidats.

Dans le Zio, la CDAP doit affronter, le 14 octobre, des adversaires de taille tels l’UFC, le RPT et le CAR, mais aussi une ATD omniprésente sur l’ensemble du territoire.

Région des Plateaux
Par K. Tchamdja, Envoyé spécial

Campagne aux allures  communales

Trois jours après le début de la campagne électorale pour les prochaines législatives, l’ambiance est loin de celle escomptée. Surtout  pour des élections  qualifiées de stratégiques et capitales pour le processus de démocratisation et de la relance économique.

Mis à part quelques randonnées à motos, à pieds et plus rarement en voitures de jeunes drapées des t-shirts et autres gadgets aux couleurs de leurs partis dans les rues, les populations, surtout des grandes villes,  ne semblent pas montrer un engouement avéré à ces joutes électorales. Il faut aussi dire que les états-majors des partis en lice n’ont pas prévu de meetings dans ces villes jusqu’ici. Que ce soit à Notsè, à Atakpamé, à Anié, à Amlamé que nous avons sillonnés le week-end et hier, tout est morose. Les candidats préfèrent tous commencer dans les villages et gros hameaux d’abord pour finir en apothéose en ville. 

        Hier matin à Amlamé, chef lieu de la préfecture de l’Amou, au quartier général de la CDPA, c’était l’envoi en mission  des équipes de campagne. En zemidjan et  à pied, des jeunes de ce parti s’adonnaient à cœur à cette aventure. Quelques instants plutôt, ils avaient écouté les dernières consignes de la tête de liste dans la préfecture, François Kpakpo. « Nous leur avons demandé de délivrer notre message aux populations. », explique-il. Le message de la CDPA à ses électeurs de la zone se résume en quatre points essentiels : le relèvement des prix des produits agricoles par l’adoption d’un nouvel instrument de mesure (le kg plutôt que les bols) sur toute l’étendue, la gratuité de l’école jusqu’en 3è pour les garçons et jusqu’en terminale pour les filles, l’assurance maladie généralisée pour toute la population et les personnes résidant régulièrement au Togo, l’adoption d’un plan d’assainissement de l’environnement dans toutes préfectures et la revalorisation de la jeunesse. «  Nous avons mis nos motos au service du parti parce que nous croyons qu’il peut nous sortir de la misère dans laquelle nous sommes depuis longtemps », se justifie Aboèno, enseignant à Amou-Oblo.

  Quelques km de là, c’est la NDP qui a fait escale dans le petit village d’Adina. Conduite par Nebadi Yaovi, tête de liste dans la préfecture de l’Amou, la délégation a plus expliqué aux villageois l’idéologie du parti en jouant la carte de proximité. « Le parti est crée par un de vos vaillants fils, actuellement ministre. C’est pour développer la région et apporter sa contribution au développement du pays. Votez pour nous, vos enfants. Nous serons à votre écoute. Puisque ce qui vous concerne nous interpelle. » Les quelques villageois invités sont, eux, plus concentrés sur les foulards et T-shirts griffés NDP qui sont entreposés dans le bus des  candidats que sur le message délivré. Lassé d’attendre, un escogriffe édenté a, lui,  simplement voulu arracher le foulard du cou du chairman pendant son  speech. Pour éviter le pire on lui en a rapidement trouvé. « Ce sont nos grands frères. Ils nous ont demandé de les soutenir et nous le faisons. Quand ils seront élus, ils pourront réhabiliter notre route », explique ce jeune leader du village qui s’évertuait à coller les affiches NDP sur les cases le long du village. La question de route préoccupe les villageois au plus haut point. « Pour faire les 18 km qui sépare Atakpamé d’Amlamé, il faut au moins une heure. Tellement il y a des ravins sur la route qui, rappelons-le, date de l’époque coloniale. On nous a dit que l’UE va débloquer les fonds pour ces routes avant la fin de l’année. Et nous espérons », explique cet instituteur qui ne veut soutenir aucun parti pour l’instant.

        Sur cette route qui ressemble plutôt à une piste de Rallye, et deux villages après Adina, c’est un camion chargé de chaises en plastique qui s’activait sur la place publique pour préparer le terrain à un meeting. Les occupants visiblement fiers de leur tâche, pensent sûrement « accompagner » le processus électoral à leur manière. Même si c’est pour rendre service à un parti et non aux candidats d’un parti. Difficile mais important travail de sensibilisation des  futurs députés en vue !

 La politique de ses moyens

         A 7km d’Atakpamé, au lieudit de Dzréké, ce sont les candidats du CAR de l’Ogou qui animaient ce lundi midi le village. Devant  une quarantaine de badauds rassemblés dans la cour de l’école primaire publique en ruine, trois des six candidats sur la liste s’évertuaient à vanter le mérite de leur parti. Non sans démagogie. « C’est un secret que je vous livre. L’Inde a déposé 500 milliards de francs à la BAD pour notre pays. Une bonne partie de ce montant servira à acheter des tracteurs pour vous si vous votez pour le parti d’Agboyibo. Car c’est lui seul qui peut faire débloquer ces fonds. » Ainsi parlait un membre de la délégation du CAR. Avant d’ajouter : « Une femme enceinte pendant plus de 40 ans, ce n’est pas maintenant qu’il va accoucher. Même s’il arrivait qu’elle accouche, ce sera un enfant bizarre. Si le RPT pendant 40 ans n’a rien fait ce n’est pas maintenant qu’il fera ce qu’il vous promet. Aidez Agboyibo à continuer le travail qu’il a entamé à la tête du gouvernement en votant massivement pour son parti ».

         Après avoir sillonné Akparé et les villages situés sur la route du barrage de Nagbéto à une vingtaine de km de d’Atakpamé, la liste RPT Ogou a atterri hier en début d’après-midi à Datcha. Ville industrielle d’antan pour avoir abrité l’industrie textile qui porte son nom, Datcha a souffert des événements malheureux d’avril 2005. Arrivée dans un long cortège de 4x4,  la bande à Boukpessi  Essoyaba, ex-vice président de la FTF a, devant environ 150 personnes promis de peser de tout son poids pour rouvrir l’usine textile de Datcha. « Si vous votez pour moi, pour le RPT, nous ferons de Datcha à nouveau une ville industrielle », a lâché Boukpessi épaulé par l’ancien Premier ministre Koffi Sama et l’incontournable Major Kouloum. « Nous attendions cette délégation de pied ferme. Et c’est comme s’ils avaient lu dans nos cœurs. Toute la population espère vraiment que l’usine va redémarrer. Celui qui peut faire ça c’est le RPT puisqu’il connaît bien déjà l’affaire. Ce sera une simple continuité », confie Adjôh, ancien dessinateur de l’usine de Datcha.

         Mais avant cette promesse des candidats RPT, Datcha a vécu un événement important. Les responsables de tous les partis politiques de la localité se sont retrouvés, avant le meeting du RPT pour sceller leur réconciliation devant les populations toutes enthousiastes prises à témoin. Pour pérenniser cet accord, ils ont mis en place un bureau de coordination et de réconciliation dirigé par le pasteur de l’Eglise des Assemblées de Dieu de Datcha. « Nous sommes tous fils de ce milieu. Et ce n’est pas la politique qui va nous détruire. On peut ne pas militer dans le même parti mais les questions de développement de notre milieu restent les mêmes et nous interpellent tous. », explique le représentant local de la CPP. «  C’est comme ça que nous devons faire la politique désormais. Dans la paix et la compréhension pour l’avancement de Datcha », rappelle ce vieux notable, visiblement très ému,  à un groupe de jeunes arborant les T-shirts de l’UFC.

         A 18 km au sud de Wahala, la liste UFC de Haho a donné rendez-vous aux populations de Koudjossahoé.  Conduite par le candidat Adah Etsè, la délégation du « jaune » a expliqué aux villageois massivement sortis pour l’écouter les grandes lignes de son programme. « En ce qui concerne les questions de santé, nous proposons de réhabiliter les centres de santé existants, d’en construire d’autres et de les équiper. Nous attendons revoir à la baisse le coût des prestations sanitaires pour les populations.  Pour les écoles, nous comptons construire de nouveaux bâtiments et former plus encore les enseignants. Nous prévoyons réhabiliter vos routes et en construire d’autres », a  expliqué le  candidat. En ce qui concerne l’énergie, il a indiqué que son parti attend développer l’énergie solaire pour la mettre à la disposition des populations les plus reculées. Au monde rural, il a promis la révision à la baisse du prix des intrants agricoles, notamment les engrais qui devront être fabriqués sur place si l’UFC gagne ces élections.

         Tant de promesse qui ont séduit les populations de Koudjossahoé qui ont obligé la délégation à revoir son calendrier de la journée. « Nous ne pouvons pas les laisser partir comme ça. Ils nous ont tellement convaincu que nous voulons qu’ils restent encore et encore avec nous. Ils nous ont dit que Gilchrist viendra ici. En tout cas nous lui disons déjà bonne arrivée », s’exclame ce mécanicien de moto, très excité. 

         Trois jours après l’ouverture de la campagne dans les Plateaux, les ténors des grosses pointures promettent pour les jours à venir de l’ambiance et de l’affluence, loin  des foules clairsemées observées jusqu’ici.

Région Centrale
Par Gilles Vévey, Envoyé spécial


A Tchaoudjo
Sogoyou, Foli-Bazi et Djobo à la conquête des voix…dans l’ambiance

Les candidats du RPT dans la circonscription électorale de Tchaoudjo sont sur le pied de guerre, ou plutôt sont dans l’ambiance. Pour leur campagne électorale, Katari Foli-Bazi, Békéyi Sogoyou et Mme Nassara Djobo ne font pas dans la dentelle. Orchestre, fanfare… tous les moyens pour attirer la foule sont mis en oeuvre pour battre campagne et ravir les sièges de cette circonspection.

         Pour M. Sougoyou, deuxième sur la liste RPT, il leur revient d’user de l’expérience du parti pour s’offrir les trois sièges de la localité. «Le RPT, c’est le parti qui a le plus d’expérience en matière politique. C’est  le plus ancien parti politique qui regorge de ressources humaines importantes», estime-t-il.  Et cette expérience est mise à contribution pour traduire dans les faits le programme de société présenté par le président Faure Gnassingbé à son élection en avril 2005 et dont l’exécution est en cours. Et les candidats du RPT ne vont pas chercher loin puisque ce programme inclut tous les aspects liés au développement. «Nous les candidats du parti aux législatives, nous avons pris comme maître mot les lignes principales de ce programme. Il s’agit donc de conforter la paix, d’avoir une ouverture d’esprit politique pour une intégration harmonieuse de tous les fils de ce pays et de travailler pour le développement. C’est bien armés de ces arguments que nous nous présentons devant les électeurs tout en souhaitant que le meilleur gagne. Mais le meilleur, c’est le RPT», explique M. Sogoyou.

Faire prévaloir les actions du RPT
Lors de leurs différents déplacements, Sogoyou et ses collègues ne manquent pas de revenir sur le changement qu’incarne le président Faure et qui amène aujourd’hui un éclairci dans la situation politique du Togo. «Aujourd’hui, nous nous réjouissons que ceux qui, hier,  étaient prêts à nous jeter la pierre ont compris qu’on peut travailler ensemble et sont à nos côtés», indique-t-il

         Au-delà des atouts du parti à travers ses réalisations, les membres de liste RPT de Tchaoudjo forment un ensemble soudé de compétences. M. Sogoyou ne se le cache pas : «Nous sommes un ensemble cohérent, bien harmonieusement conçu. Et nous faisons en sorte que tout puisse marcher pour nous convenablement».

          Pour lui, le travail de fond était presque permanent  et c’est d’ailleurs ce qui suscite l’engouement auprès des populations. «Au-delà de la campagne ouverte prévue par la loi que nous faisons actuellement, nous sommes toujours sur le terrain. Il ne faut jamais attendre la veille de la chasse pour dresser son chien. Ce faisant, vous risquez de revenir sans gibier. Nos chiens sont dressés depuis toujours», a-t-il fait remarquer.

         Enfin, le candidat du RPT se réjouit du climat général qui prévaut depuis le démarrage de la campagne électorale. «Jusque-là, il n’ y a pas de problèmes. Je me fais d’ailleurs le plaisir d’agiter la main aux candidats que nous croisons en chemin. Nous luttons pour la même cause. Par contre, ce que nous détestons, c’est la provocation. Heureusement qu’on n’en a pas encore connu. Tout ce que nous souhaitons, c’est que le meilleur gagne», a-t-il conclu.

Gado Bozinambo, candidat indépendant : « Lutter pour les intérêts de la société civile » 
Tête de liste des indépendants du Réseau des citoyens indépendants pour la transparence dans la circonscription électorale de Tchaoudjo, M. Gado Bozinambo, journaliste sportif et enseignant de profession, mise sur les idéaux de son association pour  s’imposer dans un milieu où il est bien connu. Nous l’avons rencontré.

D’où vous est venue cette idée de vous présenter sous la bannière des indépendants ?
Pour être honnête avec vous, j’ai horreur de la politique parce qu’elle divise beaucoup et de plus, elle n’est jamais objective. Alors pendant longtemps, j’ai opté pour le sport parce qu’il est un vecteur de rassemblement et d’union. Il fédère les énergies, les religions, les ethnies et les partis politiques autour d’un idéal commun. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence que je peux apporter ma contribution au développement du pays autrement le jour où un ami avocat m’a approché et parlé d’une association qu’ils ont mise en place et qui a des ambitions politiques qui ne sont ni proches du parti au pouvoir, ni proches des partis de l’opposition. Cette association, le Réseau des citoyens indépendants pour la transparence (RECIT), se veut centriste et veut lutter pour les intérêts de la société civile. C’est pourquoi j’ai adhéré à leurs idéaux.

Concrètement, quel projet défendez-vous dans votre circonscription ?
Nos projets, c’est qu’en cas de victoire, nous constituons un groupe parlementaire pour peser sur les décisions, le vote des lois à l’Assemblée nationale. Quel que soit le gouvernement qui sera mis en place, nous allons travailler avec ce gouvernement de manière à l’amener à agir dans l’intérêt de la société civile que nous représentons.

Par exemple, si le gouvernement en place propose une loi pour augmenter le prix  du ciment ou des tôles, il nous revient de voter contre cette loi ; Dans le même sillage quand une loi va dans le sens de la baisse du prix des engrais et du pétrole, nous voterons pour puisqu’il s’agit là des intérêts des citoyens.

« Le porte à porte, c’est très efficace »
Particulièrement pour votre circonscription électorale, avez-vous de petits projets ?

La plupart des jeunes ici sont sans emplois. Nous n’avons pas une baguette magique pour régler d’un coup tous les problèmes qui se posent, mais nous allons aider les jeunes dans la mesure de nos moyens et avec l’aide des partenaires. S’il y a de l’emploi pour les jeunes, le risque de la délinquance diminue. Au delà du football que beaucoup de jeunes pratiquent dans le milieu, il faut créer des emplois pour les absorber.

Parlons du déroulement de la campagne électorale. Il y en a qui battent le pavé avec orchestre, fanfare, etc. Quelle est votre stratégie à vous ?
Quand on n’a pas les moyens de sa politique, on fait la politique de ses moyens. Le RECIT est une nouvelle association et comme telle, nous n’avons pas les moyens importants. Et pour pallier cela, nous avons adopté la stratégie de porte-à-porte. Comme nous sommes en milieu musulman, j’ai choisi d’aller tous les matins et tous les après midi dans les mosquées et après la prière, je demande l’indulgence des fidèles pour m’écouter pendant au moins cinq minutes. Et le fait que je sois ni du bord du pouvoir ni celui de l’opposition donne du crédit à ce que je fais.

Mais dans la dernière semaine, nous sillonnerons la ville en caravane.

Région de la Kara
Par Sylvestre D., Envoyé spécial
La 3è mission de Agboyibo dévoilée à Kara
«Votez CAR pour que Me Agboyibo achève sa mission…». L’inscription figure aussi sur la grande banderole qui annonce l’arrivée dans la ville de Kara où on parlera plus des missions ou d’une mission à  trois branches, selon la liste préfectorale des candidats qui doit véhiculer les idées de celui qui «s’est sacrifié pour ce pays jusqu’à aller en prison». «Aujourd’hui, nous parlons des trois missions de Me Agboyibo : d’abord l’Accord politique global qu’il a dirigé, en lequel les gens ne croyaient pas, il a réussi ; ensuite le recensement avec photo numérisée. Nous demandons aux populations de permettre à Me Agboyibo d’achever sa 3è mission qui est l’élection apaisée», récite à tout vent l’équipe de Padabisse Essolakina, candidat du CAR dans la commune de Kara.

Dans une approche scientifiquement CARiste, c’est un scrutin porte-bonheur qui doit mettre fin à l’expression tronquée du vote, autrement la participation citoyenne contre les billets de banque. C’est plutôt au bout de l’exercice de la liberté que la manne tombera. «Si tout le monde reconnaît qu’avec l’élection, l’argent revient au pays. Nous n’aurons plus besoin de quémander comme d’habitude parce que c’est généralement quand il y a des élections que nous voyons des gens venir dans notre région et y mettre de l’ambiance. Je veux parler de l’argent. Après, c’est la misère chronique», explique le candidat.

Dans l’entre-deux, le CAR se positionne déjà dans l’avenir par ses cours théoriques sur la décentralisation, mode de gouvernement qui responsabilise par essence les citoyens.

«Rien ne peut se faire si les hommes ne sont pas libres». C’est l’autre flanc du discours de charme des candidats CARistes. Ici, contrairement à la conception traditionnelle limitée à la restriction de l’expression et du mouvement, la liberté veut dire «liberté d’entreprise et d’initiative». Parce qu’il ne faut pas, dans l’entendement du CAR local, attendre que d’autres donnent à manger. «C’est extrêmement dangereux pour le pays». Autant cultiver son jardin et apprendre à pêcher. C’est le sens propre du vote utile dont tous se réclament depuis le climat d’apaisement issu de l’APG. Un produit que les fans du Bélier veulent s’approprier et continuer de jouir au soir du vote responsable du 14 octobre.

Rappelons que le parti s’est annoncé dès le vendredi par une marche pacifique à travers la ville de Kara pour annoncer le changement. Avant de visiter les cantons de Djamdè, Awandjélo, Lassa et Landa avec la particularité que dans la dernière localité les membres, de la mission d’observation de l’Union européenne ont pu applaudir l’ambiance, la courtoisie des populations et le travail sérieux de la Force Election Législative 2007 (FOSEL). Pour l’heure, le CAR se réjouit de la moyenne de 500 personnes par activité, sauf à Landa où on peut décompter près de 1000 âmes avides de message, sur fond de danses du terroir.

Hier, ce sont les pavés de Kara sud au niveau de la gare routière, la terre rouge du marché de Wakada dans le quartier Dongoyo et l’école primaire publique de Tomdè qui ont accueilli le CAR Kozah.

Le PSR exige un forum des élus
Un forum des élus. C’est le comportement que prescrit le Pacte socialiste pour le renouveau pour ses futurs élus. Avant même le début officiel de la campagne. Il s’agit d’un cadre permanent de rencontres, d’échanges et de concertations sur des sujets fort variés relevant tout autant de la vie du parti que de la nation. Une forme de mandat impératif plutôt vis-à-vis du parti qui veut plus s’éloigner du «changement dans la continuité».


Réformer onze fois l’Etat

Au QG du parti de Abi Tchessa (tête de liste dans sa Kozah natale), on parle de chantiers législatifs prioritaires
.

Réformer la Constitution : cela exige le retour à l’esprit de la loi fondamentale de 1992 issue du référendum. Un passage inéluctable qui doit conférer plus de pouvoir au peuple à travers ses élus et aux institutions, piliers de la démocratie : c’est la condamnation du glissement de la République vers le système présidentiel.

         Réformer le monde agraire : la prochaine majorité PSR veut un syndicat des agriculteurs, seule interface, devant l’Etat et les opérateurs économiques, capable de discuter la détermination des prix des céréales, du coton, du café, du cacao et des engrais et intrants. En plus d’une loi portant création des coopératives agricoles.

         Réformer l’éducation : c’est le chant de la gratuité des enseignements primaire et secondaire, sans oublier le supérieur, avec la particularité qu’il faut construire les infrastructures, les centres de recherche et les logements pour étudiants et enseignants.

         Réformer l’Etat lui-même : par une loi sur la fonction publique la dépouillant de son archaïsme, une loi instituant le service civil national obligatoire pour impliquer les jeunes dans la reconstruction du pays (travaux de voirie, de reboisement, …).

         Réformer la justice : par l’enseignement du droit dans les lycées d’enseignement général. L’assujettissement de l’administration au droit est ici nécessaire voire vital.

         Réformer le code de la nationalité : avec la simplification du certificat de la nationalité pour tout Togolais.

         Réformer le titre foncier et la sécurité des transactions immobilières : combiné à l’institution d’une loi sur les baux d’habitation, le PSR veut mettre fin à l’anarchie des paiements excessifs des avances sur loyers. Après le 14 octobre, on ne parlera que de trois mois de loyer d’avance pour toute location à usage d’habitation. Encore qu’il faut désengorger les juridictions des litiges immobiliers.

         Réformer la législation civile et pénale : par l’exécution réelle du sous-programme «modernisation de la justice» contenu dans le programme de réforme de la justice.

         Réformer la législation fiscale et la discipline fiscale : c’est l’affirmation de l’égalité de tous devant l’impôt. Et le PSR va instituer une plus-value sur les transactions immobilières et la taxe d’habitation généralisée et une taxe spécifique pour l’achat d’un véhicule de luxe.

         Réformer le littoral : avec un fonds public de garantie sous forme d’assurance.

         Réformer la loi portant expropriation pour cause d’utilité publique, pour l’adapter aux exigences des missions de l’Etat. C’est un clin d’œil au désordre de dilapidation qui anime les domaines et les réserves administratives.

Débattre le pays
Pour les candidats du PSR, il n’y a pas de solutions individuelles aux maux collectifs. Surtout que le combat doit rester un combat d’idées et de projet de société. Le PSR va écouter, dialoguer et décider. D’aucuns parleront d’une concertation coalisée. Le parti veut rester humble, car «l’expérience des pays développés enseigne qu’aucune mesure ne peut être décidée d’en haut pour être appliquée de force aux populations qui souvent ne comprennent pas tout autant le contenu que le bien-fondé».

Région des Savanes
Tony Féda., Envoyé spécial

Malgré la canicule étouffante et les épreuves du mois de carême, les candidats et les militants de tous les partis battent campagne pacifiquement à travers l’Oti. Le plus étonnant: les partis n’osent même pas critiquer les programmes de leurs adversaires.

Dans l’Oti

Une longue journée pour les candidats RPT

Démarrée timidement le samedi, la campagne électorale du RPT a atteint sa vitesse de croisière le dimanche dernier, dans l’Oti-Nord, fief de Noupokou Dammipi, directeur général de la CEET, troisième sur la liste de son parti. Des meetings sont prévus dans trois localités : le canton de Loco-Nadjir, la ville de Barkoissi, et le canton de Galangachi, des localités situées toutes sur la nationale Numéro un, Lomé-Dapaong.  Déjà à 9 heures, chose étonnante, comme si personne ne connaissait le programme, cette route au niveau des deux villes était animée par une foule de taxi-motos arborant des T-shirt  blancs portant l’effigie  du maïs, et des drapeaux verts.

Flash-back. 6H.30, Sanssané-Mango, quartier Djabou, maison Okoulou-Kantchati. A peine la  prière du matin terminée que les fidèles se pressent aux portes du candidat Kantchati-Okoulou Idrissou, ministre de l’environnement et des ressources forestières. Pendant près de trois heures d’horloge, la procession est infinie. Des groupes d’hommes âgés, de femmes âgées, et des jeunes gens s’en vont chez le ministre faire des salamalecs et acte d’allégeance. Les habitants de Djabou attendent dire de vive voix au candidat du RPT qu’ils lui apportent leur soutien. Pourquoi, n’est-ce pas plutôt à lui de quêter la voix des électeurs ? «C’est un fils digne de Djabou et nous attendons lui montrer que nous le soutenons pendant cette difficile épreuve », dit un habitant qui squatte la maison depuis la devanture depuis 7 heures du matin.

A 9H30 le ministre sort enfin. Un cortège de voitures s’ébranle en direction de l’Oti-Nord, au son de la fanfare et de musiques chrétiennes, ce qui du moins reste étonnant, le ministre étant un musulman dans une ville -fantasme ou folklore- où l’on voit de plus en plus de barbus.

Dammipi Noupokou dans son fief

Pour ravir les trois sièges en jeu, le RPT a choisi ses candidats dans les trois circonscriptions de l’Oti : Oti-Nord pour le candidat Dammipi, Oti-centre pour Okoulou-Kantchati Idrissou, Oti-Sud pour Lamboni Mindi. L’ordre des candidats est bouleversé sur les affiches selon les circonscriptions. Ainsi pour l’Oti-Nord, sur les affiches publicitaires, c’est le candidat Dammipi qui vient en première position suivi du ministre Kantchati et de Lamboni Mindi.

10H 00. Le directeur de la CEET, M. Noupokou Dammipi, entouré de motard et de voitures drapées de blancs, attend, aux portes de Barkoissi, sous la canicule ardente des Savanes, les candidats Okoulou-Kantchati et Lamboni Mindi. Quelques minutes après, le trio se meut vers l’école primaire publique du canton de Loco-Nadjir, à quelques kilomètres de Barkoissi. Tonnerres d’applaudissements, danses folkloriques, musiques, ambiance, encore et encore à l’arrivée des candidats et de leurs trois suppléants. L’organisation ne lésine pas sur les moyens de communication et jouent sur la sensibilité des militants et sympathisants du RPT.

Un membre de l’organisation saisit le micro et donne le programme du meeting en moba ; lequel programme comporte les interventions des trois têtes de listes, précédées de celles du chef de canton et du secrétaire préfectoral. Confusion des rôles, confusion des genres : que viennent chercher ces deux-là dans cette galère ?  N’empêche le meeting s’annonce chaud. Danses folkloriques des hommes, des femmes, et d’un groupe de jeunes filles assurément vierges, à la tête desquelles se trouve une femme âgée et à la queue deux jeunes hommes d’à peine 16 ans. Allez comprendre pourquoi.

Les propositions

M. Noupoukou est le premier à prendre la parole après les interventions du chef de canton et du secrétaire préfectoral, les deux ayant tous parlé en langue moba, ethnie majoritaire dans l’Oti-Nord et dont sont paradoxalement membres les trois têtes de liste. M Dammipi prit la parole sous un tonnerre d’applaudissements. Le discours est dit sans raisons en français mais n’est pas convenu. «Le RPT et Faure Gnassingbé viennent de terminer le volet politique du programme pour lequel le président était élu en 2005, à savoir la réconciliation nationale. Il s’agit désormais de l’aider à réaliser le volet économique en lui donnant une majorité au parlement, et donc les trois sièges en jeu dans l’Oti», affirme M. Dammipi Noupokou, avant de s’exprimer  sur «la nécessaire reprise de la coopération, raison pour laquelle, il faut tout faire  pour que les élections se déroulent dans de bonnes conditions». Le deuxième de liste a ensuite axé son discours sur les préoccupations locales des habitants : les solutions aux problèmes d’accès à l’eau comme les forages et les barrages, la construction et la réhabilitation des pistes rurales, l’octroi de micro-crédits aux plus humbles et surtout aux femmes, le renforcement des programmes d’alphabétisation dans une zone qui connaît le plus fort taux d’analphabétisme du Togo, et mise en place d’un programme de gouvernement, à travers  le budget de l’Etat, pour le développement de la région des savanes et de l’Oti. Pour le candidat Dammipi, les candidats du RPT vont œuvrer une fois arrivée à l’Assemblée nationale « à agir pour l’octroi de fonds spéciaux de développement de l’Oti ». Il s’est ensuite exprimé sur les problèmes culturels et la nécessité de revaloriser « les danses traditionnelles et l’introduction des danses modernes ».

Les discours des trois candidats n’ont pas varié sur le fond à Barkoissi et Galangachi, dernière ville où s’était arrêtée la caravane, exception faite du candidat Dammipi qui a insisté à Barkoissi, sa ville de résidence sur les actions qu’il n’a cessé de faire en faveur de sa localité. En plus des fournitures à l’école et des  aides à l’Eglise, le directeur de la CEET fait des actions communautaires reconnues par les populations, telle que l’électrification de Barkoissi,

La longue journée de campagne s’est terminée à 18 heures à Galangachi. 

L’Oti en jeu

90 candidats dont 12 partis politiques et 3 indépendants sont en compétition pour ravir les trois sièges. Trois partis principaux, le RPT, l’UFC et le CAR peuvent prétendre gagner au moins un siège dans une élection qui voit s’affronter les meilleurs fils de la préfecture. Le RPT présente le ministre Kantchati Okoulou Idrissou, 56 ans, ancien directeur de la Caisse d’épargne du Togo (CET), Lamboni Mindi, un agro-économiste, 49 ans, et le jeune golden boy de la CEET, Noupoukou Dammipi, 46 ans, dont le  dynamisme est de beaucoup dans le trio formé par le parti de Faure Gnassingbé. Ils ont l’avantage de connaître le terrain, d’avoir le vent en  poupe et la marge de manœuvre très grande depuis l’éviction lors des primaires du tout-puissant ancien président de l’Assemblée nationale Fangbaré Natchaba,  qui faisait la pluie et le beau temps dans la préfecture. Il s’en est allé constituer une liste d’indépendants pour nuire  dit-on à son ancien parti. Mais le ministre Kantchati n’a pas peur et croit que «cette liste est la preuve que la démocratie fait son chemin au Togo ». Les trois candidats auraient fait des réalisations sur le terrain et ne s’en cachent pas, à en croire les propos de campagne du candidat Dammipi dans le Barkoissi.

Les listes concurrentes sont celles de l’UFC et du CAR. Celle de l’UFC est conduite par l’un de ses vice-présidents, Diabacté Kaloukouey, dit Brim pour les intimes. Enseignant de CEG à la retraite, 61 ans, il fait partie de la chefferie de Mango et reste très lié à cause de son père, ancien militant du Comité de l’Unité togolaise (CUT), au parti olympiste. Ces déboires avec le régime d’Eyadema sont connus dans la préfecture où on le tient pour un opposant radical. Tchokossi comme de nombreux habitants de la ville, il aurait l’avantage de parler également ngangam et moba, ce qui n’est pas en soi une prouesse dans une préfecture connue pour son mosaïque et pacifique peuplement. C’est la première fois qu’il va à une élection législative, mais ce sexagénaire qui adore les vieilles Mercedes, est convaincu de sa victoire prochaine. Etre député ou dirigeant de la République « était son rêve de jeunesse » 

Les deux  listes précédentes devront en découdre avec celle du CAR dirigée par Kankarti Nankodja Saado,  65 ans, ingénieur génie rural. Il a le soutien d’une partie de la chefferie traditionnelle dont l’un des membres ne s’est pas présenté pour cause de convenance familiale. Le CAR a le mérite d’avoir affronté le RPT dans la préfecture en 1994 et croit y avoir une solide assise.

L’ADDI, la CDPA et le PDP, sans oublier les indépendants de Natchaba, devront jouer les seconds couteaux, à ne pas minimiser pour autant ; tous les partis ayant leur chance dans une proportionnelle de liste à la plus forte moyenne qui peut coûter aux plus grand partis.

La CPP, le PDR et le PSR et les deux autres listes d’indépendants constituent les troisièmes couteaux d’une compétition électorale dont l’issue est quand même difficile à prévoir.

 

 
 
 
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