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Le
leader de l’Union des Forces de Changement (UFC) ne
s’isole point. Il trouve déjà dans la classe
politique quelques soutiens. Pour cette opinion, les
déclarations de Gilchrist Olympio peuvent être
comprises et acceptées.
A
quitte ou double
Par sa position, le timonier de l’UFC veut se mettre
à l’écart d’un processus dans lequel le poste de
Premier ministre lui a échappé. «Nous préférons
rester à l’extérieur et les regarder». Gilchrist
veut ainsi demeurer fidèle à sa politique de boycott
à chaque fois qu’il est question de composer avec le
pouvoir RPT. Depuis longtemps, l’UFC n’a pas voulu
«se souiller» en formant équipe avec un
pouvoir défunt qu’il accuse d’avoir assassiné son
géniteur, même s’il ne maîtrise pas de façon
efficiente les circonstances du décès de son père.
La preuve en a été faite lors de son dernier passage
à Lomé où les journalistes présents au siège de son
parti ont finalement découvert le pot aux roses.
Depuis toujours, l’UFC accuse les autres partis de
l’opposition d’être prêts à faire le jeu du pouvoir.
Car un vrai opposant au régime de Gnassingbé Eyadema
n’avait pas les moyens de vivre sur le territoire
togolais. Décriant à chaque coup une vendetta du
régime à l’égard des opposants réellement menaçants.
La
dernière déclaration de Gilchrist Olympio,
consistant à considérer ceux qui l’ont soutenu en
2005 comme des partis satellites du RPT, ne doit
guère surprendre dans ce cas. Le CAR et la CDPA ne
peuvent que l’apprendre à leurs dépens, en croyant
que l’opposant du dehors pourrait leur laisser la
chance d’émerger et de faire la politique telle
qu’ils la pensent.
Du
coup, l’éternel opposant attend qu’à la veille des
législatives un échec de la politique de
réconciliation entamée par la formation du nouveau
gouvernement soit constaté de tous. Quitte à se
donner une bonne mine. Là, le parti aura gagné tous
les pronostics et se montrer aux yeux de l’opinion
comme la vraie «force principale» de
l’opposition. Le destin dans la prochaine
législature se joue ainsi, car il faut déjouer les
tendances qui font croire que l’UFC n’est efficace
que pour les présidentielles avec son «Ablodé».
Mais, c’est un couteau à double tranchant. Le parti
joue aussi le contre-pied. Et si l’adhésion de la
CDPA et du CAR fait gagner le pari d’un renouveau
démocratique, le leader aura définitivement enterré
son parti.
Qu’à cela ne tienne, tous les calculs feraient
garder le suspens si, déjà, des positions diffuses
ne secouent pas le parti de Gilchrist Olympio. A la
base, on ne semble pas maîtriser la force à imprimer
au processus électoral tout en étant out d’un
gouvernement qui aura la mainmise sur
l’Administration censée apporter à la Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENI) son
concours et son appui pour l’organisation des
élections.
Une obligation de résultat
Même si le tandem Faure - Agboyibo peut brandir
l’adhésion du Dr Amah Gnassingbé à la cause du
gouvernement, il n’en demeure pas moins que ceci
soumet plus le couple à une rude épreuve. Nul ne
saurait pardonner un nouveau scrutin émaillé de
violence. Tous les acquis recensés jusque-là
résonneront comme du saupoudrage, du rafistolage
d’un tissu social toujours en lambeaux.
Il
n’est donc pas question de trahir l’adhésion d’un
peuple qui a soif d’ouverture politique et de
fraternité en son sein. Comme le reconnaît si bien
le nouveau Premier ministre, «s’il a été question
à Lomé et à Ouaga que l’on forme un gouvernement de
consensus c’est à l’appel et sur la pression de nos
populations. C’est une aspiration qui est tellement
si forte que même s’il y a des réticences au début
(…) il nous appartient non seulement à Agboyibo et
au chef de l’Etat mais à toutes les bonnes volontés
d’œuvrer à ce qu’il en soit ainsi. Nous allons nous
y atteler, c’est un engagement, il faut le réaliser».
Sylvestre D.
Du
rififi à l’UFC : Amah Gnassingbé pas encore exclu
Le parti de Gilchrist Olympio oscille aujourd’hui
entre extrémistes et participationnistes. L’adhésion
du Dr Amah Gnassingbé en tant que ministre d’Etat
fait souffler un vent de révolution au sein de
l’Union des Forces de Changement (UFC). Va-t-on
sanctionner la «faute grave» ?
Le
raid solitaire
Gilchrist Olympio sous forte perfusion de
contestations. Jusqu’aux derniers instants, tous les
signaux confirmaient la participation du parti au
gouvernement d’union nationale issu de l’Accord
politique global signé à Lomé le 20 août 2006.
Surtout que dans les coulisses, on voulait faire
croire que le décret de nomination de Patrick Lawson,
3è vice-président de l’UFC, était devenu un acquis.
Même si une autre tendance ne voulait pas en faire
une condition sine qua non de participation.
Ainsi, tous étaient stupéfaits à la déclaration de
Gilchrist Olympio rejetant toute caution à donner au
gouvernement à former. Aussitôt, une réunion des
sections nationales s’est tenue le lundi avec les
prolétaires locaux du Bureau Exécutif. En fin de
compte, on apprendra que des voix dissidentes
appelaient à intégrer le nouvel exécutif. Le
président du Faso, facilitateur du dialogue, s’en
est mêlé depuis New York où il a été demandé au
timonier de l’UFC de revoir sa position en
participant, pas à n’importe quel prix, au processus
en cours. Ici à Lomé, le nouveau PM ne désespère
point. «Même s’il y a des réticences au début,
tout le monde finira par se rallier», avait
promis Yawovi Madji Agboyibo. Dans la foulée, une
délégation pilotée par Amah Gnassingbé et Me Georges
Lawson s’est officiellement rendue à la primature où
le maître de céans a exigé que le parti fasse des
propositions de ministrables. Au su de son président
toujours revendicatif. N’en déplaise au bouillant
archiviste de l’UFC.
Les militants, eux, s’empressaient de laver le linge
sale en famille. Puisqu’il ne fallait trop tôt vouer
le chef aux gémonies. «Je n’ai pas trouvé
d’inconvénient dans ce qu’il a dit. Certainement
qu’il était en colère quand on lui a posé la
question. Si on ne rentre pas dans ce gouvernement,
je vois qu’on sera toujours terre à terre»,
précisait mardi un adepte rencontré au siège du
parti.
Un
chef déconnecté. Le «grand décideur» ne
compte plus que quelques aficionados dans le Bureau
exécutif. D’aucuns ont commencé par péter les
plombs.
Plus tard, trop tard
Ne
voulant certainement pas se faire rattraper par le
temps, le PM aurait déjà proposé la composition de
l’équipe gouvernementale à son patron
constitutionnel. Le deuxième vice-président, Amah
Gnassingbé, est nommé «Ministre d’Etat». Sans
portefeuille. Au sein de la primature, on croit
savoir que le poste donne droit de regard sur toute
l’action du gouvernement. Autrement, un numéro 2 du
gouvernement. L’éloge ne semble pas satisfaire.
Une exclusion risquée
Comme il fallait s’y attendre, le camp de M. Olympio
dans le bureau exécutif du parti ne manque pas de
mots pour se désolidariser de la «brebis galeuse».
«Il ne représente rien, on voulait l’exclure depuis
quelques temps, mais les gens allaient croire que
c’est parce qu’il est un homme du nord, un
Gnassingbé»,
nous a confié un membre du bureau. Pour Patrick
Lawson, le malheureux recalé, Amah Gnassingbé a
décidé d’accompagner le gouvernement Faure- Agboyibo
«à titre personnel et lui-même le reconnaît»
avant d’ajouter : «A ceux qui l’ont débauché, nous
le leur laissons et disons bon vent». Selon le
secrétaire général Jean-Pierre Fabre, «il faut on
ne s’amuse pas avec la discipline d’un parti. Nous
avons une ligne qu’il faut respecter».
Le
ridicule ne tuerait-il pas au sein du parti de
Gilchrist Olympio ? Par quelle alchimie peut-on
arriver à dénicher facilement le deuxième
vice-président d’un parti qui se dit plus armé que
tous les autres ? Sûrement qu’on ira pas dire que le
plus hiérarchisé au plan local – en l’absence d’un
président toujours exilé et d’un 1er vice-président
définitivement retraité – a été forcé d’accepter le
poste.
Déjà, on parle de mesures conservatoires pour que le
«dissident» ne continue par s’arroger le
titre représentant de l’UFC et cesse d’utiliser la
signature du parti pour s’en prévaloir. En attendant
que la commission d’arbitrage et de discipline
n’entraîne à sa barre le traître pour des
explications convaincantes.
D’aucuns s’interrogent sur les mobiles qui font
traîner le déclenchement de la procédure
d’exclusion. Même si on parle d’une question
d’heures. On se rappelle encore la précipitation
avec laquelle le manitou du NID, Gabriel Sassouvi
Dosseh-Anyron, avait été bouté dehors au moment de
participer au gouvernement Kodjo 2. Quoiqu’on dise,
Amah Gnassingbé, tout en «représentant rien»,
pèse lourd au niveau du suffrage septentrional.
Jean Afolabi
Etape 2 de l’Accord politique global : Cap sur les
législatives
Il
y a deux semaines encore, le professeur Léopold
Gnininvi, leader de la CDPA, disait que les choses
traînent à se préciser. Pressé sans doute qu’il
était d’entrer dans le nouveau gouvernement d’union
nationale. Eh bien ! C’est chose faite à présent,
lui-même ayant été nommé ministre d’Etat, ministre
des Mines et de l’Energie.
La dernière ligne droite pour les législatives
anticipées vient ainsi d’être abordée avec la
formation, mercredi, par le chef de l’Etat du
gouvernement d’union nationale tel que exigé par
l’Accord politique global du 20 août. Et, toujours
comme le veulent les signataires, tous les partis y
ont participé. Sinon presque, exception faite de la
petitesse d’esprit de la bande à Gilchrist Olympio
qui se désolidarise de leur deuxième vice président,
Amah Gnassingbé, nommé ministre d’Etat (sans
portefeuille). Au risque de se laisser distraire par
l’inconstance politique de l’Union des Forces de
Changement (UFC) et l’embrouillamini que ce parti de
faux radicaux aime à créer, le temps est maintenant
compté pour le Premier ministre Yawovi Agboyibo.
Dans quelques mois, en tout cas avant octobre 2007,
les Togolais doivent pouvoir jauger le poids
politique de chaque formation sur le terrain.
Parer au plus pressé…
L’heure n’est plus aux tergiversations. Les Togolais
voulaient un Premier ministre et un gouvernement
d’union nationale. Les voilà servis. Qui dit que le
président Faure Gnassingbé n’a pas la bonne foi et
la volonté de sortir le Togo de l’ornière dans
laquelle il est plongé depuis 1990 ? C’est au tour
de Me Agboyibo de relever le défi. Et du professeur
Gnininvi aussi. Ils font partie de ceux qui
doutaient de la sincérité du jeune chef de l’Etat,
traitant l’ex Premier ministre Edem Kodjo de tous
les noms de vendu politique. Mais, connus pour leur
précision dans les calculs sur le processus
électoral, l’on ne doit en fait douter de la
capacité des deux alliés de la coalition (qui
risquent d’en être limogés par Gilchrist Olympio) de
tenir dans le calendrier. Leur présence dans le
gouvernement en est la meilleure preuve. La CDPA ne
s’est-elle pas engagée d’œuvrer par tous les moyens
à la mise en œuvre ?
…car le temps est compté
Techniquement, le nouveau gouvernement d’union
nationale dispose encore de 13 mois pour mener à
bien sa mission. Ce qui correspond à la fin de
l’actuelle législature élue en octobre 2002. Mais,
le chef de l’Etat a exprimé son souhait pour juin
2007. Qu’à cela ne tienne, l’équipe Agboyibo a le
devoir de faire procéder au plus vite à la mise en
place de la Commission électorale nationale
indépendante (CENI). Là, également, l’UFC voudrait
jouer au dilatoire mais… bof ! c’est un disque qui
semble rayé. La CENI aura en charge de gérer le
processus électoral de bout en bout. Il s’agit en
priorité de conduire un recensement général de la
population togolaise en vue d’actualiser le fichier
électoral, la base de tous les malentendus et des
violences liées aux scrutins. Et le gros du travail
aura été abattu.
Tout compte fait, Me Agboyibo ne voudra pas échouer
en si bon chemin, après avoir conduit avec brio les
discussions du dialogue inter togolais. Etant
entendu d’ailleurs que son parti est l’un des deux
favoris (avec le RPT) susceptibles de rafler la
grosse part des sièges au futur Parlement. Mais,
au-delà de toutes ces considérations, le
gouvernement d’union nationale aura le mérite de
trouver solution à la crise politique la plus
capricieuse du continent.
Kossiwa T.
1ère journée/Championnat D1 :
Un début bien ankylosé
Des incertitudes. Beaucoup d'incertitudes. Le
championnat de 1ère division a bien des soucis à se
faire. Alors que la première journée démarre samedi
à Womé, avec en ouverture, le match Maranatha de
Fiokpo contre l'Union Sportive de Masséda, le Bureau
exécutif de la Fédération manque toujours
d'arguments pour convaincre les présidents de club à
se lancer dans la conquête du titre détenu par
Maranatha de Fiokpo.
A
la réunion organisée par le Bureau mercredi dernier
pour discuter des modalités du démarrage du
championnat, les présidents se sont rendus compte
qu'en réalité, rien n'a été fait pour démarrer le
championnat dans de bonnes conditions. Le reliquat
du Bureau exécutif ne s'est pas donné le temps de
tout peaufiner. Du calendrier du championnat aux
subventions, ce n'est vraiment qu'une navigation à
vue.
Pour plusieurs présidents de club, la réunion de
mercredi n'avait pas sa raison d'être puisque le
Bureau n'était pas capable de tenir ses promesses.
« On nous avait promis que nous toucherons une
somme substantielle pour démarrer le championnat.
C'est à ce titre que nous étions venus. Mais nous
avons été surpris d'entendre le président nous dire
de commencer le championnat et qu'il se chargera de
nous verser une première tranche de subvention
après », a déclaré un président de club un peu
désabusé. Dans l'entendement des présidents, la
subvention devait servir à préparer le début du
championnat avec tout ce que cela comporte comme
charges. « Ce n'est pas aujourd'hui que nous
devons discuter des subventions à octroyer aux
clubs. Cette somme, nous en avons besoin pour
préparer la saison », explique le président de
club.
Il
semble que la Fédération n'est pas prête pour
démarrer la nouvelle saison vu les problèmes qui se
posent à elle et qu'elle n'arrive véritablement pas
à régler. Mais le président, de l'institution, le
Lt-Col Rock Gnassingbé feint de ne pas reconnaître
que la Fédération est en crise et rame à contre
courant même dans la mauvaise direction. « Nous
avions signifié au président lors d'une de nos
réunion de reconnaître qu'il y a une crise ouverte à
la Fédération et de prendre des mesures judicieuses
afin de pouvoir en discuter avec les membres. Mais
non seulement nous n'avons pas été compris, on nous
a aussi taxés de n'importe quoi » a avoué notre
interlocuteur.
Aujourd'hui, toute la structure est gangrenée par le
mal. D'autres présidents souhaitent des réformes au
sein de la Commission centrale d'organisation de la
Fédération. Sa prestation la saison dernière n'a pas
comblé l'attente des clubs surtout avec les
vicissitudes connues par certains clubs au moment de
l'homologation de plusieurs rencontres. On cite
notamment la disparition des feuilles de match au
moment où la Commission devait se prononcer sur les
réserves de Gomido.
Des forfaits imminents
Comme c'est dit plus haut, le premier danger qui
guette ce début de saison, c'est bien les forfaits.
Et il semble que le match au sommet de la première
journée entre Maranatha et l'Union sportive de
Masséda va étrenner une longue série de forfaits. Le
sérieux accrochage entre les présidents des deux
clubs le mercredi à la réunion des présidents
annonce une atmosphère tumultueuse entre les deux
formations. C'est ce à quoi veulent parer les
responsables de l'USM. « On sait l'atmosphère
qui prévaut à Fiokpo, vous imaginez un peu si le
club de Tata gagne », affirme un observateur. Et
vu les antécédents entre les présidents des deux
clubs, le mieux aurait été que ce match soit placé
sous haute sécurité.
Mais la Fédération ne s'est jamais vraiment souciée
des questions de sécurité. « A Womé, on voit
souvent ceux qui sont chargés de la sécurité envahir
eux-mêmes le terrain quand le club local marque.
Même les « Abrafo » font aussi leur petit numéro »,
ajoute l'observateur.
Des inquiétudes que partagent les responsables de l'Usm
au point qu'il est fort probable que le club à Tata
Avlessi refuse de se rendre dans la poudrière de
Fiopko. Mais le match Maranatha-Usm n'est pas le
seul sur qui pèse une hypothèque. Si Tata et ses
protégés peuvent évoquer des raisons sécuritaires
pour ne pas faire le déplacement de Womé, d'autres
présidents disent ne pas disposer d'assez de moyens
pour effectuer un quelconque déplacement. « Je
verrai avec mes collaborateurs ce qui est faisable.
Si nous avons les moyens pour nous déplacer, nous le
ferons mais dans le cas contraire nous resterons
chez nous », confie un autre président.
Pendant ce temps, la Fédération elle-même est
incapable de produire un calendrier cohérent de la
saison. Une situation qui inquiète bien les
présidents. « A l'allure où vont les choses, le
championnat est mal parti », déclare le
responsable. La crise née de la participation des
Eperviers au Mondial a divisé les présidents de club
qui ne voient pas la situation de la même façon. Et
ceux qui ont le courage de dire publiquement que la
Fédération vit une crise sont vus d'un mauvais œil
par Rock Gnassingbé et ses sbires. Toutes les
manœuvres sont orchestrées pour les déstabiliser
dans leur préparation pour la saison.
Gilles Vévey |