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L'Union

25 Sept 2006

 

[ 38: du 22 Sept 2006]  
Gouvernement d’union nationale : Le tandem Faure - Agboyibo à rude épreuve

Loin de paraître comme une démarche cavalière et contestataire du patron de l’UFC, la dernière sortie grossière de Gilchrist Olympio doit, dans une certaine mesure, interpeller la réflexion. Pure stratégie politique dans le sens de se donner raison au moment opportun.

Le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC) ne s’isole point. Il trouve déjà dans la classe politique quelques soutiens. Pour cette opinion, les déclarations de Gilchrist Olympio peuvent être comprises et acceptées.

A  quitte ou double

Par sa position, le timonier de l’UFC veut se mettre à l’écart d’un processus dans lequel le poste de Premier ministre lui a échappé. «Nous préférons rester à l’extérieur et les regarder». Gilchrist veut ainsi demeurer fidèle à sa politique de boycott à chaque fois qu’il est question de composer avec le pouvoir RPT. Depuis longtemps, l’UFC n’a pas voulu «se souiller» en formant équipe avec un pouvoir défunt qu’il accuse d’avoir assassiné son géniteur, même s’il ne maîtrise pas de façon efficiente les circonstances du décès de son père. La preuve en a été faite lors de son dernier passage à Lomé où les journalistes présents au siège de son parti ont finalement découvert le pot aux roses.

Depuis toujours, l’UFC accuse les autres partis de l’opposition d’être prêts à faire le jeu du pouvoir. Car un vrai opposant au régime de Gnassingbé Eyadema n’avait pas les moyens de vivre sur le territoire togolais. Décriant à chaque coup une vendetta du régime à l’égard des opposants réellement menaçants.

La dernière déclaration de Gilchrist Olympio, consistant à considérer ceux qui l’ont soutenu en 2005 comme des partis satellites du RPT, ne doit guère surprendre dans ce cas. Le CAR et la CDPA ne peuvent que l’apprendre à leurs dépens, en croyant que l’opposant du dehors pourrait leur laisser la chance d’émerger et de faire la politique telle qu’ils la pensent.

Du coup, l’éternel opposant attend qu’à la veille des législatives un échec de la politique de réconciliation entamée par la formation du nouveau gouvernement soit constaté de tous. Quitte à se donner une bonne mine. Là, le parti aura gagné tous les pronostics et se montrer aux yeux de l’opinion comme la vraie «force principale» de l’opposition. Le destin dans la prochaine législature se joue ainsi, car il faut déjouer les tendances qui font croire que l’UFC n’est efficace que pour les présidentielles avec son «Ablodé».

Mais, c’est un couteau à double tranchant. Le parti joue aussi le contre-pied. Et si l’adhésion de la CDPA et du CAR fait gagner le pari d’un renouveau démocratique, le leader aura définitivement enterré son parti.

Qu’à cela ne tienne, tous les calculs feraient garder le suspens si, déjà, des positions diffuses ne secouent pas le parti de Gilchrist Olympio. A la base, on ne semble pas maîtriser la force à imprimer au processus électoral tout en étant out d’un gouvernement qui aura la mainmise sur l’Administration censée apporter à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) son concours et son appui pour l’organisation des élections.

Une obligation de résultat

Même si le tandem Faure - Agboyibo peut brandir l’adhésion du Dr Amah Gnassingbé à la cause du gouvernement, il n’en demeure pas moins que ceci soumet plus le couple à une rude épreuve. Nul ne saurait pardonner un nouveau scrutin émaillé de violence. Tous les acquis recensés jusque-là résonneront comme du saupoudrage, du rafistolage d’un tissu social toujours en lambeaux.

Il n’est donc pas question de trahir l’adhésion d’un peuple qui a soif d’ouverture politique et de fraternité en son sein. Comme le reconnaît si bien le nouveau Premier ministre, «s’il a été question à Lomé et à Ouaga que l’on forme un gouvernement de consensus c’est à l’appel et sur la pression de nos populations. C’est une aspiration qui est tellement si forte que même s’il y a des réticences au début (…) il nous appartient non seulement à Agboyibo et au chef de l’Etat mais à toutes les bonnes volontés d’œuvrer à ce qu’il en soit ainsi. Nous allons nous y atteler, c’est un engagement, il faut le réaliser».

Sylvestre D.

Du rififi à l’UFC : Amah Gnassingbé pas encore exclu
Le parti de Gilchrist Olympio oscille aujourd’hui entre extrémistes et participationnistes. L’adhésion du Dr Amah Gnassingbé en tant que ministre d’Etat fait souffler un vent de révolution au sein de l’Union des Forces de Changement (UFC). Va-t-on sanctionner la «faute grave» ?

Le raid solitaire

Gilchrist Olympio sous forte perfusion de contestations. Jusqu’aux derniers instants, tous les signaux confirmaient la participation du parti au gouvernement d’union nationale issu de l’Accord politique global signé à Lomé le 20 août 2006. Surtout que dans les coulisses, on voulait faire croire que le décret de nomination de Patrick Lawson, 3è vice-président de l’UFC, était devenu un acquis. Même si une autre tendance ne voulait pas en faire une condition sine qua non de participation.

Ainsi, tous étaient stupéfaits à la déclaration de Gilchrist Olympio rejetant toute caution à donner au gouvernement à former. Aussitôt, une réunion des sections nationales s’est tenue le lundi avec les prolétaires locaux du Bureau Exécutif. En fin de compte, on apprendra que des voix dissidentes appelaient à intégrer le nouvel exécutif. Le président du Faso, facilitateur du dialogue, s’en est mêlé depuis New York où il a été demandé au timonier de l’UFC de revoir sa position en participant, pas à n’importe quel prix, au processus en cours. Ici à Lomé, le nouveau PM ne désespère point. «Même s’il y a des réticences au début, tout le monde finira par se rallier», avait promis Yawovi Madji Agboyibo.  Dans la foulée, une délégation pilotée par Amah Gnassingbé et Me Georges Lawson s’est officiellement rendue à la primature où le maître de céans a exigé que le parti fasse des propositions de ministrables. Au su de son président toujours revendicatif. N’en déplaise au bouillant archiviste de l’UFC.

Les militants, eux, s’empressaient de laver le linge sale en famille. Puisqu’il ne fallait trop tôt vouer le chef aux gémonies. «Je n’ai pas trouvé d’inconvénient dans ce qu’il a dit. Certainement qu’il était en colère quand on lui a posé la question. Si on ne rentre pas dans ce gouvernement, je vois qu’on sera toujours terre à terre», précisait mardi un adepte rencontré au siège du parti.

Un chef déconnecté. Le «grand décideur» ne compte plus que quelques aficionados dans le Bureau exécutif. D’aucuns ont commencé par péter les plombs.

Plus tard, trop tard

Ne voulant certainement pas se faire rattraper par le temps, le PM aurait déjà proposé la composition de l’équipe gouvernementale à son patron constitutionnel. Le deuxième vice-président, Amah Gnassingbé, est nommé «Ministre d’Etat». Sans portefeuille. Au sein de la primature, on croit savoir que le poste donne droit de regard sur toute l’action du gouvernement. Autrement, un numéro 2 du gouvernement. L’éloge ne semble pas satisfaire.

Une exclusion risquée

Comme il fallait s’y attendre, le camp de M. Olympio dans le bureau exécutif du parti ne manque pas de mots pour se désolidariser de la «brebis galeuse».

«Il ne représente rien, on voulait l’exclure depuis quelques temps, mais les gens allaient croire que c’est parce qu’il est un homme du nord, un Gnassingbé», nous a confié un membre du bureau. Pour Patrick Lawson, le malheureux recalé, Amah Gnassingbé a décidé d’accompagner le gouvernement Faure- Agboyibo «à titre personnel et lui-même le reconnaît» avant d’ajouter : «A ceux qui l’ont débauché, nous le leur laissons et disons bon vent». Selon le secrétaire général Jean-Pierre Fabre, «il faut on ne s’amuse pas avec la discipline d’un parti. Nous avons une ligne qu’il faut respecter».

Le ridicule ne tuerait-il pas au sein du parti de Gilchrist Olympio ? Par quelle alchimie peut-on arriver à dénicher facilement le deuxième vice-président d’un parti qui se dit plus armé que tous les autres ? Sûrement qu’on ira pas dire que le plus hiérarchisé au plan local – en l’absence d’un président toujours exilé et d’un 1er vice-président définitivement retraité – a été forcé d’accepter le poste.

Déjà, on parle de mesures conservatoires pour que le «dissident» ne continue par s’arroger le titre représentant de l’UFC et cesse d’utiliser la signature du parti pour s’en prévaloir. En attendant que la commission d’arbitrage et de discipline n’entraîne à sa barre le traître pour des explications convaincantes.

D’aucuns s’interrogent sur les mobiles qui font traîner le déclenchement de la procédure d’exclusion. Même si on parle d’une question d’heures. On se rappelle encore la précipitation avec laquelle le manitou du NID, Gabriel Sassouvi Dosseh-Anyron,  avait été bouté dehors au moment de participer au gouvernement Kodjo 2. Quoiqu’on dise, Amah Gnassingbé, tout en «représentant rien», pèse lourd au niveau du suffrage septentrional.

Jean Afolabi

Etape 2 de l’Accord politique global : Cap sur les législatives
Il y a deux semaines encore, le professeur Léopold Gnininvi, leader de la CDPA, disait que les choses traînent à se préciser. Pressé sans doute qu’il était d’entrer dans le nouveau gouvernement d’union nationale. Eh bien ! C’est chose faite à présent, lui-même ayant été nommé ministre d’Etat, ministre des Mines et de l’Energie. 

 La dernière ligne droite pour les législatives anticipées vient ainsi d’être abordée avec la formation, mercredi, par le chef de l’Etat du gouvernement d’union nationale tel que exigé par l’Accord politique global du 20 août. Et, toujours comme le veulent les signataires, tous les partis y ont participé. Sinon presque, exception faite de la petitesse d’esprit de la bande à Gilchrist Olympio qui se désolidarise de leur deuxième vice président, Amah Gnassingbé, nommé ministre d’Etat (sans portefeuille). Au risque de se laisser distraire par l’inconstance politique de l’Union des Forces de Changement (UFC) et l’embrouillamini que ce parti de faux radicaux aime à créer, le temps est maintenant compté pour le Premier ministre Yawovi Agboyibo. Dans quelques mois, en tout cas avant octobre 2007, les Togolais doivent pouvoir jauger le poids politique de chaque formation sur le terrain.

Parer au plus pressé…

L’heure n’est plus aux tergiversations. Les Togolais voulaient un Premier ministre et un gouvernement d’union nationale. Les voilà servis. Qui dit que le président Faure Gnassingbé n’a pas la bonne foi et la volonté de sortir le Togo de l’ornière dans laquelle il est plongé depuis 1990 ? C’est au tour de Me Agboyibo de relever le défi. Et du professeur Gnininvi aussi. Ils font partie de ceux qui doutaient de la sincérité du jeune chef de l’Etat, traitant l’ex Premier ministre Edem Kodjo de tous les noms de vendu politique. Mais, connus pour leur précision dans les calculs sur le processus électoral, l’on ne doit en fait douter de la capacité des deux alliés de la coalition (qui risquent d’en être limogés par Gilchrist Olympio) de tenir dans le calendrier. Leur présence dans le gouvernement en est la meilleure preuve. La CDPA ne s’est-elle pas engagée d’œuvrer par tous les moyens à la mise en œuvre ?

…car le temps est compté

Techniquement, le nouveau gouvernement d’union nationale dispose encore de 13 mois pour mener à bien sa mission. Ce qui correspond à la fin de l’actuelle législature élue en octobre 2002. Mais, le chef de l’Etat a exprimé son souhait pour juin 2007. Qu’à cela ne tienne, l’équipe Agboyibo a le devoir de faire procéder au plus vite à la mise en place de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Là, également, l’UFC voudrait jouer au dilatoire mais… bof ! c’est un disque qui semble rayé. La CENI aura en charge de gérer le processus électoral de bout en bout. Il s’agit en priorité de conduire un recensement général de la population togolaise en vue d’actualiser le fichier électoral, la base de tous les malentendus et des violences liées aux scrutins. Et le gros du travail aura été abattu.

Tout compte fait, Me Agboyibo ne voudra pas échouer en si bon chemin, après avoir conduit avec brio les discussions du dialogue inter togolais. Etant entendu d’ailleurs que son parti est l’un des deux favoris (avec le RPT) susceptibles de rafler la grosse part des sièges au futur Parlement. Mais, au-delà de toutes ces considérations, le gouvernement d’union nationale aura le mérite de trouver solution à la crise politique la plus capricieuse du continent.

Kossiwa T.

1ère journée/Championnat D1 : Un  début bien ankylosé
Des incertitudes. Beaucoup d'incertitudes. Le championnat de 1ère division a bien des soucis à se faire. Alors que la première journée démarre samedi à Womé, avec en ouverture, le match Maranatha de Fiokpo contre l'Union Sportive de Masséda, le Bureau exécutif de la Fédération manque toujours d'arguments pour convaincre les présidents de club à se lancer dans la conquête du titre détenu par Maranatha de Fiokpo.

A la réunion organisée par le Bureau mercredi dernier pour discuter des modalités du démarrage du championnat, les présidents se sont rendus compte qu'en réalité, rien n'a été fait pour démarrer le championnat dans de bonnes conditions. Le reliquat du Bureau exécutif ne s'est pas donné le temps de tout peaufiner. Du calendrier du championnat aux subventions, ce n'est vraiment qu'une navigation à vue.

Pour plusieurs présidents de club, la réunion de mercredi n'avait pas sa raison d'être puisque le Bureau n'était pas capable de tenir ses promesses. « On nous avait promis que nous toucherons une somme substantielle pour démarrer le championnat. C'est à ce titre que nous étions venus. Mais nous avons été surpris d'entendre le président nous dire de commencer le championnat et qu'il se chargera de nous verser une première tranche de subvention après », a déclaré un président de club un peu désabusé. Dans l'entendement des présidents, la subvention devait servir à préparer le début du championnat avec tout ce que cela comporte comme charges. «  Ce n'est pas aujourd'hui que nous devons discuter des subventions à octroyer aux clubs. Cette somme, nous en avons besoin pour préparer la saison », explique le président de club.

Il semble que la Fédération n'est pas prête pour démarrer la nouvelle saison vu les problèmes qui se posent à elle et qu'elle n'arrive véritablement pas à régler. Mais le président, de l'institution, le Lt-Col Rock Gnassingbé feint de ne pas reconnaître que la Fédération est en crise et rame à contre courant même dans la mauvaise direction. «  Nous avions signifié au président lors d'une de nos réunion de reconnaître qu'il y a une crise ouverte à la Fédération et de prendre des mesures judicieuses afin de pouvoir en discuter avec les membres. Mais non seulement nous n'avons pas été compris, on nous a aussi taxés de n'importe quoi » a avoué notre interlocuteur.

Aujourd'hui, toute la structure est gangrenée par le mal. D'autres présidents souhaitent des réformes au sein de la Commission centrale d'organisation de la Fédération. Sa prestation la saison dernière n'a pas comblé l'attente des clubs surtout avec les vicissitudes connues par certains clubs au moment de l'homologation de plusieurs rencontres. On cite notamment la disparition des feuilles de match au moment où la Commission devait se prononcer sur les réserves de Gomido.

Des forfaits imminents

Comme c'est dit plus haut, le premier danger qui guette ce début de saison, c'est bien les forfaits. Et il semble que le match au sommet de la première journée entre Maranatha et l'Union sportive de Masséda va étrenner une longue série de forfaits. Le sérieux accrochage entre les présidents des deux clubs le mercredi à la réunion des présidents annonce une atmosphère tumultueuse entre les deux formations. C'est ce à quoi veulent parer les responsables de l'USM. «  On sait l'atmosphère qui prévaut à Fiokpo, vous imaginez un peu si le club de Tata gagne », affirme un observateur. Et vu les antécédents entre les présidents des deux clubs, le mieux aurait été que ce match soit placé sous haute sécurité.

Mais la Fédération ne s'est jamais vraiment souciée des questions de sécurité. « A Womé, on voit souvent ceux qui sont chargés de la sécurité envahir eux-mêmes le terrain quand le club local marque. Même les « Abrafo » font aussi leur petit numéro », ajoute l'observateur.

Des inquiétudes que partagent les responsables de l'Usm au point qu'il est fort probable que le club à Tata Avlessi refuse de se rendre dans la poudrière de Fiopko. Mais le match Maranatha-Usm n'est pas le seul sur qui pèse une hypothèque. Si Tata et ses protégés peuvent évoquer des raisons sécuritaires pour ne pas faire le déplacement de Womé, d'autres présidents disent ne pas disposer d'assez de moyens pour effectuer un quelconque déplacement. « Je verrai avec mes collaborateurs ce qui est faisable. Si nous avons les moyens pour nous déplacer, nous le ferons mais dans le cas contraire nous resterons chez nous », confie un autre président.

Pendant ce temps, la Fédération elle-même est incapable de produire un calendrier cohérent de la saison. Une situation qui inquiète bien les présidents. « A l'allure où vont les choses, le championnat est mal parti », déclare le responsable. La crise née de la participation des Eperviers au Mondial a divisé les présidents de club qui ne voient pas la situation de la même façon. Et ceux qui ont le courage de dire publiquement que la Fédération vit une crise sont vus d'un mauvais œil par Rock Gnassingbé et ses sbires. Toutes les manœuvres sont orchestrées pour les déstabiliser dans leur préparation pour la saison.

Gilles Vévey

 
 

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