|
Législatives 2007 : La Cour
constitutionnelle désormais prête à statuer
Mise en place depuis le mois de mai avec l’élection
de six membres par l’Assemblée nationale et plus
tard la nomination de trois autres membres par le
chef de l’Etat, la Cour constitutionnelle a prêté
serment hier après la désignation du sieur Abdou
Assouma comme Président (article 101 de la
Constitution). Recomposé sur exigence des
signataires de l’Accord politique global, le juge de
la constitutionnalité de la loi reste un maillon
essentiel dans le présent processus électoral en ce
qu’il doit connaître de tous les recours y
afférents.
La
Cour constitutionnelle publie en dernier ressort la
liste définitive des candidats après expiration de
tout délai de saisine qui suit les premières
vérifications administratives nécessaires par la
Commission électorale nationale indépendante (CENI)
et le ministère de l’Administration territoriale.
Aux termes de l’article 201 du code électoral,
«en cas de contestation, le candidat se pourvoit
devant la cour constitutionnelle qui devra rendre sa
décision dans les soixante-douze (72) heures».
Et selon le dernier chronogramme discuté par les
membres de la CENI, la liste des candidats pour les
législatives du 14 octobre 2007 devra être
officialisée au plus tard le 25 septembre prochain,
c’est-à-dire dix-huit (18) jours avant le scrutin
conformément à l’article 215 de la loi électorale.
Pour l’heure, aucun chiffre officiel n’est donné par
la CENI pour résumer le dépôt des dossiers de
candidature dont le délai est expiré le 14 septembre
dernier. Mais des indiscrétions font croire que plus
de 400 candidatures auraient été enregistrées pour
81 sièges à pourvoir.
Le
second moment de l’intrusion de la Cour
constitutionnelle reste la proclamation définitive
des résultats après leur annonce provisoire par
l’équipe de Potopéré Tozim, président de la CENI.
Entre les deux étapes, l’institution patronnée par
M. Abdou Assouma pourra être saisie. En cas
d’inéligibilité constatée d’un candidat avant
l’ouverture de la campagne électorale ou pendant la
campagne électorale, la Cour constitutionnelle
procède à l’annulation de sa candidature contre le
non remboursement du cautionnement. En cas de décès
d’un candidat avant l’ouverture de la campagne
électorale, le remplacement du candidat défunt est
autorisé. Le décès d’un candidat pendant la campagne
entraîne le report à 30 jours du scrutin dans la
préfecture concernée. Dans ce cas, le remplacement
éventuel du candidat doit être effectué dans les
huit jours suivant la date du décès. En cas de
contestation, la Cour constitutionnelle statue sans
délai. Dans tous les cas, son président a voix
prépondérante en cas de partage. Les décisions de la
Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun
recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à
toutes les autorisés civiles, militaires et
juridictionnelles.
Sylvestre D.
Processus électoral : Le jeu
trouble des candidats aux législatives
C’est un véritable pincement au cœur que ce
communiqué de la Commission électorale nationale
indépendante (CENI) qui visait à faire cesser la
campagne illégale. Dans les couloirs de la CENI, on
croit savoir que la mauvaise attitude est observée
chez tous les candidats aux prochaines législatives.
Un vrai jeu trouble renouvelé quand on sait que, par
une émission télévisuelle, les jeunes du CAR, du RPT,
de la CDPA et l’âgé de l’UFC se renvoyaient déjà au
début des opérations de recensement la balle des
comportements prohibés par le code électoral.
Le
RPT au piège du passéisme
D’aucuns diront que la candidate du RPT, tête de
liste dans le Dankpen, est prise au piège d’un
fidèle passé où on s’habitue plus à plaire
impunément au Chef. Même là où il n’en faut point.
«Monsieur le Président de
la
République, nous voulons vous dire aujourd’hui que
les populations du Grand Bassar sont sensibles aux
efforts que vous ne cessez de déployer pour la
consolidation de la réconciliation, de la paix et de
la démocratie dans notre pays. A la veille des
élections législatives anticipées du 14 octobre
prochain, ces populations vous disent qu’elles
adhèrent pleinement aux mesures pertinentes que vous
faites prendre pour donner à ces élections un
caractère noble, transparent, juste et paisible (…)
Nous vous offrirons pour les élections législatives
anticipées du 14 octobre l’ensemble des sièges des
préfectures de Dankpen et de Bassar».
C’est cet agencement de mots a priori flatteurs de
la ministre Ibrahima Mémounatou –même si elle s’en
défend bien que le président du parti en a besoin
pour asseoir le renouveau– qui siffle la faute
commise dans un rassemblement culturel avec l’igname
à l’honneur. Est-ce une déclaration unanime par
procuration? Le cadre s’y prête-t-il pour plutôt
occasionner des gesticulations inutiles? Le moins
qu’on puisse dire, c’est qu’un plébiscite (même
certain) ne peut être connu à l’avance. Le vote est
un droit individuel d’un électeur qui, seul dans
l’isoloir, peut valablement violer un pacte fait de
paroles et de petits gestes. Surtout que le prochain
scrutin tend à devenir un vote «fraternel».
Et que le RPT n’est pas seul en lice.
L’UFC
toujours hors cadre
Loin d’être un constat au vitriol, il est plutôt
aisé de croiser les caravanes du déferlement jaune
dans les différentes circonscriptions électorales
avec des jets de prospectus à l’image des candidats
soutenus par la photo du timonier du parti. Pour les
lieutenants locaux de Gilchrist Olympio, la manœuvre
vise simplement à faire «connaître les candidats
aux populations concernées». C’est à croire que
la fameuse investiture n’aura servi à rien. Ignorant
allègrement les règles d’un jeu équilibré. Dans un
autre temps, la machine à cri du parti aurait déjà
envahi les médias «acquis» pour découvrir une
violation de l’Accord politique global. Même si le
prix à payer passe par une interprétation
personnalisée du deal politique.
Les Indépendants restés aphones
Ils persistent à faire croire aux populations que
les hommes politiques du pouvoir et de l’opposition
plurielle ont littéralement échoué dans la gestion
des affaires publiques, en toute violation du rappel
à l’ordre de la bande à Potopéré Tozim. Hier encore,
le porte-parole du RECIT boutiquait que la société
civile a sa chance à saisir. «On peut être
politique sans être partisan». Et les médias
relaient aisément la dérive sous des formes
diverses : invité du journal, émission débat d’un
seul invité, etc. Pendant ce temps, la CENI devra
désespérément attendre que la vraie campagne s’ouvre
et qu’on n’en parle plus. La Haute autorité de
l’audiovisuel et de la communication, elle, se
demande inlassablement ce qu’il faudra faire pour
punir les indélicats électoraux.
Jean Afolabi |