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L'Union

14 Août 2006

[ 32: du 11 Août 2006]  
Minerais : Enfin! 20 milliards d’investissement pour exploiter le sous-sol togolais
Le sous-sol togolais regorge certainement de richesses inouïes. C’est ce qui explique la signature cette semaine à Lomé d’une convention avec la société indienne MM Investment  Holding Limited. Objectifs : exploiter sur une période de 20 ans le fer, le manganèse, le bauxite, le chromite…
 
 

Le gouvernement et la société indienne MM Investment  Holding Limited ont signé le 7 août dernier une convention d’investissement de 20 milliards de francs Cfa. Ces fonds serviront à la mise en œuvre d’une société d’exploitation, de semi transformation et de commercialisation du minerai de fer, de manganèse, de bauxite, de chromite et de leurs métaux connexes. La signature de cet accord est le fruit  de deux années de dures et multiples tractations entre les deux parties. La présente convention concerne notamment les minerais de fer de Bassar estimés à 600 millions de tonnes, de manganèse de Naéga (dans le Tône) d’une contenance d’environ 13 millions de tonnes, de bauxite du Mont Agou (près d’un million de tonnes) et du chromite  de Farendè (dans la Kozah) et  du Mont Ayito dans le Haho.

Ce projet qui devra générer près de 2.500 d’emplois devra également développer les infrastructures ferroviaire, routière et énergétique. Pour le besoin du projet, de nombreux forages d’eau, des pistes de routes desservant les gisements et le chemin de fer de Blitta à Bandjeli (plus de100 Km) seront construits. Les capacités énergétiques actuelles de la région seront aussi renforcées pour permettre à l’usine qui sera installée de tourner sans défaillance. Sans compter des équipements sociaux (écoles, dispensaires, projets générateurs de revenus) au profit des populations riveraines qui sont des composantes de la convention que devra  respecter le promoteur.

Des garanties sûres
Si les tractations ont duré plus de deux ans, c’est que le gouvernement togolais voulait des garanties solides de la part du groupe indien. Les points d’achoppement qui ont fait traîner la signature de cette convention sont, entre autres, le statut de la société et l’indemnisation des propriétaires dont les terrains seront concernés par l’exploitation. Le promoteur avait préféré que sa société ait un statut de zone franche. Ce que le gouvernement avait refusé au regard des traitements infligés aux employés travaillant dans les sociétés installées en zone franche et malgré les nombreuses exonérations qui sont  accordées par le gouvernement. Le groupe indien était en outre réticent sur la prise en charge de l’indemnisation des propriétaires terriens.

Il faut rappeler qu’il y avait également sur ce projet un groupe chinois qui a été finalement doublé par MM Investment Holding Limited dirigé par Majesh Rupani, qui n’est plus un inconnu pour les Togolais. Installé avec sa famille depuis plus de 20 ans, cet homme d’affaires s’est déjà illustré depuis 2000 tant bien que mal dans le projet de revalorisation des teckeraies du Togo (Projet PRAF) qui prend fin dans quelques semaines
.

L’exploitation de ces minerais n’est pas pour demain. Plusieurs étapes sont d’abord à franchir. En effet, la présente convention se concrétisera dans les mois à venir par le démarrage de l’étude de faisabilité. Suivra ensuite la mise en place de l’usine avec les matériels proprement dits avant que ne soit délivré au promoteur un permis d’exploitation qui lui ouvrira la voie à l’exploitation.

Plusieurs avantages pour l’Etat
Les avantages de cette convention pour l’Etat sont nombreux. Il en tire comme retombées directes une redevance comprise entre 1 et 3% de la valeur marchande des exploitations et jusqu’à 37% sur les bénéfices réalisés sur les ventes. En outre, les exportations devront générer des taxes pour l’Etat et le Port de Lomé sans compter la consommation d’électricité, de téléphone… et l’emploi pour 2.500  jeunes. La signature de la présente convention (pour 20 ans) pourra être suivie sous peu par une autre concernant l’exploitation du diamant suivie par un groupe belgo- sud africain dans les zones Akposso-Akébou.

Les richesses naturelles du Togo regroupent entre autres le marbre, les pierres rocheuses le long de la chaîne de l’Atakora que lorgne un promoteur libanais, les phosphates précambriens de Bassar estimés à 10 millions de tonnes, la tourbe du bassin côtier,  l’or dans la zone de Sokodé, d’Agbandaoudè (à Bafilo) et dans le Kéran, dont la licence a été accordée à la société arabe Sky Jet… et le pétrole. Les six forages de puits de recherche de l’or noir aux larges des côtes togolaises  entrepris par le groupe norvégien n’ont pas suffi pour attester que le Togo pourra en être producteur dans les années à venir. Les investissements d’exploration et de recherche qui sont lourds sont rares. Il faut en effet près de 19 millions de dollars (plus de 10 milliards de francs) pour réaliser un forage. Or il faudrait une vingtaine, selon les experts, pour avoir une confirmation de présence de pétrole. Ce qui explique la léthargie constatée dans le secteur.

En tout cas, avis aux milliardaires car, les chercheurs soutiennent mordicus que le fond marin togolais sent encore du… kérosène.

Late Pater

 
Après les beaux discours L’élite féminine complice de sa marginalisation
 Il ne reste plus qu’à chaque foyer de décréter, dans le calendrier lunaire, la journée de sa femme. Pour que la boucle soit bouclée. Tellement la gente féminine est aussi célébrée que sa représentation reste marginalisée.

Nous revenons ici sur le contraste qui découle des discours et intentions, d’une part, et de la pratique d’autre part. L’une des réalisations à l’actif du couple Faure Gnassingbé–Edem Kodjo est la recomposition de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC). A cela s’ajoute la toute nouvelle réforme de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dont les membres élus s’échauffent pour prêter serment. Mais au demeurant, ce sont des institutions, une fois de plus, hautement masculinisées : huit sur neuf (8/9) pour la première et quinze sur dix-sept (15/17) dans la CNDH. Chose trop bizarroïde quand on revoit par quelle force les «damnées» du gouvernement vocifèrent à travers hameaux et bourgades le rôle que doit désormais jouer la femme togolaise dans la réalisation du «Renouveau». D’aucuns en ont même dénoncé une descente trop excessive sur le terrain pour sensibiliser des pauvres dames qui semblent ne rien comprendre de leur «patron», la ministre de la Promotion féminine.

Selon une indiscrétion, son excellentissime madame la ministre de la Promotion féminine reste frustrée devant ce constat fait, au lendemain du nouveau «hold-up» des hommes «avares» sur la CNDH. Ce qui surprend son entourage, surtout qu’il était plutôt facile de mener le combat dès le déclenchement du processus de réforme des institutions. Il suffisait d’y veiller, de mobiliser les différentes organisations candidates, de donner des «instructions de vote» à la base, d’encourager les femmes à se porter candidates. Avec la même vigueur qui a permis de lutter contre l’éclipse solaire et les récentes inondations de Lomé. Rappelons que sur les listes soumises au choix des députés, seuls les regroupements de femmes avaient des candidates bien positionnées.

Nous l’écrivions déjà dans une précédente parution. Tout se passe comme si la femme togolaise, à l’instar de sa consoeur d’ailleurs, se satisfait des congrès, conférences, colloques, séminaires, … Que des occasions pour rassembler le «prolétariat féminin» et les encenser des concepts incompréhensibles de la mondialisation. au finish, les mêmes se contentent des perdiems et des grosses voitures, en complicité avec les institutions de financement. Et l’ouvrage se perpétue.

Et si la trouvaille restait à imposer dans les textes un quota de représentation des femmes dans le débat national ? Ce que la femme congolaise (RDC) a réussi à arracher par le parlement du pays. Car, en réalité, l’inconscient de l’homme réinstaure la marginalisation au moment crucial de passer au choix de l’Homme. N’en déplaise aux vertus du concept «GENRE».

Qu’à cela ne tienne, le fameux document «made in Kanny Sokpo-Diallo» intitulé «Stratégies d’intégration du genre dans le développement économique du Togo» aura toutes les peines à se concrétiser. Si le mal n’est point éradiqué d’une autre manière.

Sylvestre D.

 
Le secteur cotonnier en difficulté au Togo:  Les cotonculteurs abandonnent la culture de l’or blanc
La saison cotonnière 2006 sera-t-elle bonne? Malgré la décision prise par le gouvernement togolais de payer rubis sur ongle aux cotonculteurs la totalité du coton de la saison 2005, et 25% de celui de la saison 2004, des craintes subsistent quant aux espoirs du gouvernement sur la saison 2006.

Une tournée de la rédaction de l’Union dans la préfecture de Kloto et d’Agou semble créditer la thèse que la récolte du coton ne va pas connaître le décollage attendu, en dépit des mesures incitatives prises par le gouvernement à l’endroit des paysans. Dans l’Agou et le Kloto, zones qui ne sont pas les plus grandes productrices de coton, les paysans ont préféré les cultures vivrières en cultivant de vastes superficies pour le maïs, l’igname et le haricot. Il faut craindre que cette situation qui prévaut dans cette zone soit le pouls des autres régions des Plateaux. Certains paysans ont juste acheté les engrais pour faire d’autres cultures, en laissant les semences du coton. Nombreux sont ceux qui ne comptent que faire de petites surfaces pour le coton dans le but évident de ne pas trop perdre au cas où comme les années passées, la Sotoco ne paierait pas.

Cette situation agricole est la conséquence de la gestion catastrophique du coton et  la méfiance des paysans envers la Sotoco, d’autant plus que des rumeurs savamment orchestrées venant de Lomé abondent dans le sens d’un retour au statu quo ante de la Sotoco qui, pendant près de cinq années a traversé des difficultés énormes de trésorerie.

Néanmoins, force est de reconnaître que si la récolte n’est pas bonne, vers la fin de l’année, la situation peut être imputable à la Sotoco et au ministère de l’agriculture qui n’auraient pas entrepris une campagne de sensibilisation idoine sur la reprise en main de la Sotoco par l’Etat.

Mais la situation n’est pas si reluisante pour le paysan de Kloto et d’Agou en dépit du choix des cultures vivrières. Il est ballotté entre la peste et le choléra. Les prix du haricot et d’igname produits sur de grandes surfaces risquent de baisser l’année prochaine, pour cause de surproduction, tandis que le prix du maïs restera stable. Malgré la récolte de cette année, le prix du maïs n’a pas sensiblement varié.

Face à cette situation la question reste toute posée par rapport à la récolte du coton cette année. Dans tous les cas la tendance est à une chute de la production. Sauf si une nouvelle stratégie de mobilisation est trouvée.

D. Abel

 
Suzanne Aho nettoie les écuries : Fâcheuses affectations du Centre de santé de Lomé

Huit sages-femmes et un infirmier viennent de faire les frais d’une visite de routine de la ministre Suzanne Aho au Centre de Santé de Lomé, située au quartier des Etoiles. Selon les renseignements pris, l’absentéisme notoire et le travail mal fait sont la base de cette décision importante pour mettre fin aux grincements de dents des populations.

La nouvelle, partie comme une rumeur il y a quelques jours, est confirmée des sources proches du ministère de la Santé et du Centre de Santé de Lomé. Mme Suzanne Aho, la « petite ministre », accusée de faire du show médiatique, a piqué une rageuse colère à la découverte du désordre dans le fonctionnement de cette structure très sollicitée puisque située dans une zone très peuplée. En lieu et place du matraquage médiatique à elle reproché, excédée par la situation chaotique du Centre, elle a tout simplement nettoyé les écuries d’Augias.

 Au lieu de travailler, les fonctionnaires incriminés se tournaient les pouces et vivaient carrément au dépens de l’Etat comme de vulgaires puces. Il est dit que certaines des huit sages-femmes venaient faire acte de présence le matin et repartaient faire du petit commerce, tandis que l’infirmier, lui, prenait du bon temps dans les buvettes du quartier.

Malheureusement ces tireurs au flanc ne sont pas les seuls dans l’administration togolaise. Cette situation participe des problèmes qui minent le bon fonctionnement de la fonction publique depuis plus d’une décennie déjà. Absentéisme, incompétence, pléthore de travailleurs pour un même poste, travailleurs fictifs, double salaire, etc., constituent les principaux ennuis de l’administration publique dont le mauvais fonctionnement est pour quelque chose dans le retard économique du pays. Dans de nombreux ministères, on trouve avec la complicité silencieuse de certains chefs de sections et de structures, plusieurs cas d’absentéisme caractérisé. Il y a même des ministères où les ministres et les secrétaires généraux sont de fanatiques adeptes de Morphée !

La raison évoquée le plus souvent est le non-paiement ou la non régularité des salaires, un argument éculé depuis longtemps, le gouvernement se pliant en quatre pour satisfaire les fonctionnaires.

Le Directeur intérimaire, Docteur Mangamana  Bawubadi, la peur au ventre, n’a pas voulu donner les raisons de ce dysfonctionnement de sa structure à la rédaction de votre journal : manœuvre de rétention d’informations ou tout simplement vielle méthode d’intimidation, il exigeait la révélation de notre source !

Il appartient au ministère de la santé et au gouvernement de multiplier les structures sanitaires à Lomé et à l’intérieur du pays, car il faut bien l’avouer, les infrastructures de santé existantes sont loin de résorber tous ceux que forme l’Etat.

Là, également, il y a un autre problème, que l’administration devra résoudre, est le refus des agents de l’Etat de travailler à l’intérieur du pays, endroit considéré comme mouroir ; la plupart des agents des ministères à Lomé disent qu’à l’intérieur du pays, les fonctionnaires ne bénéficient pas d’avancement.

Le Centre de Santé de Lomé, au quartier des Etoiles est l’un des plus grands de la capitale. Il est spécialisé en médecine générale, pédiatrie, accouchement, consultation prénatale et post natale, petite chirurgie, planning familial, hygiène et assainissement, stomatologie, laboratoire, service social et pharmacie communautaire.

Kassa Kwami

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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