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L'Union

6 Août 2006

[ 30: du 4 Août 2006]  
La facilitation à l’étape de l’action : Blaise Compaoré entre les élections et la réécriture de la Constitution

 
 

De sources proches des différentes délégations au douzième dialogue intertogolais, le facilitateur  souhaite organiser la première rencontre dès la semaine prochaine. Dans la foulée on annonce déjà la période du 8 au 11 août 2006 dans la capitale burkinabé pour ce premier tête-à-tête, depuis que l’Homme Intègre a été sollicité à l’unanimité par les Togolais.

Dans cette phase, chacun sera reçu individuellement pour permettre à Blaise Compaoré de toucher personnellement les points de désaccords des uns et des autres. Une synthèse doit être produite et soumise aux délégations avant d’entamer le virage déterminant : arriver à convaincre chaque partie à lâcher un peu du lest. Ce n’est qu’au bout de cet effort « surhumain » qu’on peut tendre vers un accord global qui satisfasse tout le monde. Selon une source burkinabé, les choses doivent aller vite « pour éviter de prolonger le calvaire du peuple ».

« Nous continuons de garder tout l’espoir que le facilitateur arrivera à nous aider. Nous sommes conscients qu’il ne va pas faire le travail à notre place », nous confiait hier une source proche de l’opposition togolaise. « Mais il ne faut pas perdre de vue que toutes les parties doivent s’efforcer de donner dans les 20% restants » renchérit un homme du pouvoir en place, joint au téléphone.

Au-delà de cette approche volontairement diversifiée, il importe de reconnaître que le président du Faso n’a pas hérité d’un dossier de désaccords facile à croquer. Au moment où le PDR de Zarifou Ayéva s’allie au RPT pour le maintien du mode de scrutin uninominal à un seul tour, c’est le consensus entre les « contestataires » de la CDPA et de l’UFC – et du GF2D dans une moindre mesure – pour tabler sur une modification « obligatoire » de la loi fondamentale. Pour l’association de la société civile, « il est nécessaire que les réformes devant avoir une incidence sur les prochaines élections soient réglées dans l’immédiat ». « La modification des pouvoirs du Premier Ministre pour les concentrer entre les mains du Président de la République, l’affaiblissement de l’Assemblée Nationale par la création d’un Sénat dont les membres sont pratiquement désignés par le Président de la République, les conditions d’éligibilité du Président de la République et la suppression de la durée de son mandat, sont des éléments qui ont participé à l’aggravation de la crise politique », précise le parti de Gilchrist Olympio.

En clair, l’Accord global politique devra trancher la question d’une modification de la Constitution, sans les touches du Chef de l’Etat ni des députés (non parties au dialogue), actuellement en vigueur. Une vision que ne veut visiblement pas embrasser le facilitateur. Selon toute vraisemblance, le rôle de Blaise Compaoré devra plutôt rétablir un climat de confiance autour des conditions optimales d’organisation des législatives qui doivent intervenir au plus tard fin octobre 2007. Pour éviter d’en ajouter à l’actuelle crise par le maintien d’une législature « périmée ». Qu’à cela ne tienne, la République continue de rouler.

Il importe de s’accorder en priorité sur ce qui peut éviter des contestations et des violences électorales comme on en avait connu en avril 2005. Quitte à se prescrire des valeurs qui repoussent les limites de la méfiance et de la suspicion.

Afolabi Jean

 
A l’heure des renouveaux : Le transport routier en ébullition contestataire
La dernière grogne des conducteurs routiers de Lomé vient relancer les débats sur des questions non réglées, au lendemain de l’effectivité des postes de péage sur nos routes. C’est le ménage interne des syndicats contre l’inactivité de l’appareil étatique.

Depuis le lundi dernier, l’Union syndicale des conducteurs routiers du Togo est entrée en guerre contre les stations pirates. La nouvelle politique qu’on dit consensuelle vise à ramener dans les gares routières et stations réglementaires tous les chauffeurs qui ont, depuis quelques temps, pris l’habitude de charger et de décharger les passagers dans leurs « gares de fortune », autrement dans les rues.

Selon les initiateurs, c’est une autre phase du ménage interne. Un ménage qu’impose l’effectivité des postes de péages. On sait que l’une des revendications des conducteurs, à titre de compensation au tarif des péages, c’est de dégager des routes toutes les barrières des syndicats où l’on est obligé de « payer des tickets ». En bonus, les taximen devront se mettre dans des « conditions professionnelles » : permis de conduire, visites techniques, assurances… Nul n’ignore toute l’amertume ressentie, surtout que, jusqu’à hier, chaque syndicat opérait de façon solitaire ; chacun voulant se procurer son pain.

Pour les chauffeurs, c’est une victoire d’arriver déjà à faire rentrer dans « les casernes » les patrons de syndicats devenus trop « volumineux » par rapport aux conducteurs qui peinent à les nourrir. Sans compter les difficultés à faire des bons comptes aux propriétaires des véhicules. Désormais, face à la réticence du Fonds d’Entretien Routier à rabaisser les tarifs des péages, les conducteurs, tout itinéraire compris, menacent de pratiquer à la lettre les taux de transport officiels. En exemple, tout passager de Tsévié devra débourser 800 francs au lieu des 500 voire 600 francs actuellement perçus.

Le goulot d’étranglement
Payer les péages et respecter la « règle du tour » dans les stations contre le « sérieux des policiers et gendarmes ». C’est le défi lancé aux autorités pour que les corps habillés évitent de racketter la route. Déjà, des conducteurs de taxi de ville ont pris, le mardi dernier, la rue à la hauteur de la lagune de Nyékonakpoé pour protester contre l’action des gendarmes. « Au grand marché, ils nous interdisent de stationner dans la rue alors qu’il n’y a aucun espace aménagé et qui peut prendre toutes les voitures qui arrivent » faisait constater un chauffeur du tronçon Adidogomé -Assigamé.

Le problème est récurrent. Il y a quelques semaines, nous dénoncions dans nos colonnes les « péages en treillis », le cas des hommes habillés qui « coupent » les routes pour vérifier outre mesure les « pièces sonnantes ». D’aucuns racontent même qu’il y en a qui opèrent en toute clandestinité. Avec la nouvelle donne, il urge de contrôler effectivement les vraies pièces et verbaliser les fautifs au lieu d’exiger à être corrompus par des chauffeurs qui préfèrent ne pas se mettre en règle. A moins que ces prélèvements constituent des indices de sauvegarde de la corruption décriée. Ailleurs, il est instauré un système de retrait de points…jusqu’à la privation de son permis de conduire.

Toujours des grincements de dents
Dans notre parution n° 27 du 14 juillet 2006, nous rapportions les techniques de fraude instaurées au niveau des péages par des agents qui vendent les mêmes tickets portant les mêmes numéros à des conducteurs différents. Ce qui a amené les autorités à revoir la confiance faite aux hommes qui animent cette phase manuelle des péages. La semaine dernière, ce sont les conducteurs des poids lourds qui se sont sentis visés. Cette fois-ci, habitués à rouler la nuit en convois, ceux-ci se voient remettre les tickets de 300 francs tout en payant les 2000 francs réglementaires. Notre tentative de s’assurer de la somme perçue s’est heurtée à l’étonnement des agents exécuteurs. Qu’à cela ne tienne, autant accélérer l’informatisation des postes de péages pour arrêter l’hémorragie des grincements de dents. Pour déculpabiliser des autorités innocemment accusées de dévorer les recettes au profit du réseau routier.

Kossiwa Tchamdja

 
Enquête : L’ATOP dans tout son état de délabrement avancé
Au lieu de grandir depuis sa création en 1975, l’Agence Togolaise de Presse (ATOP) régresse pour, peut-être, mourir un bon matin. C’est le triste constat qui est fait aujourd’hui après deux mois d’enquête de la rédaction de votre journal « L’UNION ». A travers régions et préfectures, l’ATOP s’écroule à petits coups.

Avec un grand intérêt, beaucoup de férus de la télé maman (TVT) ont suivi le dimanche dernier l’émission « Questions de femmes ». Entre autres invités, la nouvelle directrice de l’ATOP, Claudine Akakpo, et le patron de CFPT, Lawson Latévi Ebénézer.

Pure coïncidence pour nous. Tout ce qui est dit sur l’Agence Togolaise de Presse semble cacher en partie le malheur que vit quotidiennement le personnel. Dans la réalité, l’ATOP ne se porte pas bien, des hommes aux locaux.

Prenez le dernier virage menant à l’enceinte de la TVT et ayez le courage de jeter un regard furtif à votre gauche pour découvrir de visu le grand bâtiment de la direction générale de l’ATOP, peint depuis quelques années par des colonnes de lichen, graffiti, immondices. A l’intérieur de l’édifice, c’est le toit d’un bureau de la directrice qui coule. Selon nos recoupements, la dernière pluie du dimanche dernier aurait mouillé des documents soigneusement arrangés dans une armoire collée au mur. A l’heure où nous mettons sous presse, nous n’avons pu visiter la directrice pour en prendre une vue. Qu’importe. Le pire se vit au secrétariat où les agents sont carrément obligés de recueillir l’eau de pluie à l’aide d’un seau. A la salle de documentation, des vitres enlevées facilitent l’entrée des eaux de pluie. Le point commun reste, outre mesure, des fissures qui s’observent sur presque tous les bâtiments. « On a même peur que ça s’écroule sur nous. Il vaut mieux tout casser pour refaire un travail en profondeur », nous confiait encore, la semaine passée, un agent.

L’aspect extérieur du bâtiment qui abrite le panneau délabré portant l’inscription « AGENCE TOGOLAISE DE PRESSE » - qu’on dit abriter la comptabilité – donne l’image d’un édifice datant de la période pré allemande et complètement oublié. Véritable vieillot.

Au plan du mobilier, ce n’est point le paradis. Car, on peut y voir des tables bancales qui ont le mérite d’avoir perdu toute leur peinture originale. N’en déplaise, le bruit du climatiseur fait lire, des fois, de l’amertume sur le visage de la locataire de la direction.

Contre mauvaise fortune, bon cœur. Il paraît que les agents de Lomé sont encore mieux « choyés » par rapport à l’intérieur du pays. En exemple, à Atakpamé, ce sont des chauves-souris qui ont pris tout le bâtiment pour logement. A la moindre pluie, l’odeur créée indispose plus d’un. A Sokodé comme à Kara, « les ingénieurs ont carrément fait un mauvais travail ». Car, la pluie ne manque de tout mouiller. Là aussi, les édifices peuvent s’écrouler à tout moment. Les mauvaises langues racontent même que les murs ne sont pas soutenus par des chaînages. Et les ingénieurs ont tout simplement disparu de la circulation. « Ces gens méritent d’être poursuivis et enfermés si nous sommes dans un pays normal », nous confiait un employé rencontré à Dapaong où, quand il pleut, tout le monde se retrouve dans l’eau.

C’est le comble dans les préfectures où des toits s’enlèvent par moment sous l’effet du vent violent.

Seule l’Agence de Tsévié peut se frotter les mains d’avoir un bâtiment respectable.

L’Agence Togolaise de Presse est plongée dans un dénuement total en ce qui concerne les moyens logistiques. Depuis des années, ce sont des directeurs qui ont travaillé sans le moindre ordinateur. Il paraît que la nouvelle directrice vient d’être dotée d’un écran plat « dernier cri », après avoir déclaré en live sur la TVT qu’ils manquent cruellement le matériel de travail. Sacré cadeau du ministère de tutelle. « Pure coïncidence », ironise-t-elle quand nous l’avons joint au téléphone.

A l’heure de la modernisation, pas d’appareil photo numérique, pas d’ordinateur à l’intérieur du pays. Conséquence : pas d’Internet ni intranet pour faciliter l’envoi des dépêches à la base. Selon la méthode, les agents sont obligés de recourir aux gares routières pour poster les articles sur Lomé. Ce qui fait retarder les informations d’au moins une semaine. A Lomé, jusqu’à une époque récente, il y a une dizaine de secrétaires pour trois ordinateurs. Et les dépêches, qui sont lues par les fans du Web, sont l’œuvre d’une directrice qui se débrouille par son site Internet personnel. Même les bulletins d’informations ont pendant longtemps disparu du circuit.

Ce n’est point un problème de personnel à l’ATOP. Il urge d’initier une formation obligatoire et un recyclage pour le personnel présent (environ 150 personnes). Dans la foulée, on annonce déjà qu’en 2007 une grande vague d’employés part à la retraite. En outre, il importe aux employés de « s’actualiser » en se dotant, pour un début, d’une adresse électronique. Même si les problèmes de survie et de salaires – communs à tous les secteurs d’activité – restent la priorité.

Aujourd’hui, l’ATOP paraît un service inconnu. A cette allure, les efforts faits par les employés ne peuvent être reconnus à leur juste valeur. Il en va de même de l’état de délabrement avancé qu’on feint de ne pas voir. Sous d’autres cieux, les agences de presse constituent une grande source d’informations puisqu’elles ont l’avantage de pénétrer les hameaux les plus reculés. Ici, l’ATOP devrait produire la richesse par la diversité de ses reportages et enquêtes. Si les faveurs des conditions sont accordées. Que la méthode du renouveau se déclenche pour le bonheur de tout un pays.

Sylvestre D.

 
Plus de 25 000 togolais réfugiés rentrés au pays : Le camp de Comé sera fermé à partir du 15 août

Partis par milliers du Togo au lendemain des violences qui avaient émaillé le scrutin présidentiel d’avril 2005, plus de la moitié des compatriotes réfugiés au Bénin et au Ghana voisins ont quitté leurs différents camps de retranchement pour rentrer au pays, selon le Premier ministre Edem Kodjo dans son bilan d’un an présenté hier à la presse.

     Les Togolais réfugiés au Bénin et au Ghana, à la suite des violences électorales de l’année dernière se sont résolus à rentrer au pays par milliers. C’est du moins ce que l’on retient des propos du Premier ministre Edem Kodjo, hier à la salle Kéran de l’Hôtel 2 Février, où il présentait à la presse son bilan d’une année passée à la tête du gouvernement. Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait recensé environ 43 000 Togolais dont 26 500 au Bénin. Le sujet avait alimenté tous les commentaires sur le danger qu’était devenu le Togo pour la sous région et particulièrement pour ses voisins immédiats, le Bénin et le Ghana, envahis par des milliers de réfugiés togolais.

Un an après, plus de 25 000 Togolais sont rentrés au pays, à en croire Edem Kodjo. Selon les derniers chiffres du HCR, sur les 26 500 réfugiés togolais entrés au Bénin en 2005, il n’en reste que 9 950, a indiqué le chef du gouvernement. Au Ghana, ajoute-t-il, il ne reste que 6 578 réfugiés togolais sur les 17 000 recensés. Du Ghana, 2 000 Togolais ont été officiellement rapatriés vers leurs foyers par le Haut commissariat aux Réfugiés et à l’action humanitaire (HCRAH) créé en septembre 2005 par le chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Mille réfugiés sont rentrés d’eux-mêmes, tandis que 10 000 l’ont fait sans se faire enregistrer auprès du HCRAH, précise le Premier ministre.

Le camp de Comé à fermer
Au Bénin où on a enregistré le plus gros lot de réfugiés togolais, le HCR des Nations unies, très agité jadis sur la question, s’est sans doute finalement rendu compte du fait qu’il n’y a plus matière à alerter la communauté internationale. «Devant le nombre important de Togolais qui ont quitté le camp de Comé pour rentrer chez eux, le HCR vient de prendre la décision de fermer ce camp à partir du 15 août», a déclaré Edem Kodjo. Dans ce camp qui avait enregistré 1 700 réfugiés, il n’en reste que 450. En revanche, l’on compte encore 5 500 Togolais dans le camp de Agamé, qui en avait enregistrés 9 300 au lendemain du scrutin présidentiel. En plus de quelques 4 000 réfugiés urbains (hors des camps) sur 15 500 identifiés. Reste à signer des accords tripartites «probablement dans un délai d’un mois» entre le Togo, le Ghana et le HCR, entre le Togo, le Bénin et le HCR, afin de rassurer les quelques 16 000 réfugiés au Bénin et au Ghana de rentrer au pays.

«Le fruit de tous ces efforts du gouvernement est d’avoir ramené en si peu de temps, si on se rappelle les violences post électorales, le calme et la paix dans le pays», a déclaré Edem Kodjo, visiblement satisfait de ce résultat. Sur le plan intérieur, l’effort a été fait de réinstaller «tous les déplacés dans leur zone d’habitation d’origine».

Preuve supplémentaire de la volonté des autorités de régler la question des réfugiés, qui a suffisamment terni l’image du Togo, Faure Gnassingbé a donné son accord, selon le Premier ministre, pour l’installation des comités nationaux d’accueil des réfugiés. Les membres de ces structures, issus de partis politiques, d’ONG, d’associations religieuses et de droits de l’homme… dont les noms sont déjà proposés seront désignés dans les jours à venir. Au nombre de neuf, ces comités nationaux seront installés dans les zones les plus touchées par les violences électorales, à savoir Lomé, Golfe, Lacs, Kloto, Danyi, Atakpamé, Moyen-Mono, Sokodé et Mango.

Le retour de nos compatriotes au bercail est un bon signe du climat de décrispation qui règne aujourd’hui dans le pays et qui promet que les Togolais sont capables de résoudre eux-mêmes leurs problèmes.  Contrairement aux mauvaises langues.

Kossiwa T.

 
Baisse du taux de séroprévalence au Togo : La ministre de la Santé s’est trompée d’année Le gouvernement a été en fait induit en erreur par Mme AHO
Colère au Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS) dont Faure Gnassingbé est le président, surprise dans les institutions nationales et internationales qui relèvent de la lutte contre le Sida… lorsque le Togo a annoncé le 21 juillet dernier avoir réduit de moitié la séroprévalence de moitié entre 2005 et 2006. Le gouvernement a été en fait induit en erreur par sa ministre de la Santé.

Le miracle a failli se produire au Togo où l’on a enregistré une baisse de presque la moitié du taux de séroprévalence. Selon un communiqué du Conseil des ministre le 21 juillet dernier, inspiré d’une communication de la ministre Suzanne Aho, le taux de prévalence VIH/Sida est passé de 6% en 2005 à 3,2% en 2005. Une baisse de moitié en douze mois. Miracle. On doit donc logiquement s’attendre à la disparition de ce virus au Togo en 2007. Les scientifiques du monde entier, qui se grillent les méninges afin d’éradiquer la pandémie du Sida, ont donc de quoi apprendre chez les autorités togolaises.

Notre curiosité et notre entêtement à croire à tel miracle nous a amenés à découvrir que la ministre de la Santé s’est trompée d’année. «Le Togo n’est pas passé à ce chiffre en un an. C’est inimaginable et impossible», fulmine-t-on au Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS). «Ce chiffre a dérouté beaucoup de personnes et c’est une erreur grave pour le pays», renchérit un autre responsable du CNLS. Une grave erreur pour le pays d’autant plus que le communiqué du Conseil des ministres implique et le Premier ministre et tout son gouvernement, et surtout le chef de l’Etat qui préside la plus haute institution nationale de lutte contre la pandémie qui est le Conseil national de lutte contre le Sida.

Aho s’est trompée d’année

Selon le CNLS, le taux de séroprévalence est en réalité passé de 6% en 2001 à 3,2% en 2006. Ce que la ministre de la Santé a manqué de communiquer au gouvernement. Mme Aho a visiblement mis son chef du gouvernement dans l’erreur et dans l’embarras. A la présentation de son bilan annuel hier à la salle Kéran du 2 Février, le Premier ministre Edem Kodjo a répété les mêmes chiffres communiqués par sa ministre de la Santé. Le hic, c’est qu’il n’est pas arrivé à clairement justifier cette «baisse brutale», selon le confrère de l’agence Reuters qui voulait bien en comprendre les raisons. Si la ministre de la Santé n’a pas préparé seule sa communication, elle a sans doute ignoré les informations qui lui sont fournies par les spécialistes de son département.

En fait, aucune enquête de prévalence du VIH dans la population générale n’a été effectuée au Togo depuis le début de la pandémie. La lutte contre la pandémie a effectivement commencé en 1986, et les premiers chiffres sortis entre 1998 et 2001 avaient fait état d’un taux de 6%, essentiellement consacrés à la population urbaine où il y avait des centres de dépistage. Et déjà, selon les estimations de l’ONU SIDA 2004, cette prévalence était passée à 4,1%, avec le nombre de Personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH) estimé à environ 128 980.

L’intensification de la lutte, avec la création en 2001 du CNLS, a fait étendre les programmes sur l’ensemble du pays où l’on dénombre aujourd’hui 34 centres de dépistage. Le chiffre de 3,2% prend donc en compte l’ensemble du Togo dont les faibles taux de prévalence des milieux ruraux ont fait baissé la moyenne nationale. Il faut noter tout de même qu’entre 2001 et aujourd’hui, l’infection progresse, mais la séroprévalence baisse de par le nombre de personnes prises en compte, explique-t-on au CNLS.

Au gouvernement de rectifier la bourde de sa ministre de la Santé et d’éclairer le monde scientifique.

Afolabi Jean

 
Audit de la dette intérieure du Togo : Les fournisseurs de l’Etat appelés à fournir des preuves

A combien s’élève exactement  le stock de la dette intérieure du Togo au 31 décembre 2005 ?

C’est pour avoir une idée précise de la situation que le gouvernement a lancé, en fin d’année  2005, un appel d’offres international en vue de recruter un cabinet pour une évaluation. Une dizaine de structures internationales avait soumissionné pour cet appel. Après étude des dossiers et propositions par la commission des marchés, c’est finalement le cabinet KMPG-Auditeurs Associés en Afrique qui a été retenu, au vu de son expertise et expérience et de la pertinence de ses offres financière et technique. Il doit s’atteler à deux missions essentielles : évaluer efficacement la dette intérieure du pays d’une part et apporter son expertise au gouvernement dans l’exécution des dépenses publiques.

Le but recherché par le gouvernement à travers cet audit international est d’évaluer à sa juste valeur ce que l’Etat doit en réalité aux opérateurs et fournisseurs nationaux. Le gouvernement redoute en effet une surfacturation et surévaluation de cette ardoise compte tenu de la longue période de crise qu’a traversée le pays. Au jour d’aujourd’hui le cumul de cette dette intérieure contesté  par le gouvernement s’élève à plus de 275 milliards de FCFA.

Les experts du  cabinet KPMG  s’installent dès demain dans les locaux du CASEF pour accueillir  les créanciers de l’Etat. Ces derniers ont un mois, (du 6 août au 6 septembre) pour  apporter les justificatifs de leurs factures et autres impayés que leur doit l’Etat, dans les moindres détails, pour prétendre à un paiement. Finies les périodes des fausses et doubles factures et autres anomalies qui coûtent  des caisses au trésor public et polluent les finances publiques.

Aux termes du cahier de charges, le cabinet dispose de cinq mois pour rendre son rapport sur l’audit proprement dit. Il devra par ailleurs pendant deux ans assister, par son expertise, le ministère de l’économie et des finances dans le contrôle de ses prestations, notamment en matière d’exécution des dépenses publiques. Ces prestations de KMPG  coûteront à l’Etat environ… 700 millions de nos francs.

Rappelons qu’une précédente évaluation de la dette intérieure du pays a été réalisée en 1998 par le cabinet français C2G… sans suite !!!

Late Pater

 

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