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L'Union

31 juillet 2006

[ 29: du 28 juillet 2006]  
Loi sur la décentralisation : Ce qui va changer
 
 

Si les additifs à la loi sur la décentralisation sont votés par l'assemblée nationale, plus rien ne pourra empêcher le gouvernement à organiser des élections communales.

Il y a quelques semaines, le gouvernement a examiné en conseil des ministres un projet d'additifs à la loi sur la décentralisation, qui devrait parachever un processus de démocratisation et de développement à la base impulsé depuis le 11 février 1998 par un vote à l'Assemblée nationale. Ces additifs visaient à compléter certaines insuffisances dans la législation sur la décentralisation, malgré sa modification par l'Assemblée nationale en 2000. Les additifs donnent une clarification des contours de la décentralisation. Par exemple, la loi de 1998 ne précise pas les délimitations territoriales d'une commune, qu'elle soit rurale ou urbaine, les attributions des responsables des collectivités  décentralisées, c'est-à-dire les rôles et les prérogatives du maire, des conseillers municipaux et ceux du représentant de l'Etat tel que le préfet par exemple.

De même la loi n'a pas défini le rôle des chefs traditionnels et précisé ce que deviendraient les chefs traditionnels.

Qu'à cela ne tienne les additifs apportent les corrections idoines en apportant plus de cohérence et d'aménagements dans la loi. Il y a désormais des communes urbaines et des communes rurales. Ainsi, avec les  nouvelles dispositions, le canton devient une commune rurale, le chef-lieu de préfecture devient commune urbaine. Le Togo aura près de 400 communes rurales soit une vingtaine de plus que les 377 existants. Le résultat de cette inflation est la réduction de certaines communes trop grandes. Par exemple, le canton de Baguida sera réduit en faveur d'une seconde création.

Utilité de la loi sur la décentralisation

Les Togolais ne pourront connaître l'utilité de la décentralisation qu'après les élections communales- l'une des exigences des 22 engagements-, que le gouvernement pourra organiser dès que les discussions intertogolaises auront pris fin. Les dernières communales remontent en 1988, et les collectivités locales actuelles sont plutôt des délégations spéciales nommées par décret présidentiel.

La décentralisation peut être considérée en somme, dit le ministre de l'intérieur

 Katari Foli- Bazi, comme un développement local à la base qui vise avant tout à l'épanouissement du citoyen par une forme d'organisation qui produit les richesses. Contraire à la centralisation, elle permet au citoyen d'élire des responsables qui n'ont d'autres préoccupations que le développement de leur commune et la satisfaction des besoins de ses habitants. Il y a par exemple la construction d'infrastructures scolaires ou sanitaires, de lieu de réjouissances populaires et toutes sortes de nécessités locales.

En plus, c'est la forme la plus achevée de la démocratie en ce sens qu'elle associe le citoyen à la gestion du pouvoir.

La critique à la loi sur la décentralisation est l'absence d'infrastructures immobilières dans les nouvelles communes, d'autant plus que la plupart n'en ont même pas qui pourraient accueillir les nouveaux conseils élus. Une critique que le ministre de l'intérieur balaie du revers de la main : les nouveaux conseils construiront leurs sièges eux-mêmes !

Pourquoi pas, puisque la décentralisation signifie se prendre en charge pour le bien de soi-même, d'autant plus que les collectivités vivent des taxes et autres impôts directs levés dans les limites de leurs collectivités.

Le rôle de l'Etat

Au prime abord, l'Etat ne devrait plus en avoir puisqu'il a cédé ses prérogatives régaliennes aux collectivités locales. Dans le cas présent, le problème qui devrait se poser est la répartition des revenus. La collecte étant centralisée au niveau de l'Etat, les collectivités entrent en possession de leurs revenus avec un peu de retard, ce qui pénalise un tant soit peu leur fonctionnement. Cette embûche devrait être levée rapidement par des mesures administratives dès que les conseils seront installés. Et puis, l'Etat viendra en appui par des subventions.

La décentralisation reste l'une des mesures politiques suscitées et encouragées par les partenaires au développement. Il demeure sans conteste qu'une étroite collaboration de ces derniers contribuera à la gestion sans trop d'accrocs des communes.

Il y a également "le principe de la compensation" qui oblige les communes les plus riches à venir en aide aux plus pauvres.

Akossiwa Tchamdja

 

Dialogue national Le facilitateur Compaoré pour son 4è pilotage
A la 25è séance du dialogue national, le mardi 25 juillet 2006, les neuf délégations ont sollicité, à l’unanimité, la facilitation de Blaise Compaoré, Président du Faso. La nouvelle a suscité une satisfaction primaire des populations qui suivent depuis lors ce qui se trame à la salle Evala. Encore que tous convergent à faciliter la facilitation

Doit-on déjà applaudir à un dénouement de la crise togolaise ? Quelle place faut-il réserver aux considérations partisanes de ceux qui croient que rien ne bouge ? Est-ce la descente constatée de l’Esprit Saint ? De quelle magie dispose le facilitateur pour faire redresser les torses bombés ? Autant de questions qui recommanderaient sans doute que l’on se mette à réciter le Rosaire. Pour qui connaît bien les acteurs politiques de la terre de nos aïeux.

Que de bruit inutile !

D’aucuns ont été quelque peu surpris de l’unanimité qui a entouré la désignation du président burkinabé. Car, au tout début du dialogue, les éternels contestataires faisaient planer tout le doute sur une éventuelle mission du Burkina. Et la presse en était manipulée à satiété pour «diaboliser» l’autre. Argument pris sur le fiasco qui a suivi les différents Accords de Ouaga dont l’homme était le parrain. On se rappelle encore de ce déchaînement foudroyant dont une certaine opinion a fait montre lors de la visite privée à Kara de Blaise Compaoré. A un moment où l’idée du dialogue venait de naître. Comme si le hic togolais mettait fin au cours normal de la diplomatie. Que de bruit inutile !

Retour gagnant

C’est le moins qu’on puisse dire à l’annonce de la «fumée blanche». D’aucuns en voyaient déjà le début d’une médiation et/ou d’une facilitation à partir du moment où un émissaire burkinabé, le ministre de la Sécurité Djibril Bassolé, s’est retrouvé dans la salle Evala au démarrage de ce douzième tête-à-tête des frères togolais. Qui sait si le fait ne va pas servir de déclic pour le numéro 1 du Faso qui vient d’accepter la sollicitation ? On se rappelle que c’est toujours Blaise Compaoré qui avait joué la facilitation ayant abouti à Ouaga 1, Ouaga 2 et Ouaga 3. Des accords dont l’application était finalement compromise. Les deux camps (le pouvoir et l’opposition) n’ayant brillé que par des accusations fantaisistes par médias interposés. Et de quatre donc pour le facilitateur Blaise Compaoré.

Au lendemain du démarrage de ce «dernier dialogue», Blaise Compaoré s’était très tôt porté candidat à la facilitation. Il était dit et écrit que ce n’était qu’un trompe-l’œil du pouvoir RPT pour pérenniser «son pouvoir illégitime». Un détour était ainsi vite fait sur la personne même du Burkinabé, accusé de «dictateur» pour être venu au pouvoir par coup d’Etat et s’y maintenir par des élections fraudées. Et par le fait des opposants de la première heure, la piste du président Compaoré était finalement brouillée. 

Au lendemain de cette «unanimité historique», même ceux qui avaient animé la galerie font montre d’une satisfaction totale sur le choix. Qu’à cela ne tienne, que diable ne s’en mêle plus, pour que les uns et les autres puissent véritablement s’ouvrir au nouveau facilitateur et que ce dernier mesure à juste titre les enjeux de réunir autour d’un même idéal des gens qui s’arrangent à se repousser ! Surtout que le nouveau facilitateur a déjà réussi à écouter les délégations de tous les partis politiques présents au dialogue.

Jean Afolabi

 

 

Après le verdict du tribunal : La LTDH en Assemblée Extraordinaire le 26 août prochain
La décision est prise depuis le 24 juillet dernier de convoquer une assemblée générale extraordinaire de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH). Telle est l’annonce faite par l’ex-nouveau numéro 1 de l’institution, Etsri Clumson-Eklu, rétabli dans son poste après le règlement du «conflit de titre» par le tribunal de Lomé. Mais la guéguerre continue.

Genèse d’un conflit de titre
Tout a basculé dès lors qu’il est constaté que le président statutaire de la Ligue, le sieur Akwei Adoté Ghandi, s’est finalement parachuté aux USA un peu avant le scrutin présidentiel du 24 avril 2005. Avec femme et enfants, sous le prétexte d’une menace permanente de son intégrité physique. Du coup, l’homme navigue de ville en ville à travers le vieux continent et l’Amérique au nom de la LTDH pour parler des droits de l’homme au Togo.

Sur place, son adjoint direct, Etsri Clumson-Eklu, sans concertation du Bureau Exécutif, prend la relève et défie «sa sécurité menacée». Les deux maestro travaillent de concert par les nouvelles technologies de l’information, mais annoncent miraculeusement deux résultats différents au sujet des victimes des violences électorales : l’exilé crie 500 morts au moment où le courageux mise ferme sur 800 morts.

Ce qu’on peut appeler «complicité» entre les deux déflatés d’Air Afrique commence par irriter les autres ambitieux de la Ligue. Ainsi surgit le «groupe Apedo-Amah» pour parachuter l’ancien Secrétaire Général au poste de Président, après avoir exclu le téméraire Clumson-Eklu et supprimé son poste.

Contourner les textes. C’est la volonté tacite des putschistes (expression consacrée par une certaine opinion) qui brandissaient néanmoins l’article 12 des statuts. Mieux, ils ont profité de la lacune de la disposition : «Le Bureau peut pourvoir provisoirement au remplacement du membre démissionnaire en attendant la première Assemblée suivant la date de la démission, sur proposition du Président». Et si c’est le Président lui-même qui démissionnait ? Encore faut-il que le vrai contour de la démission soit maîtrisé.

Presque deux mois de jouissance pour l’autoproclamé Togoata Apédo-Amah soutenu par le conseiller Koffimessan Devotsu, deux mois de disette pour le déchu Clumson-Eklu et ses amis. Et la justice s’interpose à la demande de l’ex-nouveau président.

L’argent, le nerf de la guéguerre
Tous se demandaient pourquoi les «plus pressés» ne pouvaient attendre le mois d’octobre 2006 pour l’organisation de la prochaine assemblée générale statutaire de fin de mandat devant mettre en place la nouvelle équipe dirigeante. La conférence de presse «pressée» du 24 mai 2006 n’a pu permettre au bureau de Apédo-Amah de satisfaire la curiosité des uns et des autres.

Aujourd’hui, ce qui se disait en coulisse se confirme. Même si des arguments tentent d’imputer à Clumson-Eklu les dérives d’une gestion non consensuelle et une «haine ethniciste envers le personnel de Kloto» –engagé depuis l’ère Devotsu (trois fois président)–, la guéguerre trouve son fondement dans le «cadeau» du NED. Rappelons que le NED est un projet d’appui institutionnel financé par les USA à hauteur de quinze millions de francs CFA. Douze millions, largués sous la signature de Clumson-Eklu, ont finalement créé la brouille entre des responsables censés avoir la hauteur pour aider à sauvegarder les droits des paisibles citoyens. On susurre que les trois millions restants, libérés sous l’ère éclair Apédo-Amah, ont déjà disparu des comptes, entre le 11 mai et le 5 juillet 2006. NED aurait été négocié et obtenu par l’exilé Akwei Adoté dans son refuge américain.

La force de la justice
Par l’ordonnance de référé n° 0514/2006 du 3 juillet 2006, le tribunal de première instance de Lomé prend sa décision au regard de l’urgence : «Ordonnons la suspension de toutes les activités, ainsi que tous les actes que pose le sieur Apedo-Amah Ayayi Togoata en qualité de Président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme ; Enjoignons au Bureau exécutif de convoquer une assemblée générale extraordinaire dans un délai de 30 jours pour procéder à l’élection du nouveau Bureau exécutif ; Ordonnons l’exécution provisoire de la présente décision nonobstant toutes voies de recours».

Mais, depuis, les requis de la justice ne semblent pas rompre. Ils continuent de contester la nouvelle donne et boycottent les réunions convoquées par le sieur Clumson-Eklu qui les accusent, cette fois-ci, de garder par devers eux des biens de la Ligue dont la voiture. Pour l’heure, le «groupe des six» prétend avoir fait appel de la décision du juge pour faire fi de l’exécution provisoire du verdict ordonnée par la force du droit.

Boucler la boucle
Au finish, le vice-président statutaire Clumson-Eklu convoque l’AG extraordinaire pour le 26 août 2006 pour boucler le feuilleton. Ceci, au lendemain d’une journée de réflexion qui a pondu trois décisions : volonté d’aller à une AG extraordinaire avec l’aide des avocats et du tribunal ; création d’un comité de six sages pour faire ramener le «groupe Apedo-Amah» à de meilleurs sentiments ; toutes les personnes munies des cartes signées de Apedo-Amah et présentes à l’AG extraordinaire ne seront ni éligibles ni électeurs. Précisons qu’au temps fort du règne Apedo-Amah, ce dernier déclarait ne pas reconnaître les dizaines de cartes d’adhésion signées par Clumson-Eklu en son domicile, transformé pour la circonstance en «bureau annexe» de la LTDH. Une nouvelle pagaille en perspective.

Sylvestre D

 
Lilian Thuram pour la JEM

Le défenseur de l’équipe de France, Lilian Thuram, ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation internationale de la lutte contre la drépanocytose, a apporté son soutien à l’association Jeunesse en Mouvement de Mey Gnassingbé, dimanche, au cours d’une rencontre à l’hôtel Mercure Sarakawa.

Lilian Thuram qui a rencontré le Porte-parole du Mouvement, Saïd Mèmène, s’est renseigné sur les différentes activités que mène le mouvement en tant qu’association apolitique. L’occasion pour Saïd Mèmène de parler brièvement des œuvres entreprises et celles en vue, notamment la réhabilitation de certains centre de loisirs, la rénovation des centres de santé et des écoles, la création d’un complexe sportif, la distribution de dons de toute nature, le financement des projets de créations d’emplois et sources d’épanouissement pour la Jeunesse.

Touché par la vision du mouvement, Lilian n’a pas manqué de s’afficher aux côtés des membres de l’association pour les photos, bien drapé dans un tee-shirt frappé au logo de la JEM à l’hôtel Sarakawa.

L’ambassadeur de bonne volonté de la lutte contre la drépanocytose était à Lomé dans le cadre d’une tournée africaine de sensibilisation des autorités politiques du Sénégal, de l’Afrique du Sud, du Bénin et du Togo. Selon le champion du monde 1998, la drépanocytose est une maladie invisible qui est pourtant génétiquement la plus répandue et touchant 85% de la population noire.

Pendant son passage au Togo, Lilian Thuram n’a pas seulement parlé de cette maladie, il a aussi fait une brève apparition au stade de Kégué où il a donné le coup d’envoi de la grande finale de la 6e édition du championnat scolaire cadet trophée Western Union.

Le défenseur de l’équipe de France aujourd’hui transféré au Club espagnol de Barcelone est très attentif à la JEM du fait de l’amour pour le ballon rond des membres du bureau exécutif de cette association en commençant par leur président Mey Gnassingbé. La preuve en est que, le dimanche matin avant la rencontre avec le chouchou des français, cette association a organisé deux tournois de football de petits poteaux à Wuiti et à Nyékonakpoè.

Gilles Vevey

 

Cuisants échecs aux examens :  Comment organiser autrement le BAC II
On ne cesse jamais de le montrer. Notre système éducatif est malade depuis des années et contamine ceux qu’il était censé former. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’oeil sur les taux de réussite à nos divers examens notamment, le CEPD, le BEPC, le Bac 1 et le Bac 2. Même si aux deux premiers, les autorités se plaisent à jouer du ping-pong avec les taux en rabaissant la moyenne requise au niveau de l’inconcevable pour soigner la politique éducative prônée par la Réforme de 1975 contenue dans le Livre Jaune, jamais au Togo ce taux n’a atteint 50 % à ces deux derniers examens. Pourquoi cela ?

La plupart des Togolais, et le Premier Ministre Edem Kodjo en premier lieu, connaissent les raisons fondamentales du bas niveau de réussite aux examens de fin d’année. Si dans la majorité des pays de la sphère francophone, d’abord le Bac 1 est supprimé parce que n’arrivant plus à jouer son véritable rôle de filtre, le Bac 2, pour ce qui le concerne, n’est pas entouré d’autant de mythe comme c’est le cas chez au Togo. Pourquoi tout ce micmac autour de cet examen qui apparaît comme quelque chose de diabolique ? Ce qui est sûr, c’est que la faute provient en partie des autorités éducatives. Car, les enfants qui vont à cet examen, même si eux aussi pèchent par négligence, manque de méthode, manque de motivation, loin de nous l’idée de croire qu’ils sont plus médiocres que ceux des pays francophones qui organisent également cet examen. Cette année académique, l’Office du Baccalauréat, sur le plan national, a enregistré près de 39,14 % à cet examen qu’il organise chaque année contre 42 % l’année dernière. Pourquoi le taux a encore baissé cette année par rapport à celui de l’année dernière ? Essayerons de relever quelques unes des raisons qui font que le taux de réussite n’atteint jamais la moitié.

Des programmes inadaptés  
L’Institut national des sciences de l’éducation (INSE) de l’Université de Lomé ne le démentira pas, les enseignants estiment que les programmes, même s’ils ne sont pas exactement ceux datant de la colonisation, ils ne datent nullement pas d’hier. Ils sont vieillots et inadaptés.

Dans les lettres et philosophie, les programmes posent de sérieux problèmes. Les manuels de français en seconde, première et terminale, par exemple, élaborés à la va-vite et avec des lacunes à Atakpamé, il y a près de quarante ans, sont toujours en vigueur en 2006. C’est ce programme que nos grands-parents avaient étudié il y a des décennies que les élèves étudient encore aujourd’hui, avec un peu plus de faiblesse. On va peut-être dire que c’est une langue et que cela n’est pas grave. Et les thèmes retenus pour étudier cette langue ? Les choses évoluent et nous devons vivre avec notre époque. En anglais et en allemand, par exemple, c’est presque pareil : c’est du n’importe quoi. En histoire et géographie, les programmes sont extrêmement vastes et quasiment sans limite. Si bien que parfois, chaque professeur fait ce qui lui plait. Pour preuve, certains ne savent même pas quand il faut ou ne pas étudier soit le Nigeria, l’Afrique du Sud, etc.

Les programmes sont également à la fois vastes et compliqués, que ce soit en mathématiques et en physique-chimie ou encore en SVT (Sciences de la Vie et de la Terre). Le contenu des programmes des disciplines est irréel et la plupart des élèves ont du mal à le comprendre, parce que purement théorique. Ailleurs, sur le continent, dans certains pays qui ont ces matières dans leur système éducatif, les élèves ont la chance de voir et de mettre en pratique dans un laboratoire ce qu’ils apprennent en classe. Chez nous au Togo, combien de collèges et lycées possèdent de laboratoire ? Des élèves étudient pendant des années, quittent le lycée sans jamais mettre pieds dans un laboratoire ou voir la forme d’un microscope, la couleur de la liqueur de Fehling ou la forme d’une éprouvette, par exemple. Certains professeurs enseignent les chapitres qu’ils veulent au programme. Toutes ces bouillabaisses font que les élèves, eux-mêmes déjà faibles et partisans du moindre effort, ne savent plus concrètement ce qu’ils doivent faire. C’est cette pagaille monstre qui justifie les faibles notes reçues dans ces matières précitées.

Echecs cuisants
Lorsque l’on va à un examen et que l’on reçoit de faibles notes il est difficile de réussir. Cette année, cela n’a pas du tout été rose dans ces matières, comme l’a si bien souligné Gbandi Djaneye-Bondjou, l’actuel directeur de l’Office du Bac : «Globalement, les séries D n’ont pas du tout travaillé. La justification, c’est qu’il y a un problème dans ces matières. Quels sont les éléments ? Nous verrons par la suite avec les ministères de tutelle». Notons qu’en série D, les mathématiques, la physique et la SVT constituent le socle de toute réussite. Tandis que les deux premières sont sur 60, donc matières à coefficient trois, la troisième est coefficiée par quatre, c’est-à-dire notée sur 80. Figurez-vous que dans cette série, les notes de 0 à 6 sont autour de 68% en maths, de 49% en physique et de 23% en SVT. En même temps qu’il soutenait samedi sur la TVT que «39,14%, ce n’est pas un taux qui s’éloigne des taux que nous avons connus jusque là», le directeur de l’Office du Bac reconnaît lui-même qu’il y a problèmes quelque part, et promet de s’en occuper avec les ministères de tutelle et les enseignants. Il y a longtemps que cela aurait dû être fait.

Des manquements graves
On pouvait encore facilement accuser les élèves si en face un effort est fait. L’on a connu des classes d’examen sans manuels didactiques, ni enseignants, et ceci pendant deux voire trois mois. Non pas à l’insu des ministres en charge. C’est lorsque les élèves ont déclenché un mouvement de protestation que subitement il leur est envoyé des professeurs. Cela avait commencé par le lycée de Baguida, ensuite celui d’Agbalépédo, puis celui de Lomé-Cité. Puis vint le vin amer du Bac 2

L’organisation du Bac 2 ne posait pas tellement de problèmes comme c’est le cas du Bac 1 où des individus lugubres, depuis leur bureau, se sucrent sur le dos des enseignants à qui ils balancent quatre mille cinq cents (4. 500) francs, après une semaine de surveillance. Et tenez-vous bien, à prendre après un an. Au Bac 2 donc, où on payait jusqu’à l’année dernière 6.000 francs après une semaine de surveillance et dix mille (10 000) cette année. Même si ce n’est pas la cerise sur le gâteau, au moins on sait qu’on va les prendre aussitôt après.

Par ailleurs, on n’a jamais organisé un examen sans des fautes dans les épreuves. En dehors des fautes dans les sujets, il se trouve que ceux-ci sont souvent hermétiques, pour ne pas dire difficiles, donc quasiment intraitables. Il arrive que lors de la correction des professeurs n’arrivent pas eux-mêmes à comprendre et à élaborer le corrigé-type de certains de ces sujets.

Sinon, trente trois pour cent, c’est vraiment «les résultats qui viennent directement du travail des candidats », comme l’affirme le directeur de l’Office du Bac. A moins que l’on se décide afin de mettre tant soit peu de l’ordre dans le système éducatif togolais.

Late Pater

 
Vols en plein jour à Tokoin trésor

Non seulement les cas de vols deviennent récurrents à Lomé, mais les voleurs n’attendent plus la nuit pour commettre leurs forfaits. Ils opèrent maintenant en plein jour.

Le 08 juillet dernier, à Tokoin Trésor et précisément au niveau de la jonction des rails et de la voie pavée, un jeune homme a fini sa course dans une maison laissant derrière lui un combiné téléphonique qu’il venait de voler et pour lequel il était poursuivi par les jeunes du quartier. C’était aux environs de 08h.

Ceux qui le poursuivaient ne se sont pas laissés distraire par l’abandon de l’objet volé. Ils l’ont déniché à son dernier retranchement, aidés par les habitants de la maison, visiblement dérangés par la visite inopportune de l’intrus. Les habitants du quartier, très furieux, ont voulu le lyncher systématiquement et il n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention des forces de l’ordre qui l’ont récupéré.Le même jour et dans le même quartier, un autre cas de vol a été enregistré aux environs de 15h, cette fois-ci derrière la pharmacie de la Libération.

Une foule déchaînée crie «Oh ! Voleur ! Oh ! Voleur !» Fait curieux : tout le monde court et crie «voleur» et il s’est installé finalement une confusion car, on ne sait plus qui est voleur. Soudain, un quidam d’un certain âge se détache de la foule en courant plus vite en criant très fort «Voleur ! Arrêtez-le !» Tout en criant ainsi, il doigtait dans le vide. Il chasse et montre du doigt un voleur imaginaire que seul il voit. Mystère ! Il aurait certainement réussi à s’échapper, puisqu’il avait pris une distance considérable sur la foule, n’eut été l’intervention des agents  de sécurité de OPS. Il a eu la malchance de passer par-devant le siège de ladite société et son attitude suspecte a retenu l’attention des agents de cette société de gardiennage qui sont sans doute habitués à ce genre de cas.

Curieusement, dans les deux cas de vol enregistrés en plein jour dans le même quartier (Tokoin Trésor), les objets volés relèvent de la téléphonie. Le premier a volé un combiné téléphonique et le deuxième un joli portable. Les uns et les autres doivent donc faire preuve de vigilance.

 
Un 4e titre pour Sokodé
Les cadets de Sokodé confirment leur suprématie sur le tournoi Wester Union.

«Encore…»  Un seul mot a résumé dans les journaux, radios et chaînes de télévisions, la navrante mais constante victoire de Sokodé face aux cadets de Lomé-Commune ouest. Une réalisation nationale dès la 4e minute, œuvre de Tchakoura Mawane qui lobe Kati Kokou, auteur d’une sortie hasardeuse.  Et voilà les cadets de Sokodé qui s’offrent une fois encore de l’or. Guy Ayamenou, l’entraîneur des cadets de Lomé, aura tout tenté pour arrêter cette irrésistible joie des supporters de Sokodé et imposer son jeu sur le pré. Mais il n’y est pas arrivé. «C’est la règle du jeu ; je ne puis rien. Mon attaque n’a pas bien tourné. Le N° 10 (Sossou Kodjo) que je viens de sortir, c’est mon attaquant sur lequel je comptais beaucoup. Mais dans le jeu, il n’a pas pu tenir. Je ne sais pas la raison pour laquelle il n’a pas réussi à développer son jeu», concède-t-il la mort dans l’âme.

 Pendant ce temps, son  alter ego de Sokodé, Aloua et ses joueurs, le capitaine Takely Salmatine en tête, s’ébrouaient sur la pelouse pour célébrer leur victoire. Pour eux, la journée ne pouvait mieux se terminer après la surprise qu’il avait eue de la part du défenseur de l’Equipe de France, Lilian Thuram, qui était venu leur serrer la main et donner le coup d’envoi de la partie. Lilian Thuram, ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation Internationale de lutte contre la drépanocytose, avait profité de sa venue à Lomé pour surprendre les jeunes joueurs.

Mais la grande question demeure. Pourquoi cette suprématie des jeunes Guerriers cadets de Tchaoudjo ? «Sokodé est un milieu où le football a une grande place. Les différentes équipes cadettes qui se sont succédées sur le podium l’ont prouvé. Disons que c’est le Brésil du Togo». La tentative de réponse est de Adjoanouin Sossouvi, directeur des Sports scolaires et universitaires (DISSU), institution initiatrice de ce championnat financé par les Réseaux Western Union de l’UTB et d’Ecobank.

En 6 années d’édition, Sokodé aura remporté à lui seul quatre titres, avec cette particularité d’être présent à la finale de toutes les éditions. Le passage à vide de 2003 et de 2001 où Lomé commune Ouest, son adversaire et Tsévié lui ont ravi les titres ne sont qu’un mauvais souvenir. «Le football est une religion chez-nous et nous sommes le Brésil du Togo», explique l’entraîneur Aloua qui savoure ce titre avec beaucoup de bonheur. Pour cette fois, c’est sûr, Sokodé a pris de l’avance sur les autres formations. Les supporteurs n’en faisaient pas d’illusion. Ils savaient que leur équipe allait gagner. Et ils avaient même commencé la fête très tôt, hors du terrain, attendant la confirmation sur le pré. Et cela fut fait.

Gilles Vevey

 
Note de lecture : Le trophée de cristal Jeannette Ahonsou, Les éditions de la rose bleue, Togo, 2005

Il s’agit d’une banale histoire de ménage à trois… avec pour protagonistes principaux Constance, son mari Gilles et la maîtresse de ce dernier, Sylphide, alias Cristal. Situation de polygamie non déclarée, puisque l’épouse ignore l’existence de cette rivale qui n’a qu’un objectif : ravir à Constance son époux, par tous les moyens possibles… Quand ça commence ainsi, on peut se dire, d’accord, on a tout compris, on peut refermer le livre. Quelques surprises vont alors vous convaincre de continuer la lecture.

La première de ces surprises est le cadre de l’histoire. Romancière togolaise, Jeannette Ahonsou installe contre toute attente le décor de son roman loin du pays natal. En effet, tout se passe à Madagascar, la grande île de l’Océan Indien, célèbre pour ses rites funéraires, dont l’auteur va s’inspirer pour imprimer une ambiance au récit. Celle des intrigues sans fin, des tentatives de meurtre dont on ne sait pas toujours qui est l’auteur. Et c’est là l’autre surprise du roman, l’embrouillement des pistes, copie conforme de la confusion des sentiments. Qui de Sylphide ou de Gilles tire les ficelles dans l’ombre ? D’autant plus que Gilles lui-même pourrait avoir envie de se débarrasser de Constance, qui ne lui a jamais donné d’héritier mâle, ce que Sylphide par contre serait sur le point de lui offrir. L’arrière-fond sociologique sur l’importance de l’enfant mâle n’est pas forcément une belle trouvaille, mais qu’importe, il fournit une fausse piste intéressante. Le lecteur cherche des réponses en suivant le fil tendu entre les péripéties du roman.

Comme toujours dans les histoires à trois, il existe un quatrième larron en embuscade, prêt à intervenir pour offrir aux personnages et à l’auteur la voie de sortie. Si la structure du récit n’avait pas été intelligente et sans prétention, je crois que Jeannette Ahonsou aurait raté l’introduction dans ce récit de ce quatrième personnage.

Il y a d’abord la scène du coup de foudre, en l’occurrence celui de Ray, jeune médecin, pour Constance, à l’insu de celle-ci, la première fois qu’il l’aperçut dans une ferme laitière. Il faudra attendre plusieurs chapitres pour que la deuxième rencontre ait lieu, cette fois-ci dans une chambre d’hôpital où Constance, victime d’un accident de voiture mystérieux, est en train de perdre la tête. Ray va jeter toutes ses forces d’amoureux transi dans cette bataille médicale contre le traumatisme et le mal-être de la jeune femme, avec l’intention manifeste de rafler la mise, d’autant plus qu’il sait des choses sur Gilles qui le mettent en position de force.

Puis, il y aura l’événement capital, qui va précipiter l’histoire et, par contrecoup, Constance elle-même dans les bras de Ray. Un soir, à une fête où l’affrontement entre Sylphide et l’épouse de Gilles éclate au grand jour, cette dernière échappe à un empoisonnement, miraculeusement. Une serveuse boit dans le verre qui était destinée à Constance et se porte mal. Le roman approche à cet instant-là du dénouement, puisque Ray se transforme presque en détective pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à la serveuse, et de fil en aiguille met à nu les machinations contre celle qui allait devenir sa nouvelle compagne à la fin du roman.

Il y a la petite prouesse finale, le maintien du flou, comme dans n’importe quel polar classique, autour du protagoniste collatéral, celui qui se révèle être à la fin plus qu’un «deux ex machina». Dès le départ, l’auteure en avait brièvement parlé, de ce personnage féminin, la maman de Sylphide, mère indigne que sa fille abandonne à son sort misérable pour courir le monde et les hommes à sous. On la retrouve, cette femme, aux côtés de Constance, laquelle l’a recueillie dans des conditions bizarres, mais jamais n’aura idée que le danger le plus crucial qu’elle a à affronter était tout proche d’elle. Mais à force de traquer le «happy end», Jeannette Ahonsou nous offre un dénouement convenu et bâclé où Cristal (Sylphide) et sa mère meurent de façon rocambolesque, laissant un Gilles hagard et désemparé traîner son mal-vivre ! N’empêche, au total, Le trophée de Cristal est un excellent roman populaire, dont la lecture n’est jamais ennuyeuse.

Kagni Alem

 
Ne vous empêchez pas de rire

Voltaire disait son bonheur de trouver des traces d’humour dans les livres, et qui excitent ses «muscles zygomatiques» et ne font pas du tout mal. Il est vrai que la drôlerie dans un roman gratifie d’un plus un écrivain, puisqu’il n’est pas donné à tout le monde de faire rire. On ne sait pas si c’est dans le même sens que la Togolaise Odette Donga N’Zonou vient de faire paraître un recueil d’histoires drôles. Il faut cependant reconnaître qu’elle entend s’inscrire dans une longue lignée d’humoristes dont les grands maîtres restent avant tout et d’abord Kokouvito, ensuite Azekokovivina, et Agbelikanklo. Ces derniers n’ont pas écrit, il faut croire que Odette Donga N’Zonou écrit pour eux.

«Droit de rire» (Editions Cité) est le titre de cette compilation d’histoires drôles qui ont au moins le mérite d’être effectivement cocasses et parlent de l’Afrique et de l’Occident. On y trouve même des histoires belges, françaises, africaines et surtout togolaises. Car, on aime écouter des histoires togolaises, la grisaille au pays constituant quand même un champ vaste d’exploration de l’humour et du rire, le fait de donner aux autres chauvins cette sensation que les Togolais ont aussi de l’humour.

A la lecture, on est un peu déçu à l’entame par la préface du livre, trop sérieuse, écrite dans un style plus ou moins austère dans un environnement où on voudrait bien rire et tout oublier. Mais un peu d’effort satisfera le lecteur qui sera sans doute emballé par ces histoires drôles. Reste à savoir si l’auteur et l’éditeur ne l’ont pas voulu à dessein, histoire d’étonner le lecteur. Déjà à la couverture du livre, une sentence invite l’audacieux : «ayez le courage de dire ce que vous pensez» ; mais deux images de la gent canine où un chien baroque, grincheux, dit à un autre de race regardant au loin: «connard

Les textes sont d’un humour décapant. Il faut dire courage à Odette Donga N’Zonou qui n’est pas encore écrivain, mais voudrait entrer dans le dur métier de griffonner les paperasses. Titulaire d’une maîtrise en droit, elle est fonctionnaire au service des impôts. Oui, et c’est là que le livre fait rire réellement car, l’auteure, ennuyée peut-être d’imposer ses concitoyens, essaie de faire passer en douce les fourches caudines de la direction générale des impôts ! C’est là l’humour à la togolaise fait par une femme qui interdit à quiconque de la prendre au sérieux.

Avis aux amateurs : pour éviter la grisaille et le mal de vivre du pays, sautez sur ce recueil de Odette Donga N’Zonou. Ça vous désennuiera d’une mousson maussade et frisquette !

En vente à Samescom et à son adresse, au 909 31 65, pour la modique somme de 1.500 francs.

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