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L'Union

29 juillet 2007

[ 82 : du 27 juillet 2007  

Echos du recensement à l’intérieur du pays : Pagouda pratique une abstention au recensement
C’est un constat de désengagement qui se vit à la capitale de la préfecture de la Binah, au cœur de la région de la Kara. On aurait pensé à une irresponsabilité citoyenne d’une population agricole qui, pourtant, réclame à tue-tête son changement et veut sanctionner les faux politiciens. C’est plus l’effet boomerang d’un ensemble de défaillances. Nonobstant la moyenne de 500 obtenue dans les différents villages. Enquête.

Une mauvaise période consacrée
C’est à un chamboulement de la configuration démographique que l’on assiste dans le grand Kozah entre juillet et août. Par les pluies qui s’abattent sur les montagnes et les sols accidentés de Pagouda et environs, beaucoup de paysans s’accrochent plus à leur daba pour remettre une culture du maïs qui peine à produire sur une terre non fertile. Endettement dans le coton oblige. Ils marquent ainsi une indifférence à ce qui s’opère à quelques mètres près sur les cours des écoles primaires publiques. «Mais on peut dire que ça va parce que du début jusqu’à maintenant, on tourne autour de cinq cents inscrits.  On est presque à la fin. Quand même il y en a qui continuent de résister et préfèrent aller cultiver puisque souvent manger est difficile», rassure M. Batiyem Kodéobalo, président du comité de listes et cartes (CLC) à Confess, l’un des villages du canton de Pessaré.

Risque d’une fausse masse électorale
A en croire les paysans dudit village, et selon la pratique pendant les vacances dans la région, tous les élèves et étudiants émigrent vers des régions plus heureuses pour se livrer aux travaux de métayage et de manoeuvres afin de supporter la prochaine rentrée scolaire. «Actuellement, ils sont partis pour travailler et ils ne reviendront qu’après le recensement alors qu’habituellement c’est ici qu’ils habitent. Ils doivent voter ici. Ils sont nos enfants et ils sont nombreux. Ici à Confess, c’est essentiellement le champ qui nous nourrit mais notre terre ne nous satisfait pas», raconte le chef Katimawaré Albert de Confess qui ne s’est privé de lancer un appel pour un recensement en temps local normal. «Alors ça fait beaucoup de voix perdues», fait simplement remarquer Amalatchamtou Jonas, un volontaire qui fait le porte à porte pour faire plier les derniers récalcitrants.

A Tchadè, le chef traditionnel lève le voile sur un conflit qui tourmente plus le recensement. «Ici dans le canton de Pessaré, nous avons des villages qui sont composés de quartiers. A Tchadè, il y a cinq quartiers. Et au début, j’ai été harcelé par les chefs de quartiers qui ont cru que c’est moi qui envoie les gens dans les bureaux de vote pour témoigner et depuis chacun indexe celui-là qui a été pris par les organisateurs. D’autres disent qu’ils ont plus de population que le chef de village choisi. Vous savez, avant on associait tous ces chefs qui faisaient sortir en même temps leur population. Maintenant, ceux-ci disent qu’ils attendent celui qui va venir leur dire quelque chose parce que comme il y a maintenant à manger on prend un seul et on dit aux autres qu’on n’a plus besoin d’eux cette fois-ci. Dans le passé, on savait que c’est le RPT seul qui organise et on nous faisait appel. Aujourd’hui, on dit que tout le monde va faire la chose et voilà», nous raconte Awissi Bakoulam, chef du village de Tchadè au pied des montagnes.

Aisément, les chefs de quartiers frondeurs se refusent de passer le message. Une situation inquiétante que tente à son corps défendant de minimiser un prétendu membre de la CELI qui croit savoir qu’il «ne reste que cinq personnes à inscrire au soir du 23 juillet». Visiblement, la CENI n’a mieux fait que de généraliser la conception du village au sud du Togo. Contre toute réalité du terrain. Dans le grand nord, des villages sont plus élastiques et chaque chef reste un potentat à considérer.

Passé l’engouement du début réussi à Madjatom –que certains qualifient de curiosité–, les paysans préfèrent s’occuper de leur champ. Ce qui crée des temps morts incommensurables. Conséquence : des fois cinq inscrits par jour.

En pleine ville de Pagouda, c’est une timidité incompréhensible de la part des populations, à en croire le président de la CELI. Des fois neuf inscrits par jour dans certains centres. Résultat : seul le septième de la population estimée à près de 80.000 âmes s’est déjà inscrit sur la liste électorale. En entendant le basculement dans la seconde zone qui concernerait le sud de la préfecture.

Une sensibilisation parfaitement absente
Selon les autorités électorales de la préfecture, c’est dans le pur anonymat que les opérations ont dû commencer. Aujourd’hui, c’est de bouche à oreille que l’information circule. «On parle de télé et de radio. Combien de paysans en disposent chez nous?», se demande le président de la CELI Binah qui reste amer contre les partis politiques : «quel a été leur rôle dans tout ça?». Quid de la société civile?

A l’image d’autres bourgades du Togo, les pistes de la grande Binah n’ont pas été secouées par la campagne de communication à retardement de la CENI. Et elle aura failli si elle ne se rattrape pas un temps soit peu sur les ratées de la première zone, conclut-on. Seule une ONG tente de parcourir actuellement la préfecture et au-delà.

Le résultat de ce déficit, c’est que des opérateurs de saisie se font inscrire sur les listes de leur centre de travail, à des milliers de kilomètres de leur résidence habituelle de Lomé. Pendant que d’autres s’interdisent ce risque, certains qu’ils ne seront pas à leur lieu d’affectation le jour du scrutin. Il était dit au départ que le kit de recensement sera ouvert de façon spéciale à la fin de leur mission, pour permettre aux opérateurs de saisie de figurer sur le fichier électoral. Mais, aux dernières nouvelles, ils devraient être autorisés à s’inscrire sur leur lieu de travail. Une réunion de la Commission électorale, hier, devait adopter cette position à communiquer aux opérateurs. A cet instant, il faudra signaler la première inscription faite par certains parmi eux. La double inscription étant punie par la loi. «Ce qui est terrible, c’est la prison. Ils iront directement en prison», précisait la semaine passée le président de la sous commission Sécurité de la CENI, Essem Améléwonou.

Des opérateurs de saisie et des CLC aux abois dans l’hinterland
A Sondè, Tchadè et Confess dans le canton de Pessaré, à Madjatom, Baré et Katchika dans le canton de Boufalé, à Kagnissi et Kawa dans le canton de Pagouda, à Kagbala dans le canton de Solla, … tous les regards des opérateurs de saisie et des membres des comités de listes et cartes sont tournés vers Lomé. Car, au-delà du patriotisme qui les fait accrocher aux pistes caillouteuses et rocheuses, ils décrient les conditions de travail.

«En ville, ils nous ont dit que sur place, le chef va nous prendre en charge. Mais sur le terrain, le chef a dit n’avoir jamais été informé de quoique ce soit et qu’il ne peut donc rien nous faire. Il a fallu que le président (ndlr : du CLC) nous récupère et nous négocie deux chambres pour ma collègue et moi. A la fin, on va donner quelque chose. Pour le manger, c’est une dame qui est en face de chez le président qui nous fait à manger. A la fin des deux semaines puisqu’on doit aller dans une 2è zone, on va lui donner quelque chose. Et jusqu’ici, on n’a eu que l’argent de la formation»
, nous confiait hier matin un opérateur de saisie à Sondè. «Jusqu’ici on n’a rien eu, même la formation, et on ne sait même pas à combien on sera payé», renchérit le président de CLC de Confess qui ne sait pas que les CLC sont assistés de deux mille francs par jour.

A l’EPP Madjatom (environ 12 km de Pagouda), Rafia et ses amis, déployés une semaine avant le début de recensement en même temps que les kits, manquent de l’eau potable et de vivres. Devant les bureaux de poste, les affichages annonçant les avances de 45000F à percevoir restent sans effet. 

Une situation très invivable pour des volontaires largués depuis Lomé hors des familles, même s’ils se retrouvent pratiquement à proximité de leur région d’origine. Le tableau n’est pas exclusif.

Pour l’heure, ils restent perchés aux monts Pô par-ci et à la montagne Tombala par-là. Attendant que le communiqué de la CENI appelant les présidents des CELI à chercher les émoluments de leurs protégés produise ses effets immédiats.

Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que des tractations sont en cours au niveau du receveur de la poste de Kara pour faire payer les plaignants. Vivement que leur calvaire ne se prolonge guère.

De notre envoyé spécial
Sylvestre D.

 
Application de l’APG : Le Comité de suivi prend acte, l’UFC à l’offensive

Mis en veilleuse pour raison d’exigences ou de calendrier chargé du facilitateur, le septième tour du Comité de suivi de la bonne application de l’Accord politique global (APG) n’a pas dérogé à la règle de la configuration politique togolaise. L’UFC en dehors et dans le processus, les autres dans le consensus.

Selon le communiqué final des discussions entre les frères adversaires togolais, c’était plus une remise de la copie des dernières semaines par le gouvernement, principal comptable de l’Accord. Et son préposé a bien informé l’assistance de la création, la formation et le début du déploiement de la Force Sécurité Elections Législatives (FOSEL 2007) composée de six mille hommes provenant essentiellement de la police et de la gendarmerie et chargée de sécuriser le processus électoral ; la recomposition de la Cour constitutionnelle ; la poursuite du traitement de la question de l’impunité ; la poursuite des efforts en vue du retour des réfugiés ; l’adoption du décret fixant le début du recensement ; l’adoption et la mise en œuvre d’un plan de communication et de sensibilisation du gouvernement sur l’APG et le processus électoral ; la mise en œuvre d’activités de formation et de sensibilisation des préfets et des chefs traditionnels sur leur rôle et leur responsabilité dans la réussite du processus électoral ; la vulgarisation du code de bonne conduite auprès des partis non signataires de l’APG ; la poursuite des réunions hebdomadaires entre la CENI, le gouvernement et les partenaires techniques. Tout un chapelet d’activités d’un travail qui semble séduire.

De quoi convaincre le Comité à féliciter le gouvernement. Mieux, il a pris acte de la désignation et de l’installation des présidents des Commissions électorales locales indépendantes (CELI) et a noté les imperfections de procédure. Mais l’Union des forces de changement aurait souhaité une pure rétractation des actes. Car le parti de Gilchrist Olympio aura mené sa guérilla communicationnelle sur la base de l’article 28 du code électoral qui prévoit une nomination «par décret en conseil des ministres sur proposition de la CENI». Des mémoires ont été par la suite envoyés au facilitateur. Et en croire certains journaux privés, le timonier du parti aurait même survolé une fois de plus son pays natal pour remettre main à main les protestations au chef des hommes intègres, au rang desquelles le redéploiement de préfets et la sempiternelle problématique de la recomposition de la Cour constitutionnelle.

Aujourd’hui, l’UFC renoue avec son offensive et ne veut pas comprendre que le Comité n’a fait que prendre acte contre ses questions existentialistes. Qu’à cela ne  tienne, la guéguerre de la prise de décision au Comité de suivi n’est plus à l’ordre du jour ; surtout que tous adhèrent à Ouaga aux communiqués finaux. Le pas de la diversion est vite franchi. Il en a été toujours ainsi de tous les actes posés depuis lors par le gouvernement d’union, même ceux qu’on salue dans les coulisses. «Oui, nous disons que le texte est bon parce qu’il a été réclamé lors du dialogue politique et la charte des partis politiques en avait fait mention. Mais ce n’est pas ce qu’on demande à cette Assemblée de faire. On se demande si cela est opportun d’adopter actuellement cette loi», une démonstration tout aussi atypique au soir du vote de la loi portant financement public des partis politiques.

Au-delà, le rôle de la plus haute juridiction est à l’épreuve du traitement du contentieux électoral et de la proclamation des résultats définitifs justes et équitables. C’est toujours une question d’homme.

Au demeurant, Gilchrist Olympio et ses affidés pourront jouir de ce que le Comité «a invité la CENI à réactualiser son chronogramme (…) pour préciser dans les meilleurs délais les modalités techniques du scrutin législatif afin de favoriser l’information et la sensibilisation des acteurs politiques et des électeurs». Ils en font leurs choux gras.

Late  Pater 

 
Télécoms : Togo Télécom lance son emprunt obligataire

En vue  de financer ses projets, Togo Télécom lance dans les jours à venir un emprunt obligataire de 20 milliards de francs CFA sur le marché financier régional.  En prélude à ce lancement, la Banque ouest africaine de développement (BOAD) a signé avec les responsables de cette société et de la Société de gestion et d’intermédiation (SGI-Togo), qui pilote cette opération d’emprunt, une convention de garantie partielle de 10 milliards de francs pour donner une assurance aux potentiels investisseurs. Une semaine plutôt c’est le Fonds Africain de Garantie et de Coopération Economique (FAGACE) qui avait accordé une garantie de 5 milliards de francs à l’opération de Togo Télécom.

Dans les jours à venir, la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) devra compléter la liste des garants avec 5 milliards de francs,  accordant ainsi à cet emprunt une garantie totale.  Au vu de la qualité  et de la taille de ses garants, on peut s’assurer de la viabilité et de la rentabilité de cet emprunt dénommé « Emprunt obligataire public Togo Télécom  6,50% 2007-2014 ».

Quatre projets en vue
Ces fonds levés sur le marché financier permettront à l’opérateur public de télécommunications, Togo Télécom, de financer quatre projets importants. 

Le premier concerne les câbles sous-marins, West Africa Festoon Submarine System (WAFS), un projet continental qui relie l’Afrique du Sud au Sénégal et qui permettra au Togo de se connecter au Cameroun, à l’Angola ou encore à la Guinée Equatoriale. N’ayant pas encore de point d’atterrissage sur le premier satellite SAT3, ce projet permettra à Togo Télécom d’y accéder via Cotonou ou Accra et d’appartenir afin à un groupe de pays présents sur le système de câble sous-marin. Mais plus encore, le projet permettra au Togo d’accroître de manière considérable sa bande passante sur Internet, de 133 à 310 Mbit/s au minimum, de réduire considérablement les charges de location par Mégabits/s et de faire face à la demande croissante dans le pays de services à haut débit. D’autre part, il permettra de fournir des accès sur le système SAT3/WASC/SAFE aux pays enclavés n’ayant pas de point d’atterrissage sur le système et de diversifier l’accès à d’autres systèmes de câbles sous-marins aux pays côtiers déjà présents sur ce système. La participation de Togo Télécom à ce projet vital est estimée à 6,89 milliards de francs FCFA.

Le second projet est celui de boucle optique Lomé-Kpalimé-Atakpamé-Lomé. Il consiste à la pose d’un deuxième câble fibre optique entre Lomé et Atakpamé en passant par Kpalimé afin de réaliser une boucle franche Lomé-Tsévié-Notsè-Atakpamé-Amlamé-Kpalimé-Kévé-Lomé. Ce projet vise notamment à sécuriser l’actuelle liaison fibre optique Lomé-Tsévié-Notsè-Atakpamé et permettre en outre de desservir de nouvelles localités importantes du pays. Il vise également à désenclaver une partie du pays en liaison fibre optique et à renforcer la position de transporteur national de Togo Télécom. Estimé à 7,23 milliards de francs FCFA, ce projet permettra à l’opérateur national de satisfaire la demande de connectivité sous-régional en câble sous-marin de plus en plus croissante en faisant passer la boucle existante de Lomé et celle de Lomé-Kpalimé-Atakpamé-Lomé à un système ayant une vitesse de 10 Gb/s.

Le troisième projet, « boucle locale fibre optique à Lomé », consiste à introduire dans le réseau d’accès de Lomé des concentrateurs numériques à fibre optique pour desservir les abonnés au téléphone filaire. Et ensuite à remplacer systématiquement le réseau d’accès cuivre de la capitale datant des années 70 et 80 dont les services sont de plus en plus de mauvaise qualité. En clair, ce projet devra améliorer le réseau de distribution afin de pouvoir raccorder des abonnés haut débit avec une bonne qualité de service. Il permettra de reprendre près de 800 abonnés existant pour la plus part sur l’ancien réseau qui ne répond plus aux exigences de nouveaux services de télécommunications, notamment l’ADSL. Le coût du projet est de 894 millions de francs.

Le dernier projet  permettra la mise en place de 52.000 lignes CDMA ou Illico et l’accroissement de la capacité d’accès Internet au réseau Illico. Evalué à 5,4 milliards de francs, il vise l’achat d’équipement sans fil afin d’étendre la capacité en raccordement du réseau Illico essentiellement dans la capitale. Sa réalisation  permettra à Togo Télécom de faire face à la rapide croissance des demandes en instance et d’atteindre ses objectifs de croissance du parc pour l’année 2007, en augmentant la capacité de  raccordement de son réseau Illico déployé en 2006 du point de vue trafic de la voix que de celui des données. Il est également prévu l’acquisition de nouveaux équipements (BTS) afin d’assurer une meilleure couverture des villes et localités du pays. Ce réseau Illico lancé le 17 mai 2006 a déjà rencontré un réel engouement auprès du public d’autant que près de 30.000 lignes Illico ont été vendues depuis lors.

 C’est pour  améliorer  la qualité  de ses réseaux et de ses services et de rechercher de solutions aux problèmes de demandes de lignes téléphoniques en attente que Togo Télécom a initié ces projets. Inscrits dans son budget d’investissement 2007,  ces quatre projets sont estimés à 20,435 milliards dont 435 millions financés sur fonds propres et 20 milliards couverts par l’appel à l’épargne public.

Des résultats positifs
Togo Télécom est une société d’Etat dotée d’une personnalité morale et d’une autonomie financière, au capital de 4 milliards de francs CFA. Elle est chargée de l’équipement et de l’exploitation du service public des télécommunications. A cet effet, elle installe et exploite le réseau public des télécommunications à l’exception de celles touchant à la sécurité de l’Etat ; elle est habileté à exercer, conformément à la législation en vigueur, toute autre activité qui se rattache directement ou indirectement à son objet.

Son statut d’entreprise d’Etat l’oblige à participer au développement du pays. Aussi réalise-t-elle parfois des investissements importants d’intérêt public mais pas forcément rentables pour elle. Qu’à cela ne tienne, Togo Télécom a réalisé  des résultats positifs sur les trois dernières années avec des chiffres d’affaires annuels de plus de 30 milliards de francs. En 2006, elle a enregistré des bénéfices nets de 6,1 milliards de francs FCFA pour un chiffre d’affaires de 32,3 milliards. Elle compte à ce jour près de 90.000 abonnés dont près 30.000 au réseau sans fil, l’Illico.

L’opération de souscription de cet emprunt pourra être lancée au plus tard en septembre prochain, le temps d’obtenir le précieux agrément des autorités du marché financier régional. Préparez vos portefeuille pour faire d’une pierre deux coups : participer au développement du pays et dégager des marges bénéficiaires de 6,5% bruts par an sur ces obligations Togo Télécom 2007-2014. Faut-il le rappeler, Togo Télécom a déjà réussi trois emprunts obligataires en 2001, 2002, 2005 pour près de 15,8 milliards en tout. Mais c’est la première fois qu’elle lance un emprunt ouvert au public.

K. Tchamdja

 
Un nouveau Code de la famille en préparation : Le Togo va bannir la polygamie

Pour coller à la modernité et créer l’harmonie au sein des couples, le Togo va opter pour la monogamie. C’est ce qui ressort, début juillet, de l’atelier de validation du Code de la Famille et des Personnes révisé. Mieux, la responsabilité de la famille incombe aux deux membres du couple. Et non à Monsieur seul.

Le concept du genre, ou l’égalité entre l’homme et la femme tant prônée ces dernières années, semble faire son chemin au Togo. C’est en tout ce qu’on peut retenir des résultats des travaux de l’atelier de validation du Code de la famille et des personnes révisé qui s’est tenu du 5 au 7 juillet 2007 à Lomé. A ces assises, d’importantes innovations ont été apportées au texte déjà en vigueur depuis 1980, notamment la suppression de la polygamie. «Nous avons fait le choix de la monogamie», nous a déclaré, dans un entretien, Mme Rita Têlé Mensah-Amendah, membre du Conseil d’administration du GF2D (Groupe de réflexion et d’action femme, démocratie et développement).

Une seule partenaire désormais
L’argument, expliquait Mme Mensah-Amendah, qui a prévalu à l’atelier de validation, «était un argument juridique, à savoir que dès l’instant où vous reconnaissiez l’égalité de l’homme et de la femme comme principe de la Loi fondamentale, il n’y avait pas lieu d’avoir la polygamie». Le choix était précédemment laissé à l’homme d’opter pour une variété d’épouses ou pour une seule. Le nouveau code, s’il est adopté, lui en impose une seule. Les « gicleurs » de tous les bords doivent à présent se ressaisir. Le texte révisé fait également de l’épouse une partenaire à part égale. Le domicile conjugal devient désormais celui de l’homme autant que celui de la femme, peut importe celui qui s’est endetté pour le construire. Ainsi, si cela arrivait, au lieu de dire «c’est ma maison», on dirait «c’est notre maison».

Ainsi disparaît la notion de chef de famille. «Les époux assurent ensemble la responsabilité morale et matérielle de la famille, la direction de la famille n’est assurée par l’un des époux seul que si  l’autre est hors d’état de manifester sa volonté, en raison de son incapacité», souligne Rita Mensah-Amendah, citant l’article 92 du code révisé. L’administration légale est exercée par les deux conjoints. Au décès de l’un des conjoints, l’autre prend automatiquement la barre. Il est dit que c’est pour être en logique avec la notion de responsabilité partagée. Point n’est besoin d’attendre un quelconque conseil de famille pour désigner, dans la famille du mari, son successeur. Et souvent aussi un prochain mari à la femme. Il s’agit là de la séparation « naturelle » du couple. Mais, à l’opposé, chaque aventure ayant un terme, il peut se produire que les conjoints, vivants, décident de se séparer.

Divorce par consentement mutuel
L’avant-projet du Code de la famille révisé a introduit le divorce par consentement mutuel. A la place du divorce par faute ou le divorce sur demande acceptée. L’intérêt, a souligné Mme Mensah-Amendah, «c’est que le couple n’étale plus devant le juge les fautes de l’un ou de l’autre : tout a été déjà réglé par les conjoints (le partage, la garde des enfants, …) et vous venez devant le juge pour faire constater ce divorce». Cela permet, a-t-elle dit, de maintenir une sorte de convivialité, de courtoisie dans le couple. «C’est un avantage certain pour les familles», a-t-elle commenté.

Loin de dresser la femme contre son époux, estime-t-on, l’avant-projet du Code de la famille et des personnes révisé a pour souci de se conformer à des textes ratifiés par le Togo. «C’est un code nettement plus équilibré et en harmonie avec le concept du genre. On est dans le progrès, dans le modernisme», explique Rita Mensah-Amendah. Le texte est le fruit de 6 ans de travail par un comité. La compréhension des chefs traditionnels et d’autres couches de la population a été mise à contribution. Le résultat a été par la suite soumis à des experts afin de veiller à sa conformité à d’autres textes, aussi bien nationaux qu’internationaux auxquels le Togo adhère. Mais nul doute qu’il est fait et proposé pour protéger la femme, et non pour l’amener à faire du juridisme dans le foyer, à entendre Mme Mensah-Amendah. Reste pour le nouveau texte proposé d’être soumis à l’examen et à l’adoption du gouvernement, avant d’être expédié aux législateurs.

Jean Afolabi

 
Education et liberté de presse : La presse togolaise face au défi de vérité

Au dernier trimestre 2005, l’ex Premier ministre Edem Kodjo égratignait la presse privée togolaise au cours d’une conférence des organisations de la presse écrite francophone tenue à Lomé. «A longueur de nos colonnes, on peut lire des injures au chef de l’Etat et des attaques directes au Premier ministre», disait-il, en ajoutant, un peu plus loin, qu’on trouve également à longueur des mêmes colonnes des fautes de français (sic). On passe sous silence le fait que le procureur improvisé de la presse écrite mouille le lit douillet dans lequel il dormait quand il était dans l’opposition, mais il n’en demeure pas moins qu’il dit la vérité.

Les faits, têtus, lui donnent raison. On ne compte plus les mises en garde réitérées de la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (HAAC) contre les dérives dans la presse, les suspensions de journaux privés pour une période plus ou moins longue. Les dérapages sont devenus légion, et l’approche des législatives doit faire craindre le pire de la part d’une presse qui ne craint pas de tomber dans la démesure.

L’espace médiatique offre l’image d’une presse de caniveau qui donne dans le sensationnel au public, passant à côté de sa mission d’éthique qui est celle d’informer et d’éduquer, en livrant  non seulement l’information brute mais aussi des analyses et des commentaires un tantinet objectifs. Aujourd’hui, les journaux, non seulement informent peu mais, fait plus grave, désinforment un public peu averti, livrant le plus souvent par des attaques disproportionnées des individus à la vindicte populaire. Les journaux toutes tendances confondues travaillent dans ce registre, sans intelligence. 

Par exemple, le traitement médiatique des soubresauts qui bouleversent la Fédération togolaise de football (FTF) montre l’état mental qui prévaut au niveau de la presse.

Tout d’abord, l’ampleur donnée aux bouleversements à la FTF (en manchette chaque semaine dans tous les journaux) est une désinformation déguisée pour détourner l’opinion publique des problèmes cruciaux de l’heure. Le Togolais ne vit pas de football, et ce sport jusqu’à présent n’a pas encore fait cent millions de morts et nourrit à peine mille personnes. Pourtant, non seulement les gens meurent, ici, d’absence de démocratie, mais également de mal développement, d’économie claudicante, de misère, de maladie et surtout de sida. Seuls les intellectuels tarés et les politiciens imbéciles peuvent prétendre que le football est ce qui unit aujourd’hui les Togolais divisés par la politique. Si le football doit constituer le ciment d’unité de cette nation en gestation, autant miser sur une improbable guerre des FAT contre le Bénin voisin.

Ensuite, il y a désinformation totale dans cette histoire. Jusqu’à présent, personne n’est capable de dire réellement ce qui se passe à la FTF, ce que le public veut savoir en réalité. On ne le saura peut-être jamais puisque les journaux sont devenus des caissons de résonances des parties en conflit, reprenant à la lettre leurs thèses sans essayer de faire des investigations et des analyses objectives. Les soucis de vérité et d’objectivité qui constituent l’éthique du journalisme manquent malheureusement dans cette affaire, à telle enseigne que les désordres et les clivages du bureau exécutif de la FTF sont répercutés au niveau des médias, divisés eux-mêmes en pro-Tata et anti-Tata, en pro-Ameyi ou anti-Ameyi. C’est à juste titre qu’on a accusé les journaux d’être stipendiés, la corruption serait la chose la mieux partagée dans ce cas.

Enfin, il est inconcevable qu’un organe d’information relaie de mauvaise foi la fausse information, voit l’évidence et refuse de dire la vérité au risque d’induire l’opinion en erreur. Dans cette affaire de suspension de la FTF, que l’on prenne en pitié ou pas le président Avlessi Tata, il n’y a pas de doute que sa succession doit être réglée selon les textes en vigueur. Il est regrettable que la presse apporte tout son appui à des actions illégales et cautionne l’illégitimité. De telles prises de  position sont de nature à jeter le trouble dans les esprits et à vicier le débat contradictoire qui est l’essence même de la société démocratique que nous voulons construire.

D’une manière générale, l’état actuel de la presse ne peut contribuer qu’à envenimer la situation politique quand la réflexion et l’analyse pertinente manquent. A partir du moment où c’est la rumeur qui alimente l’information, la contradiction publique, le débat ne peut avoir lieu.

Actuellement, ce n’est pas la presse qui modèle l’opinion mais le contraire. Et quand on arrive à ce stade bas du journalisme, quand on écrit pour exciter l’opinion et non la former, quand on écrit pour stimuler les gueux et les sots, c’est qu’on n’est plus journaliste, on n’est juste qu’un politicien et au pire un sale démagogue qui se vend à l’encan aux plus offrants.

Les raisons pécuniaires et la clochardisation du milieu de la presse expliquent ces dérapages. Pour vendre et vivre, les  journaux sont obligés de faire du sensationnel, et les journalistes se faire soudoyés. Il importe que l’Etat qui se veut démocratique, et la HAAC, qui se spécialise dans les mises en garde et les suspensions d’organe, se penchent sur cette quadrature du cercle. Au bout, une réforme allant dans le sens de la libéralisation totale du marché de l’information et de l’édition et du code de la presse est nécessaire pour enrayer le phénomène.

Tony Féda

 
 
 
 

 
 
 
 
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