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[N°
79 : du 7 juillet
2007 |
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Energie : Le Bénin s’accapare l’apport nigérian |
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Le Togo ne dispose actuellement que de 25 Mw pour
couvrir sa journée, alors qu’il en a besoin de
trois fois plus. Les causes sont diverses mais
l’attitude du Bénin voisin qui coupe l’herbe sous le
pied de notre pays accentue la crise ces derniers
jours. Le ministre des Mines du Togo est à cet effet
en France depuis hier pour rechercher une solution
durable à cette crise énergétique qui aurait
occasionné plus de 100 milliards de francs de pertes
sèches à l’économie togolaise. |
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Le
ministre de l’Energie et des Mines, le Pr Léopold
Gnininvi, avait annoncé en avril que la situation
devrait s’améliorer à partir de ce mois de juillet si la
pluviométrie s’avérait abondante. En mai, le ministère
expliquait encore le léger mieux que les Togolais avait
constaté dans la fourniture de l’énergie par cette bonne
saison pluvieuse qui venait de démarrer. Cet espoir
n’aura duré que quelques semaines. Depuis une quinzaine
de jours, le délestage est revenu en force et d’une
manière plus aiguë d’ailleurs.
Des
coupures durent jusqu’à 16 heures par jour et parfois
plus. Le ministère avait annoncé un nouveau calendrier
de fourniture qui privilégie, dit-il, les zones
industrielles. Selon ce programme, ces zones devraient
disposer en principe d’énergie entre 7h et
15h
tous les jours. De 15h à 23h un premier groupe de
quartiers serait alimenté, et de 23h à 7h le reste des
populations. Mais, seulement, ces calendriers ne sont
pas respectés. Les quartiers qui étaient sensés avoir la
lumière, par exemple hier à 15h, ont dû attendre
plusieurs heures encore, soit près de 20h de coupure.
Et
Nangbéto ?
Les
causes de cette aggravation sont énormes. Selon la
Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), le barrage
de Nangbéto, qui avait contribué en mai et début juin à
l’amélioration de la fourniture d’énergie, n’est plus
assez productif. Et pour cause, le barrage est presque à
sec. Les dernières pluies qui ont inondé la capitale
n’ont pas arrosé malheureusement la zone de Nangbéto.
Ce qui a conduit à une baisse de sa production passant
de 20 Mw à 12 Mw et qui alimente le nord du pays. Et le
barrage ne produit qu’à partir de 18 heures. En plus,
une turbine à gaz du Togo (TAG) qui fournissait 20Mw
est tombée en panne et sera indisponible pour six mois.
Par contre, deux groupes électrogènes de la CEET ont été
enfin réparés mais manquent, eux, d’huile à moteur qui
serait difficile à trouver sur le marché.
D’autre part, le premier fournisseur, le Ghana, ne donne
quotidiennement (et comment ?) à la Communauté
électrique du Bénin (CEB) que 25 Mw que la CEET essaie
de gérer dans la journée. Les responsables de la Volta
River Authority (VRA) appellent au jour le jour (selon
leur disponibilité) leurs collègues de la CEB pour leur
annoncer la quantité qu’ils pourront avoir. Et coupent
sans prévenir quand celle-ci est épuisée. La baisse du
niveau d’eau de la Volta, sur lequel est construit le
barrage d’Akosombo, et l’endettement de la CEB sont à la
base de cette réduction drastique des apports en énergie
du voisin ghanéen au Togo et au Bénin. Selon une source
officielle, la dette de la CEB vis-à-vis du Ghana
s’élève à 11 milliards. La Togo n’a épongé, d’après la
CEB, que 2 milliards de francs de sa part de dette,
alors que le Bénin en a déjà réglé 5 milliards.
Le
Bénin garde tout
Mais, le gros du problème vient du Bénin. Le
Nigeria, par le biais de la compagnie TCN, qui
fournissait début juin jusqu’à 75Mw par jour à la CEB,
ne serait plus à même de le faire. C’est vrai que cette
énergie du Nigeria est jugée instable par les experts.
Ce qui se traduit par des baisses fréquentes de tension
et de coupures sur les lignes de transport. Mais elle
comblait néanmoins une partie du déficit. La réalité,
selon une source proche de la CEB, c’est que le Bénin
fait depuis quelques jours un « black-out »
sur cette fourniture du Nigeria. En clair, il se
l’accapare au passage et ne rend plus compte au Togo,
qui est ainsi privé de cette manne nigériane. Même si le
Bénin s’est acheté des groupes électrogènes qui
alimentent directement certains quartiers, la
quasi-stabilité énergétique que connaît ce pays est
largement due aux apports du Nigeria. Que pensent nos
autorités de ce comportement béninois qui s’apparente à
un gangstérisme qui ne dit pas son nom ?
Le
ministre des Mines, le Pr Gnininvi, est en France depuis
hier pour une semaine afin de trouver, un tant soit
peu, une solution à ce problème épineux. Il aurait
besoin d’urgence de 9 milliards de FCFA pour dénouer en
partie la crise. Mais compte tenu de la situation
économique que traverse le pays, l’Etat est incapable de
couvrir ce budget. Espérons qu’il reviendra avec une
lueur d’espoir pour les populations.
Late Pater
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Malgré quelques difficultés… : Le recensement démarre le
16 juillet |
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Prévu
préalablement pour commencer le 8 juillet 2007, le
recensement électoral pour les législatives prochaines
débute finalement le 16 juillet prochain. Ainsi en a
décidé hier la Commission électorale qui achève
aujourd’hui le déploiement des kits sur l’ensemble du
territoire. |
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Les
opérations d’enregistrement des électeurs pour les
élections législatives prochaines commencent le 16
juillet. Il s’achève le 17 août, au bout d’un mois.
L’annonce a été faite hier par le président de la
Commission électorale nationale indépendante (Ceni),
Tozim Potopéré, lors d’une rencontre au siège de son
organe avec des représentants de partis politiques et la
presse. Ce délai, selon M. Potopéré, a été retenu
«après concertation avec le gouvernement». A cet
effet, la Commission électorale a commencé depuis
mercredi le déploiement de 2.685 kits de recensement sur
l’ensemble des préfectures du pays, à raison de 11
préfectures le mercredi, 10 le jeudi et les dernières 9
préfectures ce vendredi.
Les
opérations de recensement se dérouleront en deux temps :
du 16 au 29 juillet dans une zone dénommée A, qui
comprend Lomé commune, la préfecture du Golfe et les
chefs lieux des 29 autres préfectures ; et du 4 au 17
août pour la zone B, qui inclut toutes les autres
localités.
Ce
procédé a été retenu afin de maximiser l’opération :
dans un premier temps, un maximum de kits (en exemple :
300 pour Lomé commune et 200 pour la préfecture du
Golfe) sera déployé dans la zone A. Dans l’entre-deux
opérations (du 29 juillet au 4 août), il sera procédé au
traitement des données recueillies, à la
réinitialisation des kits, avant leur redéploiement sur
la zone B. Eventuellement, pour des électeurs
retardataires de la zone, la Ceni prévoit la
distribution de jeton (carton ou ticket numéroté) dans
le but de tenir, juste le lendemain de la date butoir,
une opération spéciale de recensement.
Préalablement à ces opérations de recensement, la
Commission électorale prévoit la formation simultanée
des Commissions électorales locales indépendantes (Celi)
dans toutes les préfectures le 8 juillet. Ainsi formées,
les CELI assureront la formation des 33.112 membres des
Comités des listes et cartes (CLC), les 9 et 10 juillet.
Au même moment, les formateurs assureront la formation
locale (sur les lieux d’affectation) des opérateurs de
saisie dont la liste reste ouverte, puisque l’offre est
encore inférieure à la demande.
Des
difficultés toujours en vue
D’après la Commission électorale, tout est au point pour
assurer les différentes activités liées au recensement
électoral. Il s’agit notamment des revendications des
techniciens en maintenance du matériel informatique.
Selon l’offre de la CENI, les techniciens auront 8.000
francs par jour pour ceux de Lomé, et 12.000 francs pour
l’intérieur du pays, y compris le déplacement, le
logement et la restauration. Pendant que les techniciens
exigeraient un minimum de 15.000 francs par jour. Une
réunion, mercredi après-midi avec le bureau de la CENI,
avait permis d’aplanir les divergences, nous a-t-on
indiqué. Tard dans la soirée, une somme de 20.000 francs
a été remise à chaque technicien pour couvrir les frais
de formation. Ils sont maintenant attendus sur les lieux
de formation au cours de ce week-end. Et c’est ici que
des voix discordantes se signalent au sein du groupe des
techniciens. Certains ne voulant même pas faire le
déplacement sans avoir perçu les frais promis, surtout
qu’ils ne sont pas sûrs d’atteindre les 15.000 francs
par jour. Pour d’autres, il faut, dans tous les cas,
s’exécuter pour montrer la bonne foi à accompagner le
processus. Ce sont là des difficultés inhérentes à la
gestion des ressources humaines. Vivement que chacun y
mette du sérieux pour ne pas compromettre un processus
déjà assez éprouvé et dont l’étape actuelle mérite plus
de sérénité.
K. Tchamdja
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Grippe aviaire au Togo : L’Etat dédommage les éleveurs |
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Près de 50 millions de francs déjà débloqués pour ce
volet.
Face à son premier cas de grippe aviaire, deux ans
après l’arrivée de l’épizootie sur le continent, le Togo
met le paquet pour éviter la propagation de la maladie
et sa conversion en la forme humaine, en éliminant
systématiquement les souches. Bien entendu, avec des
mesures d’accompagnement. |
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Dès les premiers soupçons de grippe aviaire au Togo, à
la mi-juin, 5.574 volailles ont été aussitôt abattues,
incinérées et enfouies dans le foyer suspecté, un
élevage de Sigbéhoué, à 2 km de la ville d’Aného.
Aujourd’hui que le cas est formellement confirmé par des
tests de laboratoire, explique le ministre de
l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Yves Madow
Nagou, 8.000 volailles supplémentaires ont été
identifiées dans la zone d’infection (3 km autour du
foyer) et abattues le mardi dernier. L’objectif premier
de ces actions : «Eviter que les foyers ne se
multiplient», a déclaré à L’Union le ministre Nagou.
D’autres actions urgentes ont consisté à mettre en
quarantaine la zone de protection (10
km autour du foyer). «Là, on refuse que les volailles
circulent, et on vient procéder à des prélèvements pour
voir s’il y a infection, auquel cas on abat les
volailles», a par ailleurs indiqué Yves Nagou. Bien
évidemment, en prorogeant le délai de la quarantaine (3
à 4 semaines). Dans le cas contraire, et en l’absence de
tout soupçon, l’interdiction est levée afin de permettre
aux marchés de volailles de se ranimer. Avant d’en
arriver là, le gouvernement s’est vite tourné vers les
éleveurs qui ont vu leurs volailles abattues.
Indemnisations
A l’inverse des difficultés auxquelles ont fait face des
éleveurs du Nigeria, par exemple, ceux du Togo sont en
train d’être indemnisés. Sur ce chapitre, le
gouvernement veut parer au plus pressé afin de soulager
les éleveurs, bien que ces mesures n’aient été prévues
avant la détection de la grippe aviaire à Sigbéhoué. «La
chose la plus importante qui reste est le dédommagement
des éleveurs», a insisté le ministre Nagou. Sur le coup,
affirme-t-il, 50 millions de francs Cfa ont été
débloqués pour servir à remplir cette tâche. Et des
chèques sont émis au fur et a mesure que les éleveurs
victimes sont identifiés. On indique à 2000 francs la
valeur d’une volaille. Ce chapitre doit être bouclé à la
fin de la semaine.
Les partenaires du Togo, y compris l’Office
international des épizooties (OIE) qui dispose d’un
bureau régional au Mali, se disent dispos à apporter
leurs contributions au financement de la lutte contre la
grippe aviaire. A tous les niveaux.
Actions urgentes
Outre l’indemnisation des éleveurs victimes, les agents
du Comité interministériel de lutte contre la grippe
aviaire sont toujours à pied d’œuvre autour du foyer
(zones d’infection et de protection), et en d’autres
lieux, à la recherche d’autres indices, nous a-t-on
indiqué au ministère de l’Agriculture et de l’élevage.
Visiblement, l’on veut étouffer la grippe aviaire dans
le ventre des volailles. Le gouvernement s’est entendu
avec les experts de la FAO, de l’OIE et de l’Union
européenne sur un plan stratégique d’une valeur de 1
milliard 293 millions de francs Cfa. Chacun devant
apporter sa contribution à ce budget. On situe la part
du Togo autour de 10 pour cent.
Dans l’immédiat, environ 150 millions de francs seront
dégagés de ce budget pour financer ces actions,
notamment l’indemnisation des éleveurs. La traque de la
grippe aviaire se poursuit dans les fermes et ailleurs,
pendant qu’on annonce la réception, mardi, d’un million
de doses de vaccins pour les volailles de la part de
l’Office international des épizooties.
Ceci étant, l’autre casse-tête reste le Ghana voisin. Le
gouvernement a beau interdire l’importation de poussin,
de poulets et de leurs dérivés des pays infectés, la
grippe aviaire se transporte chez nous avec la
découverte d’un troisième foyer côté Ghana, à Aflao,
juste à côté de Lomé. En clair, la zone de protection de
ce foyer à Aflao inclut pratiquement une partie de Lomé.
C’est ce qui explique la récente visite du directeur de
l’Elevage à Téma, au Ghana, où il a discuté avec son
homologue sur des actions concertées à mettre en œuvre
au sujet de leur troisième foyer qui menace le Togo.
Pour citer le ministre Nagou, l’on a intérêt à ce qu’il
n’y ait pas de multiplication de foyers.
Jean Afolabi
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Le
Bac 2 à nouveau dans la tourmente : Les enseignants
persistent, le ministère joue sur les nerfs |
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Comme
pour se plaire de jouer les disques de fin d’année
schizophrénique, la correction de l’examen du
Baccalauréat 2è partie connaît à son tour la tourmente
des revendications. Depuis une semaine, les enseignants
correcteurs refusent de rentrer en salle tant que les
revendications vieilles d’une année ne trouvent leur
solution. C’est la voie toute tracée, pour eux, de
mettre un terme définitif aux conditions déshonorantes
de travail et de séjour. |
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Plus de logement
Visiblement désemparés par une grève qu’ils croient
obligés de déclencher, ce sont des enseignants très
amers qui se sont confiés à une équipe du journal
L’Union. «… certains sont obligés de se coucher à
même le sol ; des fois sur des lits sans matelas ou du
moins pour ce qui se baptise matelas. Ce sont des
logements privés d’un robinet qui coule ; il faut se
réveiller souvent autour de 2 heures du matin pour faire
la queue pour avoir de quoi se doucher au réveil. A
défaut, tu dois chercher pure water pour juste se
débarbouiller et se lancer à la tâche». C’est cet
extrait pilonné d’images presque insoutenables qui
aurait coûté aux enseignants le logement de cette année.
Après les images diffusées par les télés privées de la
place, ceux qui n’étaient pas contents se sont rués sur
le pauvre proviseur du lycée. Oubliant que c’est le
fruit d’une complicité entre les enseignants et leurs
anciens élèves devenus journalistes. Sur la cour du
lycée de Tokoin hier, il a été difficile de dénicher
quelqu’un qui est hébergé. «S’ils ont d’autres
enseignants à coopter, qu’ils nous libèrent car on ne
peut pas galérer durant neuf mois de cours et jouer la
prolongation à Lomé», a juste largué celui-là qui
est localement surnommé the man (en référence à
sa matière, l’anglais).
De
la plate-forme revendicatrice
Aujourd’hui, les enseignants correcteurs exigent une
amélioration conséquente de leurs conditions de travail
conformément à la plate-forme qui a été déposée après
les discussions de 2006. A l’époque, les autorités
auraient promis l’échéancier d’un an pour une
satisfaction totale. «En principe, on ne devait pas
revenir cette année et se tirailler. On devrait plutôt
trouver du concret que de repartir encore sur de
nouvelles promesses», précise à la presse Etienne
Baramna, porte-parole du collectif des enseignants.
En
clair, c’est une plate-forme des traitements qui est
brandie. Les correcteurs veulent que les primes de
correction aillent de 35000 à 100000F, que les primes de
séjour pour ceux qui viennent de l’intérieur (10.000F
initialement pour tout le temps qu’ils sont à Lomé)
soient fixées à 40000F ; avec cette précision que
l’année dernière, les négociations les ont revues à
15000. Que la prime d’oral de 5000 actuellement soit
portée à 10000F et la charge de la délibération se
maintienne à 5000F. Les frais de déplacement interurbain
doivent être portés à 10000F plus les frais de transport
de ceux qui viennent de l’intérieur à payer à 60F le
kilomètre. Depuis les années 80, ces frais ont été
toujours maintenus à 20F le km nonobstant le coût de la
vie, à en croire les enseignants. «Ces derniers frais
sont payés un an après si vous êtes convoqués. Au cas
contraire, vous vous déplacez à vos frais pour chercher
les
20F
par kilomètre interurbain parcouru»,
commente-t-on.
Après
avoir été favorables au paiement de 80.000F, les
autorités font marche arrière pour n’être disponibles à
payer que 55000F, le taux contesté de l’année passée.
De
la conférence d’information
C’est
dans cette ambiance surchauffée qu’une conférence de
presse s’est tenue hier au lycée de Tokoin. Juste pour,
disait-on, informer les autres collègues qui veulent
confirmer leur bonne foi en étant présents tous les
jours sur le site de la correction. Selon ceux-ci, les
autorités jouent sur le nerf des enseignants, surtout
ceux qui sont venus de l’intérieur. Après avoir pris
l’avance de 15000F le samedi dernier, ils pourront
fléchir face à la réticence du pouvoir public. Pour
pouvoir rentrer. Au cas où ils ne cédaient guère, on
pourrait avoir une légère augmentation de 5000 voire
10000F pour en finir. Selon un proviseur rencontré,
l’Office du Bac serait en train de faire le tour des
proviseurs, responsables qui ne peuvent durcir le ton
sans être rappelés par la hiérarchie, pour dénicher les
enseignants capables de créer la désertion.
De
la réalité pratique
De
sources concordantes confirmées par le ministère, l’Etat
qui s’entend les ministères directement impliqués dans
l’organisation du Bac II n’a jamais financé la pratique
de cet examen. En réalité, les différents ministres ont
toujours considéré que l’Office ne manque pas d’argent
pour être soutenu. Autrement, c’est l’Office du Bac sis
au lycée de Tokoin qui s’en occupe par tradition. Il
trouve uniquement son budget dans la collecte des 10000F
de dépôt de dossier par candidat. C’est ce qui sous-tend
l’augmentation des frais de dossier de 5000 à 10000 en
l’espace de quelques années. Ainsi, rapport fait entre
les entrées et les dépenses de 2006, il s’est dégagé un
manque à gagner qui a été immédiatement déduit des
entrées financières de cette année. En 2007, il est
signalé près de 29000 candidats. La situation est connue
de tous les protagonistes. Ce qui a priori devait
faciliter les calculs et les approches de solution dans
les discussions. Mais ce n’est pas pour autant conclure
que le pouvoir public à travers les hautes autorités de
l’enseignement secondaire et supérieur est dédouané.
De
la gestion non responsable
Mis à
part les intenses tractations de l’année passée ayant
abouti à la tenue ferme des promesses, les enseignants
retenus cette fois-ci se sont empressés dès leur
regroupement à Lomé de prendre attache avec les
autorités avant même la fin des écrits. Pour éviter le
sort des collègues du Bac I et du BEPC, les enseignants
du primaire s’étant eux-mêmes réglé leur sort par des
contestations in vitro c’est-à-dire sans publicité.
L’alerte matinale autour du Bac II n’a pas empêché que,
au terme de plus d’une semaine de bras de fer, on
annonce aux correcteurs que seul le retour de Faure
Gnassingbé du sommet d’Accra peut leur être salutaire en
ce que c’est lui qui détenait la clé magique. Mais très
tôt, il a fallu s’en rendre compte qu’il s’agit d’une
méthode non responsable de gérer les crises
éducationnelles. C’est à se demander ce que les premiers
responsables du système éducatif font des revendications
de chaque fin d’année. Ou bien ils s’y plaisent, ou bien
ils pensent juguler les révoltes en promettant le mieux.
Quitte à se libérer de la pression pour…douze mois
francs. Pis est, ils auront souvent manqué de courage en
tenant le vrai langage fondé sur du concret. Surtout
pour un pays qui s’égosille à financer peu ou prou son
enseignement parsemé d’écoles hangars. Qu’est-ce qui a
donc été fait durant toute l’année scolaire pour qu’on
n’en arrive pas là? Et c’est ici que les enseignants
frondeurs prétendent que les ministres Aduayom et
Klassou rendent mal compte au conseil des ministres sur
la question.
Un
risque quantifiable
Déjà,
certains enseignants craignent que la situation dure et
qu’à la dernière minute on soit obligé de démarrer la
correction proprement dite. «A ce stade, avec tout ce
que cela comporterait comme retard et la tension qui
l’entoure, on peut craindre que la correction soit
précipitée par des enseignants qui voudraient vite en
finir avec la crise pour vite rentrer», fait
observer un gréviste. Ce qui ne doit rassurer les élèves
et les parents qui ne veulent pas subir la répercussion
d’un pourrissement auquel ils n’ont participé. Vivement
que la fumée blanche puisse être dégagée le plus tôt
possible à partir des rôles plus sérieux. Pour une fois.
K. Tchamdja
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Note
de lecture : La côte des Esclaves et la traite atlantique |
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La traite négrière est une question qui dérange. Alors
que de nombreux gouvernements africains et certaines
associations voudraient demander des réparations aux
Européens et Américains, voici un livre, «La côte des
esclaves et la traite atlantique», qui vient établir la
vérité sue mais que la mauvaise conscience de certains
Africains cache : le commerce des esclaves était une
affaire juteuse pour les Noirs. Au Togo par exemple, des
fortunes de certaines grandes familles aujourd’hui
étaient bâties sur ce honteux commerce. On n’osait pas
le dire publiquement de peur de démolir quelques icônes
nationaux. Mais, il est temps de regarder l’histoire en
face et de dégonfler les baudruches. Tout le mérite
revient à l’historien béninois Félix Iroko qui a eu les
c… de dire tout haut la honte qu’on murmurait dans les
cases. |
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Il faut d’abord souligner la témérité de l’auteur qui
ose nous dire en face de qui nous sommes les
descendants : «Il est temps que les Africains
comprennent que leurs ancêtres se sont, en toute
complicité, entendus avec les Européens pour le
démarrage et la bonne santé de cette œuvre commune qui
n’est rien d’autre qu’un crime contre l’humanité : la
traite atlantique» (p. 9).
Et il suffit d’un peu d’espace pour mener
l’affaire : «Si l’on admet que lors de sa plus grande
extension au XIXe siècle, la côte des Esclaves, qui
s’étirait de Porto-Séguro (Togo) à l’ouest jusqu’à Lagos
à l’est (au Nigeria), atteignait à peine
300 km, il faudrait reconnaître que sa modeste
superficie contrastait avec l’exceptionnel volume des
affaires qui s’y traitaient, notamment en matière de
ravitaillement de navires négriers en esclaves de
qualité qu’ils y trouvaient relativement abondamment»
(p. 43).
Abondance, intensité et jubilation. «Les marchands
noirs pratiquaient la traite sans le moindre état d’âme
; comme s’ils ne vendaient que de simples objets, dans
une totale indifférence, au même titre que leurs
partenaires blancs» (p. 119). On ne comptait donc pas.
On envoyait seulement. Aussi ne saura-t-on jamais, même
pas approximativement, combien de Noirs ont été vendus
ainsi par les leurs aux Blancs. Mais l’on sait que «les
souverains locaux, pour se procurer les captifs, en
faisaient tuer un nombre infini ; les plus âgés étaient
toujours égorgés» (p. 113). On sait que «Les vendeurs
qui avaient des nourrices dans leurs contingents leur
arrachaient les bébés qu’ils jetaient la nuit aux
animaux sauvages avant de les proposer elles-mêmes aux
capitaines, avec plus de probabilités qu’elles soient
plus facilement achetées» (p. 102). On sait «qu’il
n’arrivait point de captif en Amérique sans qu’il n’ait
coûté beaucoup d’autres individus à la nature» (p. 113).
Christiane Taubira-Delannon, pour sa part, avance la
proportion de 1 pour 6 : «Pour un esclave parvenu aux
Amériques, quatre à six ont péri». Blancs et Noirs,
acheteurs et vendeurs, également cupides et cruels.
Voilà pourquoi, face à «la rhétorique des tenants de la
thèse des réparations» en matières sonnantes et
trébuchantes, l’historien Félix Iroko jette son manteau
de scientifique et endosse celui d’humaniste. Et
l’humaniste se fait cinglant : «Les Africains ont
débattu pendant près d’un demi-millénaire avec les
négriers, du prix des leurs qu’ils leur vendaient. Ils
veulent encore continuer aujourd’hui à débattre, avec
les descendants de ceux-là, de la valeur marchande des
Noirs que leurs ancêtres ont vendus au détriment du
développement de leurs régions» (pp. 148-149). Colère et
rage de l’auteur ? Voire ! Quelques pages plus haut,
Félix Iroko avait été très clair sur la rentabilité de
l’affaire pour «les Africains [qui] avaient baigné dans
la traite jusqu’aux cheveux» (p.143), puisque
l’abolition de la traite a été à l’origine du déclin des
royaumes du Danhomé et Ashanti. Mais la traite
clandestine a continué avec certaines familles
togolaises de la Côte à travers Wood House (Agbodrafo).
Une affaire juteuse que la vente des Nègres par les
Nègres. Et l’on voudrait tellement que ce fût le passé,
rien que le passé. Hélas ! Ce n’est pas l’impression qui
prévaut, quand on sait l’actualité et l’abondance des
crimes économiques impunis dans des pays tels que le
Bénin, le Nigeria et le Togo. Tout au long de son livre,
dont il faut saluer l’immense courage, Félix Iroko a été
autant scientifique qu’humaniste. Il nous invite à la
vérité et à la vigilance. Il nous dit : «Mais surtout,
surtout ne pas risquer, par des interprétations
captieuses, de laisser s’infiltrer dans l’humain, ce
qui, absolument, est inhumain».
T. Féda
A.
Félix Iroko, La côte des esclaves et la traite
atlantique. Les faits et le jugement de l’histoire,
Nouvelle Presse Publications Cotonou, 2003, 207 p |
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Bataille rangée des familles du drame de Lungi : Les
indemnisations attendront encore |
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A peine certaines familles
ont-elles fini de pleurer leur membre perdu dans le drame d’hélicoptère survenu
à Freetown le 3 juin dernier qu’elles s’opposent, dans l’attente d’une aide
promise par le chef de l’Etat pour enterrer les corps. Et surtout les
dédommagements de la compagnie Paramount. |
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De sources très proches de certaines familles
éplorées, suite à l’accident d’hélicoptère en Sierra
Leone qui a fait treize morts parmi les Togolais,
des conflits de compétence et de représentativité
opposent certains membres. La cause serait une manne
promise par le chef de l’Etat Faure Gnassingbé pour
donner un coup de main à l’enterrement des corps.
Pendant qu’on se tiraillait pour désigner le membre
de famille habilité à recevoir le paquet, l’on a
gardé l’œil sur le portail. En vain. L’aide ne
tombera point, et les familles dont les membres ont
été identifiés ont déjà procédé à leur inhumation.
De sources officielles, le chef de l’Etat –qui a eu
vent de l’information– a trouvé la situation
«gênante». Résultat : il a décidé de se retenir.
«Nous avons été déjà échaudés avant même qu’un seul
sou ne soit sorti : dans les familles, il y a eu des
affrontements, sur la représentativité de tel ou tel
membre de la famille. Une ambiance tout à fait
scabreuse que Faure a choisi d’éviter», nous a
commenté un membre du gouvernement. Ce qui est loin
de décourager tout ce beau monde.
Selon nos infos, le collectif des familles des
victimes créé à la suite de Lungi serait retourné au
chef de l’Etat pour lui réclamer «la promesse
faite», avait souhaité qu’une solution rapide soit
trouvée à ce problème.
Du côté de Sierra léone, les choses ne vont pas
aussi vite comme l’auraient souhaité les parents des
victimes. On susurre que les enquêtes suivent leur
cours. Du coup, les responsabilités ne sont pas
encore totalement établies afin de déterminer celui
qui doit payer quoi et à qui doit-on verser des
sous. En définitive, c’est un long processus qui
permettra de déterminer les tenants et les
aboutissants.
Pour l’heure, le collectif des familles peut se
contenter du rapport d’enquête préliminaire en
attendant une commission d’enquête formelle. Ici, la
responsabilité de la compagnie Paramount Airlines
peut être formellement établie compte tenu de la
vétusté de ses aéronefs dont celui qui a servi de
mouroir à nos compatriotes. Cependant, plusieurs
équations restent à résoudre. La question
d’assurance telle que soulevée le 2 juillet dernier
par quatre membres mécontents de la Fédération reste
d’actualité.
Au vu de tout ce qui précède, il sera de bon ton que
les familles des victimes remettent balle à terre
pour prier pour ceux qui nous ont quittés
brusquement.
Sous un autre registre, le processus
d’identification des corps vient d’être bouclé. Et
le rapport sera transmis bientôt (par voie
diplomatique) au Togo.
Sylvestre D. |
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