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Législatives 2007 : Les opérations de simulation
repoussées à leur tour |
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Initialement prévues pour les 8 et 9 juin
2007, les séances de simulation qui remplacent au pied
levé le démarrage du vrai recensement électoral sont à
nouveau reportées… à une date ultérieure. Sans précision.
C’est la teneur d’un communiqué de la Commission
électorale nationale indépendante (CENI) qui joint ce
dernier forfait aux cérémonies d’hommage national, ce
jour, aux illustres disparus du crash d’hélicoptère en
Sierra Leone. |
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Néanmoins, une source proche de l’institution
confirme la formation hier dans les locaux de la
CENI des Commissions locales (CELI) de Lomé Commune
et Golfe, conformément au chronogramme de simulation
du recensement remis aux partis politiques au cours
de la rencontre du mardi dernier. En l’absence des
Comités de listes et cartes (CLC) non encore
disponibles. Dans la foulée, un autre communiqué
précise que les partis politiques ont jusqu’à ce
vendredi pour fournir la liste de leurs
représentants dans les CLC.
Selon la même source, seules deux des sept parties
concernées signataires de l’APG (partis politiques
et gouvernement) ont pu répondre au cri d’alerte de
la CENI. «…pour doter les centres de recensement
en personnel conformément à l’APG et au mode de
recensement électoral retenu, la CENI a demandé aux
partis politiques signataires de l’APG de lui
communiquer au plus tard le 29 mai 2007 les noms de
leurs représentants dans les Comités de listes et
cartes. Le gouvernement, quant à lui, devait
communiquer les noms des personnes ressources devant
aider les CLC. A ce jour, aucun parti politique n’a
déposé de liste conforme aux spécifications de la
CENI. Il en est de même pour le gouvernement»,
précisait en début de semaine le rapporteur général
adjoint de la CENI, Hervé Johnson. Avant d’ajouter
que cette situation bouleverse sérieusement le plan
de formation des membres des CLC et des personnes
ressources par la CENI, «plan qui s’avère
fondamental pour la réalisation du chronogramme du
recensement électoral».
Rappelons que le démarrage effectif de l’enrôlement
des personnes en âge de voter a été reporté à une
date jusqu’ici inconnue parce que les partis
politiques n’ont pas pu envoyer à temps les noms des
membres des CLC, selon l’institution chargée de
l’organisation et de la supervision des prochaines
législatives qui ne souffrent plus d’handicap
financier. Mieux, parce que le CENI elle-même n’a
jamais été prête compte tenu des exigences
incontournables, selon des confidences politiques.
A première vue, la CENI veut s’inscrire et inscrire
les populations dans le contexte réel imagé des
opérations de recensement. Ce qui suppose que les
partis politiques (qui ont l’outrecuidance de
minimiser la formation de leurs adeptes), la société
civile adroite (qui doit jouer le vrai arbitre et le
contre poids des forces politiques qui n’ont que
rien de différent), les médias (souvent fiers de se
refuser délibérément ce qui change), les groupes de
pression, …doivent pouvoir drainer vers les centres
choisis la foule des grands jours. Pour valablement
disposer au moment voulu des arguments fiables d’un
«processus raté». Chanter en chœur le
non-renouvellement des élections sanglantes est à ce
prix.
K.
Tchamdja |
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Rencontre avec les partis politiques : La CENI
répond aux questions essentielles |
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C’est à un véritable jeu de
questions - réponses que se sont livrés le lundi
dernier les membres de la CENI et les différents
partis politiques dans le cadre des préparatifs du
scrutin législatif. Au finish, aucun des deux camps
n’a pu être convaincu par l’autre. Tout en ne
voulant l’affirmer directement, l’équipe de Potopéré
Tozim veut croire que le report du recensement prévu
pour démarrer ce vendredi est imputable au premier
degré à l’incapacité temporaire des partis concernés
d’alimenter les Comités de listes et cartes dont la
mise en place reste après la composition des CELI
l’autre étape essentielle du parcours vers le
renouvellement de l’hémicycle. Pour avoir une idée
des idées partagées, nous transcrivons quelques
propos des uns et des autres. |
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La date du recensement influe-t-elle sur la date du
scrutin ?
Potopéré Tozim–
Je crois que cet après-midi, nous parlons d’une
étape qui est le recensement. Vous devez nous
permettre de commencer le recensement et nous allons
tirer les conséquences qui s’imposent pour le pays.
Lorsque nous vous avions remis le chronogramme, il
n’a concerné que uniquement le recensement
électoral. La CENI savait pourquoi elle l’avait
fait. C’était un test pour vous pour voir comment
vous nous accompagnez dans le processus. Et
aujourd’hui, tout le monde se rend compte de
l’accompagnement que les partis politiques font à la
CENI.
Certains, tout étant à la CENI, dénoncent la
nomination des présidents des CELI par la CENI.
Comment en est-on arrivé là ?
Potopéré Tozim–
C’est vrai, la CENI a eu une longue correspondance
qui a créé une polémique en son sein mais nous avons
toujours gardé le sang froid et nous n’avons jamais
paniqué. On n’a pas du tout refusé de répondre, nous
sommes en train de chercher une réponse qui requiert
l’assentiment. Si on devait répondre tel que perçu,
ça ferait des chocs et nous allons rater notre
mission d’organiser des élections paisibles. Je
tiens à préciser qu’à ce jour la CENI a nommé
uniquement les membres des CELI. En ce qui concerne
la nomination des présidents des CELI, le projet de
décret est en cours de préparation. Il sera achevé
d’ici quelques heures, nous allons le discuter en
plénière avant de l’envoyer au gouvernement pour que
le décret soit pris. Donc, lorsque les gens nous
parlent de la nomination des présidents des CELI, je
ne sais à quel moment ils ont trouvé un décret déjà
publié ou c’est la seule volonté du président qui
nomme les présidents. Je crois qu’au niveau des
magistrats, nous avons bien mis magistrats tout
simplement et non qu’ils sont présidents. C’est
après les installations, quand nous sommes revenus,
qu’on a fait le point et nous sommes en train de
préparer le projet de décret de nomination. Ce
décret sera rendu public pour tous les Togolais
Maintenant que vous nous avez exclus des CELI et CLC,
comment s’opposer des non signataires de l’APG en
cas de différend ?
La CENI est impuissante à régler cette histoire
lorsque les troubles vont opposer les partis
politiques qui ne sont pas représentés dans les
centres de recensement ni dans les bureaux de vote.
Ça nous fait mal mais c’est une décision de la
classe politique que nous ne pouvons pas changer. A
moins que vous demandez à la CENI de reconvoquer un
autre dialogue où des nouvelles décisions se
prennent. Pour ceux qui ne sont pas représentés, ils
peuvent lire le code électoral sur les étapes du
processus.
Expliquez-nous pourquoi certains partis politiques
continuent d’utiliser les moyens de l’Etat au
détriment des autres ?
Potopéré Tozim–
C’est une information que nous venons d’apprendre.
Certains partis nous ont même déjà écrit en citant
des cas précis des pressions faites sur leurs
militants. Nous sommes entrés en contact avec les
institutions qui pourront nous aider, la CNDH par
exemple. Donc si vous avez des problèmes précis,
vous nous les signalez et nous saurons comment vous
accompagner pour qu’une solution efficace soit
trouvée en vue d’élections paisibles. Des élections
paisibles, ce n’est pas l’affaire de la seule CENI.
Combien de temps faut-il pour réaliser les travaux
de réfection des sièges des CELI ?
Potopéré Tozim–
Je crois qu’il n’y a aucun problème à ce niveau
parce que c’est une tôle ou une fenêtre à remplacer
par-ci par-là, parfois ce sont des climatiseurs à
placer ; le PNUD les a déjà commandé et il suffit
qu’ils soient livrés dans le délai.
La CENI possède-t-elle les garanties d’un scrutin
transparent ?
Potopéré Tozim–
Nous ne pouvons pas dire que nous avons les
garanties. Tous les Togolais doivent chercher les
garanties pour un scrutin transparent. Lorsque nous
voulons parler de transparence, nous regardons plus
les partis politiques qui doivent envoyer leurs
représentants dans les centres de recensement.
Qu’ils fassent des efforts sinon impossibles pour
être à tous les niveaux, à toutes les structures qui
organisent les élections. C’est ça la transparence.
La garantie est donc chez vous. Est-ce que vous êtes
prêts à nous la donner ?
Qu’en est-il des difficultés financières ?
Potopéré Tozim–
Le plus gros lot du budget est soutenu par les
partenaires. Et ce matin a eu lieu la signature de
ce projet. Aujourd’hui, tous les partenaires se sont
mis d’accord pour financer les élections. Le Togo ne
donne que cinq milliards et il a même déjà apporté
plus de la moitié.
Il paraît que l’encre pour le vote est déjà
contestée.
Potopéré Tozim–
Je n’en parle pas du tout étant entendu que l’encre
n’est même pas commandée. Nous le ferons dans la
phase du scrutin. Aujourd’hui nous ne discutons que
des opérations qui concernent le recensement. Tant
que l’encre n’est pas commandée, on ne peut pas dire
qu’elle indélébile ou pas. Il faut la commander, la
tester.
Donnez-nous des détails sur les informations de vol
des kits d’enregistrement.
Codjo Delava (sous-commission de la Logistique)–
La procédure de contrôle a concerné trois mille kits
et personne ne peut à lui seul rester à vérifier de
1 à 3000, compte tenu des différentes composantes
qu’il y a dans chaque kit. D’ailleurs, ce travail a
commencé à Kinshasa depuis le mois de février. Sinon
peut-être que nous serions encore à Kinshasa en
train de contrôler les kits jusqu’à aujourd’hui.
Nous en sommes allés prendre ce travail en cours et
nous avions supervisé la partie qui était en cours
de vérification à notre arrivée à Kinshasa.
Maintenant, au cours des reconditionnements, on
ouvre, on recontrôle et on revérifie. En ce moment,
on a constaté que dans 3 valises sur 3000 les PC
manquaient. 3 sur 3000, c’est tout à fait
négligeable et ça n’a aucune influence sur la
conduite du recensement.
Au cours de cette vérification ici, à Lomé, il a été
constaté également que 30 à 40 batteries internes
(petites boîtes noires encochées sur le plateau de
l’ordinateur) manquaient. Mais là encore, ça ne fait
pas en cause la conduite de l’opération.
(…) Tout ceci fait que les kits que nous avons à
présent sont tout à fait fiables pour conduire
l’opération et, du reste, dans la stratégie qui a
été adoptée à la CENI, il a été retenu de faire le
recensement en deux zones. Chaque circonscription
électorale c’est-à-dire la préfecture est divisée en
deux zones de manière à ce que à ce qu’on puisse
déployer le maximum de kits pour le recensement dans
une première zone pendant une durée donnée de
semaines, et puis on passe à la deuxième zone. Ce
qui permet d’utiliser de manière optimum le nombre
de kits disponibles. Ceci ne met nullement en cause
la conduite de l’opération de recensement.
Maintenant, ce qui est l’handicap à l’heure
actuelle, c’est la non disponibilité des CLC et un
certain nombre de problèmes logistiques, matériels
et parfois financiers.
James Amaglo (vice-président)–
Il n’y a pas possibilité d’entrer enlever des
batteries sur des PC. L’entrepôt est suffisamment
gardé. C’est sur les 500 kits qui n’ont pas eu de
label de vérification qui ont pu offrir ce flanc à
des PC et autres qui manquent parce que en RDC on a
vu la fonctionnalité du kit avant de le mettre dans
la malle et l’embarquer.
Exploitation de fer de Bandjeli : Des experts et
actionnaires à Lomé
Une délégation d’une dizaine d’experts des chemins
de fer, des mines et des actionnaires venue d’Arabie
Saoudite séjourne depuis deux semaines à Lomé. Ils
sont arrivés pour le compte de la société MM Mining
SA qui avait signé le 7 août, avec le gouvernement,
une convention d’investissement de 20 milliards de
FCFA pour la mise en œuvre d’une société
d’exploitation, de transformation (semi) et de
commercialisation du minerai de fer, de manganèse,
de bauxite, de chromite et de leurs métaux connexes.
Cette convention concerne les minerais de fer de
Bassar, de manganèse de Naéga (dans le Tône), de
bauxite du Mont Agou et du chromite de Farendè (dans
le Kozah) et du Mont Ayito dans le Haho.
Ces experts ont visité les sites afin d’évaluer la
teneur en fer des sous-sols et passer au peigne fin
les lignes de chemin de fer qui devront transporter
les productions.
Annoncés pour débuter en janvier dernier, les
travaux d’exploitation ont pris du retard à cause
de certaines difficultés techniques et juridiques.
Pour se conformer aux statuts, la société MM
Investissement a procédé, le 11 décembre dernier, à
des modifications de ses structures. Aux termes d’un
acte notarié, les principaux actionnaires de la
société MM International Ltd ont cédé entièrement
leurs actions à la société MM Investment domicilié à
Nassau, au Bahamas. Du coup, le capital de la
nouvelle société est passé de 1,5 million à 1,5
milliard de FCFA et change de statut. Elle passe
d’une société à responsabilité limitée (Sarl) à une
société anonyme unipersonnelle et devient MM Mining SA.
Son siège est transféré du grand marché à la Cité
OUA.
Ce projet devra générer près de 2.500 d’emplois et
développer les infrastructures ferroviaires,
routières et énergétiques. Pour son démarrage, de
nombreux forages d’eau, des pistes et de routes
desservant les gisements et des lignes de chemin de
fer devant relier Blitta à Bandjeli (plus de 100 Km)
seront construits. Les capacités énergétiques
actuelles de la région seront aussi renforcées pour
permettre à l’usine qui sera installée de tourner
sans difficultés. Par ailleurs, des équipements
sociaux (écoles, dispensaires, projets générateurs
de revenus) seront également réalisés par le
promoteur au profit des populations riveraines. Les
retombées directes de cette convention pour l’Etat
concernent une redevance comprise entre 1% et 3% de
la valeur marchande des exploitations et jusqu’à 37%
sur les bénéfices des ventes.
Late Pater |
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Note de lecture : Les
bienveillantes de Jonathan Littell |
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Voici un roman épouvantable qui relate dans le
détail ce qu’on savait d’une manière vague des
atrocités nazies en Allemagne et dans les pays de
l’Europe de l’Est, notamment ce qu’était cette
guerre dans l’Union Soviétique. Pour les
statistiques, la guerre à l’Est a fait 20 millions
de morts soviétiques, 3 millions de morts allemands,
et 5,1 millions de morts juifs. |
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La littérature sur la guerre, le génocide des juifs
et des tziganes, les massacres des handicapés
mentaux, abonde énormément, même si tout n’a pas été
dit, et que la plupart du temps, ce sont les
victimes ou leurs descendants, ou des historiens qui
écrivent pour témoigner de ces périodes les plus
troubles de l’histoire de l’humanité.
Cette fois-ci, l’écrivain américain Jonathan Littel
fait la prouesse en donnant la parole à un bourreau
: «frères humains, laissez-moi vous raconter
comment ça s’est passé», dit l’officier SS, qui
relate au détail près les horreurs de cette absurde
guerre née de la seule imagination névrotique de
Hitler. Un récit romancé certes, mais pour lequel
l’auteur est parti farfouiller dans les archives
allemandes pour se rendre compte des réalités, les
Allemands, c’est connu, ont la manie de tout noter.
Le récit expose l’humanité des bourreaux, leurs
sentiments, leurs peurs; comment au front, les
soldats tuaient les Juifs sans comprendre pourquoi
il fallait tuer (ce qui montre que la haine du juif
n’était pas bien partagée) ; comment les
psychopathes au pouvoir à Berlin sont arrivés à
faire de gens normaux, intellectuels ou pas, mais
bien élevés et bien éduqués, des serial killers ;
comment les soldats emprisonnés par le général hiver
ukrainien, mourraient de froid le cerveau gelé dans
le casque, le commandement et les soldats devenus
cinglés à cause des choses immondes qu’on leur
faisait faire ; comment, individuellement, les
Allemands en sont arrivés à ce stade à être partie,
en conscience, d’une machine monstre chargée
d’éliminer tout un peuple, sans avoir eu à protester
ou refuser. Ce qui montre par ailleurs que cela peut
arriver à n’importe quel homme, à n’importe quel
peuple.
Les bienveillantes
constituent une formidable prouesse romanesque qui
nous retourne les tripes et nous amène à nous
interroger sur l’histoire telle qu’elle est racontée
quand toute la technique moderne se base sur l’usage
des statistiques pour frapper l’esprit. «La
télévision nous assène des chiffres, des chiffres
impressionnants, en alignant des zéros; mais qui
d’entre vous s’arrête parfois pour penser réellement
à ces chiffres? Lequel d’entre vous a même jamais
tenté de compter ceux qu’il connaît ou a connus dans
sa vie, et de comparer ces fameux six millions
(morts juifs, NDRL), ou vingt millions
(morts soviétiques, NDRL)», dit le narrateur en
guise d’introduction, comme pour nous rappeler les
oublis trop faciles de l’histoire.
Il vient rappeler à notre mémoire, l’oubli facile
que l’on fait souvent des morts et des horreurs de
l’histoire. C’est la première œuvre littéraire de
Littell, écrite en français, qui tient d’Eschyle, de
Vie et Destin de Vassili Grossman, des
Damnés de Visconti, mais aussi du
Don paisible de Cholokhov. Les
bienveillantes révèlent le talent d’un grand
écrivain dont on attend encore qu’il nous fasse plus
de plaisir.
Les Bienveillantes,
Jonathan Littell
914 pages, Gallimard, 2006, 25 euro
Tony Féda |
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