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Refonte des textes à la FTF : La FTF harmonise ses
statuts dans la confusion |
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Les membres de la Fédération togolaise de football
ont procédé mardi à la refonte des statuts de leur
association comme l'avaient demandé la FIFA et la
Caf dans leur feuille de route de novembre2006.
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Les nouveaux textes votés consacrent la mise en
application des réformes demandées par la Fifa et contenus
dans les statuts standard. Le Bureau Exécutif comprend 12
membres : 01 président, 02 vice-présidents et 09 membres.
Autres grands changements, les nouveaux textes instituent
13 commissions permanentes dont les présidents et les
vice-présidents sont des membre du B.E.
L'alignement des nouveaux statuts sur les
statuts standard ne fut pourtant pas facile pour les
congressistes qui, d'entrée de jeu, se sont heurtés à
l'entêtement de Gerson Dobou ( un des membres de la
Commission chargée de l'élaboration des statuts et
règlements intérieurs qui venait de prendre le relais
Walla Bernard, un autre membre de cette commission désigné
par Tata Avlessi pour diriger les travaux) à conserver
l'essentiel de ce que la commission a produit comme textes
en invoquant une parade toute trouvée : " La Fifa demande
à ce que chaque membre tienne compte de ses réalités dans
l'élaboration de ses textes ".
Il a fallu des discussions houleuses et un vote sur
l'article 23 relatif aux compétences du congrès pour que
le bureau ne se résolve à accepter de revenir
véritablement aux principes édictés par les statuts
standard.
Désormais et contrairement à ce que souhaite Tata Avlessi,
tous les membres du Bureau Exécutif sont élus. Dans le
même sillage, les discussions sur l'article 81 des
statuts, relatif aux dispositions transitoires ont été
très âpres. Car il s'agissait de déterminer le sort qui
est réservé au B.E. actuel. Contrairement au projet de
statuts qui ne comportait pas cette disposition, le projet
définitif disposait en son article 81 que : " Toutes les
dispositions des statuts du 29 janvier 1994 relative à la
composition, l'élection et au fonctionnement du B.E.
restent toujours en vigueur jusqu'à la fin du mandat du
B.E. issu des élections du congrès du 09 janvier 2007 ".
On l'aurait compris, les membres du B.E. avaient
l'obsession de sauver leur poste. Mais le congrès étant
souverain, les débats ont finalement conduit à un
compromis qui consiste à demander à la Fifa de régler le
sort de l'actuel B.E face aux nouveaux textes qui doivent
entrer en vigueur dans les 60 jours.
Par ailleurs, les congressistes n'ont pas réussi à voter
tous les textes mis à leurs dispositions. C'est le cas des
règlements généraux, des règlements d'application du
congrès et des règlements financiers. Aucune date n'a été
fixée pour leur adoption.
Sur un tout autre plan, plusieurs congressistes ont évoqué
les exceptions de nullité qui entachent le vote des
nouveaux statuts. Il s'agit du non-respect des délais de
convocation du congrès extraordinaire statutaire, de
l'absence de quitus de la Fifa pour le vote des textes et
de l'absence de caution institutionnelle comme celle de la
Fifa ou de la Caf. Ces vices de procédure pourront
conduire à l'annulation des travaux si ils sont évoqués
devant la Fifa. Certains congressistes ont d'ailleurs
exigé qu'il soit mentionné au procès verbal leur réserve
sur ces manquements.
Gilles Vévey
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Fin de la polémique : Rawlings chez Faure |
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L’ancien
Président ghanéen, John Jerry Rawlings, a effectué
une visite de courtoisie hier jeudi à son jeune
collègue du Togo Faure Gnassingbé. Les deux hommes
se sont longuement entretenus et ont fait le tour
d’horizon des relations entre leur pays respectif et
des problèmes essentiels qui minent leurs peuples.
Accompagné de son épouse, Nana Agyema Rawlings, de
son ancien ministre des Affaires étrangères faisant
office de conseiller, Victor Gbeho, et de
l’ambassadeur du Togo au Ghana, son Excellence
Jean-Pierre Gbikpi, le Président du Forum des
anciens Chefs d’Etat a qualifié cet entretien de
fructueux et a apporté son soutien à son jeune frère
pour les refontes démocratiques qu’il opère dans
notre pays. |
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Pour
Monsieur Rawlings, l’ouverture démocratique ayant
abouti à la signature de l’Accord Politique Global (APG)
est un signe fort d’apaisement du climat social sans
lequel aucun développement n’est possible. Il a
ensuite rassuré le Président Faure de sa
disponibilité à œuvrer, dans la mesure de ses
possibilités, au renforcement de l’amitié entre les
peuples ghanéens et togolais. Aussi a-t-il souhaité
que des efforts soient effectués davantage pour
renforcer le nouveau dynamisme enclenché par le
dialogue et la concertation.
Cette visite de courtoisie doit mettre fin aux
spéculations entretenues par des esprits malins qui
passaient des propos au président Rawlings. Selon
eux, ce dernier serait fâché contre le Président
Faure à cause d’un pseudo déficit démocratique. Loin
de nous l’idée d’activer une certaine polémique,
nous nous félicitons des rencontres du genre pour le
renforcement de l’amitié entre les peuples. Ce cadre
d’échange est une initiative à encourager du moment
où il permet aux dirigeants de chercher des
approches de solutions aux problèmes quotidiens de
leurs gouvernés.
Il faut rappeler que depuis son arrivée au pouvoir,
le Président Faure Gnassingbé a fait des relations
avec ses voisins une priorité. On se souvient de ses
nombreux déplacements auprès de ses pairs Blaise
Compaoré du Burkina Faso, Yayi Boni du Bénin et John
Kuffour du Ghana.
K.
Tchamdja
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Sur insistance de l’opposition : Le Parlement renouvelle
la Cour constitutionnelle |
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Au mépris de l’Accord politique global, l’opposition n’a
de cesse crié à la réforme de la Cour constitutionnelle
avant les législatives. L’Union des forces de changement
dit en être le seul parti à l’imposer aux discussions
contre tous. Faure Gnassingbé a accepté de se plier. L’Assemblée
nationale vient d’élire ses six membres. |
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On l’attendait au cours de la prochaine législature,
selon les propres termes de l’Accord politique
global. C’est-à-dire lorsque l’opposition aura
participé au scrutin législatif prochain, et aura
décroché quelques sièges, afin de faire du Parlement
un regroupement plus ou moins multicolore et
représentatif. Mais la gueule de l’opposition aura
poussé le bouchon trop loin. L’Assemblée nationale,
qu’on traite de «monocolore» et «non
favorable» à un Etat démocratique, avait
finalement la lourde tâche de désigner, hier, les
nouveaux membres de la Cour constitutionnelle. Du
moins les six membres qu’il lui revenait d’élire de
droit. Et à la demande expresse de l’opposition.
D’après la loi fondamentale, la Cour
constitutionnelle est composée de neuf membres :
trois sont désignés par le président de la
République dont un en raison de ses compétences
juridiques, trois sont élus par l’Assemblée
Nationale à la majorité des deux tiers (2/3) de ses
membres. Ils doivent être choisis en dehors des
députés. L’un d’entre eux doit être désigné en
raison de ses compétences juridiques. Et enfin,
trois sont élus par le Sénat, dans les mêmes
conditions qu’à l’Assemblée nationale. En l’absence
du Sénat –qui est la Chambre haute–, l’Assemblée
nationale (la Chambre basse) cumule les deux rôles.
Ce qui l’amène à élire six membres de la Cour
constitutionnelle. L’on attend plus que les trois
membres restants soient désignés par le chef de
l’Etat.
La logique respectée
En raison des critiques souvent essuyées par la Cour
constitutionnelle –qui statue en dernier lieu sur
les résultats des différents scrutins–, les
politiques se sont accordés en août 2005 à Ouaga de
remettre sa réforme à la prochaine législature
supposée être plus représentative de plusieurs
courants. Piqués plus tard au vif, certains partis
politiques, dont l’Union des forces de changement
(UFC) de Gilchrist Olympio en tête, se sont mis à
exiger cette réforme avant les législatives. Sous la
pression, le médiateur Blaise Compaoré a dû céder et
demander à Faure Gnassingbé de faire un geste. Une
exigence réitérée lors de la dernière session du
Comité de suivi qui voudrait se faire le point
complet et détaillé lors de la prochaine rencontre.
Le geste est fait : sur les six nouveaux membres
élus par l’Assemblée nationale, la moitié (3) siège
déjà à la Cour constitutionnelle. Il s’agit des
éminents Maman-Sani Aboudou-Salami, Kouami
Amados-Djoko et Aboudou Assouma, qui ont recueilli
respectivement 73, 71 et 74 voix sur 79 votants à
bulletin secret. La preuve que ces barons ont la
cote de popularité presque intacte au sein du
pouvoir. Les trois nouveaux membres sont Mipamb
Nahm-Tchougli (CNDH), Arégba Polo (magistrat à la
retraite) et Koffi Tagbé (magistrat à la Cour
d’appel de Lomé), avec 69, 72 et 70 voix,
surclassant à eux six les 31 postulants dont 9
femmes. Par ailleurs, rien n’empêche que le chef de
l’Etat, en nommant prochainement les trois membres
restants, pourra ramener Atsou Koffi Améga.
La Cour Constitutionnelle, selon l’article 104 de la
loi fondamentale, «juge de la régularité des
consultations référendaires, des élections
présidentielles, législatives et sénatoriales. Elle
statue sur le contentieux de ces consultations et
élections». En dernier ressort. Et c’est là où
ses membres sont qualifiés de tous les adjectifs.
Reste aux nouveaux membres de la Cour
constitutionnelle, par leur appréciation des
résultats des prochaines législatives, de démontrer
qu’ils ont été effectivement «réformés».
Qu’ils ont changé par rapport à ce qu’on leur a
toujours reproché. Autrement, il faudra attendre la
fin de leur mandat, dans 7 ans, et après la
prochaine présidentielle, pour leur trouver des
remplaçants.
Pater
Late
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Sur demande de la Présidence : L’Assemblée
nationale se remet aux pas |
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Nonobstant l’absence de motivation et de directives
particulières (ce qui a réveillé la curiosité de
certains élus à en savoir plus), le parlement
togolais a repassé à une seconde lecture entière des
deux propositions de loi organique déterminant le
statut des anciens présidents de l’Assemblée et des
anciens députés lors de sa quatrième session
ordinaire du 18 mai dernier. |
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Aux termes des nouvelles dispositions (article 2),
est considéré comme ancien président de l’Assemblée
nationale tout député élu président de l’Assemblée
nationale qui finit son mandat, démissionne de la
présidence, décède en cours de mandat, ou cesse
définitivement d’exercer la fonction de président
pour toute autre cause. Pour la commission des lois
constitutionnelles et de la législation de
l’administration générale, la formule supprimée
«est destitué de la présidence» est
implicitement contenue dans la dernière condition de
l’article 2 susvisé. Ici, on ne veut pas conclure,
pour confirmer certains commentaires, que la
modification est dirigée contre l’honorable Fambaré
Natchaba.
L’alinéa 2 de l’article 5 reprécise que «la rente
viagère de l’ancien président de l’Assemblée
nationale est revalorisée dans la même
proportion en cas de relèvement de l’indemnité du
président de l’Assemblée nationale en fonction».
Tandis que la nouvelle version de l’article 7
supprime l’expression «à lui confiée par le
gouvernement». Désormais, lors des déplacements
effectués dans le cadre d’une mission d’Etat,
l’ancien président de l’Assemblée nationale
bénéficie du même titre de transport et des mêmes
frais de séjour qu’un ministre d’Etat.
Rappelons qu’il est cité au rang des avantages
l’allocation d’une rente viagère, les privilèges
honorifiques, l’immunité, le personnel de sécurité,
les gens de service, le passeport diplomatique à
lui-même ainsi qu’à son conjoint et à ses enfants
mineurs… Une rente viagère mensuelle est allouée à
l’ancien président trois mois après la cessation de
ses fonctions.
Trente-quatre articles gouvernent définitivement le
statut des anciens députés. Visiblement, pas de
grands changements, si ce n’est qu’une affaire de
formule et de nombre : «aux anciens députés»
à la place de «au député», «l’ancien
député» au lieu de «le député», remplacer
«du député à la retraite» par «de l’ancien
député», «à la» à la place de «aux».
Selon le texte de l’article 29, les ressources de
l’organisme chargé de la liquidation de la pension
de retraite parlementaire sont les retenues opérées
sur l’indemnité parlementaire, une subvention de
l’Etat inscrite au budget de l’Assemblée égale au
tiers (1/3) de l’indemnité parlementaire, les
intérêts sur placement du produit des cotisations,
les dons et legs, …
Avant toute jouissance, l’ancien député devra
bénéficier de ses indemnités parlementaires
traditionnelles pendant 3 mois, après la date de
prise de fonction de la nouvelle Assemblée. A
l’exception des anciens présidents, la loi sur les
anciens députés ne concerne que ceux de la troisième
législature (issue des législatives d’octobre 2002)
et les législatures à venir. Il reste que Faure
Gnassingbé accepte en l’état cette version relue.
Aux termes de l’article 67 de la loi fondamentale,
«le Président de la République promulgue les lois
dans les quinze (15) jours qui suivent la
transmission au Gouvernement de la loi
définitivement adoptée par l’Assemblée nationale ;
pendant ce délai, il peut demander une nouvelle
délibération de la loi ou de certains de ses
articles, la demande doit être motivée. La nouvelle
délibération ne peut être refusée».
Sylvestre D |
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Accusé Chirac, levez-vous ! |
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Si d’une manière générale, les croyants pensent
qu’il y aura un Jugement dernier à la fin des Temps
pour juger des actes des hommes sur terre, les
politiciens, en tout cas les plus consciencieux
parmi eux, savent, selon les systèmes politiques,
qu’ils auront à répondre de leurs actes devant les
cours des tribunaux et plus sérieusement qu’ils
seront jugés devant le grand tribunal de l’Histoire.
C’est à partir de là que leur nom portera une honte
éternelle ou sera tissé de lauriers et cité en
exemple à la postérité. C’est à ce défi de vérité
que sont confrontés la plupart des hommes
politiques. |
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Jacques Chirac, qui vient de quitter l’Elysée à son
âme défendant, risque de demeurer de triste mémoire
dans la conscience collective des Français, comme
l’un des plus nuls et corrompus hommes d’Etat que
l’Hexagone ait jamais connus. Car, il semble que la
Vème République, fondée en 1958 par le
général Charles de Gaule, n’a jamais connu un
président aussi pourri et nul, dont le passage à la
présidence pendant 12 ans, un septennat et un
quinquennat, aura laissé la France dans un état plus
détestable qu’elle ne l’était après le départ de
François Mitterrand (1981-1995).
C’est ce que laisse croire Denis Jeambar dans un
libellé «Accusé Chirac, levez-vous» (Editions
du Seuil, 2005), un réquisitoire au vitriol en sept
attendus dont la virulence n’égale que la vacuité
retentissante de l’action politique d’un homme qui
aura marqué sa présence sur le théâtre politique
pendant plus de 42 années, de coups fourrés et de
scandales en tous genres mais d’absence de résultat.
Le livre paru en 2005, soit deux années avant la fin
du mandat de Chirac, est un procès qu’instruit
l’auteur, Directeur de la rédaction et célèbre
éditorialiste de l’hebdomadaire L’Express,
sur le lourd passif que le Président Chirac laisse
en héritage aux Français : un taux de chômage élevé
(près de 4 millions d’âmes), une société peu
dynamique et léthargique, incapable de se réformer,
avec une fracture sociale élevée, un Etat lourdement
endetté, une diplomatie claudicante entraînant la
fin du rayonnement d’une France isolée au sein de
l’Union Européenne, des institutions politiques
fragilisées dont la présidence éclaboussée par des
scandales de corruption. On admet que les hommes
politiques volent et mentent, le problème c’est que
Chirac ment et vole tout le temps.
La politique française en Côte d’Ivoire aura montré
que l’ex-colonisateur est également en déclin dans
son pré carré et qu’il n’y aura plus de sommets
franco-africains.
Le tableau noir de cette décadence de la France
justifie la virulence des propos de l’auteur, écrits
dans un style journalistique puissant et qui donne
le tournis en ce qui concerne l’itinéraire politique
horrifique d’un excellent illusionniste qui a réussi
à faire miroiter un avenir meilleur à ses
concitoyens, en leur faisant croire qu’il était le
mieux placé pour réussir les réformes
indispensables. Chirac a réussi un tour impossible
dans un pays démocratique de rouler ses concitoyens
dans la farine.
Au demeurant, la personnalité même de Chirac aura
suscité beaucoup d’ouvrages de qualité qui le
dépeignent comme un corrompu et un incapable,
tactiquement doué pour nuire à ses adversaires
politiques, adepte de coups fourrés, requins aux
dents longues parvenu au cœur du pouvoir et dont la
seule ambition est d’être un président de France
tout en manquant d’ambitions pour son pays. Henri
Deligny, mettait en garde déjà les Français en 1977
quand il a fait paraître Chirac ou la fringale du
pouvoir (ouvragé réédité en 2002, sous le titre de
Chirac ? On vous avait prévenus, (Editions
Syllepse) et Philipe Madelin l’égratignait dans une
biographie titrée Chirac (Flammarion 2002).
Pourquoi la politique
Le livre de Denis Jeambar constitue un excellent
ouvrage qui suscite la question de savoir comment un
homme politique de cet acabit a-t-il pu durer autant
au sein de l’appareil politique sans avoir jamais pu
se présenter devant Dame Thémis et de réussir le
tour de passe-passe de se faire réélire pour un
second mandat. Il a le mérite de rappeler des
évidences connues depuis Aristote sur le pourquoi de
la politique. «Les entreprises dont les objectifs
ne sont pas au service du but spécifique du
politique tournent vite au romantisme de l’action
pour l’action ; le héros peut y trouver une griserie
personnelle, mais son œuvre reste en général sans
lendemain», dit Julien Freund en guise de
définition dans son ouvrage Qu’est-ce que la
politique ? Voilà une citation que devraient
méditer les dirigeants africains et tous les
assoiffés de pouvoir.
Le chapitre concernant le rayonnement de la France,
où l’auteur critique la politique moyen-orientale de
Chirac, notamment sa position contre George W. Bush
dans la guerre d’Irak, laisse à penser que chez
l’auteur les sentiments pro-américains ont pris le
pas sur la nécessaire analyse objective de la
situation politique du Moyen-Orient. Malgré une
présidence négative, il reste que le combat de
Chirac contre l’hyperpuissance américaine et pour un
monde bipolaire est à saluer.
Mais, quant à la fin du rayonnement de la France, au
lieu de l’attribuer à Chirac seul, ne faut-il pas
convenir que ce pays est entré en déclin depuis la
fin de la Seconde guerre mondiale, dégringolade que
n’est pas arrivée à éradiquer la possession de
l’arme atomique ni la main basse sur les ex-colonies
d’Afrique ?
Autant dire la vérité toute suite : le déclin de la
France se trouve plutôt dans le manque de dynamisme
d’une société arc-boutée sur ses acquis sociaux et
qui refuse, à travers ses syndicats conservateurs,
de faire des réformes sociales et économiques
adéquates dans un environnement en pleine
mondialisation. Si Chirac est coupable de manquer
d’ambition et d’abdiquer sur les réformes promises,
le déclin de la France ne peut être imputé à lui
seul.
Comme dit De Gaule, «quand le style est fort, la
critique est inutile». Le livre de Jeambar est
un peu excessif, mais il faut le lire pour
comprendre que les hommes politiques ont de moins en
moins d’ambition pour leur pays.
Tony Féda
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Electricité : Léger mieux |
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Depuis quelques jours, la crise énergétique semble
avoir baissé de rythme. Cette amélioration dans la
fourniture de l’électricité est due à plusieurs
facteurs nouveaux. D’abord les dernières pluies qui
se sont abattues sur notre pays ont commencé à
porter leurs fruits. La barrage de Nagbéto, à sec
depuis des mois, a recommencé à tourner fournissant
16MW supplémentaires au Togo. Ces pluies qui ont
aussi apporté un peu de fraîcheur dans le pays ont
eu le mérite de réduire la demande des populations
en électricité. Permettant à la CEET de disposer
d’une petite réserve. |
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En plus des bienfaits de la pluie, la CEB a remis en
service ces jours-ci une turbine à Cotonou qui
produit 20MW mis à la disposition du Bénin. Cette
nouvelle source a permis au Togo de bénéficier d’un
plus dans le partage des importations de la CEB du
Ghana et du Nigeria. Et enfin on annonce le
redémarrage d’une autre turbine à Lomé apportant des
mégawatts complémentaires.
Ces nouvelles sources ont surtout permis à la CEET
d’appliquer depuis lundi, le nouveau calendrier de
délestage négocié par le ministre des Mines avec les
sociétés industrielles installées au Togo.
Depuis donc cette date, la fourniture de
l’électricité est prioritairement accordée aux zones
industrielles et administratives de 7h à 15h tous
les jours ouvrables. Les ménages divisés en deux
groupes pour les besoins de la cause par la CEET,
se contentent du reste du temps, notamment de 15h à
23h pour un premier groupe et de 23h à 7h pour le
second.
Une dernière raison, non moins importante, de ce
léger mieux, l’arrêt des activités à WACEM qui
consommait 16 MW par jour. Cette société a, en
effet, vu son site de production entièrement inondé
par les dernières pluies. Obligeant ses
responsables à observer une pause forcée, le temps
de mettre à sec l’usine. En attendant que ce
mastodonte revienne, sa part d’énergie est attribuée
à d’autres, écourtant sensiblement la durée
quotidienne du délestage.
Ce léger mieux pourrait durer quelques semaines
encore et même s’amplifier si la tendance
pluviométrique amorcée se poursuivait jusqu’en
juillet. « Si la saison pluvieuse est bonne,
d’ici juillet, il devra avoir une nette amélioration
dans la fourniture du courant », explique un
cadre de la CEET. Une équation à deux inconnus pour
les Togolais en tout cas. Faut-il prier pour une
abondance des pluies afin de mettre fin au délestage
et causant par la même occasion des inondations ? Ou
au mieux adopter le délestage et l’obscurité pour
éviter de se retrouver sans toit ? Il vaut mieux
laisser le choix à dame nature.
En attendant, la CEET doit gérer au quotidien ses
disponibilités et des dettes dues aux fournisseurs.
Déjà les pétroliers font grise mine et rechignent à
satisfaire les demandes en fuel de la compagnie
nationale qui leur doit 4,7 milliards de FCFA.
Acculé, le gouvernement a débloqué la semaine
dernière une enveloppe d’un milliard pour éponger
une partie de cette ardoise. Même si les sociétés
pétrolières ont accueillie favorablement ce geste,
elles s’inquiètent de cette situation qui pèse lourd
sur leur trésorerie. La CEET pourrait régler ces
dettes si ces charges n’étaient pas énormes
puisqu’elle fait des recettes mensuelles de près de
3,1 milliards de FCFA. A part les 2 milliards
qu’elle doit par mois à la CEB pour ses importations
d’énergie et ses charges d’exploitation et du
personnel, il devra en rester un peu de cette
bagatelle de 3 milliards… Sûrement qu’il existe
d’autres priorités.
K.
Tchamdja
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Zone franche : WACEM perd ses privilèges |
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Déjà dix ans que la société aux capitaux indiens,
West African Cement (WACEM) s’est établie dans la
zone franche togolaise. En 1997 en effet, ce groupe
indien avait racheté à l’Etat togolais les actifs
corporels de l’ancienne CIMAO. Il sollicite
aussitôt et obtient un prêt de 6 millions de dollars
de la SFI (l’aille financière de la Banque Mondiale)
et démarre la même année l’exploitation du calcaire
et la production du clinker. Cinq ans après, soit en
2002, WACEM porte sa production de calcaire à 1,35
million de tonnes et de clinker à 950.000 tonnes. |
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La
même année, contrainte par les règles de la zone
franche qui interdisent à la société productrice
d’un produit d’être encore celle qui le
commercialise sur le territoire douanier où elle est
installée, WACEM s’associe avec son concurrent
CIMTOGO pour créer FORTIA CEMENT avec un
investissement de plus de 22 milliards de FCFA. En
2005, WACEM a exporté environ 530.000 tonnes de
ciments contre 470.000 tonnes pour CIMTOGO, soit
une recette globale de 55 milliards.
Wacem qui avait bénéficié de nombreux avantages
fiscaux sous le régime de la zone franche est à la
fin de son parcours ce mois. Il ne pourra donc plus
profiter de l’exonération de l’impôt sur les
sociétés ; de la stabilisation du taux sur les
salaires à 2% contre 7% ; de l’exonération de tous
les droits et taxes à l’importation sur les
matières premières, matériels et équipements de
l’usine ; d’une réduction de 50% sur les droits et
taxes sur les véhicules utilitaires et enfin de
l’exonération de l’impôt sur les dividendes pour les
actionnaires étrangers. Sans oublier les tarifs
préférentiels et de facilité de raccordement en
matière de téléphone, de l’eau et de l’électricité.
En attendant de se conformer à ce nouveau régime
fiscal, Wacem est préoccupé par la reprise de ses
activités après des dégâts importants causés par les
dernières pluies. Qu'à
cela ne tienne, Togo Rail, filiale de WACEM est en
voie de construire une voie ferrée qui devra relier
Lomé au site de Diamond Cement Ghana Limited (DGCL)
sis à Aflao. Les travaux à réaliser sont situés sur
la jonction Tokoin et l’entrée du territoire
ghanéen. Ces travaux devront permettre la
réhabilitation de la ligne Lomé-Kpalimé comprise
entre le Château d’Eau de Tokoin et le carrefour
Totsi/Djidjolé et la construction d’une ligne ferrée
longue de 4563m, soit 1755m sur le territoire
togolais et 2808 m au Ghana pour un coût de 2,11
milliards. |
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