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L'Union

27 mai 2007

[ 73 : du 25 mai 2007  
Refonte des textes à la FTF : La FTF harmonise ses statuts dans la confusion

Les membres de la Fédération togolaise de football ont procédé mardi à la refonte des statuts de leur association  comme l'avaient demandé la FIFA et la Caf dans leur feuille de route de novembre2006.

Les nouveaux textes votés consacrent la mise en application des réformes demandées par la Fifa et contenus dans les statuts standard. Le Bureau Exécutif comprend 12 membres : 01 président, 02 vice-présidents et 09 membres. Autres grands changements, les nouveaux textes instituent 13 commissions permanentes dont les présidents et les vice-présidents sont des membre  du B.E.

            L'alignement des nouveaux statuts sur les statuts standard ne fut pourtant pas facile pour les congressistes qui, d'entrée de jeu, se sont heurtés à l'entêtement de Gerson Dobou ( un des membres de la Commission chargée de l'élaboration des statuts et règlements intérieurs qui venait de prendre le relais Walla Bernard, un autre membre de cette commission désigné par Tata Avlessi pour diriger les travaux) à conserver l'essentiel de ce que la commission a produit comme textes en invoquant une parade toute trouvée : " La Fifa demande à ce que chaque membre tienne compte de ses réalités dans l'élaboration de ses textes ".

 Il a fallu des discussions houleuses et un vote sur  l'article 23 relatif aux compétences du congrès pour que le bureau ne se résolve à accepter de revenir véritablement aux principes édictés par les statuts standard.

 Désormais et contrairement à ce que souhaite Tata Avlessi, tous les membres du Bureau Exécutif sont élus. Dans le même sillage, les discussions sur l'article 81 des statuts, relatif aux dispositions transitoires ont été très âpres.  Car il s'agissait de déterminer le sort qui est réservé au B.E. actuel. Contrairement au projet de statuts qui ne comportait pas cette disposition, le projet définitif disposait en son article 81 que : " Toutes les dispositions des statuts du 29 janvier 1994 relative à la composition, l'élection et au fonctionnement du B.E. restent toujours en vigueur jusqu'à la fin du mandat du B.E. issu des élections du congrès du 09 janvier 2007 ". On l'aurait compris, les membres du B.E. avaient l'obsession de sauver leur poste. Mais le congrès étant souverain, les débats ont finalement conduit à un compromis qui consiste à demander à la Fifa de régler le sort de l'actuel B.E face aux nouveaux textes qui doivent entrer en vigueur dans les 60 jours.

Par  ailleurs, les congressistes n'ont pas réussi à voter tous les textes mis à leurs dispositions. C'est le cas des règlements généraux, des règlements d'application du congrès et des règlements financiers. Aucune date n'a été fixée pour leur adoption.

Sur un tout autre plan, plusieurs congressistes ont évoqué les exceptions de nullité qui entachent le vote des nouveaux statuts. Il s'agit du non-respect des délais de convocation du congrès extraordinaire statutaire, de l'absence de quitus de la Fifa pour le vote des textes et de l'absence de caution institutionnelle comme celle de la Fifa ou de la Caf. Ces vices de procédure pourront conduire  à l'annulation des travaux si ils sont évoqués devant la Fifa. Certains congressistes ont d'ailleurs exigé qu'il soit mentionné au procès verbal leur réserve sur  ces manquements.

Gilles Vévey

Fin de la polémique : Rawlings chez Faure

L’ancien Président ghanéen, John Jerry Rawlings, a effectué une visite de courtoisie hier jeudi à son jeune collègue du Togo Faure Gnassingbé. Les deux hommes se sont longuement entretenus et ont fait le tour d’horizon des relations entre leur pays respectif et des problèmes essentiels qui minent leurs peuples. Accompagné de son épouse, Nana Agyema Rawlings, de son ancien ministre des Affaires étrangères faisant office de conseiller, Victor Gbeho, et de l’ambassadeur du Togo au Ghana, son Excellence Jean-Pierre Gbikpi, le Président du Forum des anciens Chefs d’Etat a qualifié cet entretien de fructueux et a apporté son soutien à son jeune frère pour les refontes démocratiques qu’il opère dans notre pays.

 Pour Monsieur Rawlings, l’ouverture démocratique ayant abouti à la signature de l’Accord Politique Global (APG) est un signe fort d’apaisement du climat social sans lequel aucun développement n’est possible. Il a ensuite rassuré le Président Faure de sa disponibilité à œuvrer, dans la mesure de ses possibilités, au renforcement de l’amitié entre les peuples ghanéens et togolais. Aussi a-t-il souhaité que des efforts soient effectués davantage pour renforcer le nouveau dynamisme enclenché par le dialogue et la concertation.

Cette visite de courtoisie doit mettre fin aux spéculations entretenues par des esprits malins qui passaient des propos au président Rawlings. Selon eux, ce dernier serait fâché contre le Président Faure à cause d’un pseudo déficit démocratique. Loin de nous l’idée d’activer une certaine polémique, nous nous félicitons des rencontres du genre pour le renforcement de l’amitié entre les peuples. Ce cadre d’échange est une initiative à encourager du moment où il permet aux dirigeants de chercher des approches de solutions aux problèmes quotidiens de leurs gouvernés.

Il faut rappeler que depuis son arrivée au pouvoir, le Président Faure Gnassingbé a fait des relations avec ses voisins une priorité. On se souvient de ses nombreux déplacements auprès de ses pairs Blaise Compaoré du Burkina Faso, Yayi Boni du Bénin et John Kuffour du Ghana.

K. Tchamdja

 
Sur insistance de l’opposition : Le Parlement renouvelle la Cour constitutionnelle
Au mépris de l’Accord politique global, l’opposition n’a de cesse crié à la réforme de la Cour constitutionnelle avant les législatives. L’Union des forces de changement dit en être le seul parti à l’imposer aux discussions contre tous. Faure Gnassingbé a accepté de se plier. L’Assemblée nationale vient d’élire ses six membres.

On l’attendait au cours de la prochaine législature, selon les propres termes de l’Accord politique global. C’est-à-dire lorsque l’opposition aura participé au scrutin législatif prochain, et aura décroché quelques sièges, afin de faire du Parlement un regroupement plus ou moins multicolore et représentatif. Mais la gueule de l’opposition aura poussé le bouchon trop loin. L’Assemblée nationale, qu’on traite de «monocolore» et «non favorable» à un Etat démocratique, avait finalement la lourde tâche de désigner, hier, les nouveaux membres de la Cour constitutionnelle. Du moins les six membres qu’il lui revenait d’élire de droit. Et à la demande expresse de l’opposition.

D’après la loi fondamentale, la Cour constitutionnelle est composée de neuf membres : trois sont désignés par le président de la République dont un en raison de ses compétences juridiques, trois sont élus par l’Assemblée Nationale à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres. Ils doivent être choisis en dehors des députés. L’un d’entre eux doit être désigné en raison de ses compétences juridiques. Et enfin, trois sont élus par le Sénat, dans les mêmes conditions qu’à l’Assemblée nationale. En l’absence du Sénat –qui est la Chambre haute–, l’Assemblée nationale (la Chambre basse) cumule les deux rôles. Ce qui l’amène à élire six membres de la Cour constitutionnelle. L’on attend plus que les trois membres restants soient désignés par le chef de l’Etat.

La logique respectée
En raison des critiques souvent essuyées par la Cour constitutionnelle –qui statue en dernier lieu sur les résultats des différents scrutins–, les politiques se sont accordés en août 2005 à Ouaga de remettre sa réforme à la prochaine législature supposée être plus représentative de plusieurs courants. Piqués plus tard au vif, certains partis politiques, dont l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio en tête, se sont mis à exiger cette réforme avant les législatives. Sous la pression, le médiateur Blaise Compaoré a dû céder et demander à Faure Gnassingbé de faire un geste. Une exigence réitérée lors de la dernière session du Comité de suivi qui voudrait se faire le point complet et détaillé lors de la prochaine rencontre.

Le geste est fait : sur les six nouveaux membres élus par l’Assemblée nationale, la moitié (3) siège déjà à la Cour constitutionnelle. Il s’agit des éminents Maman-Sani Aboudou-Salami, Kouami Amados-Djoko et Aboudou Assouma, qui ont recueilli respectivement 73, 71 et 74 voix sur 79 votants à bulletin secret. La preuve que ces barons ont la cote de popularité presque intacte au sein du pouvoir. Les trois nouveaux membres sont Mipamb Nahm-Tchougli (CNDH), Arégba Polo (magistrat à la retraite) et Koffi Tagbé (magistrat à la Cour d’appel de Lomé), avec 69, 72 et 70 voix, surclassant à eux six les 31 postulants dont 9 femmes. Par ailleurs, rien n’empêche que le chef de l’Etat, en nommant prochainement les trois membres restants, pourra ramener Atsou Koffi Améga.

La Cour Constitutionnelle, selon l’article 104 de la loi fondamentale, «juge de la régularité des consultations référendaires, des élections présidentielles, législatives et sénatoriales. Elle statue sur le contentieux de ces consultations et élections». En dernier ressort. Et c’est là où ses membres sont qualifiés de tous les adjectifs. Reste aux nouveaux membres de la Cour constitutionnelle, par leur appréciation des résultats des prochaines législatives, de démontrer qu’ils ont été effectivement «réformés». Qu’ils ont changé par rapport à ce qu’on leur a toujours reproché. Autrement, il faudra attendre la fin de leur mandat, dans 7 ans, et après la prochaine présidentielle, pour leur trouver des remplaçants.

Pater Late

 
Sur demande de la Présidence : L’Assemblée nationale se remet aux pas

Nonobstant l’absence de motivation et de directives particulières (ce qui a réveillé la curiosité de certains élus à en savoir plus), le parlement togolais a repassé à une seconde lecture entière des deux propositions de loi organique déterminant le statut des anciens présidents de l’Assemblée et des anciens députés lors de sa quatrième session ordinaire du 18 mai dernier.

Aux termes des nouvelles dispositions (article 2), est considéré comme ancien président de l’Assemblée nationale tout député élu président de l’Assemblée nationale qui finit son mandat, démissionne de la présidence, décède en cours de mandat, ou cesse définitivement d’exercer la fonction de président pour toute autre cause. Pour la commission des lois constitutionnelles et de la législation de l’administration générale, la formule supprimée «est destitué de la présidence» est implicitement contenue dans la dernière condition de l’article 2 susvisé. Ici, on ne veut pas conclure, pour confirmer certains commentaires, que la modification est dirigée contre l’honorable Fambaré Natchaba.

L’alinéa 2 de l’article 5 reprécise que «la rente viagère de l’ancien président de l’Assemblée nationale est revalorisée dans la même proportion en cas de relèvement de l’indemnité du président de l’Assemblée nationale en fonction». Tandis que la nouvelle version de l’article 7 supprime l’expression «à lui confiée par le gouvernement». Désormais, lors des déplacements effectués dans le cadre d’une mission d’Etat, l’ancien président de l’Assemblée nationale bénéficie du même titre de transport et des mêmes frais de séjour qu’un ministre d’Etat.

Rappelons qu’il est cité au rang des avantages l’allocation d’une rente viagère, les privilèges honorifiques, l’immunité, le personnel de sécurité, les gens de service, le passeport diplomatique à lui-même ainsi qu’à son conjoint et à ses enfants mineurs… Une rente viagère mensuelle est allouée à l’ancien président trois mois après la cessation de ses fonctions.

Trente-quatre articles gouvernent définitivement le statut des anciens députés. Visiblement, pas de grands changements, si ce n’est qu’une affaire de formule et de nombre : «aux anciens députés» à la place de «au député», «l’ancien député» au lieu de «le député», remplacer «du député à la retraite» par «de l’ancien député», «à la» à la place de «aux». Selon le texte de l’article 29, les ressources de l’organisme chargé de la liquidation de la pension de retraite parlementaire sont les retenues opérées sur l’indemnité parlementaire, une subvention de l’Etat inscrite au budget de l’Assemblée égale au tiers (1/3) de l’indemnité parlementaire, les intérêts sur placement du produit des cotisations, les dons et legs, …

Avant toute jouissance, l’ancien député devra bénéficier de ses indemnités parlementaires traditionnelles pendant 3 mois, après la date de prise de fonction de la nouvelle Assemblée. A l’exception des anciens présidents, la loi sur les anciens députés ne concerne que ceux de la troisième législature (issue des législatives d’octobre 2002) et les législatures à venir. Il reste que Faure Gnassingbé accepte en l’état cette version relue. Aux termes de l’article 67 de la loi fondamentale, «le Président de la République promulgue les lois dans les quinze (15) jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée par l’Assemblée nationale ; pendant ce délai, il peut demander une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles, la demande doit être motivée. La nouvelle délibération ne peut être refusée».         

Sylvestre D

 
Accusé Chirac, levez-vous !

Si d’une manière générale, les croyants pensent qu’il y aura un Jugement dernier à la fin des Temps pour juger des actes des hommes sur terre, les politiciens, en tout cas les plus consciencieux parmi eux, savent, selon les systèmes politiques, qu’ils auront à répondre de leurs actes devant les cours des tribunaux et plus sérieusement qu’ils seront jugés devant le grand tribunal de l’Histoire. C’est à partir de là que leur nom portera une honte éternelle ou sera tissé de lauriers et cité en exemple à la postérité. C’est à ce défi de vérité que sont confrontés la plupart des hommes politiques.

Jacques Chirac, qui vient de quitter l’Elysée à son âme défendant, risque de demeurer de triste mémoire dans la conscience collective des Français, comme l’un des plus nuls et corrompus hommes d’Etat que l’Hexagone ait jamais connus. Car, il semble que la Vème République, fondée en 1958 par le général Charles de Gaule, n’a jamais connu un président aussi pourri et nul, dont le passage à la présidence pendant 12 ans, un septennat et un quinquennat, aura laissé la France dans un état plus détestable qu’elle ne l’était après le départ de François  Mitterrand (1981-1995).

C’est ce que laisse croire Denis Jeambar dans un libellé «Accusé Chirac, levez-vous» (Editions du Seuil, 2005), un réquisitoire au vitriol en sept attendus dont la virulence n’égale que la vacuité retentissante de l’action politique d’un homme qui aura marqué sa présence sur le théâtre politique pendant plus de 42 années, de coups fourrés et de scandales en tous genres mais d’absence de résultat.

Le livre paru en 2005, soit deux années avant la fin du mandat de Chirac, est un procès qu’instruit l’auteur, Directeur de la rédaction et célèbre éditorialiste de l’hebdomadaire L’Express, sur le lourd passif que le Président Chirac laisse en héritage aux Français : un taux de chômage élevé (près de 4 millions d’âmes),  une société peu dynamique et léthargique, incapable de se réformer, avec une fracture sociale élevée, un Etat lourdement endetté, une diplomatie claudicante entraînant la fin du rayonnement d’une France isolée au sein de l’Union Européenne, des institutions politiques fragilisées dont la présidence éclaboussée par des scandales de corruption. On admet que les hommes politiques volent et mentent, le problème c’est que Chirac ment et vole tout le temps.

La politique française en Côte d’Ivoire aura montré que l’ex-colonisateur est également en déclin dans son pré carré et qu’il n’y aura plus de sommets franco-africains.

Le tableau noir de cette décadence de la France justifie la virulence des propos de l’auteur, écrits dans un style journalistique puissant et qui donne le tournis en ce qui concerne l’itinéraire politique horrifique d’un excellent illusionniste qui a réussi à faire miroiter un avenir meilleur à ses concitoyens, en leur faisant croire qu’il était le mieux placé pour réussir les réformes indispensables. Chirac a réussi un tour impossible dans un pays démocratique de rouler ses concitoyens dans la farine.

Au demeurant, la personnalité même de Chirac aura suscité beaucoup d’ouvrages de qualité qui le dépeignent comme un corrompu et un incapable, tactiquement doué pour nuire à ses adversaires politiques, adepte de coups fourrés, requins aux dents longues parvenu au cœur du pouvoir et dont la seule ambition est d’être un président de France tout en manquant d’ambitions pour son pays. Henri Deligny, mettait en garde déjà les Français en 1977 quand il a fait paraître Chirac ou la fringale du pouvoir (ouvragé réédité en 2002, sous le titre de Chirac ? On vous avait prévenus, (Editions Syllepse) et Philipe Madelin l’égratignait dans une biographie titrée Chirac (Flammarion 2002).

Pourquoi la politique
Le livre de Denis Jeambar constitue un excellent ouvrage qui suscite la question de savoir comment un homme politique de cet acabit a-t-il pu durer autant au sein de l’appareil politique sans avoir jamais pu se présenter devant Dame Thémis et de réussir le tour de passe-passe de se faire réélire pour un second mandat. Il a le mérite de rappeler des évidences connues depuis Aristote sur le pourquoi de la politique. «Les entreprises dont les objectifs ne sont pas au service du but spécifique du politique tournent vite au romantisme de l’action pour l’action ; le héros peut y trouver une griserie personnelle, mais son œuvre reste en général sans lendemain», dit Julien Freund en guise de définition dans son ouvrage Qu’est-ce que la politique ? Voilà une citation que devraient méditer les dirigeants africains et tous les assoiffés de pouvoir.

Le chapitre concernant le rayonnement de la France, où l’auteur critique la politique moyen-orientale de Chirac, notamment sa position contre George W. Bush dans la guerre d’Irak, laisse à penser que chez l’auteur les sentiments pro-américains ont pris le pas sur la nécessaire analyse objective de la situation politique du Moyen-Orient. Malgré une présidence négative, il reste que le combat de Chirac contre l’hyperpuissance américaine et pour un monde bipolaire est à saluer.

Mais, quant à la fin du rayonnement de la France, au lieu de l’attribuer à Chirac seul, ne faut-il pas convenir que ce pays est entré en déclin depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, dégringolade que n’est pas arrivée à éradiquer la possession de l’arme atomique ni la main basse sur les ex-colonies d’Afrique ?

Autant dire la vérité toute suite : le déclin de la France se trouve plutôt dans le manque de dynamisme d’une société arc-boutée sur ses acquis sociaux et qui refuse, à travers ses syndicats conservateurs, de faire des réformes sociales et économiques adéquates dans un environnement en pleine mondialisation. Si Chirac est coupable de manquer d’ambition et d’abdiquer sur les réformes promises, le déclin de la France ne peut être imputé à lui seul.

Comme dit De Gaule, «quand le style est fort, la critique est inutile». Le livre de Jeambar est un peu excessif, mais il faut le lire pour comprendre que les hommes politiques ont de moins en moins d’ambition pour leur pays.

Tony Féda

 
Electricité : Léger mieux

Depuis quelques jours, la crise énergétique semble avoir baissé de rythme. Cette amélioration dans la fourniture de l’électricité est due à plusieurs facteurs nouveaux. D’abord les dernières pluies qui se sont abattues sur notre pays ont commencé à porter leurs fruits. La barrage de Nagbéto, à sec depuis des mois, a recommencé à tourner fournissant 16MW supplémentaires au Togo. Ces pluies qui ont aussi apporté un peu de fraîcheur dans le pays ont eu le mérite de  réduire la demande des populations en électricité. Permettant à la CEET de disposer d’une petite réserve.

En plus des bienfaits de la pluie, la CEB a remis en service ces jours-ci  une turbine à Cotonou qui produit 20MW mis à la disposition du Bénin. Cette nouvelle source a permis au Togo de bénéficier d’un plus dans le partage des importations de la CEB du Ghana et du Nigeria. Et enfin on annonce le redémarrage d’une autre turbine à Lomé apportant des mégawatts complémentaires.

Ces nouvelles sources ont surtout permis à la CEET d’appliquer depuis lundi, le nouveau calendrier de délestage négocié par le ministre des Mines avec les sociétés industrielles installées au Togo.

Depuis donc cette date, la fourniture de l’électricité est prioritairement accordée aux zones industrielles et administratives de 7h à 15h tous les jours ouvrables. Les ménages divisés en deux groupes pour les besoins de la cause par la CEET,  se contentent du reste du temps, notamment de 15h à 23h pour un premier groupe et de 23h à 7h pour le second.

Une dernière raison, non moins importante, de ce léger mieux, l’arrêt des activités à WACEM qui consommait 16 MW par jour. Cette société a,  en effet, vu son site de production entièrement inondé par les dernières pluies.  Obligeant ses responsables à observer une pause forcée, le temps de mettre à sec l’usine. En attendant que ce mastodonte revienne, sa part d’énergie est attribuée à d’autres, écourtant sensiblement la durée quotidienne du délestage.

Ce léger mieux pourrait durer quelques semaines encore et même s’amplifier si la tendance pluviométrique amorcée se poursuivait jusqu’en juillet.  « Si la saison pluvieuse est bonne, d’ici juillet, il devra avoir une nette amélioration dans la fourniture du courant », explique un cadre de la CEET. Une équation à deux inconnus pour les Togolais en tout cas.   Faut-il prier pour une abondance des pluies afin de mettre fin au délestage et causant par la même occasion des inondations ? Ou au mieux adopter le délestage  et l’obscurité pour éviter de se retrouver sans toit ?  Il vaut mieux laisser le choix à dame nature.

En attendant, la CEET doit gérer au quotidien ses disponibilités et des dettes dues aux fournisseurs. Déjà les pétroliers font grise mine et rechignent à satisfaire les demandes en fuel de la compagnie nationale qui leur doit 4,7 milliards de FCFA. Acculé, le gouvernement a débloqué la semaine dernière une enveloppe d’un milliard pour éponger une partie de cette ardoise. Même si les sociétés pétrolières ont accueillie favorablement ce geste, elles s’inquiètent de cette situation qui pèse lourd sur leur trésorerie. La CEET pourrait régler ces dettes si ces charges n’étaient pas énormes puisqu’elle fait des recettes mensuelles de près de 3,1 milliards de FCFA. A part les 2 milliards qu’elle doit par mois à la CEB pour ses importations d’énergie et ses charges d’exploitation et du personnel, il devra en rester un peu de cette bagatelle de 3 milliards… Sûrement qu’il existe d’autres priorités.

K. Tchamdja 

 
Zone franche : WACEM perd ses privilèges

Déjà dix ans que la société aux capitaux indiens, West African Cement (WACEM) s’est établie dans la zone franche togolaise. En 1997 en effet, ce groupe indien avait racheté à l’Etat togolais les actifs corporels de l’ancienne CIMAO. Il  sollicite  aussitôt et obtient un prêt de 6 millions de dollars de la SFI (l’aille financière de la Banque Mondiale) et démarre la même année l’exploitation du calcaire et la production du clinker. Cinq ans après, soit en 2002, WACEM porte sa production de calcaire à 1,35 million de tonnes et de clinker à 950.000 tonnes.

 La même année, contrainte par les règles de la zone franche qui interdisent à la société productrice d’un produit d’être encore celle qui le commercialise sur le territoire douanier où elle est installée,  WACEM s’associe avec son concurrent CIMTOGO pour créer FORTIA CEMENT avec un investissement de plus de 22 milliards de FCFA. En 2005, WACEM a exporté environ 530.000 tonnes de ciments contre 470.000 tonnes pour CIMTOGO,  soit une recette globale de 55 milliards.

Wacem qui avait bénéficié de nombreux avantages fiscaux sous le régime de la zone franche est à la fin de son parcours ce mois. Il ne pourra donc plus profiter de l’exonération de l’impôt sur les sociétés ; de la stabilisation du taux sur les salaires à 2% contre 7% ; de l’exonération de tous les droits et taxes à  l’importation sur les matières premières, matériels et équipements de l’usine ; d’une réduction de 50% sur les droits et taxes sur les véhicules utilitaires et enfin de l’exonération de l’impôt sur les dividendes pour les actionnaires étrangers. Sans oublier les tarifs préférentiels et de facilité de raccordement en matière de téléphone, de l’eau et de l’électricité.

En attendant de se conformer à ce nouveau régime fiscal, Wacem est préoccupé par la reprise de ses activités après des dégâts importants causés par les dernières pluies. Qu'à cela ne tienne, Togo Rail, filiale de WACEM est en voie de construire une voie ferrée qui devra relier Lomé au site de Diamond Cement Ghana Limited (DGCL) sis à Aflao. Les travaux à réaliser sont situés sur la jonction Tokoin et l’entrée du territoire ghanéen. Ces travaux devront permettre la réhabilitation de la ligne Lomé-Kpalimé comprise entre le Château d’Eau de Tokoin et le carrefour Totsi/Djidjolé et la construction d’une ligne ferrée longue de 4563m, soit 1755m sur le territoire togolais et 2808 m au Ghana pour un coût de 2,11 milliards.

 

 

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