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L'Union

05 mai 2007

[ 70 : du 04 mai 2007  
Lutte contre le Sida au Togo : Un Plan stratégique national lancé cette semaine

Le lundi 30 avril 2007 fut officiellement lancé à Lomé le Plan stratégique national (PSN) de lutte contre le Vih/Sida et les IST 2007–2010. De part l’importance que les autorités attachent à la lutte contre cette pandémie, la cérémonie de lancement a été présidée par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, également président du Conseil national de lutte contre le Vih/Sida et les IST (CNLS–IST).

D’un coût total de 60,631 milliards de francs Cfa sur quatre ans, soit plus de 121 millions de dollars, le Plan stratégique national (PSN) de lutte contre le Vih/Sida et les IST 2007–2010 est l’affirmation de la volonté du Togo de venir à bout de la pandémie du Sida. Le document, d’une centaine de pages, met l’accent sur six (6) domaines prioritaires qui sont : renforcement des services de prévention de l’infection à VIH et des IST ; accélération de l’accès au traitement aux soins et à l’appui, promotion des droits humains, lutte contre la discrimination et la stigmatisation ; promotion de la recherche en matière de VIH/Sida et des IST ; renforcement du cadre national de suivi et évaluation ; renforcement de la coordination et bonne gouvernance.

Des domaines majeurs
Le gros du financement sera absorbé, à 48,36%, par le domaine de l’accès au traitement, aux soins et à l’appui. Ce domaine permettra de soutenir les efforts nationaux dans la dispensation des antirétroviraux (ARV), du traitement des infections opportunistes, le soutien aux personnes vivant avec le VIH et aux orphelins et enfants en situation vulnérable. A terme, en 2010, le traitement par les ARV sera offert à 10.000 adultes et à 1.000 enfants vivant avec le VIH. A ce jour, seules 4.500 à 5.000 personnes malades ont accès aux ARV. En 2010, 12.000 adultes et enfants bénéficieront d’une assistance psychosociale et nutritionnelle. Des activités génératrices de revenus seront développées et l’appui sera renforcé. En 2010 également, 11.500 enfants orphelins du Sida seront pris en charge, et la totalité des ménages qui les hébergent auront reçu des Kits d’appui.

Le domaine de la prévention de ce plan national quadriennal bénéficie du second financement le plus élevé, à hauteur de 19,562 milliards de francs, soit environ 32,25% du budget. Il met l’accent sur le développement de la prévention, particulièrement à l’intention des travailleurs de sexe, des jeunes, des femmes et des milieux du travail. Avec près de 10 milliards de francs, il s’agira de d’accroître le dépistage volontaire, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, la vulgarisation de préservatifs, le diagnostic et le traitement correct des IST et la sécurité transfusionnelle.

Quel financent ?
Le financement du plan stratégique national sera essentiellement assuré par les contributions du budget de l’Etat, d’une part, des partenaires bilatéraux et multilatéraux et autres organisations non gouvernementales internationales et le secteur privé, d’autre part. Il se fera à l’appui d’un plan annuel adopté par le CNLS–IST, et les prévisions tiendront compte des indicateurs de progrès des domaines prioritaires.

Au niveau interne, pour mobiliser les ressources nécessaires, le Plan propose à l’Etat de prendre «des mesures institutionnelles». Pour ce faire, indique le document, «il faudra prévoir dans le budget de chaque institution/ministère une ligne consacrée à la lutte contre le VIH/Sida  et les IST dans les activités classiques des différents départements». Et les opérateurs économiques seront impliqués dans l’atteinte des objectifs fixés. L’implication structurelle s’entend par l’apport des sociétés d’Etat et autres entreprises de toute nature à but lucratif dans la mobilisation des fonds. De toutes les manières, il est attendu une mobilisation de 18,25 milliards de francs cette année, de 29,49 milliards en 2008, de 27,27 milliards en 2009 et de 25 milliards de francs en 2010. Pour sa part, le gouvernement s’est engagé, d’après le chef de l’Etat au lancement, à allouer un budget de 8 milliards de francs Cfa sur les 4 ans, à raison de 2 milliards de francs par an.

En rappel
La prévalence du VIH, estimée à 3,2% chez les adultes, est en voie de stabilisation au Togo avec cependant quelques disparités : elle baisse au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la région Maritime ; elle est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural. Elle est 9 fois plus élevée chez les travailleuses de sexe que dans la population sexuellement active, selon le Conseil national de lutte contre le Sida. En 2006, on estimait en moyenne au Togo 9.700 enfants vivant avec le VIH ; 61.000 femmes adultes vivant avec le VIH ; 100.000 adultes vivant avec le VIH et près de 88.000 orphelins. Ces résultats sont le fruit du précédent Plan stratégique 2001–2005.

Le CNLS–IST souhaite ériger au Togo, en 2010, un centre de formation et de recherche d’envergure. Des ressources seront également mobilisées et affectées à la promotion des activités de recherche. La recherche coûtera près de 1,5 milliards de francs Cfa, soit 2,37% du budget du Plan stratégique de lutte contre le Sida. A cet effet, une commission scientifique sera mise en place, la politique nationale de recherche sur le VIH/SIDA et les IST assorties d’un plan d’action sera élaborée et un répertoire de recherche rendu disponible. Il faut souligner que, ici aussi, le gouvernement s’est engagé à construire un Laboratoire de recherche sur l’immunothérapie des personnes vivant avec le VIH.

Jean Afolabi

 
Musique : Claudy Siar et « couleurs tropicales » à Lomé

L’animateur de «couleurs tropicales» sur RFI, l’émission sur les musiques caribéennes et africaines, l’Antillais Claudy Siar, est à Lomé dans le cadre d’un enregistrement des artistes musiciens togolais au théâtre de la verdure du CCF. L’enregistrement se fera sous forme de deux spectacles en live ou play-back en présence d’un public, ce soir et demain samedi à 20 heures.

Claudy Siar

Ont été choisis, pas toujours de façon objective, de nombreux artistes nationaux à l’instar de King Mensah, le roi de la musique traditionnelle, des éléments de la nouvelle génération de chanteurs togolais tels que Small Poppy, Toofan…etc. Il y a également l’arrivée un peu impromptue du comédien Frédéric Gakpara qui s’illustre dans le registre de l’humour à travers un théâtre d’un genre un peu particulier, et qui a sorti un album de chansons humoristiques reprenant pour la plupart les phases burlesques de sa pièce «La charcuterie de la République». Un autre comédien et dramaturge, Alpha Ramsès, sera également de la partie pour menus sketches.

Selon l’animateur de RFI, cet enregistrement, qui sera produit au cours de son émission tant écoutée «Couleurs tropicales», est destiné à faire la promotion des artistes togolais qui n’évoluent pas toujours dans les conditions les meilleures, étant pour la plupart inconnus du public parce que non produits par des maisons dignes de ce nom. Leur audition sur le plan international, et surtout dans l’espace francophone, grâce à « couleurs tropicales », contribuera un tant soit peu à élargir leur audience, a expliqué Claudy Siar lors d’un point de presse tenu hier à l’auditorium du CCF, en présence de nombreux artistes et journalistes.

Durant ses échanges avec la presse et les artistes, M. Siar a eu à exprimer son amour pour les musiques d’Afrique et des Caraïbes et faire savoir que son émission s’inscrit dans une lutte pour faire entendre, au nom de la diversité culturelle, les cultures d’Afrique et de sa Diaspora.

S’exprimant parfois avec beaucoup de passion et s’estimant à tort ou à raison africain, Claudy Siar n’a pas démenti sa réputation d’artiste engagé à faire entendre absolument la voix d’une renaissance noire. Il est d’ailleurs l’un des Français qui ont lutté aux côtés de la Guyanaise Christiane Taubira à faire accepter par l’Assemblée nationale  française la traite négrière comme crime contre l’humanité. De même s’est-il battu pour que la célébration de cette journée soit faite dans le recueillement, à l’absence des épanchements festifs constatés dans les précédentes célébrations. Pourfendeur des régimes autocratiques et despotiques d’Afrique, il promeut sur les ondes de RFI des chanteurs engagés comme Tiken Jah Fakoli ainsi que d’autres artistes de hip-hop –souvent à son dépens–, au risque d’entretenir des relations quelque peu difficiles avec certains gouvernements africains. Il a notamment cité le cas d’un groupe de Rap mauritaniens dont le passage des chansons au cours de «Couleurs tropicales» a suscité l’ire du gouvernement mauritanien d’Ahmed Ould Taya qui, par des demandes réitérées de suspendre le passage du morceau mauritanien, avait fini par interrompre l’émission de RFI en Mauritanie, avant que le coup d’Etat du colonel Wald ne mît fin à cette interruption.

Depuis quelques années, des émissions sur RFI sont pour davantage de connaissances sur le continent. On peut citer entre autres «Plein Sud» d’Amobe Mevengue, «Couleurs tropicales» de Claudy Siar,  «Archives d’Afrique» et « Médias d’Afrique » d’Alain Foka.

Mais si ces différentes émissions se distinguent par la forte personnalité de leurs producteurs et animateurs, on ne peut en dire autant de leur contenu qui laisse quelquefois à désirer. Si Claudy Siar brille par une présentation de Ray Charles ou James Brown, ou par quelques artistes musiciens d’Afrique ou des Caraïbes, comme Youssou N’dour, Awady, Salif Kéita, on peut douter quelquefois de ses sélections musicales. A force de vouloir faire la promotion des musiques du continent, l’animateur de RFI en arrive à promouvoir, de manière arbitraire, des musiques de moins bonnes qualités, la quantité ne rimant pas forcément avec la qualité. C’est ainsi qu’on ne comprend pas du tout la promotion qui est faite pour le couper-décaler, jugé par l’animateur comme musique ayant «transcendé les frontières», et qu’il s’évertue à faire «vriller» les oreilles des auditeurs. Si le couper-décaler, musique très physique, fait danser dans les boîtes africaines, est-ce à dire que ce rythme transcende le temps ? Claudy Siar qui a fait siennes les conceptions senghoriennes de la négritude et qui pense que le rythme est dans les tripes chez le Noir, devra abandonner cette philosophie de la race et cesser de considérer que la musique est divertissement chez les Occidentaux.

Il en est de même d’Amobe Mevengue qui a complètement dénaturé le français d’Afrique en faisant la promotion d’une langue qui n’existe que dans la tête de cascadeurs du couper-décaler et nulle part ailleurs en Afrique.

On préfère passer encore sous silence, les dérapages techniques d’Alain Foka dont les émissions sur l’histoire du continent, «Archives d’Afrique», passent à côté de la vérité. Pour faire œuvre d’historien, prendre l’un quelconque des protagonistes pour parler d’un événement, c’est dénaturer les faits et faire preuve de partialité.

Tony Féda  

 
Laurent Takassi, le prédateur du P.A.L. : Deux cent millions de dettes au Port de Lomé

L’homme tente de passer pour un vertueux. Il s’infiltre partout avec une soif de puissance inégalée. Il est en réalité un prédateur de la pire espèce. Un homme qui manipule et use du chantage pour détourner des fonds et ruiner la crédibilité de notre port. Cet homme croit avoir des qualités. En réalité, il ne traîne que des casseroles.

Personne n’a oublié les détournements qu il a commis au préjudice de Togotelecom qui lui valurent d’aller à la case prison et d’être mis en cause par la commission de lutte contre la corruption.

Véritable panier percé, il laisse des ardoises partout. Pendant des années, il refuse de payer une dette de 55 millions correspondant au non règlement par TAAL des factures de manutention pour le compte de ses clients armateurs alors qu’elles lui ont été payées. Pour solder sa dette, il se décide en 2007 à vendre ses actions dans Manuport mais exige qu’elles lui soient payées plus de cent fois leur valeur. Sitôt la somme encaissée, le sieur Takassi s’en va livrer à des journalistes des soi-disants preuves de comportements frauduleux de GETMA.

Il faut à présent que la justice lance une enquête sur cet obscur personnage sous plusieurs aspects.

A la fin de la gestion précédente du Port, il cumulait 200 millions de factures impayées au Port. Qu’est devenue cette dette ?

Comment le sieur Takassi a-t-il acquis l’immeuble qu’il occupe alors qu’il était agent Messina pour le compte de NAVITRANS ?

Comment peut-il se maintenir à la tête de Navitogo le syndicat des consignataires (Maersk, Sdv, Getma, Grimaldi, CMA CGM, Navitrans, TAAL) alors qu’il n’y a jamais eu d’élections organisées pour renouveler le bureau ?    

Le moment est venu pour cet homme peu fiable de rendre des comptes.

K. Tchamdja

 
 
 
 
 
 
 
 

 

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