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Pour le bon déroulement du processus électoral : La CENI
enseigne les garanties d’un recensement fiable |
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Prêt pour le recensement ! C’est la forme caricaturale du
message porté le mardi dernier à la presse par la
Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les
législatives du 24 juin prochain ont pris leur envol
depuis que les 3000 kits d’enrôlement des électeurs sont
convoyés sur Lomé. Pour l’heure, on annonce l’opération
d’adaptation des kits aux prescriptions du code électoral
togolais pour la semaine prochaine et l’installation, dès
la seconde quinzaine du mois d’avril, des Commissions
électorales locales indépendantes (CELI) dont la
composition est déjà acquise. «Le gouvernement s’emploie
à mettre à la disposition de la CENI les moyens», affirme
Potopéré Tozim, président de l’organe d’organisation et
de supervision des élections.
De son côté le membre de l’Unité de gestion du matériel
du PNUD, Dounia Ramazani, au chevet de la CENI, rassure
les populations. |
Electeurs et opérateurs s’identifient
…le modèle de fonctionnement est simple. L’électeur
doit venir s’identifier auprès du système. Pour ce
faire, il va poser son indexe sur le scanner
d’empreinte digitale. Mais vous devez poser votre
doigt de manière à ce que l’index soit parallèle au
lecteur d’empreinte à la pause. Une fois accepté par
le système, l’opérateur s’identifie afin de pouvoir
ouvrir la session. Et lorsque vous n’avez pas été
préalablement identifié, et votre empreinte stockée
dans le kit, vous ne pouvez pas obtenir de carte
d’électeur. Mais au niveau du kit, l’opérateur va
entrer deux fois les coordonnées de l’électeur dans
l’appareil. Ceci, pour lui permettre de confirmer la
première saisie.
En cas de différence, une indication va être faite à
l’opérateur pour lui demander laquelle des versions
est la bonne. La double saisie est là pour réduire
les fautes au moment de l’enregistrement. Au cours
de cette étape, l’opérateur de saisie a l’obligation
de s’assurer que la photo prise est de bonne
qualité, de manière à ce que des gens ne reviennent
pas redemander de la leur refaire. Car cela,
peut-être, ne sera pas autorisé.
Gérer
le rouleau d’étranglement
…il y a une production de carte de 80 électeurs par
jour. C’est ça la moyenne. Mais il y en a qui vont
au-delà et enrôler près de trois cent personnes par
jour. La difficulté n’est pas tant le logiciel. La
difficulté surgit au moment de l’agencement des
tâches faites par les personnes dans le centre de
recensement. Par exemple, si on a dans un centre
trois personnes qui reçoivent les candidats
électeurs et procèdent à la vérification des pièces
d’identité, vous pourrez avoir un gros lot de cartes
qui peuvent être facilement traités par l’opérateur
par jour. En général, le candidat électeur ne fait
pas plus de 10 mn avec l’opérateur. Au moment où les
informations sont claires, c’est fluide et la double
saisie se fait très rapidement. Donc ce n’est pas là
que se trouve le rouleau d’étrangement dans un
centre de recensement. C’est d’abord dans la gestion
des files d’attente à l’extérieur du centre de
recensement. Comment les gens s’organisent et la
vérification des pièces d’identité. C’est ça qui
prend le plus de temps parce que là, le candidat
électeur s’engage dans un dialogue avec les membres.
Mais, sincèrement, le problème surgit quand on met
une seule personne dans un centre. Donc c’est à lui
seul de recevoir deux cent, trois cent électeurs.
Vérifier les pièces d’identité, transcrire
l’information, ce sera un problème.
Pas
d’électeurs en réseau
…la difficulté n’est pas au niveau de l’équipement à
fournir mais au niveau des kits qui doivent
intervenir en cas de panne au niveau des autres
réseaux. Vous devez aussi avoir un technicien en
réseau, qui doit être disponible pour intervenir
dans chaque centre de recensement. Alors, lorsque
vous avez des milliers de centres de recensement, il
faut en trouver autant. Or ces techniciens sont des
denrées rares. Alors, s’il faudra des milliers pour
intervenir dans les centres de recensement en cas de
problème de réseau, cela complique davantage notre
opération de recensement électoral. C’est une
difficulté d’ordre technologique supplémentaire que
vous ajoutez à l’opération. C’est faisable, mais ça
augmente le coût du recensement.
Non aux inscriptions multiples
L’ordinateur confronte tout et détecte ces cas et
ceux qui s’y aventurent seront radiés des listes
électorales et c’est l’empreinte digitale qui permet
de faire cela. (…) Je tiens à vous rassurer que des
mécanismes sont ici en place pour empêcher un
double, triple, quadruple enregistrement. Parce que
malheureusement pour eux, l’empreinte digitale est
là. Même si vous prenez la peine de changer votre
date de naissance et autres, vous ne pouvez pas
changer l’empreinte digitale.
Sans souci de délestage et pour les zones arides
d’électricité
Les deux batteries dans la malle ont une autonomie
moyenne de 8 heures. C’est amplement suffisant pour
faire fonctionner le centre de recensement pendant
que le soleil est encore là. En fait, un centre de
recensement fonctionne normalement après le lever du
soleil et doit fermer avant le coucher du soleil.
Après les avoir utilisées pendant huit heures, il
faut les recharger. Ça prend entre 1h30 et 2 heures
de fonctionnement. Pour le générateur, il faut
charger les batteries le soir ou tôt le matin.
Sylvestre D. |
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Législatives du 24 juin : Le chronogramme toujours
en attente |
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Près de 4 heures d’horloge ont permis, hier à
l’Hôtel 2 Février, à la Commission électorale
nationale indépendante (CENI) de rentrer en contact
avec les partis politiques légalement constitués. Au
menu : l’état d’avancement des préparatifs du
prochain scrutin législatif et l’analyse commune de
ce qui reste à faire. Au finish, on retient que le
chronogramme général se fait encore attendre, faute
d’appui technique des partenaires extérieurs. |
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Bien évidemment, au regard des tâches restant à
accomplir, il apparaît judicieux de penser à un
report du scrutin, étant donner que plusieurs étapes
décisives restent à franchir. Pour l’heure, la CENI
recherche 250 formateurs pour l’encadrement
d’environ 5 500 opérateurs de saisie à retenir pour
l’utilisation des kits d’enrôlement des électeurs.
Lire in extenso quelques réactions de leaders
politique au sortir de la rencontre avec le bureau
de la CENI.
Jean-Pierre Fabre, SG de l’UFC
« Prenons notre temps »
A 73 jours de la date prévue pour les élections, on
n’a aucune précision.
On nous a donné la part à financer par les
partenaires extérieurs, mais moi, ce n’est pas ce
qui me concerne pour le moment.
Dès le début de la réunion, à notre grand
étonnement, le président de la CENI nous a confessé
qu’il n’est pas possible qu’il nous communique le
chronogramme parce qu’ils attendent encore les avis
des partenaires techniques. Ces avis ne sont pas
encore arrivés. Il s’agit de l’appui technique pour
l’élaboration du chronogramme. Nous, nous disons
attention. Comment se fait-il qu’on attende
aujourd’hui un appui technique alors qu’il y a 6
mois ou 7 mois on a sorti un chronogramme sans tenir
compte de l’appui technique du partenaire ?
Je crois qu’on doit nous dire aujourd’hui s’il est
possible de tenir ces élections le 24 juin. Compte
tenu de la complexité des tâches qui entourent le
recensement, je crois que cela va être difficilement
tenable. Je pense qu’il serait raisonnable de la
part de la CENI aujourd’hui de dire que ce délai du
24 juin ne peut être tenu.
La CENI ne doit avoir en tête que l’exigence de
respect du délai légal, c’est-à-dire la fin du
mandat de l’actuelle assemblée nationale, au lieu
d’aller s’enfermer dans je ne sais quelles élections
anticipées. Je pense même qu’il est stupide de faire
des élections anticipées alors qu’on dispose encore
de 4 mois après la date du 24 juin. Prenons notre
temps.
James Amaglo, vice-président de la CENI « Le 24
juin est sujet à l’ajustement… »
Cet après-midi, nous avons rencontré les partis
politiques qui sont les véritables acteurs du jeu
politique. C’est la rencontre essentielle depuis
l’installation de la CENI, pour faire le point de
nos travaux et des préparatifs des élections
conformément à l’Accord politique global. Ils ont
beaucoup d’inquiétude, beaucoup d’appréhension,
c’est utile qu’on s’explique suffisamment et je
crois qu’ils nous ont compris. Le chronogramme n’a
pas été donné parce que nous attendions l’appui
technique des partenaires. Nous voulons l’appui des
techniciens parce que ces élections seront encadrées
par la technicité, l’informatique va beaucoup
travailler. On ne va pas faire de l’à-peu-près.
L’appui technique est là, on est en train
d’ajuster ; si l’ajustage est bien fait, vous aller
voir que la vitesse sera très accélérée. Le
démarrage du recensement est sujet à cet ajustage.
Les élections sont financées en partie par le
gouvernement togolais avec l’appui de nos
partenaires en développement, notamment l’Union
européenne, le système des Nations unies, la France,
l’Allemagne…Le Togo, à lui seul, met 5 milliards de
francs, et les autres bailleurs de fonds sont déjà à
concurrence de près de 12 millions d’euros. Mais il
reste encore une partie du budget à boucler.
Le 24 juin est sujet à l’ajustement qu’il faut faire
avant de démarrer. Ce qui est essentiel, c’est les
activités qu’il faut mener d’abord avant d’arriver
au 24 juin.
Solitoki Esso, SG du RPT « …c’est la CENI seule
qui peut nous donner des éléments pertinents pour
pouvoir apprécier »
Nous constatons que le processus électoral
actuellement évolue normalement, pour l’instant. La
séance de cet après-midi avec la CENI est avant tout
une rencontre d’information, mais en même temps une
séance de formation : nous avons découvert les
premiers kits, comment ces kits vont fonctionner…
Pour ce que nous avons vu, nous pouvons dire que ces
kits sont fiables pour le recensement.
Au sujet de la date du 24 juin, c’est la CENI seule
qui peut nous donner des éléments pertinents pour
pouvoir apprécier. Tant que nous n’avons pas ces
éléments, nous ne pouvons que considérer la date du
24 juin comme une date que nous devons respecter.
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Hausse du prix du ciment
Arrêt de production de WACEM : Arrêt de production
de WACEM décidé par le ministère du commerce |
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Il y a trois semaines, le groupe a pris la décision
de revoir le pris de son ciment à la hausse passant
de 62.000 FCFA la tonne à 66.000 FCFA.
Le ministère du commerce qui a constaté cette hausse
a demandé à WACEM de produire des pièces
justificatives notamment ses documents
d’importation. Mais le groupe ne s’est pas exécuté.
Relancé une seconde fois sans succès, le ministère
du commerce a intimé la semaine dernière l’ordre au
groupe d’arrêter sa production en attendant que le
gouvernement réuni en conseil statue en dernier
ressort sur cette hausse apparemment injustifiée. |
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En effet WACEM est installé en zone franche et
bénéficie de nombreux avantages fiscaux et douaniers
liés à ce régime. Qui plus est, il fabrique son
ciment à partir du klinker produit sur place à
Tabligbo et n’est donc pas concerné par les
fluctuations des prix des matières premières et du
prix du fret. « On ne comprend pas pourquoi il
pourra monter ses prix. En plus il ne fournit aucune
justification. En ces moments où c’est dur pour les
Togolais, on n’est pas prêt pour une quelconque
flambée de prix fantaisiste », explique-on au
ministère du commerce.
En Août dernier, à la veille de la rentrée scolaire,
c’est CIMTOGO qui a revu le prix de la tonne de son
ciment à la hausse passant de 63.500 à 70.000 FCFA
au grand dam des Togolais. Les raisons de ce
changement de prix sont dues, selon CIMTOGO, à la
hausse des prix de klinker (matière principale de
fabrication du ciment) sur le marché international,
du fret, bref des charges de production depuis plus
d’un an. Après avoir enregistré des pertes de près
de 2 milliards de FCFA par an, CIMTOGO s’est dit
contraint de revoir ces prix à la hausse pour éviter
une faillite. Aujourd’hui c’est WACEM, autorisé à
vendre seulement entre 20 et 30% de sa production
sur le territoire douanier, qui veut lui emboîter
le pas avec des arguments peu convaincants.
« Cette hausse est inopportune et injustifiée »,
selon un cadre du ministère du commerce. « Avec tous
ces avantages fiscaux et douaniers, son ancien prix
était déjà trop élevé. S’il faut qu’il le monte
encore, il y a problème. », ajoute-t-il.
C’est vrai qu’au Togo les prix sont libéralisés et
déterminés par le seul jeu de la concurrence, comme
le précise la loi du 28 décembre 1999 portant
l’organisation de la concurrence au Togo. Le
gouvernement ne peut donc pas fixer le prix du
ciment. Mais il lui appartient de demander des
explications au producteur sur cette flambée.
A quelque chose malheur est bon, dit l’adage.
L’arrêt de la production à WACEM a eu pour
conséquence positive pour la population en générale,
un assouplissement du délestage. Vous avez constaté
que depuis deux semaines, la suspension du courant
est de moins en moins fréquente. Certains ont
imaginé que le CEET a trouvé une solution de
rechange quelque part. Il n’en est rien. C’est grâce
à WACEM, le plus gros client de la CEET. Il pompe à
lui seul le tiers de la disponibilité de la CEET.
L’arrêt ses machines a pour effet de redonner vie
et lumière ailleurs. Mais pour combien de temps. En
attendant que le conseil des ministres statue sur le
cas WACEM, les pauvres Togolais sont obligés de
suivre les contraintes du monopole que leur impose
CIMTOGO en payant la tonne de ciment à …70.000 FCFA.
K. Tchamdja
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Electricité : Le FAD finance l’interconnexion
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* Ghana-Togo-Bénin pour 50 millions de dollars
Le Fonds Africain de développement (FAD) est le
premier partenaire du Ghana et du Bénin dans leur
projet d’interconnexion électrique, qu’il financera
à hauteur de 45,10 %. Le conseil d’administration du
fonds a à cet égard approuvé le 5 mars dernier à
Tunis un prêt de 14,86 millions d’unités de compte
(22,4 millions de $ ou 206,5 milliards de cedis) en
faveur du Ghana et un prêt de 17,39 millions d’UC
(26,2 millions de $ ou 13 milliards de CFA) en
faveur du Bénin, soit près de 50 millions de
dollars. |
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Le projet vise à réduire la pauvreté dans la région
de la CEDEAO par l’élargissement de l’accès à des
services modernes d’énergie. Il permettra ce faisant
de renforcer les capacités en matière de transport
d’électricité entre le Nigeria, le Bénin, le Togo et
le Ghana en vue de la commercialisation de
l’électricité pour améliorer la fiabilité de
l’approvisionnement en électricité, réduire les
coûts de production et combler les déficits dans la
production des centrales hydroélectriques pendant
les périodes de sécheresse.
Le projet prévoit la mise en place d’une ligne de
transport simple de 330 kV, d’une longueur de 338 km,
entre Volta (près de Tema), au Ghana, Momé Hagou, au
Togo, et Sakete, au Bénin ainsi que l’extension du
poste de 330 kV de Volta, la construction d’un
nouveau poste de 330 kV à Momé Hagou et l’extension
du poste de 330 kV de Sakete. Le coût estimatif
total du projet est de 71,53 millions d’UC,
mobilisés à hauteur de 45,10 % par le Fad, dont les
ressources serviront à financer la mise en place des
lignes de transport au Ghana et au Bénin, le poste
situé au Bénin et les audits du projet au Ghana et
au Bénin.
Les études effectuées ont montré que la mise en
place d’une ligne de transport d’électricité de 330
kV devant permettre l’interconnexion des réseaux
électriques du Nigeria, du Bénin, du Togo et du
Ghana est techniquement faisable et contribuerait à
créer le Système d’échanges d’énergie électrique
ouest africain, qui est un marché unifié
d’électricité couvrant la région de la CEDEAO.
K. Tchamdja
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Polémique : L’Eglise catholique contre la femme |
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Le 22 décembre, l’Assemblée nationale votait une
loi autorisant, en cas de viol, d’inceste et quand
la vie de la femme est menacée, l’interruption
volontaire de grossesse. Cela a provoqué le tollé
dans le camp de l’Eglise catholique apostolique et
romaine dont les principaux responsables sont allés,
le mois dernier, rendre visite à Faure Gnassingbé
pour lui dire leur mécontentement et leur souhait de
voir cette loi abrogée. L’ire des tenants de
l’Eglise romaine au Togo est tellement forte qu’ils
se sont fendus de condamnations dans le N° 131 de
leur revue Présence Chrétienne.
Dans le numéro suivant, ils l’ont encore remis à
travers une longue dénonciation virulente de l’abbé
Marc Lakasi qui a dit tout et n’importe quoi, un
patchwork de philosophie, de credo catholique et d’afrocentrisme
pathétique qui peut pousser le lecteur, catholique
ou non, à croire que pour la deuxième fois dans
l’histoire du christianisme, on est en train de
clouer Jésus Christ. |
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Que nenni ! Il va falloir cette fois dire la vérité
aux responsables de l’Eglise romaine au Togo.
Tout d’abord, où étaient-ils quand les députés
togolais, dont certains sont des chrétiens
pratiquants, votaient la loi sur la santé de
reproduction ? La vie appartient à celui qui se lève
tôt, et l’histoire se fiche pas mal, disait Arthur
Koestler, que l’on se ronge les ongles. En tant
qu’institution religieuse et membre puissant de la
société civile, il importait que l’Eglise eût quand
même son propre réseau pour influer sur le
fonctionnement des institutions de l’Etat. Si cela
était possible, cette loi sur l’IVG ne serait pas
votée, et Mgr Philippe Fanoko Kpodzro et ses
auxiliaires ne joueraient pas aux pompiers de
service en allant demander à Faure Gnassingbé
d’abroger une loi votée par son parti majoritaire à
l’Assemblée.
Ce lièvre étant levé, venons au long libelle de
l’abbé Marc Lakasi dans lequel il s’égosille à faire
entendre que la loi votée est non seulement inique,
inhumaine, raciste et pour couronner le tout,
démoniaque.
Pour l’Abbé Lakasi, il n’est pas indispensable de
soulager la jeune fille ou la femme victime du viol
ou d’inceste en pratiquant l’IVG, car «l’avortement
a toujours laissé des séquelles mortifères au
responsable de cet acte». Ici, c’est comme dans
le Malade imaginaire de Molière, c’est le remède qui
tue le malade. Mais passons, ne cherchons pas une
mauvaise querelle à l’Abbé Lakasi !
Ensuite, attardons nous un peu sur la deuxième
partie de son argumentaire en ce qui concerne
l’alinéa de la loi qui autorise l’IVG lorsque «la
poursuite de la grossesse met en danger la vie et la
santé de la femme enceinte ou lorsqu’il existe une
forte probabilité que l’enfant soit atteint d’une
affection d’une particulière gravité». L’abbé «rétorque
immédiatement que la grossesse n’a point été un
problème pour aucune femme africaine
authentique [c’est nous qui soulignons]».
Au fait, que veut dire ce galimatias « femme
africaine authentique » qui n’a jamais eu de
problème de santé de reproduction? En quoi alors
a-t-elle été un problème pour la femme blanche ou
jaune ? Ou bien l’Abbé engoncé dans ces certitudes
de village, voudrait-il parler de la robustesse
physique de la femme africaine, ce caractère que le
blanc avait déniché pour envoyer, avec la complicité
des potentats locaux, des millions de Noirs en
esclavage ? Qu’est-ce cette théorie raciale et
raciste ?
Décidément, l’Eglise catholique ne finira jamais de
nous étonner. Après avoir nié les lois de Copernic
et de Galilée, brûlé Giordano Bruno sur le bûcher,
en voilà une autre aberration qui veut établir une
fausse vérité sur le passé de l’Afrique. N’est-ce
pas la science moderne importée d’Europe qui a
libéré les femmes africaines des risques graves de
l’enfantement et de la mort ?
Enfin, répondons franchement à l’abbé Lakasi. Cette
timide loi votée par l’Assemblée constitue une
évolution notable dans la politique de la santé de
reproduction. Car elle va réparer de nombreuses
injustices dans notre société où les rapports de
force sont en faveur des hommes. Que l’abbé se
dirige vers les Ong de femmes togolaises pour
constater la longue liste de femmes et jeunes filles
violées impunément et qui mettent au monde des
enfants qu’elles n’ont pas désirés et qu’elles sont
obligées de supporter et d’aimer. Au nom de quelle
obligation morale et de quelle loi divine la société
des hommes impose ce triste sort à la femme ? Que
l’Abbé fasse un détour sur ces listes et constate
par lui-même l’état décadent de notre société où des
maris sans scrupule violent leur propre femme !
Non, monsieur l’Abbé, on n’a pas besoin de suivre
des études au séminaire pour comprendre que cette
loi agit dans le sens de la libération de la femme
que des siècles de phallocentrisme ont assujettie.
Et puis de quoi, je me mêle, monsieur Abbé Lakasi
Marc ? On parle ici de choses que vous autres
régiments de la religion romaine ne pouvez
comprendre; puisque vous avez fait vœu de chasteté
et qu’il vous est interdit, à vous et les
religieuses de connaître des plaisirs de la vie.
Comment pouvez vous comprendre les complexités de
cette affaire ?
N’empêche, rassurez-vous, l’IVG n’englobe pas
certaines pratiques, qui, elles, sont poursuivies
par la loi. Il s’agit de ces avortements faits
clandestinement ça et là par des cabinets reconnus
qui opèrent et s’enrichissent au vu et au su de
vous, qui sont légion dans vos églises mais que vous
ne sanctionnez pas. Ces gens-là, la loi les condamne
et vous devrez plutôt mobiliser l’Eglise et l’Etat à
lutter contre ces meurtres souterrains. Et sachez,
Monsieur l’Abbé, qu’il y a également des prêtres qui
font partie de ces cas-là, eux qui passent outre
leurs vœux de chasteté pour entretenir des relations
sexuelles avec des filles et refusent d’assumer les
conséquences de leurs actes.
Finalement, je crois Monsieur l’Abbé que l’Eglise
catholique, apostolique et romaine est mal placée
pour nous faire la morale en avançant comme argument
la protection de la vie. Car l’histoire a montré le
contraire. L’assassinat des Albigeois,
l’Inquisition, l’esclavage des Noirs, l’holocauste
des juifs et le génocide des Tutsi rwandais
démontrent combien de fois l’Eglise peut, au nom de
je-ne-sais-quoi, refuser de protéger la vie. En fait
d’arguments, je vous renvoie d’aller mieux vous
pourvoir !
Tony Feda |
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