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Pour une sortie consensuelle de la crise : Une cour
constitutionnelle concertée, mais… |
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Des critiques existentialistes autour de la recomposition
de la Cour constitutionnelle germent depuis que, dans
notre dernière parution (L’Union n°65 du 30 mars 2007),
nous nous référions au président de l’actuelle
législature qui expliquait : «il n’y a pas encore le
Sénat, donc l’Assemblée nationale joue le rôle de Sénat
aussi ; c’est-à-dire que c’est l’Assemblée nationale qui,
en ce moment, est notre Parlement. Or, quand on parle de
Parlement, on parle de Sénat et de l’Assemblée nationale.
Au moment où nous n’avons pas cette chambre (on n’a
qu’une seule chambre), c’est l’Assemblée nationale qui
joue ce rôle dans notre pays. Provisoirement». Pure
juridisme, disions-nous. D’aucuns ont voulu y voir une
«interprétation biaisée» de la loi fondamentale. Pour
d’autres, il s’agit d’une formule du RPT pour «mettre
la main» sur la Cour. Mieux, prendre les mêmes et
recommencer. Alors même que le RPT n’est pas identifiable
aux «organes compétents» de l’Accord politique
global (APG). |
Une législation non équivoque
Les textes édifient davantage. Du moins, ceux sur la
base desquels la population doit être informée et
éclairée. Aujourd’hui, une voix discordante
(opposition) confirme ceux qui doivent mettre en
place l’organe régulateur du fonctionnement de
toutes les autres institutions de l’Etat. Pour Me
Tchessa Abi, Secrétaire national du PSR et ministre
chargé des Relations avec les institutions, il faut
reconnaître «le président de la République d’une
part et l’Assemblée nationale d’autre part parce
qu’il existe dans la même Constitution une
disposition transitoire qui stipule que lorsque le
Sénat n’est pas encore établi, les membres à nommer
par le Sénat doivent l’être par l’Assemblée
nationale. Donc lorsqu’on applique la Constitution
de la République, le président de la République
nomme trois magistrats sur neuf et l’Assemblée
nationale nomme les six autres magistrats. Du point
de vue institutionnel, juridique, il n’y a pas de
problème». Allusion est ainsi faite à l’article
155 de la loi fondamentale : «Les compétences
dévolues au Sénat pour la désignation des membres de
la Cour Constitutionnelle sont exercées par
l’Assemblée Nationale jusqu’à la mise en place du
Sénat». Et l’article 157 poursuit : «En
attendant la mise en place du Sénat, l’assemblée
nationale exerce toute seule le pouvoir législatif
au Parlement».
L’APG sur lequel tout se joue n’est pas allé au-delà
d’une remise en cause de la République. L’article
158 précise : «La législation en vigueur au Togo
jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions
reste applicable, sauf intervention de nouveaux
textes, et dès lors qu’elle n’a rien de contraire à
la présente Constitution».
L’Accord a clarifié le jeu en maintenant chacun dans
son starting-block. Et c’est ici que se pose la
question fondamentale : qui doit animer la Cour ?
La piste consensuelle…
Me Tchessa Abi propose son remède : «il me semble
que c’est à ce niveau qu’une ouverture, qu’un
dialogue, que des discussions peuvent être possibles
de sorte que les différents protagonistes de la
crise, et puis la nation toute entière, adhèrent
dans les personnalités qui sont nommées parce
qu’elles le sont pour un mandat de sept ans
renouvelable (…) Il faudrait que l’organe soit
impartial». L’idée trouve son fondement dans le
rôle efficace que doit désormais jouer la Cour
constitutionnelle. Juge de la constitutionnalité de
la loi, garant des droits fondamentaux de la
personne humaine et des libertés publiques, celle-ci
est attendue au tournant des contentieux. «…des
contestations, des petits problèmes, c’est sûr car
tous les partis veulent aller aux élections
législatives», avertissait Abass Bonfoh. Pis
est, les nouveaux membres devront réguler l’activité
des pouvoirs publics pendant sept ans.
Tout doit donc concourir à sauvegarder la dynamique
au sommet de l’Etat. D’aucuns concluront que les
«organes compétents» sont fortement attendus.
«…le chef de l’Etat ne doit pas être assimilé au RPT
et son choix ne doit pas être un choix de parti
politique. Le problème se pose au niveau de
l’Assemblée nationale qui est dominé par un seul
parti politique (…) Aucun protagoniste n’a
clairement remis en cause les dispositions
constitutionnelles. Alors, soit c’est la loi qui
s’applique et, en ce moment, l’Assemblée nationale
nomme ou bien on va chercher, en pratique, une
ouverture quelconque et faire en sorte que les
personnalités qui seront nommées aient une sorte
d’adhésion des différents partenaires. Ce que
j’avais pensé, c’est que l’Assemblée nationale
puisse identifier des gens et ouvrir un débat avec
les différents partis signataires politiques de l’APG
sur ces personnalités», poursuit le ministre Abi,
orthodoxe.
Selon une indiscrétion proche de la présidence
togolaise, Faure Gnassingbé souhaiterait solliciter
officieusement quelques avis des signataires de l’APG
autour de la question.
… non légalisée
Le remède s’apparente plus à une décision politique.
Vraisemblablement, c’est la volonté des hommes qui
doit orienter la donne. Celle-ci n’est nullement
codifiée. «Mais une personne dans l’orthodoxie
juridique n’a aucune obligation de concerter qui que
ce soit», avertit la patron du Pacte socialiste
pour le renouveau (PSR). Les critères
d’indépendance, d’impartialité et de compétence
définis par l’APG restent subjectifs. Et «nommer
sur la base de ces seuls critères n’est pas de
nature à rassurer», conclut Me Abi.
Sylvestre D. |
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Législatives du 24 juin : Le mois de mai proposé
pour le recensement |
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Les choses sérieuses se précisent enfin pour ce qui
concerne les législatives anticipées annoncées pour
le 24 juin 2007. En cela, deux actes majeurs
viennent d’être posés. Primo : le gouvernement,
réuni hier en conseil des ministres, a adopté le
budget définitif des élections. Ce budget,
confectionné par la Commission électorale nationale
indépendante (Ceni), accompagnée par le Programme
des Nations unies pour le développement (Pnud), est
arrêté en dépenses à près de 18 milliards de nos
francs Cfa, plus précisément à 17.908.387.872
francs. |
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Secondo : on apprend de source proche de la Ceni que
cette institution vient de proposer que le
recensement des électeurs démarre début mai
prochain, pour une durée d’un mois. Cette durée
répond à l’avis des experts électoraux de l’Union
européenne qui avaient prévu qu’avec les kits, le
recensement devait tenir dans un mois. A ce sujet,
le conclave tenu mercredi et jeudi à Notsè par les
membres de la Commission électorale, sous le regard
attentif des experts de la société belge ZETES, du
Pnud et d’Afrique du sud, est destiné à enseigner
les propriétés du matériel, notamment son
utilisation et la sécurité dans la configuration à
lui attribuer pour l’enregistrement des électeurs.
Les membres de la Ceni sont également allés à
l’école de la maîtrise du code électoral. Reste au
gouvernement d’arrêter par décret la date du
recensement.
Le financement
Le nœud des élections reste encore leur financement.
Dans le budget de l’Etat en cours d’exécution, il
était prévu une assiette de 5 milliards de francs.
Ce montant étant loin de la réalité aujourd’hui,
«peut-être que l’Etat sera amené à débourser un peu
plus, ou un peu moins…», a indiqué jeudi soir à
la télé le ministre de la Communication, Gahoun
Hegbor. Mais, l’augmentation ou la diminution de la
participation de l’Etat devra tenir compte des
actions des partenaires extérieurs, l’Union
européenne et le Pnud notamment. A cet effet, le
gouvernement a entrepris, il y a deux semaines, une
campagne de mobilisation des partenaires extérieurs
en vue d’obtenir les moyens financiers nécessaires à
l’organisation de ce scrutin.
Les ministres togolais de la Coopération, Gilbert
Bawara, et son homologue de l’Administration
territoriale, Arthème Ahoomey-Zunnu, ont rencontré
dans la semaine du 19 mars à Lomé les diplomates
accrédités au Togo. La représentante du Programme
des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Mme
Coulibaly, avait estimé que sur la base de l’Accord
politique global du 20 août, les partenaires
extérieurs peuvent se prononcer «sur les appuis
qu’il faut apporter au processus électoral au Togo».
Il s’agira pour eux d’apporter une contribution de
près de 10 milliards de francs Cfa au budget des
élections.
Rappelons qu’en ce qui concerne le financement des
élections, deux missions exploratoires successives
de l’Union européenne ont séjourné récemment à Lomé,
après celle des Nations Unies en janvier, et de la
Francophonie.
Visiblement, le gouvernement et ses partenaires
s’accrochent à la date fatidique du 24 juin. En
témoigne cette mesure du conseil des ministres
ramenant la date du dernier examen scolaire, le
baccalauréat 2è partie, au 14 juin 2007, au lieu du
25 juin, afin d’éviter le télescopage entre les
agents électoraux et les candidats.
K. Tchamdja
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Note de Lecture :
Le Rebelle
de Mongo Béti |
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En 2001, l'écrivain Mongo Béti, de son vrai nom
Alexandre Biyidi, meurt… au Cameroun, son pays natal
qu'il avait quitté en 1952, à 19 ans, pour raisons
d'études et, à cause de la situation politique à
l'indépendance, n'y était retourné qu'en 1991 pour
vivre en direct la situation générale. Cela avait
étonné plus d'un, car on s'était habitué à l'idée
qu'il était devenu Français ; l'histoire comme
d'ailleurs toute son œuvre littéraire prouvent que
malgré près de quatre décennies d'exil foisonnantes,
son cœur est resté au Cameroun. |
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Les Editions Gallimard viennent de publier son
ouvrage posthume Le Rebelle (janvier 2007, 418
pages, 22 euros), le premier tome d'une trilogie
dont le second paraît en octobre prochain et le
troisième, janvier 2008. Les textes, réunis et
présentés par son compatriote écrivain André
Djiffack, sont préfacés par Boniface Mongo-Mboussa.
Dans ce tome au vitriol, l'auteur distille ses
impressions sur la littérature, en particulier la
littérature africaine des premiers auteurs, la
tradition et l'identité, les attaques contre ses
livres, les tracasseries administratives et les
cabales du pouvoir pompidolien contre sa personne,
sans oublier ses piques à l'historien Robert
Cornevin, et l'ex-président de France, Valérie
Giscard d'Estaing.
Ce livre est une mine, la dernière et la plus
fabuleuse du maître adressée comme testament à une
génération africaine montante. Ecrit dans un style
alerte, tranché vif, le texte est d'un vrai régal.
On y rencontre toutes les facettes de Mongo Beti, sa
hauteur de vue par la profondeur de ses réflexions,
son effronterie voltairienne pour se moquer de
l'establishment politique et de toute institution
établie, son militantisme impertinent qui cisaille
toute entreprise néo-coloniale et son engagement
pour la libération de l'Afrique noire. Polémiste à
souhait, Mongo Béti est un Bernanos tropical aux
idées choquantes qui déboulonne toutes choses
suspectes sur son passage. Il tisse et charge les
mots comme un kalachnikov, les décharge,
iconoclaste, à l'endroit juste pour faire mal et
corriger, guérir, mener à une véritable catharsis.
C'est l'écrivain guinéen Camara Laye, auteur du
classique Enfant noir, accusé justement d'avoir
donné dans le parnasse, qui en prend pour son
grande, coupable d'avoir passé sous silence les
méfaits de la colonisation et de présenter une image
plutôt idyllique de l'Afrique. Il en est ainsi des
autres littérateurs, à l'instar de Ahmadou Kourouma,
méthodiquement liquéfiés.
C'est pour cela qu'il faut lire la formidable
préface de Boniface Mongo-Mboussa qui dresse les
spécificités historiques de l'itinéraire de Mongo
Béti, non moins indispensables pour découvrir la
pensée de l'écrivain auteur de 21 ouvrages.
Le limon du livre se trouve dans le constat que Beti
établit quant à la situation politico-sociale du
Cameroun, et partant des pays subsahariens
francophones, plus de quatre décennies après les
indépendances. Déçu et désillusionné, Mongo Beti
trouve son pays non dans la voie du progrès mais en
totale régression, incapable de s'adapter à la
modernité, à l'exemple de son président actuel Paul
Biya dont il dresse un saisissant portrait.
Extraits : " Dès que le Blanc s'en va, le Noir
retombe dans ses pratiques villageoises. Biya est le
type du chef de village chez les Bulu. On m'a
raconté la journée de Biya dans son village. C'est
ce que faisait son grand-père bulu ou son arrière
grand-père bulu. Le matin, on lui montre le
porc-épic qu'on va lui préparer. Il ne boit pas le
vin de palme à cette heure comme son grand-père,
c'est la seule différence, mais le champagne, et il
se met à jouer au sango. A midi, il prend le grand
repas, il s'empiffre, et il fait la sieste, comme le
chef autrefois. L'après-midi, il recommence. C'est
dire que pour nos leaders et autres notables
citadins post-coloniaux, le mode de vie occidental,
l'effort pour la modernité, était une contrainte
insupportable. Dès qu'ils peuvent, les Ferdinand
Oyono et autres reviennent à leurs pratiques
villageoises. En réalité, ils ont dû faire un effort
superficiel pour passer une licence à Paris. En
revanche, prendre connaissance de rapports
techniques, travailler des heures durant un dossier
ardu, c'est trop pénible. Alors on se replie sur le
songo, un loisir de retraités ou de rentiers. Je ne
crois pas que les Blancs soient responsables de
notre impuissance à émerger de ces vieilles
traditions à la modernité". Oui, c'est du Mongo Beti
tout craché !
Comme dirait quelqu'un, ne vaut-il pas mieux
re-coloniser l'Afrique ? Il faut lire Le Rebelle de
Mongo Beti et connaître de ces vérités qu'il nous
jette à la figure mais aussi revisiter tout son
œuvre pour y puiser de la matière pour la
re-fondation de la pensée africaine.
Tony Feda
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Exclusion des 3 professionnels par la FTF : La
présidence dit niet à la manipulation |
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«Aucun ordre n’est venu d’en haut»
«Au nom de quoi va-t-il nommer ou demander à un
envoyé spécial d’aller parler en son nom jusqu’à
demander l’exclusion de trois joueurs », dit un
proche du chef de l’Etat, à propos du bruit qu’avait
fait courir le général Zoumaro Gnofame, sur
l’implication directe du chef de l’Etat dans la
décision du président de la FTF d’exclure «jusqu’à
nouvel ordre» Adebayor Sheyi, Nibombe Daré et
Kader Touré. |
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Le propos, rapporté par notre confrère Forum de la
Semaine, constitue visiblement un désaveu public,
par le président Faure Gnassingbé, du rôle
prépondérant et délétère qu’a joué le président du
Comité olympique national togolais, dans la crise
qui secoue la FTF. Le président, dit-on, préoccupé
par le devenir du pays, n’a pas le temps pour ces
vétilles, et depuis son arrivée à la présidence,
s’est refusé à toute ingérence dans les affaires des
fédérations de sports, même quand son frère, le
Commandant Rock Gnassingbé était aux commandes de la
FTF.
Le président ne fait que respecter à la lettre les
principes qui régissent la gestion des fédérations
de football nationales, à savoir qu’en dépit du
financement par l’Etat, ces institutions sportives
doivent rendre plutôt compte à la CAF et la FIFA.
Ceci est une clarification du silence de la
présidence pendant les soubresauts qui ont secoué la
sélection togolaise en Allemagne.
Mais, en réalité, en filigrane, le désaveu du
président signifie la fin d’une époque, d’une
certaine république, celle des courtisans qui
exploitent à des fins personnelles le nom du
président, pour un oui ou pour un non.
C’est ainsi que par le passé, bien de choses se sont
faites dans ce pays au nom de feu Gnassingbé
Eyadema, par de zélés courtisans, sans que
l’intéressé fût au courant. Il en était ainsi de la
fabuleuse histoire de l’authenticité, quand au cours
d’un journal de 12h 30 à la radio, l’ancien
tout-puissant ministre de l’intérieur, Feu Djidjogbé
Kpotivi Laclé, déclara obligatoire l’usage des
prénoms authentiques et l’abrogation des prénoms
importés ou chrétiens. Dans le fait, aucun acte de
l’Etat ni décret présidentiel ne porta cette
mention. Mais le peuple berné et les services
administratifs ont appliqué à la lettre la consigne
fantôme.
En se désolidarisant de l’action du général Gnofame,
Faure Gnassingbé a sifflé la fin de la pagaille en
envoyant au diable vauvert les dinosaures. C’est la
fin de vieux dinosaures, qui, engoncés dans des
pratiques villageoises du pouvoir étatique faisaient
la pluie et le beau temps à l’époque du général
Eyadema.
Contrairement à son père qui encaissait sans
broncher les défaillances de ses collaborateurs, le
président Faure Gnassingbé, lui, dit non. Chacun à
sa place, et la République sera mieux gérée.
Late Pater
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