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L’affaire Tidjani ou…
L’humiliation d’un Général à la retraite |
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Le
sieur Assani Tidjani, général de division des FAT (Forces
armées Togolaises) à la retraite a encore défrayé la
chronique ces deux dernières semaines. Un passage forcé
du poste de contrôle de la frontière togolaise vers le
Bénin voisin pour se rendre dans son pays paternel, le
Nigeria, a occasionné l’arrestation manu militari du
Général au Bénin. Arrestation avec tout son cortège
d’humiliations. |
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Il
y a de cela un peu plus de deux mois le général
Assani Tidjani subissait la rigueur militaire–mise
aux arrêts de rigueur pendant 60 jours– après ses
déclarations tonitruantes de soutien inconditionné
aux rebelles ivoiriens. Son acte était jugé
inadmissible non seulement par l’armée togolaise,
indiscipline a-t-on dit, mais surtout par l’Etat
togolais qui ne veut pas se passer pour le soutien
d’une rébellion, fût-t-elle ivoirienne. En son
temps, chacun se demandait ce qui pouvait pousser ce
stratège des Forces armées togolaises (FAT) à
afficher ouvertement son parti pris pour les Forces
nouvelles (FN), parti politique des ex-rebelles
dirigé par le jeune Guillaume Soro.
La
question était restée en suspens quand, le jeudi 15
février dernier, notre Général très bouillant se
fait arrêter par les militaires béninois à Sèmè, en
République béninoise, à quelques kilomètres de la
frontière nigériane.
La
faute
L’argumentaire de l’armée pour faire subir la loi au
Général était qu’il n’avait pas reçu d’autorisation
de sortie du pays pour se rendre en zone rebelle en
Côte d’Ivoire. Cette fois-ci, il a pris soin
d’avertir le ministre de la Défense de sa sortie du
pays. Autorisation verbale, cela s’appelle. Arrivé
au poste de contrôle à Sanvee Condji (entre le Togo
et le Bénin), il n’a pas daigné expliquer aux agents
de sécurité en poste que son ministre de tutelle
était au courant de son voyage. Comme à son
habitude, il déversa sa bile sur le pauvre policier
qui lui interdit même le passage. Le Général
rebroussa alors chemin et fit retourner son
chauffeur avec son véhicule perso. Quelques temps
après, il revient à la charge tout masqué en forçant
le barrage –juste une corde tenue par deux
personnes– dans un taxi. L’agent de sécurité n’a vu
que du feu avant de réagir. Ses camarades béninois
auront eux aussi mis le cachet du visa d’entrée dans
le passeport du Général avant de constater le dégât
quelques minutes plus tard quand le « Zorro »
était très loin d’eux.
L’humiliation
L’ayant reconnu malgré le ruban autour de la tête,
les forces de l’ordre ont alerté leurs compères
béninois qui ont vite fait de déployer les
militaires sur la route internationale menant au
Nigeria. Le Général sera rattrapé à Sèmè, pour être
ramené à Cotonou. Contre toute attente, il sera
copieusement fouillé. Et déshabillé. A en croire une
source policière, il sera remis aux autorités
togolaises le lendemain. De retour au pays, il est
libre de toutes ses activités. Sauf que tous les
yeux sont braqués sur lui. Pauvre général, dit-on
ici et là.
Qu’est-ce qui fait courir le Général ?, se demande
le commun des Togolais. Personne n’est capable
aujourd’hui de répondre à cette question. Tout
compte fait, les Togolais se rendent compte que le
célébrissime général n’est en odeur de sainteté
nulle part. Au lieu de jouir pleinement du reste de
ses jours comme d’autres, les Bonfoh, les Walla, les
Lawani et autres officiers supérieurs à la retraite,
le Général Tidjani est visiblement victime de ses
propres turpitudes. Cela doit normalement servir de
leçons à certains qui gèrent mal le pouvoir qu’ils
ont aujourd’hui. Ils doivent se mettre à l’évidence
qu’un pouvoir mal géré conduit toujours à la
fatalité. Toutes les humiliations subies par le
général depuis près de trois mois ne sont guère une
expérience à vivre. Que le Général Tidjani, surnommé
par le journal Le Tambour « général rayé
rayé », mette alors balle à terre pour aider la
jeune équipe dirigeante du pays à mener à bien son
travail.
Pate Later |
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Recouvrement des impôts :
Les agitations de la police fiscale |
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Depuis quelques jours, tout le pays bouge à la
musique des services de la Direction Générale des
Impôts, DGI. Les opérateurs économiques font une
course effrénée sans pareille, qui pour solder
rapidement son ardoise des exercices précédents, qui
pour négocier des échéances. Et la DGI poursuit sa
pression pour faire rentrer de l’argent dans les
caisses de l’Etat. |
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La
fermeture des boutiques Ramco dans la ville de Lomé,
début février, a été perçue comme le vrai déclic
dans la bataille de renflouement des caisses de
l’Etat engagé par la Direction générale des impôts (DGI)
depuis plus de huit mois. Pour certains, cette
action état dirigée contre des étrangers dont
surtout les Indopakistanais et les Libanais. Si ce
n’était pas un règlement de compte entre personnes.
En
réalité, rien de tout cela. Dans le cas de la
société Ramco, qui exploite nos compatriotes à
longueur de journée pour un salaire de misère –à
l’instar des autres sociétés tenues par des
étrangers–, elle reçoit la majorité de ses articles
en hors taxes à l’aéroport pour les déverser sur le
marché à des prix exorbitants qui, de surcroît,
prennent en compte la TVA (Taxe sur la Valeur
Ajoutée). Il est donc incompréhensible qu’elle ne
paie pas ses impôts.
Le
cas de la SIG, Société Immobilière du Golfe, du
Libanais Bassam, dont le dossier est aujourd’hui sur
le tapis, est plus que criard. Propriétaire de la
majorité des parcs auto au Port Autonome de Lomé,
cette société perçoit des taxes sur chaque véhicule
importé. La part qui devrait normalement revenir aux
impôts n’y parvient jamais. Il est tout à fait
logique que la DGI réagisse.
D’autres gros bonnets sont également dans le
collimateur de la DGI. Certains ont déjà subi la
foudre des inspecteurs des impôts. Ce n’est ni la
Lonato, ni la TdE encore moins la Poste qui nous
démentiront. La plupart des opérateurs économiques
nationaux comme étrangers reçoivent quotidiennement
la visite des contrôleurs. Partout, les affiches «Fermé
pour non payement d’Impôts» pilullent. Les
autochtones s’insurgent, mais comprennent. C’est
ainsi qu’ils se battent nuit et jour pour
régulariser leur situation malgré leurs maigres
ressources. Pourquoi alors les étrangers qui
détiennent une part importante de notre commerce
contournent-ils les fics alors qu’ils savent
pertinemment que le pays a besoin des impôts pour
vivre ? Surtout dans notre cas où les principaux
bailleurs de fonds ont fermé le robinet? On est
conscient que le pays a besoin d’eux. Cependant,
notre hospitalité ne doit pas être une
compromission.
Dans nos pays, le budget se repose à plus de 50% sur
les recettes fiscales. Les agitations justifiées des
services des impôts, ces derniers temps, ne devaient
gêner personne sinon les mauvais payeurs.
D’ailleurs, de constat général, les agents fiscaux
ne viennent jamais avec l’idée de fermer les
commerces. Ils essaient souvent de convoquer les
gérants, discutent avec eux et leur proposent des
lignes de règlement. Mais, lorsque le gérant ne
respecte pas les clauses, il en subit la rigueur.
La
réaction des conducteurs de taxi moto, nos frères «Zémidjan»,
en défilant dans la rue le vendredi dernier pour
applaudir les actions de la DGI, prouve combien
cette affaire est devenue nationale. Ce qui fait
dire à certains observateurs que la bataille rangée
entre Zem et agents de la DGI dans les rues de Lomé
semble être du passé quand les premiers ont
finalement compris que les impôts participent au
développement socio-économique du pays. Ce qui veut
dire tout simplement que l’action très appréciée du
Directeur Général, Ingrid Awadé, est salutaire pour
le pays. Vivement qu’elle ne plie pas devant les
menaces incessantes proférées par les fossoyeurs de
l’économie nationale et leurs complices.
Kossiwa T. |
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Législatives 2007 :
Deux experts en Kit au chevet de la CENI depuis
lundi |
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De sources généralement bien informées, deux
experts envoyés par les principaux partenaires
électoraux du Togo séjournent depuis lundi soir à
Lomé et ont déjà à leur actif trois séances de
recyclage avec les membres de la Commission
électorale nationale indépendante (CENI). L’exercice
est motivé par la nécessité d’entretenir les 19
caciques de l’organe d’organisation et de
supervision des prochaines législatives sur les
règles à suivre dans la maîtrise des Kits «loués»
gratuitement par le pays de Kabila. Depuis le
week-end dernier, deux cantines contenant chacune un
Kit de recensement ont été ramenées de la RD Congo
par une délégation conjointe de la CENI et du
gouvernement. |
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Aujourd’hui, le problème majeur reste le déploiement
des moyens financiers pour convoyer par avion tout
le lot qui sera expérimenté pour la première fois
par les Togolais et leurs profiteurs politiques. On
parle des jours à venir pour rester dans l’hypothèse
d’une élection dont on n’envisage pas encore un
report. «Nous ne sommes pas encore à deux mois de
la date envisagée pour rentrer dans des calculs
allant dans ce sens», nous confiait hier un
membre de la CENI. Et à un autre de renchérir :
«Tout se passe bien. Très prochainement, les choses
vont aller tellement vite que vous serez surpris.
L’essentiel, c’est de croire en ce qu’on fait et de
garder patience». Même si le calendrier général
des étapes du processus se fait attendre.
Déjà, des rumeurs persistantes avancent des chiffres
en rapport au coût global de tout le processus
électoral : 10 milliards pour certains, environ 11
milliards pour d’autres, 21 milliards de francs pour
d’autres encore,… Par le passé, on parlait d’une
doléance financière oscillant entre 30 et 35
milliards de francs CFA dévalués.
Des crocs-en-jambe dans la gestion interne
Ce
n’est plus un secret que les informations sont
difficiles à obtenir auprès de la Commission
électorale. Ce qui fait ouvrir la brèche. Pour
d’aucuns, il s’agit d’une volonté délibérée de
retenir des informations qui doivent a priori
circuler dans la mesure où l’élection reste
publique. A en croire certains, l’institution veut
se passer d’une presse pas toujours positive et
professionnelle pour remplir une mission hautement
républicaine qui est la sienne.
Visiblement, il n’en est rien. La bande à Potopéré
Tozim ne minimise point le rôle des médias dans
l’accomplissement du processus électoral en cours.
Seulement, il faut avoir franchi des étapes
décisives et aussi disposer des informations
irréversibles pour informer. C’est en cela qu’un
point de presse devrait s’organiser dès que
l’ensemble du matériel électoral sera réceptionné
par les autorités togolaises. Une option qui ne
souffre pas du «trop parler» de quelques membres de
la CENI. Aussi arrive-t-il aisément de lire des
informations controversées dans différents journaux
et, au pire des cas, dans deux parutions successives
d’une même paperasse. Il ne faut pas trop longtemps
chercher à comprendre comment des idées débattues en
plénière se retrouvent in extenso sur la place
publique.
Il
urge que les partis politiques qui régentent la vie
des différents médias
s’affranchissent pour garantir la sérénité des
débats au sein d’une CENI plurielle que chacun veut
tirer vers sa tente. Qu’à cela ne tienne, la presse
plus pressée doit pouvoir retenir son ardeur et
recourir à des informations fiables qu’on ne soit
pas obligé de rectifier voire redresser le
lendemain. Les ressentiments des populations et la
prévention des tensions nous l’imposent.
Sylvestre D. |
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Coton : Baisse record de la production |
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82.829 cotonculteurs ont produit 42.000 tonnes
Le secteur cotonnier, frappé notamment par des
dettes envers les cotonculteurs, enregistre sa
deuxième année consécutive de mauvais résultats au
Togo, avec une production attendue au titre de la
campagne 2006/2007 d’environ 42.000 tonnes de coton
graine pour la campagne 2006/2007, selon des
chiffres communiqués hier jeudi à L’Union par le
ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la
pêche. |
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Cette production attendue est largement en deçà des
65.384 tonnes de la campagne précédente et des
années antérieures où la production de coton
avoisinait les 180.000 tonnes. Ce niveau «très
médiocre de la production», explique à L’Union
le ministre de l’Agriculture, Dr Yves Madow Nagou,
«est l’effet conjugué d’une pluviométrie
déficitaire dans les périodes critiques de mise en
place des semis et de maturation des capsules et
d’un environnement très morose de production
engendré par les arriérés de paiement dus aux
producteurs».
Ces arriérés de paiement ont entraîné des
sur-déclarations de superficies à des fins de
détournement d’intrants surtout des engrais à
d’autres fins. Ils ont également engendré un
relâchement prononcé des producteurs dans les
entretiens culturaux, avec pour conséquences des
rendements au champ très bas dans presque toutes les
régions.
Le
poids de la dette
La
Société togolaise de coton (Sotoco, publique) doit
21 milliards de francs Cfa de dettes aux
producteurs, sur lesquels le gouvernement a déjà
versé 12 milliards de francs. Il envisage de leur
verser le reste avant les prochains semis coton,
d’après le ministre Nagou. Du coup, les paysans ont
comme déserté le terrain, «et ne se sont pas
décidés à temps pour semer le coton»,
estime-t-on. Cette année, seulement 61.390 hectares
ont été semés pour l’ensemble du pays, soit un
rendement moyen au champ de 684 kg/hectare, contre
104.600 hectares semés l’an passé.
«Ce niveau de semis représente juste 38% de
l’objectif initial d’emblavure de la campagne qui
est de 160.000 hectares et 55% de l’objectif révisé
à 112.000 hectares»,
a indiqué le ministre de l’Agriculture. Le nombre de
producteurs est, quant à lui, passé en 2006/2007 à
82.829, contre 141.460 la campagne précédente. Cette
contre performance est essentiellement liée à la
mauvaise pluviométrie, notamment la sécheresse qui
n’a pas permis aux producteurs de semer
convenablement le coton dans toutes les régions,
affirme-t-on.
Redresser le secteur
Malgré la crise difficile que traverse la Sotoco,
les autorités togolaises estiment que «la
production cotonnière et les activités qui y sont
liées restent un secteur porteur pour l’économie
nationale et un facteur important de lutte contre la
pauvreté». Elles comptent à cet effet relancer
la production en 2007/2008. «Dans le souci
d’augmenter la production cotonnière, la première
hypothèse d’emblavures a été projetée à au moins
115.5000 hectares pour une production d’au moins
100.000 tonnes au plan national», a dit Yves
Madow Nagou.
Pour ce faire, il est retenu, afin de rassurer les
producteurs, d’accorder une priorité au paiement
rapide des revenus aux producteurs, et des frais de
gestion et de commercialisation, au fur et à mesure
des achats. Cette priorité a été à la base d’un plan
de financement mis en place avec Dagris. Il est
convenu avec les producteurs et les agents de
terrain que les opérations se déroulent avec
célérité sur les marchés et que les documents
d’achat soient traités très rapidement mais en toute
transparence.
Des actions engagées depuis juillet 2005 et celles
en perspectives pour la campagne 2007/2008
«s’inscrivent dans la stratégie de redressement de
la filière et particulièrement de la Sotoco, en
attendant la mise en place des réformes et des
financements conséquents qui redonneront une vie
durable aux actions coton au Togo», espère le
ministre de l’Agriculture et de l’élevage.
Deux années consécutives de production médiocre
compliquent, certes, la mise en œuvre des stratégies
développées, mais les efforts déployés jusque là
doivent s’intensifier pour non seulement revitaliser
l’environnement de production, mais aussi et surtout
relever le défi de la relance de la production en
2007/2008.
Pate Later |
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Mutuelle et statuts des artistes :
Quand un ministre décide de noyer
les artistes |
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Du 19 au 21 février dernier se sont tenus à la
direction de la troupe nationale et sous l’autorité
du ministre de la Culture, Gabriel Sassou
Dosseh-Anyron, l’assemblée générale constitutive de
la Mutuelle générale des artistes du Togo (MUGART)
et un atelier de validation du statut de l’artiste
togolais. Ces travaux, faits sous le haut patronage
du président de la République et présentés comme une
bouée de sauvetage lancée aux artistes togolais, ont
donné lieu à des conclusions confuses.
Paradoxalement, ces conclusions n’ont attiré
l’attention d’aucun haut fonctionnaire de l’Etat
togolais sur les dérives et anomalies qui se
produisent au ministère de la Culture. |
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Tout d’abord, la tenue même de l’atelier de
validation et de l’assemblée générale semblait
totalement absurde pour la simple raison qu’elle
demandait à créer un statut et une mutuelle pour les
artistes, alors que les intéressés n’avaient ni
moyen de payer les impôts ni de cotiser. On passe
encore sous silence le fait que les participants aux
travaux ne sont pas représentatifs de la culture
togolaise et la plupart ont été cooptés par le
ministre Dosseh-Anyroh.
Ensuite, les documents émanant des travaux montrent
que le ministre de la Culture, ses conseillers et
les participants à cette mascarade n’ont aucune idée
de la question de la culture au Togo.
Ainsi, les statuts de la MUGART sont un
copier-coller des statuts de la Mutuelle générale
des enseignants du Togo (MUGET), seul le terme
«enseignant» a été remplacé par « artiste ». Les
bureaucrates du ministère de la Culture, qui sont
payés pour réfléchir, ont carrément oublié que le
statut des enseignants et celui des artistes sont
incompatibles. Parmi les dizaines d’absurdités, il y
a par exemple l’article 40 du statut des artistes.
Selon cet article, l’artiste doit faire une demande
de reconnaissance adressée au ministère de la
Culture, dont l’un des documents exigés est la copie
légalisée des diplômes. Depuis quand a-t-on besoin
de diplôme pour devenir artiste? L’article 44 exige
la carte d’artiste obtenue à 10.000 FCFA, pour les
créateurs et auteurs d’œuvres d’arts, et à 50.000
francs, pour les entrepreneurs culturels et
promoteurs de spectacles, alors que les intéressés
n’ont pas les moyens pour créer. On dit qu’on en a
besoin pour toute la vie, comme si l’article ne doit
et ne peut pas changer de métier.
Mélange
Enfin, l’article 55 dit que «toute œuvre
littéraire et artistique d’auteurs togolais, primée
à l’échelle nationale ou internationale, sera éditée
par l’Etat togolais». Cela veut dire que Cola
Cola Jazz de Kangni Alem ou Port-Mélo de
Edem (tous deux Grand Prix littéraire d’Afrique
noire), édités respectivement par les Editions
Dapper et Gallimard, seront publiés par l’Etat
togolais, au nom de quel droit et quelle loi du
commerce, on ne sait pas.
A
la vérité, cet article a été copié dans le livre
vert du RPT, ce qui confirme que les documents sont
un mélange de ce fameux livret et des statuts des
enseignants de la MUGET. Le problème est pourtant
simple. Le ministre de la Culture devrait plutôt
pousser le gouvernement et le chef de l’Etat à
adopter une politique culturelle qui améliorera sur
le tard le sort des artistes qui pourront par
conséquent avoir une
mutuelle et des statuts.
Tony Féda |
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