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[N°
60: du 16 fevrier 2007] |
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Elections législatives : Des divergences autour d’une
nouvelle date consensuelle |
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Tous
les membres de la Commission électorale nationale
indépendante (CENI) s’accordent à programmer un «report»
des législatives anticipées au regard de la date du 24
juin préalablement fixée par l’institution d’organisation
et de supervision du scrutin. «Vu le temps qui nous reste
et par rapport aux tâches à réaliser, on ne peut pas
aller aux élections en juin», nous confie un membre de
l’institution que nous avons rencontré hier. Selon cette
même source, les travaux de la CENI évoluent néanmoins à
grands pas depuis que la voie a été ouverte par
l’adoption du nouveau code électoral. Rappelons que ni le
règlement intérieur de fonctionnement de l’équipe à
Potopéré Tozim ni le chronogramme général de l’élection
ne sont encore connus. |
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Mais des divergences s’éclatent dès qu’il s’agit de
fixer voire envisager une nouvelle date. Puisque la
CENI, parallèlement aux soucis techniques, finalise
le programme global du processus en cours. Trois
positions s’affrontent.
Pour la première, il ne faut nullement se mettre la
pression en proposant une date qui ne sera plus
respectée. «Même à notre propre niveau, on avait
perdu à ne rien faire alors qu’il y a des
préliminaires à exécuter. Donc, on croit que le mois
d’août est trop juste, mais on peut revoir». Ici
et maintenant, on ne semble pas être talonné par le
mandat finissant des actuels députés. On préfère
recommander la prudence par rapport aux violences
électorales dont la source est la mauvaise
préparation. «Vaut mieux s’entendre entre nous
pour la première fois et rester dans la dynamique
consensuelle de l’Accord politique global»,
conseille-t-on.
Un
argument que balaie une autre position qui voudrait
plutôt avoir à l’esprit que les législatives restent
«anticipées». C’est dire qu’un report élastique
serait de trop, surtout que tout se met en branle
pour être déjà dans le temps. Pour les tenants de
cette argumentation, on ne doit pas être dans la
logique d’un report à quatre mois d’une échéance
respectable. Et un mois suffit pour procéder au
nouveau recensement électoral. N’empêche. Un report
d’au plus deux semaines reste l’idéal.
Plus qu’une force tampon, le troisième courant
d’idées ne veut point rentrer dans un conflit de
date. Il vaut mieux être réaliste et tenir compte de
la disponibilité des partenaires extérieurs et du
gouvernement. C’est ici qu’on annonce que depuis
lundi, le ministre Gilbert Bawara est à Kinshasa, en
République démocratique du Congo, pour solliciter le
matériel qui a servi à organiser la présidentielle
dans ce pays. Notons que le système du Kit, qu’on
veut tester au Togo, a été la méthode employée en
RDC. Composé d’un ordinateur, d’un appareil photo,
d’une imprimante et d’un générateur, il permet
d’informatiser l’identité de l’électeur et évite les
inscriptions multiples. Par cette mission à relent
électoraliste, il va falloir outre mesure emprunter
l’expertise congolaise en terme humain afin de
soutenir les séances de formation interne au
programme de la CENI.
Vivement que le consensus se dégage pour autoriser
les partis politiques à déployer leurs manières
dolosives de campagne. Et préparer les mentalités à
se faire violence pour exercer au moment opportun le
droit de vote.
Sylvestre D. |
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24e
Sommet France-Afrique : Vers la fin de relations
controversées |
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Le
24e sommet Afrique-France s’achève
aujourd’hui à Cannes, dans les Alpes-Maritimes
françaises, en présence d’une trentaine de
dirigeants africains, venus notamment faire leurs
adieux au président français Jacques Chirac, proche
d’une Afrique francophone où l’influence de Paris
s’est réduite. |
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Jacques Chirac ne pouvait rêver mieux de boucler ses
deux mandats, en recevant, à quelques semaines de sa
sortie probable de scène, une trentaine de ses
collègues africains à Cannes, au sud de la France,
pour le compte du 24e sommet
France-Afrique. Consacré à «l’Afrique et l’équilibre
du monde», ce sommet de deux jours a abordé
largement le dossier des matières premières, dont le
continent regorge et qui font l’objet d’une âpre
compétition et d’une offensive d’envergure de la
Chine.
Mais ce 24e sommet, note l’AFP, sera avant tout
celui des adieux de M. Chirac à l’Afrique et à bon
nombre de dirigeants avec qui il a tissé des
relations étroites, et parfois controversées, tels
qu’avec Omar Bongo Ondimba (Gabon), doyen des chefs
d’Etats africains, au pouvoir depuis 1967, Paul Biya
(Cameroun), Idriss Deby Itno (Tchad) et Denis Sassou
Nguesso (Congo). Des relations de plus en plus
critiquées par une classe dirigeante montante sur le
continent noir.
Fini la France des réseaux !
Le
président togolais, Faure Gnassingbé, exprimait
récemment dans une interview à Jeune Afrique son
souhait de voir se tisser entre le continent et la
France une relation de franc partenariat, d’égal à
égal. En substance, Faure s’inscrivait contre la
France des « réseaux », contre une France
paternaliste, qui doit décider de la conduite des
gouvernements dans son giron. A l’heure de la
mondialisation, ces réseaux sont à coup sûr un
obstacle à l’intégration de l’Afrique.
«Je sais qu’elle porte en elle un dynamisme
exceptionnel. J’ai confiance dans son avenir car
j’ai la conviction que l’Afrique nouvelle est en
marche»,
disait le président français à l’ouverture du sommet
hier, ajoutant que «pour la France, l’Afrique ne
sera jamais un partenaire comme un autre».
Jacques Chirac a beau se poser en fidèle et avocat
du continent, il n’en demeure pas moins que son
pays, ainsi que ceux de l’Union européenne
continuent par subventionner leurs agriculteurs, et
asphyxie les producteurs de coton africains. Il n’en
demeure pas moins que les partenariats commerciaux
sont encore défavorables au continent. Malgré
qu’elle détienne le tiers des réserves minérales de
la planète, l’Afrique ploie inexorablement sous la
dette et s’illustre dans la pauvreté. Et pourtant,
ce n’est pas l’envie de changer et de se moderniser
qui manque au continent.
La
France va connaître en mai une nouvelle génération
de dirigeants avec la présidentielle. Qu’elle soit
de droite ou de gauche, cette classe aura intérêt à
revoir ses rapports avec le continent africain.
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, deux des
candidats à cette présidentielle, ont promis une
nouvelle politique concernant l’Afrique, fondée sur
plus de transparence. Il y a en tout cas une
évidence, c’est que le prochain président français
aura du mal à s’imposer à des dinosaures et des
barons des relations franco-africaines comme Omar
Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 1967, Paul Biya,
Idriss Deby Itno et Denis Sassou Nguesso.
Jean Afolabi |
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Togo : La fabrication d’armes légères est une
vivante réalité |
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Le Togo participe à l’exécution du projet intitulé :
Régime de Transparence et de Contrôle des Armes
Légères et de Petits Calibre en Afrique (SATCRA).
Conçu par le Département des Affaires de désarmement
des Nations unies, il vise à encourager les Etats
africains touchés par le problème de la
prolifération des armes légères et de petit calibre
à instaurer et à promouvoir la transparence en
fournissant des données et des informations
relatives à la fabrication, la circulation et le
stockage des armes légères. |
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Le
projet SATCRA (Small Arms Transparency and Control
Regime in Africa) s’inscrit notamment dans le cadre
de la mise en œuvre de la Déclaration de Bamako sur
une Position Africaine Commune sur la Prolifération,
la Circulation et le Trafic illicites des Armes
légères adopté en décembre 2000. C’est dans ce cadre
que, conjointement avec la Commission nationale de
lutte contre la prolifération illicite des armes
légères, une étude a été menée en 2005 dans 9 pays
africains, dont le Togo, en vue de répertorier les
fabricants locaux d’armes légères de petit calibre,
tant publics que privés, afin de réguler tant que
faire se peut la fabrication de cette catégorie
d’armes.
Le
document final, intitulé «Inventaire des capacités
nationales de production d’armes», publié en octobre
2006 par le Centre régional pour la paix et le
désarmement en Afrique (dont le siège est à Lomé),
démontre à suffisance que la fabrication d’armes
légères est une réalité vivante au Togo. Il faut
retenir, de manière générale, que tout forgeron est
un fabricant potentiel d’arme. Il peut démonter et
réparer toute arme. Il peut en fabriquer s’il
dispose des matériaux nécessaires, souligne
l’inventaire. Mais le projet SATCRA a permis de
répertorier officiellement, du moins provisoirement,
63 fabricants d’armes légères au Togo.
Provisoirement, parce que la situation politique du
pays en 2005 était des plus explosives et, de ce
fait, avait créé une certaine méfiance au niveau des
fabricants, dont la plupart ont dû même fuir le
pays.
La
palme au sud
La
région méridionale du pays (surtout au sud-ouest)
est la région cible de la pléthore des fabricants et
de la circulation anarchique des armes à feu. Sur un
total de 63 fabricants recensés à travers le pays,
une trentaine résident au sud du pays, fabriquant, à
eux seuls, les trois cinquièmes (3/5) des armes
annuellement produites. L’inventaire note qu’au sein
de chaque famille dans la région du sud-ouest du
pays, il y a au moins une arme à feu non encore
déclarée. Dans la seule région des Plateaux, 30
fabricants ont été répertoriés, et ce malgré les
réticences. Les autorités locales ont déclaré que
compte tenu des événements d’avril 2005 dans leurs
localités, les fabricants d’armes se sont évaporés
dans la nature. Ceux qui ne se sont pas enfuis ont
tout simplement refusé de se déclarer et ont détruit
leur atelier.
Les spécialités de la région sont les fusils de
traite, les pistolets de calibre 8 et 12, les
simplexes, les duplexes… et même les pistolets
sophistiqués à plusieurs coups. A Anié, Kodjo Gbodo,
49 ans et bachelier technique en ferraillage, a
déclaré être en mesure de fabriquer des cartouches.
La proximité avec le Ghana, où les techniques sont
plus sophistiquées, engendre en permanence chez les
fabricants une émulation. Les produits sont livrés à
un prix variant entre 5000 francs et 70 000 francs,
selon la qualité. Les clients sont habituellement
des chasseurs, des éleveurs peuhls nomades, mais
parfois aussi des délinquants.
La
situation n’est guère luisante au nord, où la région
des Savanes mène la troupe avec 11 fabricants
officiellement déclarés. Les spécialités sont des
fusils semi traditionnels, ainsi que des pistolets
de calibre 8, vendus à 35 000 francs et les calibres
12, vendus à 70 000 francs. Les munitions
proviennent régulièrement du Ghana, et les clients
sont pour la plupart les peulhs nomades du Burkina
et du Niger. Constat : les fabricants locaux sont
présents à travers tout le pays.
D’une manière générale, note le document, les
facteurs déterminants de production d’armes légères
au Togo sont souvent liés à la tradition :
l’existence de castes socioprofessionnelles de
forgerons ; la tradition de chasse dans certaines
zones (Bandjéli, Tohoun, etc.) ; la tradition
guerrière (Dankpen, Ogou, etc.) ; la valeur
épistémologique rattachée au port d’armes dans
certaines cultures ; l’existence du commerce
spécifique des armes autrefois florissant.
Eviter le désordre
Il
n’est point étonnant de constater que le grand
banditisme tend à devenir un sport national. Et les
délinquants sont de plus en plus munis d’armes à feu
de fabrication locale, bien qu’il est constaté que
le flux d’armes venues de l’extérieur est
considérable. Du côté des fabricants, il est évident
que «la fin de la profession n’est pas pour
demain car, celle-ci se transmet de père en fils et
les apprentis ainsi formés aujourd’hui deviendront
les maîtres de demain», fait remarquer
l’inventaire. Mais la répression pure et simple ne
saurait constituer une solution.
Pour éviter le désordre, conseille l’inventaire sur
les armes légères, l’une des solutions serait
d’instaurer un ou deux regroupements de l’ensemble
des fabricants pour revaloriser cette technicité de
la fabrique des armes à feu. Et l’inventaire de
l’effectif des fabricants devra être un processus
continu dans le temps et dans l’es pace. La
régulation de la fabrication locale des armes à feu
mettrait un frein à leur circulation anarchique, à
condition que le flux venant de l’extérieur soit
également jugulé.
La
mise en place de patrouilles et surtout de
patrouilles mixtes interétatiques s’avère plus que
judicieuse et impérative. Car, le flux d’armes
venues de l’extérieur est considérable. Ces armes
arrivent principalement du Ghana, du Burkina, du
Nigeria via le Bénin, du Mali, des zones en guerre
ou en cessation de guerre après le processus du DDR
(Désarmement – Démobilisation - Réinsertion).
Jean Afolabi |
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