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Traditionnellement, certains secteurs d’activité
sensibles sont plus souvent vérifiés que d’autres :
les métiers du textile, le bâtiment, la restauration
et, de manière générale, toutes les entreprises dans
lesquelles il y a des encaissements en espèces. Mais
le contrôle fiscal évolue. Aujourd’hui, les services
fiscaux se concentrent davantage sur les grandes
entreprises, pour lesquelles les redressements sont
potentiellement plus importants. Meilleur ciblage
des entreprises vérifiées et rendement du contrôle
sont les deux mots d’ordre des vérificateurs...
Une consigne doit en tout cas prévaloir pour toutes
les entreprises contribuables : le respect du
formalisme fiscal. C’est le b.a.-ba du contrôle. Une
«aubaine» pour les agents du fisc. Et une pression
supplémentaire sur les dirigeants, qui ne peuvent se
contenter d’être des contribuables de bonne foi,
mais doivent aussi être attentifs aux détails,
quitte à faire appel aux spécialistes, à commencer
par l’expert-comptable.
Car, le fisc fait plutôt bien son travail ! Bon an
mal an, ses agents mènent plusieurs vérifications de
comptabilité, dont la majorité débouche sur une
proposition de rectification (autrement dit un
redressement). Les impôts les plus touchés ? L’impôt
sur les sociétés et la TVA. Selon l’article 1241-bis
du code des impôts : «Tout manquement constaté
dans le cadre de la procédure d’enquête (facturation
irrégulière, incomplète, inexistante, facturation de
complaisance, refus de présentation de documents,
voies de fait) est puni dans les conditions
ci-après :
-
facturation irrégulière ou incomplète :
200.000 francs
-
facturation
inexistante :
500.000 francs
-
facturation de complaisance :
1.000.000 francs
-
refus de présenter les documents requis
aux enquêteurs et autres entraves à :
4.000.000 francs
l’exercice du droit d’enquête
-
voie de fait
:
6.000.000 francs
Ces amendes seront majorées de 200.000 francs par
mois de retard en sus sans préjudice des sanctions
prévues dans le cadre du droit de contrôle et de
reprise de l’administration».
Pour éviter de voir coller sur la porte de sa
société «FERME POUR NON PAIEMENT D’IMPOT »
et payer de lourdes amendes, voici les points que le
fisc vérifie en premier lieu et que vous devrez
respecter.
Les délais non respectés
Respectez toujours scrupuleusement les délais
impartis pour adresser les déclarations de bénéfices
et de TVA.
C’est la première précaution à prendre pour éviter
que l’Administration ne repère le dossier de votre
entreprise. Sinon, et dans l’hypothèse d’une
vérification de comptabilité ultérieure, votre
entreprise ne pourra pas bénéficier de la procédure
de redressement contradictoire. Elle sera au
contraire soumise à une rectification d’office. Une
procédure beaucoup plus contraignante puisqu’elle
met la preuve de l’exagération du redressement
éventuel à la charge de l’entreprise et prive le
contribuable d’un débat oral et contradictoire avec
le fisc. Rappelons d’ailleurs qu’en matière de TVA,
on peut être taxé d’office sans mise en demeure
préalable d’avoir à déposer sa déclaration...
Autre
précaution élémentaire : adresser au fisc des
déclarations correctement rédigées. Ce qui suppose,
bien entendu, une comptabilité régulièrement tenue.
Toute erreur grossière, telle qu’une immobilisation
passée en charges au lieu d’être amortie, entre
autres, risque de mettre la puce à l’oreille de
l’Administration et de soumettre l’ensemble de votre
dossier à un examen critique ! «Il n’est pas rare
que l’Administration, par exemple, rejette des
redevances de marques passées en charges si, compte
tenu du contrat, les sommes correspondantes auraient
dû figurer à l’actif du bilan», constate un
avocat fiscaliste.
Les opérations stratégiques
Verrouillez toutes les opérations ayant trait aux
structures.
L’Administration
n’en fait pas mystère : ce qui est intéressant pour
elle, c’est d’abord de contrôler toutes les
opérations de fusions, apports partiels d’actif,
éventuellement scissions. Les redressements dans ce
domaine sont en général très juteux, beaucoup plus
que les redressements sur les provisions, les
charges ou la valorisation du stock.
Si
le fisc arrive à démontrer, par exemple, qu’un
apport partiel d’actif réalisé sous le régime fiscal
de faveur, propre à ce type de montage, n’a pas
respecté les conditions requises, cela peut se
traduire par une cascade de redressements...
Les abandons de créances
Soyez vigilant pour les opérations qui peuvent être
requalifiées en abus de droit
On
voit assez souvent des opérations requalifiées sous
couvert d’abus de droit, notamment en matière de
portage de titres, indique cet autre avocat
fiscaliste. Le fisc rejette ainsi certains montages
juridiques qui, selon l’Administration, n’auraient
en fait pour but que d’éluder l’impôt. Les
entrepreneurs s’estimant victimes d’une telle
procédure ont toutefois la possibilité de dénoncer
une répression des abus de droit.
Les « trucs » de gestion au sein d’un groupe
Dans les vérifications concernant un groupe de
sociétés, le fisc chasse toujours l’acte anormal de
gestion.
Une entreprise qui avait consenti une avance à une
autre société de son groupe, mais en renonçant à lui
réclamer des intérêts, a failli avoir chaud.
Heureusement, les dirigeants ont pu démontrer que la
société bénéficiaire était en difficulté au moment
des faits et que cette renonciation à intérêts était
conforme à l’intérêt commercial et financier du
groupe...
Mais attention ! Une telle preuve suppose que les
motifs du prêt aient été actés au procès-verbal du
conseil d’administration ou dans une convention
quelconque, afin que l’explication soit claire pour
le fisc au moment du contrôle, deux ou trois ans
après l’opération.
La TVA fantaisiste
La
plus grande rigueur s’impose sur la base prise en
compte pour les déclarations de TVA.
Les redressements en matière de TVA sont fréquents.
Très fréquents même, puisque la taxe sur la valeur
ajoutée est le second en terme de rentabilité pour
le fisc. Les contrôles peuvent concerner par exemple
les vendeurs de véhicules d’occasion. Explication :
certains d’entre eux peuvent penser que la taxe,
dans ce secteur, est due sur la marge alors que,
pour l’Administration, elle est due sur le prix de
vente. Une différence importante ! Les redressements
sont donc faciles à faire dans ce cas. Et ce n’est
qu’un exemple des subtilités de la TVA, qui rendent
les contrôles si fréquents...
Autre point sensible : la TVA sur l’exportation. En
effet, dès lors que l’entreprise n’a pas dans ses
dossiers les documents « ex », c’est-à-dire les
justificatifs douaniers avec le nom du client, la
preuve de l’expédition, le nom du transporteur,
etc., le redressement n’est qu’une formalité pour le
fisc.
Le patrimoine privé du chef
d’entreprise
Cas typique où une vérification de comptabilité «
déborde » sur la situation fiscale du dirigeant : la
rémunération excessive.
Lorsqu’elle juge exagérée la rémunération du chef
d’entreprise, l’Administration peut effectuer deux
redressements : le premier au niveau de la société,
la fraction anormale de la rémunération n’étant pas
déductible des résultats et donc réintégrée ; le
second au niveau du dirigeant, la fraction exagérée
étant imposée comme un revenu distribué (sans avoir
fiscal) si l’entreprise est soumise à l’impôt sur
les sociétés ou comme un bénéfice non commercial si
elle est soumise à l’impôt sur le revenu.
Autre cas posant souvent problème : la
donation-partage de la nue-propriété des titres de
la société aux enfants lorsqu’on souhaite leur
passer la main. Un impératif dans ce cas : à l’issue
de la cession des titres, il faut prendre les
précautions suffisantes pour que le produit de la
vente soit réellement affecté pour partie à
l’usufruitier et pour le reste au nu-propriétaire.
Prendre conseil avant tout montage patrimonial
important, respecter scrupuleusement les règles de
droit applicables : ces quelques règles pourront
vous éviter bien des désagréments. Car, sur ce
point, tous les spécialistes du contrôle fiscal sont
d’accord : une vérification de comptabilité de
l’entreprise engendre toujours au moins un contrôle
sur pièces du dossier du dirigeant. Et si le
contrôleur découvre des anomalies, c’est le contrôle
fiscal personnel assuré !
Et
si le vérificateur vient quand même...
Cinq conseils pour vous défendre
1-
Dès la réception d’un avis de vérification,
contactez votre expert-comptable, rassemblez avec
lui toutes vos pièces comptables et vos
justificatifs, et commencez sans tarder à préparer
votre défense.
2-
Essayez toujours d’apporter des justifications
précises et surtout facilement vérifiables. Si, par
exemple, on vous demande d’expliquer l’origine d’une
somme importante figurant sur un compte bancaire,
évitez de dire qu’il s’agit de versements en espèces
!
3- Contrôlez scrupuleusement la procédure de
contrôle employée par le vérificateur : pour obtenir
gain de cause et faire annuler un redressement, il
suffit souvent de jouer sur les erreurs de forme
commises par le fisc !
4-
En cas de proposition de rectification
(redressement) avec rejet de comptabilité, le fisc
doit vous indiquer la méthode utilisée pour
reconstituer vos recettes commerciales. Si cette
méthode ne vous paraît pas probante, vous pouvez la
contester !
5-
Ne transigez pas trop vite avec le contrôleur pour
vous débarrasser de lui
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