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Le code du travail en vigueur au Togo date des années
1970. Plusieurs de ses dispositions sont dépassées voire
caduques et ne répondent plus aux nouvelles exigences du
marché du travail. Ce qui a poussé le gouvernement à
engager une réforme de la législation du travail dès les
années 1990. Ce processus a abouti à un projet de loi
portant code du travail adopté par l’exécutif le 8 mars
de l’année en cours.
C’est ce texte qui a été adopté, hier, à
l’hémicycle après une séance marathon de près de 8
heures.
Le nouveau code du travail a été adopté à
l’unanimité des députés présents, chapitre par chapitre,
titre par tire puis globalement.
Auparavant, ils ont eu à auditionner,
débattre et adopter le rapport au fond sur le projet de
loi portant code du travail, présenté par une commission
spéciale composée essentiellement des membres de trois
commissions permanentes de l’Assemblée nationale, à
savoir développement socioculturel, finances et échanges
et Droits de l’Homme.
Lors de la discussion législative, les
députés ont soulevé plusieurs préoccupations qui ont
trouvé des réponses satisfaisantes de la part de la
présidente de la commission spéciale, l’honorable
Baloukina-Eza Nimon et du ministre Katari Foli-Bazi du
Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique.
Les grandes lignes du texte
Le nouveau code du travail comporte trois
cent huit articles (308) répartis en onze (11) titres.
Le titre 1er traite des dispositions
générales alors que les titres II et III ont trait
respectivement aux syndicats professionnels et au
contrat de travail. Les conventions et accords
collectifs de travail sont traités au titre IV. Le titre
suivant se rapporte au salaire, le VI aux conditions de
travail alors que le VII vise la sécurité et la santé
des travailleurs. Le titre VIII traite des services de
contrôle, du placement ainsi que des organismes
consultatifs.
Les différends de travail et leurs
procédures de règlements sont pris en compte au titre IX
alors que les infractions et les pénalités sont
déterminées au titre X. Le dernier titre se rapporte aux
dispositions transitoires et finales.
Selon l’exposé des motifs du gouvernement
adopté le 8 mars 2006, « les principales innovations
visent la réaffirmation de l’interdiction des actes
portant atteinte aux droits et principes fondamentaux au
travail, la flexibilité dans l’utilisation et la
main-d’œuvre et la protection des travailleurs ».
Il est à noter que les sanctions en cas de
violation ont été renforcées en vue de garantir le
respect des dispositions du présent code.
Les innovations par rapport au code de
1974 sont les mesures incitatives à la création d’emploi
du fait de sa plus grande flexibilité et la meilleure
organisation de la protection des travailleurs.
Le présent code, entre autres, fixe la
durée du travail à 40 heures par semaine, réglemente le
travail de nuit, ceux des femmes, des enfants et des
personnes handicapées. Il prévoit également les repos
journaliers et hebdomadaires des travailleurs, le régime
des jours fériés et le droit au congé et au transport.
Il fait obligation, à tout employeur
d’assurer, pour un même travail ou un travail de valeur
égale, l’égalité de rémunération entre salariés, quels
que soient leur nationalité, leur sexe, leur âge ou leur
statut.
Le texte crée une Agence Nationale Pour
l’Emploi (ANPE), institue un comité consultatif de
sécurité et santé au travail, détermine les types de
règlement de conflits entre employeurs et travailleurs,
prévoit des peines et amendes pour les auteurs
d’infractions aux dispositions prévues dans le présent
code, abroge toutes les dispositions antérieures
contraires, etc.
A l’issue de l’adoption, le commissaire du
gouvernement, Katari Foli-Bazi, a exprimé, à l’endroit
des parlementaires, la gratitude de l’exécutif et des
partenaires sociaux pour l’œuvre accomplie.
« L’acte que vous avez posé est le
couronnement de dix années d’effort et de sacrifice pour
moderniser l’instrument principal de gestion des
relations de travail au Togo », a-t-il lancé.
Selon lui, les élus du peuple ont ajouté
un maillon essentiel à la chaîne des droits humains et
offert « aux acteurs économiques un outil de
sécurisation de leurs investissements ».
Pour sa part, le président de l’Assemblée
nationale, El Hadj Abass Bonfoh a remercié et félicité
tous ceux qui ont contribué à cet heureux aboutissement
notamment les syndicats des travailleurs, le patronat,
le gouvernement, les experts, la commission spéciale de
l’Assemblée nationale et autres.
Selon lui, la nouvelle loi sur le travail
s’inscrit dans la suite logique du dialogue social tenu
du 30 janvier au 7 avril 2006.
« J’ai la certitude qu’elle apportera
une nette amélioration dans les conditions de vie et de
travail des travailleurs et des apprenants togolais »,
a-t-il estimé
Rigobert BASSADOU |