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Le 16
novembre, au palais d’Heysel lieu où se tenaient les
journées européennes, le président Faure Essozimna
Gnassingbé rencontre le commissaire au Développement à
l’Aide Humanitaire, M. Louis Michel. Au cours de
l’entretien, le commissaire européen s’est dit satisfait
de l’évolution politique dans notre pays. « Monsieur
le Président, je vous félicite pour le rôle d’apaisement
et de reconstruction que vous jouez. Je suis heureux de
vous accueillir, très content et fier du travail que
vous avez réalisé, des progrès essentiels et importants
ont été faits. Je tiens à vous en féliciter », a
déclaré le responsable européen dans ses propos
introduisant cette importante rencontre.
En vérité, cette attitude de Louis Michel
résume la position de l’ensemble des pays de
l’institution communautaire européenne qui sont unanimes
pour reconnaître que le Togo a rempli tous les
engagements souscrits en 2004. Mieux, notre pays, dans
sa volonté d’aller plus loin dans la construction d’un
Etat de droit, a dépassé le strict cadre des 22
engagements.
Le constat de l’UE est à cet effet sans
ambiguïté :
- Le suivi de l’UE de ces engagements a
conduit à la conclusion selon laquelle, il y a eu une
importante amélioration de la situation à la fin de
2004.
- A partir de juin 2005, une politique
d’ouverture a été mise en place par le chef de l’Etat ;
cette politique a conduit à une amélioration
considérable et régulière de la situation dont le point
fort reste, sans conteste, la signature de l’Accord
Politique Global par toutes les forces politiques du
pays. Ce dont l’UE se félicite et rend hommage à
l’ensemble des acteurs politiques.
- Un véritable dialogue politique a
rassemblée toute la classe politique et permis d’aborder
tous les désaccords politiques, dans un ordre du jour
ouvert.
- L’accord politique qui en a découlé, pose
les fondements d’une réconciliation nationale et va
au-delà des engagements pris en avril 2004 vis-à-vis de
l’UE. Car, en plus des questions relatives au cadre
électoral, celles liées aux réformes institutionnelles
et à l’armée ont été débattues au cours de ce dialogue.
- La
formation d’un gouvernement d’union nationale incluant
des personnalités de l’opposition dans le cadre de la
mise en œuvre de cet accord.
- La
mise en application effective du nouveau code de la
presse et l’effort fait au niveau des médias d’Etat pour
une couverture plus équilibrée de l’actualité de même
qu’une recomposition de la Haute Autorité de
l’Audiovisuel et de la Communication.
-
L’adoption d’un programme de réforme de la Justice, la
libération des personnes interpellées en relation avec
la présidentielle de 2005 ainsi que l’amélioration des
conditions de détention dans les maisons d’arrêt du
pays.
- La
signature le 10 juillet 2006 d’un protocole d’accord
avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits
de l’Homme pour l’ouverture d’un bureau à Lomé, chargé
d’assister le gouvernement dans la protection des droits
humains.
L’UE
salue la classe politique nationale, en particulier le
chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé, pour ses
initiatives auxquelles se sont ajoutés les efforts
visant à ramener tous les réfugiés au bercail par des
actes d’apaisement et de restauration de la confiance.
L’UE encourage les acteurs politiques à renforcer ces
acquis et ouvrir d’autres chantiers tels que la
poursuite du processus de décentralisation et la
définition d’un cadre juridique organisant le
financement des partis politiques.
Eu
égard à ces progrès, et afin d’accompagner le Togo dans
la quête permanente de la démocratie et de l’Etat de
droit l’UE a décidé :
§
D’accorder à notre pays les reliquats des 6è
et 7è FED.
§
Dans
le même esprit, il sera procédé à la notification au
Togo du 9è FED, à sa mise en œuvre ainsi du
Cadre d’Obligations Mutuelles pour le fonds Stabex 1995
– 1999.
Il
s’agit là, incontestablement, d’une victoire de
l’ensemble du peuple togolais. Une victoire rendue
possible grâce au réalisme politique d’un homme, à
l’entêtement du président Faure Essozimna Gnassingbé
obsédé, par la réconciliation des Togolais, l’exigence
qu’il s’est donné de bâtir un pays moderne, dans un
esprit de justice et de partage.
L’enjeu des journées européennes de développement
Réfléchir sur les politiques susceptibles de
conduire nos sociétés vers une meilleure gouvernance,
c’est évoquer l’épineuse question de la mauvaise
gouvernance qui engendre le désespoir, la paupérisation
et les conflits. La complexité de la notion de la
gouvernance explique, par conséquent, l’importance et la
diversité des sujets évoqués pendant les tables rondes
et ces journées européennes de développement :
- la
réhabilitation des pays par la construction des Etats
efficaces et engagés,
- le
rôle des médias dans la promotion de la gouvernance,
c’est-à-dire une meilleure information pour contribuer à
la mise en œuvre d’une meilleure gouvernance,
-
comment réussir la transmission des pouvoirs politiques
et garantir la continuité,
- que
faire pour promouvoir et consolider les droits humains,
- dans
quelle mesure une lutte généralisée peut-être menée
contre la corruption.
Voilà
quelques interrogations qui ont fait l’objet des débats
au cours de cette rencontre.
Evidemment, toutes ces questions viennent se fondre dans
la problématique plus large de la consolidation d’un
Etat de droit avec ce que cela exige comme changement
d’attitude à l’égard du bien commun. C’est dire que, de
la légitimité conférée à un gouvernement par une
élection, il faut la transparence et la clarté dans
l’utilisation du bien public. Mais la pertinence du
thème de ces assises ne saurait occulter le mal qui a
toujours empoisonné les relations Europe- Afrique à
savoir la grande ingérence des partenaires européens
dans la stratégie de développement en Afrique. Une
ingérence qui, à la lumière des réflexions et des
débats, s’est avérée être l’une des raisons
fondamentales des échecs des Etats africains en matière
de développement. Le plaidoyer des dirigeants en dit
long sur ce fiasco collectif.
Plaidoyer pour des relations économiques plus humaines.
Dix-huit chefs d’Etats et de gouvernement
étaient à ce rendez-vous de Bruxelles pour confronter et
partager leurs expériences en matière de gouvernance.
Outre, les rencontres bilatérales, la séance plénière du
17 novembre illustre l’attachement de nos dirigeants à
la bonne gouvernance qui est le fondement des Etats
modernes.
Au cours de cette plénière, le commissaire
Louis Michel, pour atténuer les griefs des dirigeants
africains contre les injustices qui caractérisent les
relations entre les pays nantis et l’Afrique, tempère le
débat : « les discussions qui ont eu lieu le 15
novembre ont montré une Afrique qui bouge une Afrique
qui rompt avec le désespoir… Le développement de
l’Afrique devrait être pensé et se concevoir par les
Africains eux-mêmes. Le sens de ces journées, c’est de
rompre avec le passé et d’aller vers l’étape où
l’Afrique peut se prendre en charge et donc éviter les
ingérences des donateurs ».
Dans leur plaidoyer, il ressort que les
dirigeants s’indignent de ce que ce concept à géométrie
variable soit souvent utilisé dans les pays nantis,
compte tenu des contingences liées à leurs intérêts pour
faire pression sur les pays africains et leur ôter toute
possibilité de passer de la société de consommation
actuelle à la société de production de biens et de
services. Les uns dénoncent la constance détérioration
des termes de l’échange et le refus manifeste des pays
du Nord d’ouvrir leur marché aux produits africains.
D’autres, à l’instar de l’Ougandais Yowéri Musévéni,
expriment, leur ras-le-bol contre une Europe adepte de
la pire des mauvaises gouvernances, une Europe qui
continue de piller, d’exporter à vil prix les matières
premières africaines. Matières premières pour lesquelles
les pays enlèvent et entretiennent malicieusement les
conflits sur le continent noir.
Quoi qu’il en soit, le constat est là,
l’Afrique est malade de la bonne gouvernance politique
et économique de ses fils d’où la nécessité de repenser
une nouvelle manière de conduire les affaires de la
cité.
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