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Onze chefs d’Etat dont le président Faure Essozimna
Gnassingbé avaient répondu présents à ce sommet
extraordinaire convoqué à l’initiative du président
en exercice de la CEDEAO, le chef de l’État du Niger
Mamadou Tandja afin d’explorer de nouvelles pistes
et donner une autre chance au processus de paix en
Côte d’Ivoire. Deux étapes ont marqué le déroulement
de cette rencontre notamment une concertation à huis
clos entre les chefs d’Etat et la cérémonie
d’ouverture des travaux.
Discussions à huis clos
Les discussions à huis clos ont duré environ dix
heures. Outre les chefs d’Etat, le secrétaire
exécutif de la CEDEAO, le Ghanéen Ibn Chambas avait
pris part à ces discussions. Et c’était justement le
secrétaire exécutif de notre organisation qui a
d’abord pris la parole pour faire un briefing sur la
situation en Côte d’Ivoire et donner les différents
scénarios de sortie de crise qui s’offraient aux
chefs d’Etat. M. Ibn Chambas a aussi rendu compte
aux chefs d’Etat de la teneur d’une correspondance
du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. Dans
ladite correspondance, le responsable onusien émet
le vœu de voir ce sommet de la CEDEAO trouver des
mécanismes devant permettre d’instaurer une nouvelle
transition en Côte d’Ivoire afin de donner des
chances supplémentaires pour l’organisation
délections libres, justes et transparentes.
Pour Kofi Annan, la CEDEAO doit signifier clairement
à la classe politique ivoirienne qu’il s’agit de la
dernière prolongation de la transition et qu’elle a
de ce fait l’obligation d’accomplir les tâches
devant conduire à l’organisation de ces élections.
Le
briefing de M. Ibn Chambas a été suivi de celui de
Rodolphe Adada, ministre congolais des Affaires
étrangères représentant son chef d’Etat, M. Denis
Sassou N’Guessou président en exercice de l’Union
Africaine. Sont également intervenus pendant ces
discussions à huis clos, MM. Pierre Schori et Gérard
Stoudman respectivement représentant spécial du
secrétaire général des Nations Unies et Haut
Représentant des Nations Unies pour les élections en
Côte d’Ivoire. Le premier a, dans son exposé,
déploré la très grande présence d’armes de guerre en
Côte d’Ivoire.
«
Nous avons vu des kalachnikov circuler en Côte
d’Ivoire et entendu des déclarations virulentes
demandant le départ de la force Licorne et du groupe
de Travail International»,
a-t-il souligné avant d’indiquer que «les acquis
obtenus dans la mise en oeuvre de la feuille de
route risquent d’être annihilés si la tension
actuelle va grandissant ».
II
a souhaité que l’ONUCI soit renforcé afin de mieux
sécuriser la population et les opérations de
désarmement et les audiences foraines.
De
son côté, M. Gérard Stoudman a fait le point sur le
déroulement des audiences foraines et fustigé les
blocages qui ont mis un frein à ce processus devant
aboutir à l’identification des électeurs et à
l’établissement des listes électorales. « Il faut
plus de pragmatisme et éviter trop de légalisme si
on veut faire redémarrer les audiences foraines »,
a-t-il suggéré avant de plaider « pour un
environnement médiatique propice, un environnement
politique plus apaisé où on évite des déclarations
incendiaires » conditions d’un processus
électoral fiable et acceptable par toutes les
parties.
Autres intervenants pendant ce huis clos, le Premier
ministre ivoirien, Charles Konan Banny qui, après
avoir reconnu son échec, a déclaré ce qui suit :
« j'ai honte parce que je ne pensais pas que la Côte
d’Ivoire serait encore dans cette situation neuf
mois après ma nomination. J’ai échoué et je voudrais
avec votre concours arriver à une nouvelle
situation, l’organisation dés élections ».
Mais l’intervention la plus remarquée lors de ce
discours à huis clos reste celle du président
ivoirien Laurent Gbagbo. Celui-ci a fait la genèse
des négociations de paix et rendu hommage à feu
président Gnassingbé Eyadema, efficace et empreinte
de vision et de respect pour « l’Etat ivoirien
agressé ». Après avoir indiqué que «feu
Gnassingbé Eyadema était en passe de trouver une
solution durable à la crise en Côte d’Ivoire»,
le président Gbagbo a déploré les conséquences,
fâcheuses qui ont résulté de la non application des
différents accords, en particulier ceux de Linas
Marcousis. « J'ai accepté Marcousis parce
qu’il était dit dans ces accords qu’une fois le
gouvernement d’union nationale mis en place, le
désarmement allait commencer. J’ai signé ou fait
modifier plus de vingt lois ou textes afin de
répondre aux réformes institutionnelles demandées
par les Forces nouvelles. En retour, j’attends que
le désarmement commence et qu’il soit effectif. Le
remède au problème de la Côte d’Ivoire, c’est
arracher les armes à ceux qui les ont prises
indûment. Tant qu’il n’y aura pas de désarmement, il
n’y aura pas d’élection et donc pas de paix. Axons
alors nos réflexions sur le désarmement », a
demandé M. Gbagbo qui estime avoir fait sa part de
travail.
C’est de ces discussions à huis clos qu’est sorti le
communiqué final dont voici la teneur :
Cérémonie d’ouverture
Comme dans toutes les rencontres de ce genre,
l’honneur était revenu au président du pays hôte du
sommet, le Nigérian Olusegun Obasanjo qui a adressé
sa cordiale bienvenue à ses pairs. Le président
nigérian, après avoir noté que la crise ivoirienne
n’a que trop duré a invité ses homologues à plus
d’imagination et d’invention pour montrer la voie de
la paix à nos frères ivoiriens qui ont trop souffert
de ce conflit.
Le
président en exercice de la CEDEAO le Nigérien
Mamadou Tandja constatera avec amertume dans son
allocution que « l’espoir né du consensus fait
autour de la personne de M. Banny nommé Premier
ministre de transition en décembre 2005 et surtout
de la réunion de haut niveau de Yamoussokro a
progressivement cédé place aux hésitations puis à
l’impasse constatée par le Groupe de Travail à sa
réunion de septembre 2006 ».
Le
président Tandja montre l’objet du sommet à savoir,
proposer de nouveaux arrangements institutionnels et
de gouvernement pour la période de l’après 2006. «
Il ne s’agira pas pour le sommet de s’enliser
dans des débats qui viseraient à distribuer les bons
et les mauvais points », a averti M. Tandja. Le
président nigérien souhaite plutôt que « des
propositions concrètes tenant compte de la volonté
et des intérêts des populations ivoiriennes en vue
d’assurer une nouvelle transition devant conduire à
des élections démocratiques justes et
transparentes soient faites par les chefs d'Etat ».
II
faut souligner sur tout un autre plan que suite aux
menaces proférées à l’encontre des populations de la
CEDEAO résidant en Côte d’Ivoire par M. Affi N’Guessan,
président du Front Populaire Ivoirien parti du chef
de l’Etat Laurent Gbagbo, la CEDEAO a régi dans un
communiqué de presse contre ces déclarations qui
vont totalement à l’encontre de notre organisation
sous-régionale concernant la libre circulation des
personnes et des biens dans l’espace communautaire.
La CEDEAO trouve les déclarations de M. N’Guessan
« irresponsable, inflammatoires et totalement
inacceptables. Ces propos constituent un affront à
l’endroit de la région et la CEDEAO et sont une
preuve du manque de respect à l’égard des chefs
d’Etat et de gouvernement, surtout qu’ils ont été
prononcés juste avant le sommet sur la Côte
d’Ivoire », précise la CEDEAO dans sa réaction.
Signalons enfin qu’en route pour Abuja,le président
Faure Essozimna Gnassingbé a effectué une escale au
Bénin d’où il repartira avec son homologue béninois
Yayi Boni qui l’a d’ailleurs accueilli à son arrivée
à l’aéroport international de Cotonou.
Wiyao Evalo
Service de Presse à la Présidence de la République
Projet Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest : Le comité
des ministres a évalué l’évolution des travaux
vendredi
Lomé a abrité vendredi la réunion du comité des
ministres du projet gazoduc de l’Afrique de l’Ouest,
un comité qui regroupe le Bénin, le Ghana, le
Nigeria et le Togo. Cette rencontre, d’une journée,
était destinée à l’évaluation dudit projet dont les
travaux sont presque arrivés à terme. Elle a eu pour
cadre la salle Evala de l’Hôtel 2 Février.
Les travaux de construction du Gazoduc
de l’Afrique de l’Ouest évoluent à un rythme
satisfaisant et à ce jour, 90% du projet est
exécuté. La pose de conduites en mer est déjà
réalisée à 99,4% et il ne reste que les travaux de
connexion ou d’embranchement au niveau de chaque
pays bénéficiaire à savoir Cotonou au Bénin, Lomé au
Togo et Téma au Ghana. Selon les prévisions, le gaz
sera disponible dans ces pays d’ici mars 2007. Mais,
il existe quelques difficultés qui, si on ne leur
trouve solution dans l’immédiat, pourraient bloquer
le déroulement normal des travaux.
C’est donc dans le souci d’évaluer le
projet, de comprendre son évolution et d’anticiper
les moindres difficultés pouvant handicaper son
achèvement que le comité des ministres du projet
Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest s’est réuni vendredi
à Lomé. Cette réunion, la première de l’année 2006,
a regroupé les ministres des Mines et Energies des
pays concernés par le projet, c’est-à-dire le Bénin,
le Ghana, le Nigeria et le Togo.
Au cours de leur assise, les délégués
ont fait le point des travaux de construction et
étudié la question de dédommagement des
propriétaires terriens des zones traversées par le
gazoduc. La méthodologie tarifaire, le prix du gaz à
livrer et les procédures de saisine des institutions
du traité et de règlement des différends ont été
également abordés. Le comité s’est aussi penché sur
la mise en place formelle du conseil
d’administration de l’Autorité Gazoduc de l’Afrique
de l’Ouest (AGAO) et son fonctionnement. S’agissant
du dernier sujet, le ministre d’Etat, ministre des
Mines et de l’Energie le Pr. Léopold Messan Gnininvi
a, dans son mot de bienvenue, révélé la mise à la
disposition de l’Autorité Gazoduc d’un immeuble à
Lomé pour abriter le bureau provisoire de ses
opérations. Par cet acte, a-t-il souligné, le Togo
apporte, une fois encore, la preuve de sa
disponibilité et de son engagement à favoriser la
réalisation totale du projet Gazoduc.
En ouvrant les travaux de la rencontre,
le président du comité des ministres du Gazoduc de
l’Afrique de l’Ouest, le ministre béninois des
Mines, de l’Energie et de l’Eau, M. Jocelyn Kuadjo
Degbey, s’est réjoui de l’avancée notable des
travaux du projet, exprimant son espoir de voir le
gaz disponible d’ici le premier trimestre 2007. Pour
lui, l’arrivée de ce gaz apportera une solution
durable aux problèmes énergétiques du Bénin, du Togo
et du Ghana.
Plusieurs membres du gouvernement et des
experts du projet ont assisté à la cérémonie
d’ouverture.
Félix SEKOU
Lutte contre le VIH/SIDA sur le lieu de travail PSI
– Togo a lancé vendredi son programme « Workplace »
au PAL
Le PSI – Togo (Population Services International
– Togo) a démarré vendredi, son programme
« Entreprise pour la prévention du VIH/SIDA »
dénommé « Workplace », au Port Autonome de Lomé
(PAL) sous le thème « l’importance du test de
dépistage volontaire du VIH/SIDA ». La cérémonie de
lancement a été suivie de la signature du protocole
d’accord de partenariat entre le PSI – Togo et le
PAL pour un appui technique dans la lutte contre le
mal.
Le PSI – Togo dans ses multiples actions
pour la lutte contre la pandémie du VIH/SIDA sur le
lieu du travail a initié, en faveur des employés du
PAL, leurs familles et les clients, le programme
« entreprise pour la prévention du VIH/SIDA »
dénommé « Workplace ». Un programme dont
l’objectif est de contribuer au changement de
comportement à risque et d’opter pour le dépistage
qui reste aujourd’hui, un moyen efficace de lutte et
de prévention du VIH/SIDA.
Il s’agit se les amener à approfondir
leurs connaissances sur la maladie notamment, son
existence réelle, ses voies de contamination et les
moyens de prévention. Il est aussi question
d’augmenter leur degré de perception du risque
d’infection aux fins de les stimuler à recourir aux
moyens de prévention.
Par ailleurs, le programme vise à
accroître la disponibilité des produits de
prévention (préservatifs) sur le lieu de travail, à
augmenter l’accès aux services de conseil de
dépistage volontaire anonyme. La réduction de la
stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/SIDA
et la mise en place continue d’une politique de
prévention de la maladie occuperont aussi une bonne
partie de ce programme.
Pour y parvenir, le PSI – Togo procède
par la sensibilisation, la formation des pairs et
conseillers éducateurs, des causeries éducatives,
des séminaires etc.
Cette initiative du PSI – Togo a été
saluée par le directeur général du PAL, le col.
Fogan Adégnon qui a relevé les efforts entrepris par
sa société depuis 1996 dans la lutte contre ce fléau
qui défie la médecine et décime l’humanité. Ainsi,
il a exprimé sa gratitude à l’organisation et convié
ses agents à s’associer à ce programme pour une
croisade contre le fléau.
Pour sa part, la représentante -
résidente du PSI –Togo, Mme Manya Andrews a souligné
l’importance du test de dépistage anonyme qui est
selon elle, le moyen le plus efficace de lutte et de
prévention. Pour elle, cette bataille n’est pas
facile, car, a-t-elle précisé, il s’agit du sexe.
Mais, elle a recommandé à ces agents portuaires, la
discipline et la maîtrise de soi. C’est pourquoi,
elle les a invités à s’approprier ce programme afin
qu’ensemble, ils mènent une lutte efficace contre le
mal.
La présentation d’un sketch sur la
stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/SIDA
en milieu du travail et les prestations de l’artiste
togolaise Finiki et le groupe « The Seed » ont servi
d’intermède à cette cérémonie à laquelle ont pris
part, outre les opérateurs portuaires, plusieurs
autres acteurs de lutte contre le VIH/SIDA
Prosper PITASSA |